Nos débuts en Inde


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Asia » India » Bihar » Patna
March 28th 2016
Published: March 29th 2016
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Immigration birmane
Nous voilà en Inde.

Nous avions entendu beaucoup de choses sur ce pays avant d'y arriver. Et en effet, l'Inde est étrangement paradoxale. C'est le genre d'endroit où l'on peut passer de la crise de larmes à la crise de rire en une seconde. Européen, tu ne peux pas y garder ton intimité. Il y a constamment une centaine de personnes qui te fixent, et sans sourire. Les trois premiers jours n'ont pas été évidents, et puis finalement on commence à s'y faire. Notre passage est, je pense, bien trop court pour avoir le temps de s'habituer à la vie indienne, je me demande d'ailleurs si c'est une question d'habitude, mais suffisamment long pour nous permettre de voir si nous pensons remettre les pieds dans ce pays.

Et oui, personnellement, je reviendrai en Inde. Ce pays sur-dimensionné, et sur-peuplé a de nombreuses choses à nous faire découvrir.

Comment donc expliquer en quelques mots ? Il faut pouvoir imaginer qu'il n'y a pas une minute où l'on ne nous observe pas. C'est constant et pesant. Généralement quand on sourit, ils ne rendent pas ce signe mais nous fixent d'autant plus avec des visages fermés (dans le Bihar d'où nous
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Entre Moreh et Imphal
écrivons, et au Bengale occidental, les gens étaient plus enclins à sourire). Il faut imaginer aussi des rues jonchées de saletés où des personnes dorment dans chaque recoin possible. Il y a des mendiants éclopés à tous les coins de rue. Il y a aussi des camés recroquevillés. Durant 10 heures de train, imaginez qu'une trentaine de mendiants passeront vous demander une pièce. Comptabiliser le nombre de cul-de-jatte, d'aveugles, de manchots,.. deviendrait presque un jeu si ça n'était pas si horrible. Bref, l'Inde c'est énormément de pauvreté apparante. Mais ce qui est paradoxal c'est qu'il y a aussi beaucoup de personnes riches. La classe sociale moyenne est par contre difficilement visible, comme s'il n'y avait pas de juste milieu possible. Enfin, malgré cette dure pauvreté, l'opportunisme et le fait que nous soyons parfois observés comme du bétail, l'Inde est aussi très belle. Arrivés durant le Holi festival (festival des couleurs sacrées qui célèbre l'arrivée du printemps), les rues étaient recouvertes de poudre colorée. C'est un pays lumineux, les maisons sont parfois peintes en rose ou vert, et les femmes sont magnifiques avec leurs tenues jaunes, oranges, bleues,... et tous leurs bijoux étincelants. Dans toutes les rues il y a des vaches qui se baladent, sacrées, elles ne sont pas attachées. Elles sont entourées de chèvres, de chiens, d'oiseaux en tout genre.. Bref, c'est un pays très vivant. Et bruyant avec les klaxons retentissants sans arrêt !

Cela fait donc 7 jours que nous sommes sur le territoire indien. Nous avons passé le poste frontière de Tamu (Myanmar) - Morey (Inde) le 23 au matin, après une nuit très peu reposante dans le bus. Le passage de frontière s'est réalisé sans encombre malgré les 2h que l'on a attendu côté Myanmar car ils n'avaient pas nos permis spéciaux (payés 200 dollars deux semaines plus tôt), mais finalement tout s'est réglé. Le bureau de l'immigration c'était une table entourée de chaises en plastiques sous un préau.. Cinq minutes de rickshaw, la traversée du pont qui marque la frontière et nous voilà déjà au poste de l'immigration indienne. De ce côté, ils rigolent moins. Après les gentils birmans en longhii colorés (grands draps-jupes), on se retrouve face à des hommes en tenues militaires et armés de façon incroyable. Enfin, ils nous laissent passer rapidement et nous allons faire la paperasse au poste de police, puis au "customs" où on nous demande la contenance de nos sacs mais sans jamais nous fouiller. Morey, première ville indienne. Nous arrivons le jour de la célébration de leur temple et nous sommes invités à rester pour voir des fakirs marcher sur du feu, mais vannés, nous préférons avancer jusqu'à la ville suivante et y chercher un hotel (dommage dommage on risque de ne pas en voir du coup.. mais bon, comme Quentin dit si bien "il faut faire des choix en voyage, on ne peut pas tout voir"..). Une famille nous embarque donc vers Imphal, première grande ville et capitale du Manipur. Nous traversons au moins 20 postes de militaires en 3h, où chaque fois nos passeports sont demandés. Petit trajet confortable, mais qu'au final nous payons assez cher. Imphal ne nous a pas plu, ville énorme et grouillante, nous n'étions pas encore habitués (mais nous y avons croisé les 2 seuls blancs que nous avons vu en une semaine !). Nous sommes partis dès le lendemain en bus vers Dimapur dans l'état du Nagaland, première ville où nous pouvions prendre le train. Le trajet a duré bien plus longtemps que prévu et a été carrément éprouvant !! Je laisse Quentin vous raconter cette anecdote en détail, mais je vous assure que depuis, dès que l'on monte en rickshaw, bus ou voiture, je pris les dieux chrétiens, hindous, islamiques, bouddhistes et tous les autres que je ne connais pas, pour que l'on arrive en un seul morceau..et pour que les gens sur notre passage le restent aussi. Enfin, Dimapur nous y sommes restés 2 jours avant de prendre le train pour Silliguri (Bengale occidental). Nous n'y avons pas fait grand chose, à part.. errer dans les nombreuses rues, se faire alpaguer par un vieux fou qui voulait nous offrir ses yeux, chercher un café internet car nous n'avions ni guide (enfin si, un lonely qui date de 5 ans offert par mon cousin 😊 ) ni carte, commencer à apprécier la cuisine indienne, s'acheter une petite bouilloire pour se faire des thés à l'hotel (on avait pris l'habitude des thés offerts partout au Myanmar !), tomber malade et se faire savourer par les moustiques (la fenêtre de notre chambre à 5euros la nuit ne fermait pas..),.. et découvrir la joie de l'achat des billets de train !

En Inde, il y a deux classes principales, avec air conditionné et sans. Ces classes sont découpées chacune
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Dimapur
en 3 classes. Nous avons pris la moins chère de la classe AC, c'est à dire une bonne classe avec couchette où nous ne sommes pas les uns sur les autres. Mais sachant que nous sommes l'attraction, nos deux couchettes se transforment très vite en banquettes de discussion-café et tout le monde vient squatter pour échanger 2 ou 3 mots avec nous. 1h, c'est marrant, mais au bout de 5 c'est franchement fatiguant et par moments, on se regarde avec Quentin et on se retient de rire.. Pour acheter les billets, il y a la solution réservation où il faut savoir jouer des coudes, et la solution Tatkal (dernières places disponibles) où il faut encore mieux savoir jouer des coudes.. Ici, le seuil de discrétion serait vraiment une incompréhension, c'est à celui qui mettra le plus vite sa main dans le petit trou du guichet où la monnaie est échangée et poussera les autres avec le plus de classe ˆˆ. Enfin, chaque fois ils ont été très sympa avec nous et au moins une personne nous a toujours laissé passer devant elle (c'est franchement remarquable et appréciable ici). Ce matin nous venons d'arriver à Gaya par un train où nous étions assis par terre, entre nos sacs, les vieilles et la centaine de personnes se tenant debout dans notre wagon (et quand l'on passait la tête par la fenêtre, on voyait toutes les personnes qui n'arrivaient pas à tasser suffisament les gens pour rentrer et qui restaient accrochés dehors..). Bref, le réseau ferrovier est fantastiquement drôle en Inde, et est TOUJOURS à l'heure, donnée remarquable après la Thailande et le Myanmar ˆˆ

Après Dimapur, nous nous sommes arrêtés à Silliguri, puis sommes repartis en train pour Patna où nous avons passé une grosse journée et nous sommes offert un hotel à 28 euros la nuit (suite deluxe avec wifi, douche, eau chaude et breakfast !!). Arrivés à 4h du matin nous avons marché 2h, mais tous les hotels étaient remplis, on s'est échoués dans le dernier très cher, mais cela nous a permis d'avoir enfin des toilettes privées pour soigner un peu ma constante gastro.. A Patna, nous avons passé un super moment dans un quartier de la ville. Nous sommes allés visiter un temple sikh et avons été invités à manger dans leur réfectoire. Le sikhisme est une religion qui nous plait bien dans l'idée, c'est une communauté plutôt accueillante et tolérante qui naît d'un mélange entre l'hindouisme et l'islam, et qui proscrit le système des castes, le sacrifice des veuves sur le bûcher de leur mari et le mariage des enfants. Les hommes ont des tenues bien classes, ils portent des longs turbans colorés autour du crâne, de très longues barbes et des poignards pour se rappeler qu'ils doivent défendre les opprimés. Une femme tout sourire nous a montré leurs gestes de coutume et nous a fait visiter le temple. Elle nous a ensuite amenés au réfectoire où nous nous sommes assis par terre sur les tapis à côté des sikhs pour partager un repas. Un peu génés au début (on avait pas prévu que la balade se passe comme ça !), finalement on a passé un moment sympathique entre toutes ces personnes souriantes et visiblement heureuses de nous accueillir à leur "table". Nous sommes ensuite sortis et avons traversé le quartier en voyant de nouveau des singes sur les bâtiments pour arriver au Gange, cette rivière sacrée dont nous avons tellement entendu parler ! (et ben c'est une rivière comme les autres hein, mis à part que là où on l'a vu il y avait plein de cochons sauvages en liberté 😊 ).

De Patna nous avons repris un train pour Gaya, puis un rickshaw (les tuktuk indiens) pour Bodhgaya. Nous allons rester 3 jours dans cette ville où il n'y a enfin que 30000 habitants et où nous pouvons trouver facilement des parcs, des étangs et des temples de toutes cultures.

Le 1er avril nous commencerons vipassana. Pour se préparer on essaie de se lever de plus en plus tôt, et surtout, cela fait 2 jours que nous ne touchons plus au tabac 😊 Et oui, le tabac, c'est tabou et on en vient t'a bout !

Aurore.




Namaste. Aurore a plutôt bien resumé notre première semaine en Inde. Moi je vais vous détailler un peu les trucs marrants... Pour l'instant à part deux ou trois petits bobos de rien du tout on avait pas encore eu d'accident depuis le début du voyage. Ah si je m'étais fais mordre par un chien pendant le trek en Birmanie mais ça a guéri en 5-6 jours. Ce chien n'était pas enragé, il était juste complètement con (et pour sa défense il a du se dire la même chose de moi...). Pendant ce premier trajet de bus indien on a eu beaucoup plus peur. Il faut savoir que pour aller de Imphal à Dimapur il y a environ 150 kms à vol d'oiseau mais on parcourt uniquement des routes de montagnes donc tout de suite c'est plus long et plus compliqué. Le truc c'est que les chauffeurs de bus, ils n'aiment pas attendre eux et ils roulent comme des espèces de sauvages tout du long avec des engins tout déglingués qui plus est. Ainsi ils passent les virages à toute vitesse à 1m des précipices, freinent au dernier moment (les freins font un bruit stridant, j'ai comme un acouphène aigu depuis) et dépassent n'importe où quelque soit la visibilité. Bref soit ils n'ont pas peur de mourir soit ils croient vraiment avoir neuf vies... Moi j'en ai qu'une ! Quoi qu'il en soit c'est au cours d'un de ces dépassements impromptus que l'accident est arrivé : une petite voiture rouge avec au moins trois personnes dedans sortait tranquilement de son virage quand elle s'est pris notre bus de plein fouet. Celui-ci ne s'est même pas arreté (pour quoi faire) et a poussé la voiture qui s'est retrouvée sur le toit et sur le bord de la route (une chance que le ravin n'était pas tout proche à cet endroit...). S'ensuit 5 minutes de conduite encore plus sportive (où on a vraiment cru que le chauffeur avait perdu la raison et qu'on allait mourrir) jusqu'au poste de police le plus proche où notre chauffard est allé se rendre. Notre véhicule avait pris un sacré coup et on a attendu un bon moment qu'un autre bus s'arrête avec suffisament de places pour nous accueillir. Bref que d'émotion... On arrive assez tard à Dimapur (première ville avec une voie ferrée au fin fond de l'est indien) et on prend un hôtel juste à côté de la gare. A partir de maintenant le bus indien très peu pour moi... Ceci dit on se rendra vite compte que le train c'est moins cher et moins dangereux mais ça comporte aussi son lot de surprise...

En fait tout n'est que surprise dans ce pays, parfois en bien, parfois en mal et parfois on ne sait pas si on doit rire ou pleurer ! Le lendemain on a rencontré un indien chrétien qui nous a tenu un discours pour le moins étrange dans un anglais approximatif. Celui-ci voulait donner un de ses yeux à quelqu'un originaire d'Europe. Pour quelle raison on a toujours pas compris, ça doit être Jesus qui lui a demandé. Vous trouverez dans les photos le petit mot qu'il nous a gentillement distribué, vous verrez c'est pas une blague ! En tout cas si vous connaissez quelqu'un qui a besoin d'un oeil dites lui de contacter Greece Thapa à Dimapur ˆˆ...

Les anecdotes hors du commun sont nombreuses, on est sans cesse étonnés par ce pays hors norme, sa culture et son peuple tantôt accueillant souvent dérangant... On est propulsé directement à des années lumières de notre zone de comfort mais quoi qu'on en dise, c'est parfois vivifiant...

Quentin


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Siliguri
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Temple Sikh


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