Le trajet de la mort


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South America » Ecuador » South » Cuenca
July 6th 2013
Published: July 18th 2013
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1h du mat'. Le car est en train de monter une énième côte. Hadrien, rangée de droite côté couloir, dort. Damien à ma droite, rangée de gauche, écoute de la musique. Moi, je m'ennuie. Nous passons le sommet de la montagne, le car commence à descendre. Soudain, nous sentons une terrible accélération. Damien et moi échangeons un bref regard inquiet. Le car continue d'accélérer. Je tire le rideau pour regarder dehors, impossible de distinguer quoi que ce soit. Nous faisons 2 très légers virages, qui nous projettent aux bords de nos sièges. Je commence à flipper. Nous filons à pleine vitesse. Le car prend alors un virage serré à droite, ce sera le dernier. Le car bascule, nous tombons sur le côté gauche.

Sur le choc, les lumières s'éteignent, je ferme les yeux, me protège la tête, et contracte tous les muscles qu'il m'est possible. Nous sortons de la route. Les chocs terribles se succèdent. Le car fait des tonneaux. Je me retrouve contre la vitre, au plafond, sur un siège, à nouveau au plafond. Faîtes que ça s'arrête. Le car s'immobilise enfin, sur ses roues. Je me relève dans la seconde, Damien n'est plus à côté de moi, je l'appelle, il me répond immédiatement. Le son de sa voix m'indique qu'il n'est pas gravement blessé. Gros soulagement. Il s'est retrouvé quelques rangs devant, il me rejoint, il va bien. J'appelle Hadrien. Une fois, deux fois, trois fois. Pas de réponse. Je me dirige vers la place qu'il occupait. Dans le noir, mes doigts rencontrent un corps. Celui de sa voisine. Elle est morte. Je l'appelle une fois de plus, toujours rien. C'est un cauchemar. Le moteur tourne encore à toute balle. Nous entendons une fuite de gaz. Seulement de l'air ? peut être pas ? Des étincelles. Nous décidons de sortir de là au plus vite, et sautons par la fenêtre. Toutes les vitres sont brisées. Nous rejoignons la route, la traversons, et allons à la rencontre de villageois en train d'arriver, alertés par le bruit sans doute. Les larmes aux yeux, nous leur crions d'appeler les secours. Je m'effondre. Je crois Hadrien mort. Je jette un coup d’œil au bus, et distingue alors une silhouette traversant la rue en titubant. C'est lui. Nous le rejoignons en courant. Il est en état de choc, paniqué, et ne se rappelle de rien. Il ne sait absolument pas comment il est sorti du bus.

Nous lui expliquons la situation. Nous nous prenons tous les 3 par les épaules, et nous accordons un instant. Nous sommes vivants, rien de cassé. La douleur monte peu à peu. J'ai pris un bon coup sur la gueule, une balafre sur la jambe. Damien, un mec incassable, à peine un poc sur le front. Hadrien, un coup sur le front et la lèvre, et un violent mal de dos qui le fait s'allonger rapidement. Partout des blessés en pleurs, les visages pleins de sang. Les villageois courent vers le bus au secours des passagers. Policiers, ambulances et militaires arrivent sur les lieux peu après. C'est le chaos. Cadavres, sang, un film catastrophe. Après de longues minutes, on nous conduit à l'hopital d'Alausi, petite ville dans le coin. En entrant, toujours sous le choc, je passe par la salle d'opération où sont réunis les blessés les plus sérieux. Ok, on a vraiment eu de la chance. Hadrien est allongé dans le couloir adjacent. Faute de mieux, un médecin lui a placé une minerve en carton particulièrement inconfortable; et c'est alors qu'il se fait interviewer par un journaliste, ce qui nous rendra "célèbres" pendant toute notre traversée de l'Equateur!

Partout, de jeunes villageois venus aider le personnel dépassé. Ils nettoient nos plaies, nous parlent, nous tiennent la main. Ca fait du bien.

On nous apprendra plus tard que le chauffeur s'est endormi. Le dernier bilan fera état de 9 morts et 14 blessés grave. Autrement dit, une personne sur deux est soit morte, soit dans un état auquel on pourrait préférer la mort. Après une nuit à l'hopital, on nous emmène vers un petit hotel, dans lequel nous passerons 2 jours cloués au lit. Les courbatures à peu près passées (oui, un accident donne de terribles courbatures dans le cou et le dos), nous remontons tant bien que mal dans un bus, en direction de Cuenca.

Nous étions censés y arriver un samedi soir pour faire la fête, nous y arrivons finalement en début de semaine. Dommage. Pas encore bien remis de l'accident, nous dormons beaucoup. 2 ballades à notre actif : au parc Calderon près de la cathédrale, où nous avons pu voir 8 arbres gigantesques ramenés du Chili, et le long du Rio Tomebamba séparant le Cuenca moderne du Cuenca historique, où nous passons le long de belles maisons coloniales. 1 petit bar le soir (quand même !). C'est d'ailleurs l'occasion de rencontrer un groupe de locaux qui nous invite à nous joindre à leur table. Parfait pour pratiquer notre espagnol dans la bonne humeur et quelques verres dans le nez! Petit problème: alors que nous nous sentons de plus en plus à l'aise avec ces très sympathiques équatoriens, c'est aux alentours de minuit que le bar ferme ses portes. Yann, fatigué, rentre à l'auberge, et, c'est avec plaisir que nous suivons le petit groupe vers un bar en mode plus "underground", où nous rentrons avec le DJ. Bref ce fut une très agréable fin de soirée!

Le lendemain matin, nous prenons le bus en direction de Loja, dans le sud, pour rallier Vilcabamba, réputée comme étant un véritable paradis ...


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19th July 2013

quel récit .....c'est comme un polar....en vrai pas de casse pour vous....je ne pensais pas a ce point vous avez la baraka comme dirait mon père.....faites attention quand même...on vous aime .....jy
20th July 2013

Merci
Merci de rester en communication. EXTREMEMENT heureux de la chance que vous avez eue de bien vous en sortir malgré tout. J'espère que vous êtes tous bien remis (même des bleus) et que le reste du voyage sera excellent. Parlez-vous espagnol?
11th August 2013

plus jamais ça
trop peurt
16th August 2013

comment allez vous maintenemt?cette aventure ma fait penser a la montagne et celle de j.p.b.grosses bises de celle qui t'aime
18th August 2013

hello! oui tout va bien maintenant, on s'est bien remis et heureusement on a pas autant douillés que JP sur la montagne! Depuis ca, plus de galere :)

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