Séville


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October 3rd 2016
Published: January 15th 2017
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Lundi 3 octobre 2016



Pour découvrir Séville, nous avons choisi de nous inscrire à un Free Tour. Depuis qu’on a découvert ce concept, on essaye de faire ces visites à chaque fois qu’elles sont disponibles. C’est vraiment la manière idéale de découvrir une ville avec des locaux qui en plus t’expliquent la partie historique.



Donc avant de rejoindre le point de rendez-vous, on s’arrête dans un bistro du coin pour prendre le petit-déj. En Suisse, on n’a pas cette culture du bistro de quartier. C’est soit des ivrognes soit des vieux. Ici, tu croises tout le monde, on adore cette ambiance ! Arrivés au départ du Free Tour, il y a beaucoup de monde, du coup ça prend du temps de faire les groupes. Comme il y a des guides en espagnol, anglais et français, on rejoint le groupe où il y a le moins de monde, en français.


La visite commence sur la Plaza del Triunfo. La statue qui s’y trouve était autrefois utilisée pour sceller des contrats. En effet, comme les gens ne savaient ni lire ni écrire, ils ne pouvaient pas convenir d’une affaire sur papier. Ils venaient donc la définir ici, et promettre solennellement devant la statue de tenir leurs engagements. Sur cette place se trouve également une fontaine. Le guide nous explique qu’une réplique de la fontaine existe dans une autre ville du monde, jumelée à Séville : Kansas City. Voilà qui est original.



Nous nous trouvons ainsi devant la cathédrale de Séville, qui, comme de nombreuses églises en Andalousie, est une ancienne mosquée. Le clocher de la cathédrale est donc un ancien minaret et plus précisément le jumeau de la Koutoubia de Marrakech. A la différence que celui de Séville est plus haut puisqu’on lui a rajouté un clocher pour devenir chrétien. Nous faisons le tour de la Cathédrale et le guide nous explique qu’elle a été entièrement nettoyée il y a quelques années quand ils ont coupé la circulation autour du moment, car il était totalement encrassé par la pollution. En nettoyant les murs, ils ont fait réapparaître d’anciennes inscriptions qui avaient été faites au sang de taureau. C’était une tradition où les universitaires qui terminaient leurs études venaient ainsi marquer le mur de leur emblème familial pour célébrer la réussite de leur diplôme.

Puis nous nous rendons à l’Ayutamiento, la mairie. Séville a toujours voulu faire les choses en grand mais n’a pas toujours eu les moyens de son ambition. Et ce bâtiment l’illustre parfaitement. Lors de sa construction, ils voulaient faire un bâtiment magnifique et ont commencé à faire des ornements splendides sur les façades. Mais comme ils n’ont pas eu assez d’argent et bien ils n’ont tout simplement pas fini les décorations.



Idem pour le Puente Triana. Qui de mieux à cette époque pour réaliser une telle construction que M. Eiffel lui-même ? Mais comme il n’était pas disponible, ils ont dû se contenter de l’un de ses disciples. Le style reste parfaitement reconnaissable mais le prestige manque… D’ailleurs, c’est surprenant qu’ils aient voulu autant de prestige pour ce pont qui relie le centre-ville au quartier de Triana. La légende dit que c’est ici que serait né le flamenco. C’était ici qu’étaient recalés tous ceux à qui l’accès à la ville était refusé : les juifs, les musulmans, les gitans, les criminels, etc. La tour située au bout du pont, au pied de laquelle se situe l’actuel marché était d’ailleurs un point de contrôle de l’inquisition où ils jugeaient ces marginaux et les enfermaient.


Nous nous rendons ensuite aux arènes, les plus prestigieuses du monde pour un toréador. Venir « toréer » ici et gagner, c’est comme gagner la Champions League ! Nous continuons l’itinéraire et arrivons à la Torre del Oro. C’était un point de défense d’entrée dans la ville qui s’est ensuite transformé en prison. Après une petite pause ravitaillement, la visite continue et nous passons devant l’hôtel le plus cher de la ville, à 1600 € la nuit. Je confirme, ça a l’air magnifique !

Puis nous arrivons à l’Université qui se trouve être une ancienne fabrique de cigares ! Et la particularité c’est que seules les femmes y travaillaient car elles avaient de petites mains et les gestes délicats pour fabriquer ces cigares qui étaient vendus une fortune. Elles étaient donc particulièrement protégées et toute l’enceinte du bâtiment était encerclée par des grilles. Il faut comprendre que ces femmes avaient une excellente situation car elles étaient très bien payées. Il était déjà rare qu’une femme travaille, alors qu’elle gagne plus qu’un homme, cela suscitait beaucoup d’envie et de jalousie. Ce sont ce genre de femmes qui ont d’ailleurs inspiré de célèbres opéras comme « Carmen » ou « Le Barbier de Séville ».

Le Free Tour se termine en apothéose sur la Plaza d’España, la démonstration la plus flagrante de la mégalomanie de la ville. Les travaux de cette place ont commencé en 1910 pour l’Exposition Ibéro-américaine de 1929. Oui mais entre-deux il y a juste eu une guerre mondiale qui a foutu par terre toute l’économie internationale. Résultats des courses, personne n’est venu à cette Expo en 1929, ce fut un échec total !! Les habitants de la ville ont dû contribuer, via leurs impôts, au remboursement de cette dette jusqu’en 1969 !! Pour ma part, je me sens très nostalgique sur cette place puisque ça me rappelle mon voyage d’étude de l’école espagnole, il y a 16 ans. Je refais donc les mêmes photos qu’à l’époque, devant les pavillons représentant Orense et Oviedo.



Le tour est terminé et on a bien envie de se laisser tenter par une autre visite cet après-midi, celle de l’Alcazar, le palais de Séville. Du coup, on doit manger en vitesse pour rejoindre le point de rendez-vous.



L’Alcazar est un palais qui ressemble beaucoup à l’Alhambra de Granada. Tous les rois qui s’y sont succédés, musulmans et chrétiens, y ont fait des modifications en y apportant leur touche personnelle mais ils n’ont jamais détruit la base précédente. C’est pour ça qu’il y a un tel mélange de styles et qu’on y trouve à la fois des citations de la Bible et du Coran. Mais chacun acceptait le passé de l’autre et cela ne posait aucun problème de mélanger les croyances…



C’est également dans ce palais que Christophe Colomb se rendait au retour de ses expéditions pour raconter ses découvertes à la reine Isabel la Catolica. On trouve dans le palais beaucoup de représentations d’une vierge à laquelle Colomb adressait ses prières. Avant chaque départ et à chaque retour, il venait se recueillir devant sa représentation. Et comme à chaque fois Colomb rentrait sain et sauf, les autres marins se sont dit qu’elle devait porter chance aux navigateurs et ils sont tous mis à prier cette sainte. Et c’est pour ça que l’on trouve de nombreuses représentations de cette vierge en Amérique du Sud.



Les jardins du palais sont également magnifiques. Il y a même une partie de nature totalement sauvage. Ainsi, quand le roi ne voulait pas sortir pour aller à la chasse, il pouvait chasser directement chez lui. Dans la partie aménagée, il y a aussi l’un des rares orgues aquatiques au monde. Comme il y a si peu, il est resté très longtemps à l’abandon. Ils n’ont trouvé quelqu’un pour le réparer il y a seulement quelques années. Nous avons donc attendu l’heure pile pour profiter de sa douce mélodie.



Pour la petite histoire, il paraît qu’il y a plusieurs scènes de Game of Thrones qui ont été tournées dans le palais. En s’y baladant, c’est marrant d’imaginer à la fois Christophe Colomb et Cersei Lannister !



Après une belle journée comme celle-ci on s’offre un bon repas au bord de la rivière. On a mangé un succulent riz noir aux fruits de mer, une pure merveille ! Et on termine notre visite de Séville par une petite balade dans le quartier de Triana.




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