Sapa, Vietnam (ou Comment Reculer le Temps)


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March 3rd 2011
Published: March 3rd 2011
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28 février 2011

Je découvre réellement Sapa aujourd'hui.

Le tour de ville se fait à pied, en quelques heures seulement.



Sapa est une ville en pente entourée de montagnes et de rizières boueuses.

Je m'y sent très très bien.

Le soleil est présent et me permet d'avoir une vue à couper le souffle sur le paysage.

Inoubliable.





Des dixaines de commerces offrent ici du matériel de trek à peu de frais.

Tout près se trouve la frontière chinoise, Pays de la contre-façon.

À Sapa, les souliers NorthFace sont vendus à 20$ seulement.

Houlà.

Ce sont sans aucun doute des faux, mais c'est vraiment à s'y méprendre:

leur audace en matière de contre-façon les amène même jusqu'à copier les certificats d'authenticité !



D'étranges boutiques de médecine alternative ont aussi pignon sur rue.

Poudres magiques et racines de sorciers.

Pourquoi ne pas essayer de remédier à vos problèmes de reins avec de la sorcelerie ou avec de la tisane aux lézards séchés?





Les minorités ethniques des villages voisins sont très présentes ici.

On les voit partout, vêtus de leurs habits les plus colorés comme des oiseaux exotiques.

Des perruches et des toucans.

C'est fascinant.

Mais ces gens viennent à Sapa pour une seule raison: vendre leur artisanat aux touristes.

Leur truc pour vendre leur bijoux est de coller le touriste ciblé et de le suivre jusqu'à ce qu'il flanche et qu'il achète la camelote, question de ne plus se faire suivre.

Voilà l'enrageante technique.

Ouf.

Et si vous pensez que le simple refus d'acheter suffira à les faire décoller, et bien vous vous trompez.

C'est carrément du harcèlement.

Aujourd'hui, j'ai eu droit à l'accompagnement d'une vieille corneille habillée de rouge durant une heure complète.

Je l'ignorais complètement pourtant, mais bordel, elle m'attendait à la sortie de chaque boutique avec son sourire d'handicapé.

La ''Red Dzao'' a finalement compris... alors que j'étais rendu à marcher vers un troupeau de chèvres au fond d'un pâturage.

Non mais ça suffit! Je ne veux pas te les acheter!

Je n'en porte même pas de foutues boucles d'oreilles!!





En après-midi, je me lance dans une longue marche vers les villages voisins avec le couple de français rencontré dans le bus merdique d'Hanoi-Sapa.

Cat Cat et Sin Chai.

On se retrouve dans l'authenticité même de la campagne vietnamienne: collines, montagnes et nuages, buffles en manteaux de cuir et porcs se salissant dans la boue, rizières infestées de larves de moustiques et agriculteurs en besogne (ça travaille fort ce monde là!)

Quoi demander de plus? Voilà que ma Nikon est en overtime!



J'écris ces dernières lignes au fond d'un bar de viets alors que du techno menace les murs de s'écrouler.

Non mais c'est qu'ils n'écoutent que ça les jeunes vietnamiens!





1 mars 2011

C'est un départ pour un trek de deux jours ce matin.

On est trois foreign (le couple de français et moi-même) accompagnés d'une guide Hmong habillé de noir qui parle un anglais étonnamment droit.

Elle nous avoue avoir vingt ans, mais elle semble en avoir pas plus que quatorze.

Je dois baisser considérablement les yeux pour pouvoir lui parler tellement elle est minuscule.



On s'éloigne doucement de Sapa par les routes des montagnes.

On est encerclé par un décor des rizières en étage.

Le trek qu'on a choisit n'est pas celui offert à l'habituelle masse touristique.

On s'injecte tranquillement dans la réalité de la vie rurale des minorités ethniques du nord du Vietnam.

L'expérience est dépaysante à souhaits.

On se retrouve tous les trois à des centaines d'années éloignées de notre mode de vie habituel.

Croyances animistes et chamanisme.

Ici, les légendes dictent le mode de vie des gens.



On se fait inviter chez Mia, la guide naine au rire contagieux.

Elle et sa famille (et puis son village aussi) vivent carrément dans une autre époque.

La cuisine n'est qu'un feu au centre d'une pièce sombre

et la table à dîner, absente.

On mange par terre ici, assis sur le plancher de ciment.



Il y a un petit autel devant la porte d'entrée.

On y a déposé des dessins et des statuettes d'animaux.

Toutes leurs prières vont à la force des éléments.

Jamais j'aurais pu deviner un tel mode de vie chez une chouette fille branchée comme Mia.





On marche le long des rizières asséchées alors que des nuages couvrent les pentes abruptes de la région.

Forêts de bambous et pêchers en fleurs.

On se sent si loin du rythme de vie de l'occident.

Les gens ici ont tellement rien... et tellement tout en même temps.

C'est plutôt difficile à expliquer.

Je ne suis pas que de l'autre côté de la terre: je suis à 800 ans derrière vous.



On dormira dans une cabane de bois ce soir, au milieu des rizières, avec quelques autres voyageurs.

Je fermerai les yeux vers 20h00, au milieu des vagues d'ombre dessinées par les flammes des chandelles.

Les murs de bois filtreront alors légèrement le son de la chute voisine

qui brouille depuis toujours le silence de centaines d'années d'inertie.





Note à Moi-Même:

Ici, il ne faut pas:
1- s'assoir dans le cadre de porte des maisons: ça bloque l'entrée des bons esprits.
2- faire du bruit avec sa cuiller dans son café: ça attire les monstres (?)
3- pointer ce gros arbre juste-là.





2 mars 2011

On poursuit notre route ce matin, canne à sucre dans la main gauche et canne de marche en bambou dans l'autre.

Les nuages sont de plus en plus opaques sur le décor.

Petite pluie fine.

J'ai mon North Face contre-fait comme carapace.





Sur le chemin, des enfants nous suivent intrigués en nous observant sans dire un mot.

Muets

et abondamment morveux.

La sève coule généreusement sous leur nez salit par le jeu.

On les prend en photos alors qu'aucun d'eux ne réagit.

Statufiés.

Je zoom

alors qu'aucun enfant a la moindre idée de ce que je leur pointe.

''Few tourist comme here'' nous avait assuré l'agence à notre départ.

J'ai la preuve maintenant qu'elle nous disait vrai.





On retourne finalement à Sapa en minibus.

Il est 14h00.

Le trek a été un succès total, malgré la température.

Plutôt normal tous ces nuages ici, paraît-il, en cette période de l'année.



Après la douche chaude et fortement réconfortante, je me glisse le vainqueur sous la couverture de laine synthétique de ma chambre à cinq piastres.

À vos marques... près...

repos.





3 mars 2011

Aujourd'hui, je passe la journée à organiser mes prochains jours.

J'espérais me lancer dans l'ascension de la plus haute montagne d'Asie du sud-est qui se trouve ici, à Sapa (le ''Fansipan'', altitude de 3143 mètres)... mais la température des jours à venir semblent m'en empêcher.

Prévisions météorologiques: brume, pluie, froid, humidité pour les cinq prochains jours.

On me déconseille fortement de me lancer ce défi dans cette température.

Bien dommage.

Et puis je n'ai pas envie de rester à Sapa sous la pluie jusqu'à mardi.

Bien dommage.

Je prend donc la décision de me mettre en mouvement.



Prochaine destination: Dien Bien Phu, à 34 kilomètres de la frontière laotienne.

Départ: 7h30 demain matin.

J'espère ne pas devoir vous décrire la ride vers Dien Bien Phu comme je l'ai fait avec l'Hanoi-Sapa!



Etienne X





Note à Moi-Même:

Maintenant que je revoyage seul, voici le retour du ''want to boom boom?'' proposé par les chauffeurs de motos.

Ça n'a pas été très long avant de le ré-entendre celui-là, non?

Mais désolé, je suis ici pour grimper des montagnes et non pas pour grimper des putes.

Payer pour l'ascension d'une montagne, ça me va.

Mais payer pour l'ascension du Mont de Vénus... et bien... non merci, je vais passer mon tour.


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5th March 2011

haaaaa oui c'est ca de voyager seul !!!! :) en tout cas tu es bien ou tu es crois moi !!! gros bisous éclate toi bien !
6th March 2011

:)
Vive les montagnes! XX

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