Anuradhapura /අනුරාධපුරය , Sri Lanka (One More Stupa)


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Published: April 7th 2015
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29 mars



Je quitte Kandy dans un chaos pas possible à la station de bus.

Diesel Tetris.

Les bus déglingués s'imbriquent tous en klaxonnant, étouffés pas une fumée noire qu'ils crachent à tour de rôle comme des poumons carbonisés.

À part des autres, comme un premier de classe, un mini-bus annonce Kandy-Anuradhapura A/C (air climatisé).

Bingo.

Le temps de m'acheter deux pains veg/curry et me voilà qui prend place dans la boîte climatisée avec le trop plein de sri lankais.

Le mini-bus s'active

et bientôt, se fraye comme il peut un chemin à travers les tyrans qui sacrent et crachent salement dans la cours d'autobus.

Je suis assis dans le petit-à-lunettes qui se fait malmener à la sortie des classes.



Rapidement, j'engloutit les deux galettes veg/curry, assis sagement à l'avant du mini-bus.

Un picotement doucereux me fait bientôt saliver.

Et puis Paf!

Ça m'éclate

comme des galettes de dynamites.



Mon lunch n'est pas qu'épicé.
Il est incendiaire.

Sans déconner, ces insignifiants petits pains me coupent le souffle comme un saut en chute libre ou une attaque d'emphysème.

Je panique

alors que j'ouvre béante ma brûlure buccale devant une bouche d'aération climatisée au dessus de ma tête.

Les gens dans le mini-bus me regardent alors tristement faire,

alors que j'ai l'air d'une grosse carpe.

C'est fou.

Et ils utilisent la même recette comme poison à rats aussi?



Heureusement, l'incendie sur ma langue finit par s'éteindre tranquillement.

Comme un feu de paille.

Ouf.

C'est terrible (sic) la vie de voyageur sans extincteur.



La route ici est enfin beaucoup plus agréable que celles au cœur des montagnes sri lankaises.

Il y a de nombreux palmiers, et puis quelques vaches hindous dans le paysage tropical.



On vise le Nord.

La température monte d'un cran alors que je sent l'air brûlant à l'extérieur s'infiltrer dans le véhicule.

La climatisation s'efforce de garder son rythme durant le trajet, mais je suis loin d'être assis dans l'étanchéité d'un sous-marin.

Il fait donc plutôt tiède dans le transport A/C.



Soudainement, quelques goûtes se mettent à tomber sur le pare-brise, menues

comme si le ciel suait.



Et puis d'un coup,

Bang!

La pluie s'effondre en assommant intensément le décor comme une lourde massue.

Bang!

Je revie mon arrivée à Colombo.

Mais par chance, je suis dans le mini-bus cette fois, à observer le déluge et non à me faire mitrailler par la mousson.



On arrive à Anuradhapura alors que tout est sec dans la ville.

La pluie a oubliée de passer ici faut croire.



Je me pose donc là, à Anuradhapura, à une auberge noircie par une infestation de moustiques génétiquement modifiés.

Mais peu importe la nuisance, je dormirai sous une tente en moustiquaire qui couvrira mon matelas ici, comme un voyageur en quarantaine encore une fois.

C'est que depuis mon arrivée au Sri Lanka, ces méduses protègent mon sommeil des piqûres paludéennes.

Tous les soirs donc, j'ai l'impression de m'endormir comme un gamin dans un igloo.



Note à Moi-Même:

Sri Lanka signifie "Pays resplendissant" en cingalais.



30 mars



J'ouvre les yeux à l'auberge "Lake View Tourist Resort" d'Anuradhapura.

Ironiquement, je n'ai pas de vue sur le lac.

Et puis même, il n'y a aucun lac aux alentours.

C'est que c'est vendeur "Lake View".



Je prend une douche froide ce matin, non pas parce qu'il manque d'eau chaude mais parce qu'il n'y a aucun robinet rouge qui la fait parler. Avec cette chaleur, qui a besoin de se savonner à l'eau chaude anyway?



Après le déjeuner, un chauffeur de tuk tuk me cueille devant l'auberge.

Il me sourit en cingalais, mais il n'arrive aucunement à le faire en anglais.

Sacred City.

Je passerai la journée avec lui, en hochant de la tête et en lui disant "yes yes" quand les choses me plairont, et "no no" quand je serai moins content.

Voilà.



Je m'installe donc au creux du hanneton qui s'actionne comme une crécelle.

"Winners Newer Quit" est écrit sur le côté de la boîte-à-savon.

Ça me fait bien rire.

Je ne suis pas trop certain que la coquille dans ce beau message positif fait du chauffeur un réel champion.



Je laisse donc l'auberge derrière moi et part découvrir les environs de l'ancienne capitale du Pays

avec le chauffeur souriant, muet et gommant comme du toffee.



Stupas et encore des stupas.

Des petits et des plus gros.

Et puis des gigantesques aussi, s'étirant vers le ciel comme des cathédrales.



Langurs et vaches sacrées.

Et des monstrueux chiens léprosés aussi, partout, qui ont des allures de gros amphibiens tellement ils se sont grattés.



Le soleil s'accroche bientôt au zénith.

La chaleur est à son summum

alors que je passe de stupas en stupas en me déchaussant.

J'ai l'air d'une maladroite ballerine à marcher sur la pointe des pieds dans les sites religieux en pierres rougies sous le soleil.

C'est comme tenter de marcher normalement sur des ronds de poêles.

Ish!

C'est à cuire un œuf directement sur le roc ce truc.

C'est que c'est presqu'aussi ardent... que les galettes veg/curry du mini-bus d'hier.



On est donc quelques touristes là, gratinés devant les stupas, courant d'îlot ombragé en îlot ombragé comme des enfants jouant malgré eux à un jeu de camp d'été.

One more stupa.

J'essai de tous les explorer mais mes pieds irrités n'en peuvent plus.

J'ai la plante des pieds au vif comme une cuisson bleue.

One more Stupa ouaip,

et puis après on rentre à l'auberge.

J'y boirai tranquilement une Lion lager sur la terrasse

avec la magnifique vue

sur l'absence de lac.



Demain, cap sur Jaffna, ville la plus au Nord du Sri Lanka, ancien nid des Tigres Tamouls.



Etienne X





Note à Moi-Même:

J'ai vu un arbre sacré de 2 200 ans.

Bouddha lui-même lui aurait touché.

Ouais. Bel anachronisme.


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