Casablanca, Maroc (ou Les Averses Agaces-Pissettes)


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March 5th 2013
Published: March 6th 2013
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5 Mars

... J'ouvre les yeux alors qu'un gamin aux allures d'Harry Potter pleure à chaudes larmes sur le banc devant moi. J'ai l'impression que le hasard me colle toujours aux pleurnichards dans les avions.

Tout semble calme dans le vol pour Casablanca... le calme plat, sauf devant moi.

J'enlève mon polar, et puis mon cotton ouatté aussi.

Je m'étais préparé à l'habituelle refrigération qu'on nous sert dans les vols d'Air Transat vous savez. Mais Royal Air Maroc ne sert pas la même médecine à ses passagers: il y a décidément économie d'air climatisée chez le transporteur marocain.

J'ai chaud.

Il n'y a aucune trappe d'air qui souffle et oxygène mon banc. Mais bon, heureusement, je ne suis pas collé sur un étranger. Voyez-vous, le voisin que je devais avoir est absent. Je regarde autour de moi pour réaliser qu'en fait, tous les passagers ont un voisin absent. Jamais vu autant de bancs libres dans un avion. Décidément, le Maroc n'est pas une destination prisée lors de la semaine de relâche québécoise.

Alors que je somnole, assommé par la chaleur, l'un des quatres agents de bord masculins dépose discrètement une mini poche à zip sur la couverture encore dans son plastique à mes côtés. J'agrippe le sac en espérant y trouver un coussin pour m'appuyer le sommeil...surprise, j'y trouve une paire de bas.

Le gamin devant moi a cesser de pleurnicher, mais le voilà maintenant qui renifle aux secondes.

"Pâpâ, pâpâ" lance-t-il à son père comme s'il cherchait son approbation pour chacun de ses clignements d'oeil. Fffff. Et bien voilà! Je comprend maintenant pourquoi on nous a distribué une paire de bas! C'est pour se boucher les oreilles avec je présume!



Il est 4h du matin lorsque notre avion pose ses roues sur la piste de l'aéroport "Morrrrrrrramed V". 4h du matin au Québec je veux dire car ici, il est 9h30 Am. Je dois reprendre vie rapidement, moi qui faisait encore l'étoile à l'atterrissage.

"Bienvenue au Maroc" que me dit la fille du bureau de change en baissant les yeux. "Shukran" que je lui dit en essayant de recompter mes dirhams avec les yeux brouillés par une demie nuit de sommeil. Aïe. Me faut vraiment trouver un café avant d 'organiser quoi-que-ce-soit d'autre.

Un, et puis un deuxième cappuccino, et me voilà remis sur pied.



Je prend un train qui m'amène à une gare, et puis un petit taxi rouge qui m'amène à mon hôtel. Ouch. Le chauffeur de la boîte-à-savon m'a chargé beaucoup trop cher et il a en plus sérieusement mit mon voyage en péril avec sa folle conduite de rodéo. C'est comme de se retrouver dans un circuit d'auto-tamponneuses ou tout le monde se frôle sans jamais s'accrocher. C'est à devenir fou cette conduite! Heureusement, il y avait que très peu de kilomètres séparant la gare à mon hôtel.

Casablanca n'est pas du tout à la hauteur de son nom.

ça fait rêver Casablanca, non? Et bien désolé de vous déçevoir, mais ça ressemble davantage à un centre-ville négligé aux bâtiments défraîchis qu'à un oasis éclatant de romantisme. Et je ne vous parle pas de ses bidonvilles qui encercle le coeur de la ville jusqu'à l'étouffer. En plus, aujourd'hui, il pleut. Et ce n'est pas une pluie constante. Non. Ce sont tout plein d'averses agaces-pissettes. Il faut poser le pied sur le trottoir pour que la pluie tombe et il faut poser le cul au resto pour qu'elle cesse. Damn. Il ne me reste qu'à m'assoir sous les auvents d'un café et siroter un thé à la menthe en regardant le traffic se klaxonner sous la pluie... sans jamais s'accrocher.

La dernière grosse averse se calme alors que le soleil s'éteint.

Petite fringale. Pourquoi attendre plus longtemps que je me dis alors que j'entre dans un resto typique, sans prétention et quasi invisible du centre-ville de Casablanca. C'est l'odeur des tajines qui alluma mon appétit.

Le jeune marocain qui m'accueille ne parle pas un mot français. Mais on arrive très bien à se comprendre quand même.

Je suis donc là, à ce moment même, à savourer mon repas collé au fond de son assiette en terre-cuite.

Caché au creux d'une toge beige, un vieil homme lèche le fond de sa tajine avec un bout de pain. Les chants arabiques cessent du laptop de la caissière voilée. C'est Bryan Adams qui prend la relève.



Notes à Moi-Même:

1- Prix d'une tajine pour 1 personne: 3,75$

2- Sandwicherie: quel serait votre choix?

Le sandwich de coeur, de rate, de cervelle, de reins, ou le fameux sandwich double?



Etienne X

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