Meknès, Maroc (ou le Temps qui Passe)


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March 6th 2013
Published: March 7th 2013
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Toujours à Casablanca

6 mars

Je me lève après un profond 12 heures de sommeil, enfoui au plus profond encore de mon sleeping bag humide.

J'ai besoin d'une bonne douche au réveil mais l'eau chaude refuse de fonctionner. Et comme il ne fait pas plus que 10 degré à Casablanca aujourd'hui, il n'est pas question de me mettre nu sous l'eau plus que froide de ma douche au jet essouflé. Tant pis. Je préfère être sale que congelé.





Bon. On dirait que 10h30, c'est trop tard pour déjeûner ici... et trop de bonne heure pour dîner aussi.

"Pas de sandwich" me dit le cuistot de la sandwicherie.

"Tajine" qu'il me relance.

Bon. Allons-y avec la tajine alors, ça me réchauffera de cette douche froide que je n'ai pas osé prendre.





Après une longue marche dans le décor effrité de la ville, j'arrive enfin à la Casa Voyageur, gare de train principale de Casablanca. Même pas eu besoin de carte. Avec perspicacité, j'avais décidé de suivre mon instinct... et de suivre la trak du tramway. Bingo. Pile-poil pour le train en direction de Meknès. Aucune attente. Ce train passe aux deux heures et demie, et me voilà juste à temps pour y prendre place.

C'est comme ça parfois la vie:
un coup de dés.





Après un 3h30 de train plutôt confortable, me voilà à la cité impériale de Meknès. Une longue discussion avec un jeune marocain dans la capsule ferroviaire m'a fait comprendre un peu plus la naissance et l'histoire du Maroc moderne. Me voilà donc un peu plus instruit, m'installant à la Maroc Hôtel, juste là, à l'entrée de la Médina.

Une pluie fine m'empêche de me lancer dans les ruelles labyrinthiques de la vieille ville. Dès que la mouillasse cesse, je part à la découverte de la vie derrière les remparts de Meknès. Bon. ça ira peut-être qu'à demain finalement.

Note à Moi-Même:

Je pourrais peut-être m'acheter un poisson rouge du marchand ambulant juste là, vendu sous la pluie... ça me ferait ainsi un peu de compagnie dans ma lugubre chambre aux allures de cellule.





7 mars

La pluie a cessé. Le ciel est toutefois toujours aussi couvert de sombre ouatte en étages. Il fait frais, mais dès que le soleil maghrebin se perce un trou, on réalise à quel point il peut brunir la peau des touristes. Les marocains, eux, sont bien couverts. Aucun d'eux ne portent le t-shirt.

"J'ai peur d'être malade" que m'a dit Idriss, un vieil édenté silencieux perdu dans la fumée de sa cigarette... et tout aussi perdu dans sa toge, capuchon pointu sur la tête, comme s'il portait le couvert d'une tajine comme couvre-chef.

Bon. Je vais garder mon polar alors, par politesse.





Je m'enfile un espresso très noir comme déjeûner, accompagné d'un bout de pain. Aucune femme ne prend place dans l'étouffant café. C'est réservé aux hommes ces endroits. Game de foot, espresso, deux cubes de sucre et un verre d'eau. Oh, et plusieurs cigarettes aussi. Ils ne sont pas près de quitter leur nicotine ceux-là. C'est comme une constante routine pour eux, jour après jour.

Pendant ce temps, les femmes s'occupent des enfants j'imagine. Et du ménage aussi. Chacun leur rôle. L'homme lui, bois du café en fumant.

C'est comme ça.





Je me lance dans le labyrinthe qu'est la Médina de Meknès. Je prend tout mon temps. C'est la basse saison ici. Aucun touriste aux alentours. Je lance des "Salam Alekum" à chacun des passants qui me répondent en souriant. Les femmes voilées me sourient des yeux. Les enfants eux me suivent en me parlant en français.

"Vous êtes français?" me demande un homme en complet vert olive.

"Québec. Canada" que je lui répond.

"Canada? Speak english?"

"Yes. Mais non. Les deux. But more french" que je lui répond avec la main collé sur le coeur.

C'est comme ça.





Dans la Médina, les bâtiments sont emboîtés les uns aux autres. Des murs rose collés à du blanc sale, et des portes bleues pâles découpées à des murets vert pastel.

Des lignes, des courbes et des angles.

Des ombres et des éclaircies, de longs corridors et des impasses.





"Vous voulez voir le bain commun?" me demande un maigre moustachu imitant l'homme d'affaires.

"Eeee...non...." que je lui dis. (Vous prenez votre bain en gang ici?)





Je me perd et me retrouve, et me reperd, et me retrouve parfois coïncé à des cul-de-sacs utilisés comme chiottes où des chats de goutières me hissent comme si j'étais pour leur subtiliser leur putride bouchée de viande. Bon. Mais sinon, ce n' est pas trop compliqué de se retrouver: la majorité des couloirs mènent au marché central qui est, comme son nom l'indique... au centre, bien évidemment.

A cet endroit même, des chevaux malades sont au service de barbus qui offrent des tours de calèches dans la Médina.

"Mon ami, mon ami" que me traitent certains maraudeurs. Mmm. Il faut rester méfiant des amitiés instantanées.





Le ciel s'assombrit en fin de journée.

Les hommes prennent place devant les cafés, comme à l'habitude, et observent la vie passer devant eux. Au prochain match de foot, ils vont tous prendre place à l'intérieur, hypnotisés par le téléviseur et empoisonnés par la fumée collante des cigarettes consummées en série.

Voilà.

C'est le temps qui passe et qui jaunit les murs mosaïqués.





Note à Moi-Même:

Pas trop cher pour les fumeurs ici. Il s'agit de poser les fesses dans un café et de respirer à plein poumons pour avoir sa dose de nicotine.





Etienne X


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10th March 2013
Pas trop cher le tour de ray...

euh!!
et toi qu as tu fais tondre ???
10th March 2013
Pas trop cher le tour de ray...

Je ne me fais rien tondre :) Je laisse tout ça comme ça!

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