Il était une fois dans l'Ouest


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North America » Canada » Alberta » Banff National Park
October 30th 2020
Published: November 1st 2020
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Partir en voyage en pleine pandémie? Et oui, une méga-promotion avec les milles aéroplan aura eu raison de nous. C'est aussi une excellente occasion de visiter notre propre pays à l'occasion d'une petite escape en amoureux. Et après le confinement, et plus encore après des mois interminables à la maison en arrêt de travail (la «joie» des maladies chroniques autoimmunes...), j'avais définitivement besoin d'un grand bol d'air. Et c'est dans les Rocheuses que je l'ai trouvé.



Le 16 septembre 2020



15:20 Nous sommes à la garderie, on récupère en vitesse la plus jeune

15:35 La cloche de l'école sonne, vite-vite, on ramasse nos aînées.

15:50 Tic-tac, tic-tac. Nous sommes coincés dans le traffic en plein dans le tunnel, l'heure tourne, notre avion décolle à 19:15 et nous avons un arrêt à faire chez belle-maman pour déposer nos trésors. Stress, quand tu nous tiens...

16:35 On débarque en vitesse chez grand-maman, on donne nos dernières instructions concernant les filles, on installe les bancs d'auto comme des pros et on quitte pour l'aéroport. Carl conduit comme un pilote de rallye.

17:15 On stationne la voiture à l'aéroport, deux heures pile avant le décollage, exactement ce qui est demandé selon les normes aéroportuaires. Bingo!



Mais de quoi a dont l'air un aéroport en pleine pandémie? Et bien, tel qu'attendu, c'est plutôt désert... Un préposé à la sécurité prend notre température à l'entrée. Les tableaux indicateurs annoncent au maximum 20 vols, la plupart domestiques. La majorité des commerces et restaurants sont fermés. Bref, ce n'est pas la joie, mais au moins, il n'y a aucune attente à la sécurité. Nous allons manger un morceau avant l'avion, c'est pour nous l'occasion de retirer un peu notre masque puisque nous le porterons intégralement pour notre 4,5 heures de vol. Vers 19:00, on embarque dans l'avion. L'agent de bord qui nous accueille est toute énervée, elle nous explique que l'avion est flambant neuf, et en effet, ça se voit! Même les toilettes ont eu un important changement de look et ont un petit côté design, c'est tout dire. Nous devons être à peine une trentaine de passagers à bord. Aucun doute, le 2 mètres de distance est respecté de tous les côtés! Pour le masque, c'est la même chose et les agents de bord y veillent et rappellent à l'ordre les récalcitrants, mais il demeure possible de retirer le couvre-visage brièvement pour boire ou manger. De même, il est demandé aux passagers de limiter le plus possible les déplacements dans l'avion. Pas de flânage à l'arrière, aucune ligne d'attente permise devant les toilettes, pas de jeunes enfants promenés dans l'allée, alouette!



Le vol prend 35 minutes de plus que prévu car les vents sont violents ce soir, mais on finit par arriver à Calgary, enfin! On file au comptoir de location de voitures. Et rien à faire, j'ai beau épeller mon nom plusieurs fois, celui de Carl-Phillippe, le préposé ne retrouve pas notre réservation dans son système. Je sors mes papiers et mon erreur m'apparaît en vert sur blanc. Je me suis trompée de compagnie... c'est avec l'autre compagnie au logo vert que nous avons loué, oupppppsssssssss. Je me trouve très très championne sur ce coup là, mais ça fait une bonne anecdote de vacances! On se déplace un peu plus loin jusqu'au comptoir de National et on prend possession de notre véhicule pour les prochains jours, un flambant petit Kona: flambant bleu car il est impossible de le manquer dans un stationnement, et flambant neuf car il n'a que 15 kilomètres au compteur! Après un petit 5 minutes de route, on arrive à l'hôtel Homewood Suites où, pour un prix vraiment dérisoire, moins de 100$ par nuit, nous avons une magnifique suite avec cuisine et déjeuner inclus. Difficile de faire mieux en terme de rapport qualité-prix pour un hôtel d'aéroport canadien!



Le 17 septembre 2020,

Merci aux deux heures de décalage horaire qui nous ont permis d'être fin prêts à bord de notre petit Kona à 6:45 am (ou 8:45, heure de Montréal). Et c'est tant mieux car une longue longue journée nous attend, on doit se rendre jusqu'à Jasper, à 5 heures de route sans compter les arrêts. On contourne rapidement Calgary, ça roule comme un charme. Il fait beau, mais en raison des feux de forêt démentiels aux États-Unis et en Colombie-Britannique, le ciel est voilé et donne une vision floue des alentours. Après une petite heure tranquille, on arrive devant la ligne impresionnante des Rocheuses, juste devant nous, et sans qu'on sache trop comment, on se retrouve au coeur des montagnes. De chaque côté de la route, des clôtures limitent le mouvement de la faune, nous rappelant qu'ici, nous sommes bel et bien en territoire sauvage. On passe Banff sans trop la voir, la ville étant située en retrait de l'autoroute. Nous nous dirigeons vers le célébrissime Jonhston Canyon, un des lieux les plus en vu du parc National de Banff. Tellement en vu que Parc Canada en a fermé la route d'accès en 2020 pour limiter les visiteurs et par le fait même, la propagation de la Covid-19. Les seuls moyens d'y accéder sont de parcourir au minimum 7 ou 8 km à pied ou en vélo, ou encore, petit secret, d'avoir une réservation pour le Blackswift Bistro...Devinez qui a une réservation pour dîner? Avec notre réservation en main, les garde-parc nous laissent passer sans problème mais nous avertissent de faire très attention aux cyclistes sur le chemin du retour...



On arrive enfin au Johnston Canyon. Le lieu est très bien entretenu et organisé, tout est propre, nous avons hâte de nous élancer sur le sentier. Celui-ci longe une magnifique rivière translucide, exactement comme on peut l'imaginer dans les Rocheuses canadiennes. Nous sommes absolument seuls, entre rivière et forêt. Et c'est alors que je me rappelle dans quel endroit nous sommes: en pleine nature, au pays des ours... Je fais plusieurs fois le cri du yogi pour aviser les éventuels nounours de notre présence. Nous avons à peine marché 15 minutes qu'on croise une drôle de bestiole dans un arbre. On apprendra plus tard, en regardant les pancartes de Parc Canada, qu'il s'agit d'une martre d'Amérique. Le sentier est joli au début, mais rapidement, l'endroit deviens complètement féérique, on marche littéralement dans le canyon, sur de belles plate-formes suspendues au-dessus de l'eau. Les vues changent à chaque détour du sentier, à tout moment on a l'impression d'être en plein coeur d'une carte postale, c'est magique. Notre objectif, c'est d'atteindre les Upper Falls et comme le nom l'indique, ça prend une grimpette de 2,5 kilomètres pour y arriver, mais les mollets ne chauffent pas trop, le chemin est facile. On en prend plein les yeux avec les spectaculaires formations géologiques, la forêt de conifères et la rivière translucide à nos pieds. On parvient d'abord aux Lower Falls et rien dans les photos vues avant de venir ne m'avait préparé à la beauté de cet endroit. Aux abords de la chute, le courant est violent et le bruit, assourdissant. Ça vaut franchement le détour, d'autant plus qu'on peut s'approcher de la chute via un petit tunnel creusé à même la roche. On commence à manquer de superlatifs tellement on apprécie les lieux et en plus, nous y sommes seuls: nous ne croiserons que 4 autres couples durant toute notre randonnée. On poursuit vers Upper Falls et nous sommes encore une fois séduits. L'endroit est très différent et la chute, beaucoup plus haute. La nature est une vraie artiste et on en profite pour admirer son oeuvre depuis un belvédère situé un peu plus haut. Ça y est, objectif atteint, il ne nous reste plus qu'à rebrousser chemin pour aller manger au Blackswift Bistro! Rien de tel qu'un petit burger de bison pour se redonner un peu d'énergie!



On repart sur la route, de nombreux kilomètres nous séparent de Jasper mais on en prend plein les yeux d'un côté et de l'autre de la route. En fait, on ne cesse de s'arrêter sur les bas-côté aménagés à cet effet pour profiter des panoramas. On s'arrête un peu plus longuement à Hector Lake puis à Bow Lake. Plusieurs autres touristes sont présents, mais c'est très calme et serein, tout le monde est immergé dans les superbes paysages albertains. On s'arrache à la contemplation car il faut bien avancer un peu si on veut arriver à Jasper ce soir. C'est alors qu'au tournant de la route, en bas d'une côte, on aperçoit un gros point noir dans les fourrés. Oserions-nous rêver? C'est un ours. Une ourse plutôt, avec son petit. On arrête la voiture en catastrophe, à côté d'eux, 10 mètres à peine. On retient notre souffle et on ouvre la fenêtre, on prend des photos et surtout, on n'en croit pas nos yeux de la chance qu'on a! Il se crée un petit bear-jam car plusieurs automobilistes suivent notre exemple et s'immobilisent sur la route. Après une petite dizaine de minutes qui a passé trop vite, la maman et son petit s'éloignent dans la forêt. C'est le signal pour nous de reprendre la route, surnommée la Promenade des Glaciers, un road-trip à faire au moins une fois dans une vie de l'avis du National Geographic. La route est magnifique, ça roule bien et tout est bien prévu et aménagé pour les touristes. Le bonheur!



Notre prochain arrêt est au Waterfowl Lake, nous y faisons une très courte randonnée qui nous amène à une magnifique rivière de montagne. Un petit pont de bois l'enjambe et dessus, on y trouve un pêcheur solitaire en train de taquiner le poisson. Une vraie de vraie carte postale, avec les montagnes enneigées en arrière plan. On croit presque halluciner. Retour à la voiture, cette fois, on teste notre petit Kona car la route fait des lacets impressionnants à flan de montagne, on se croirait dans une pub de voiture à la télé. Les kilomètres défilent mais le temps passe vite, on en prend plein les yeux. Un peu plus loin, une randonnée nous attend, la Parker Ridge Trail, un parcours de 5,8 kilomètres qui me fait rêver depuis de nombreuses semaines. En arrivant, on lève les yeux, on ne voit pas trop l'abouttisement du sentier et la crête devant nous semble bien trop haute pour que ce soit notre objectif de l'après-midi. Tant pis, on prend notre sac-à-dos et on commence. Nous sommes dans une forêt de conifères et le chemin monte lentement, en lacets, jusqu'à ce que l'on dépasse la ligne des arbres. Les vues s'ouvrent devant nous. Ici, c'est la toundra, et la toundra en automne, c'est magnifiquement coloré et varié. Je me laisse séduire par toutes les différentes plantes et buissons qui poussent à nos pieds, je découvre un tout nouvel environnement. On monte et on monte et le paysage change encore. On arrive dans un désert minéral, le vent est violent, glacial. On a une impression de bout du monde quand, tout près, on aperçoit une langue glacière descendre de l'immense montagne en face. Et nous, on continue à monter, jusque sur cette même crête qui, d'en bas nous paraissait inatteignable. Nous y sommes. Des abris sommaires composés d'un empilement de pierres nous protègent du vent le temps que l'on mange en vitesse un sandwich, puis c'est l'heure de redescendre. Le retour est beaucoup plus tendre pour les mollets et le cardio, mais ce sont les genoux qui prennent le coup cette fois. Mais ça en valait la peine.



Un constat s'impose lorsqu'on revient à la voiture deux heures après l'avoir quittée: nous sommes crevés. On décide d'enchaîner directement sur Jasper et de sauter les quelques autres étapes prévues en chemin. De toute façon, nous repasserons demain en revenant vers Lake Louise. Une heure trente de paysages époustoufflants plus tard, on arrive à Jasper. On s'arrête au Mount Robson Inn, notre môtel pour la nuit. Je dois avoir droit au check-in le plus complet jamais réalisé, incluant suggestions de restos et de randos, mais tout ce qu'on veut, à ce stade, c'est une douche! Une fois rafraîchis, on part vers le petit centre-ville. Ici, même à l'extérieur, le port du masque est requis. On soupe chez Earl's une chaîne populaire dans l'Ouest canadien. Je serais définitivement cliente si le concept était importé au Québec, c'est très bon (et j'ai très faim après tous ces efforts). Ce sera ensuite un repos bien mérité parce que demain, la journée s'annonce aussi chargée! Mine de rien, ma fitbit indique quand même 21 kilomètres de marche pour la journée et pas moins de 200 étages montés... Quand même...


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