Oulan-Bator (Улаанбаатар), Mongolia (Retour sur UB)


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Asia » Mongolia » Ulaanbaatar
August 2nd 2019
Published: August 3rd 2019
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27 juillet

(Lendemain de la tempête de sable)



Notre campement d'hier a effectivement été monté au milieu de nulle part.

Aucun arbre ni aucun rocher ne s'y trouve pour couper le vent ou pour disparaître le temps de son brossage de dents et de sa toilette matinale.

Nos tentes maintenant blessées par la tempête ne pourront certainement pas survivre à une seconde rage comme celle d'hier soir.



On passera par la ville de Dalanzadgad ce matin, là où passe la route principale bitumée.

Quoique la ville soit la capitale de la région d'Ömnögov, elle n'abrite que 18 740 habitants.

On n'y sera que de passage, question de racheter des vivres et de (quel bonheur) prendre nos douches au bâtiment quelconque en béton utilisé comme public shower de la région.

Ce nettoyage de corps nous coûtera 1.50$ chacun (3 000 Tugrik).



On poursuivra ensuite notre montée vers UB par la belle route vertébrale pour quelques heures, jusqu'au moment où notre van, sans avertissement, prendra la route des champs, comme ça, à 90 degré vers nulle part encore une fois.

Sans explication, on retournera se perdre dans le paysage aplatit et sans fond.

90% du temps passé dans le container russe se fera en offroad.

Parfois, le chauffeur choisira même de rouler sur le bas-côté au lieu de sur la voie asphaltée trouée.

La vitesse limite sur le bitume est de 80 km/h tandis qu'il n'y aura aucun policier pour vous arrêter hors de la route.



Le campement de yourtes de ce soir sera une fois de plus seul au coeur de la steppe.

Devant notre abris, une horde de chameaux en mutation chiâlent de ne pas être en liberté.

Leur profond râle de wookiee se perdra dans les grands vents qui balaye sans arrêt la Mongolie.

À l'arrivée des grands froids, leur toison repoussera en permanente mais pour l'instant, avec la chaleur de l'été, ils perdent certainement l'équivalent de leur poids en fourrure.



Pour souper, la famille de la yourte nous a préparée une chaudronnée d'ossements et de viande d'agneau où se perdent deux petites pommes de terre et quelques gousses d'ail.

Bouffe de carnivore (Nyamka la coquette-guide presqu'anorexique s'abstiendra).

Zombie Boy, Mr.Happy et moi-même, pigeant dans le chaudron à tirage, dévoreront le plat, sans classe, comme des hommes de Néandertal.

Mr.Happy tentera de nous partager les bouts blanchâtre de gras, mais sans succès.

Il feignera la déception alors qu'il s'empressera de les mâchouiller avec délectation

tout en se léchant les bouts de doigts sales et en se cirant le museau.

Les mongoles sont fous de la graisse animal.

Bien entendu, nous ronflerons tous comme des ogres cette nuit, soulevant presque le couvercle de notre yourte.

Sauf Nyamka bien sûr, elle qui dormira certainement qu'en mode veille, dérangée par nos grognements digestifs de vieux chameaux.



28-29 juillet



Sans surprise, nos deux derniers jours du Tour se passeront encore une fois en amortisseurs dans le véhicule hors-piste, presqu'en mal de mer dans la steppe.

Il y a des millions d'années, le décor autour de nous se trouvait sous l'océan.

Pas surprenant donc d'avoir l'impression d'être enfermé dans un scaphandre secoué par des courants sous-marins depuis quelques jours.



Mr.Happy, Zombie Boy et moi-même avons l'humeur en diagonale dans la fourgonnette, sans douche depuis deux jours maintenant et vêtus du même linge odorant qu'à notre jadis randonnée de chameau au désert de Gobi.

Depuis déjà trop de jours, je regarde ma dernière paire de bobette propre dans mon sac-à-dos en me disant

"je la garde pour demain celle-là".

Il n'y a que la coquette Nyamka qui semble rafraîchit dans le van.

En fait, même au sortir des cercueils verticaux servant de bécosses, Nyamka semblait presque sortir de chez l'esthéticienne, un peu plus rosée par son fard à joues à chaque coup.



Alors qu'on s'approche d'Oulan-Bator, notre guide semble plus pimpante que jamais.

Instagrammable.

C'est à croire qu'un 11 jours de découche, en tente, en yourte et même assoupit au fond d'une camionnette,

11 jours d'aventures rurales n'arrêtera pas la coquetterie de Nyamka.



On arrive finalement à UB alors que le grincheux ciel pollué fond sur la ville.

Le trafic incessant et les klaxons de l'impatience reprennent encore une fois leur refrain.

Incroyable la vitesse à laquelle revient le mouvement de la ville ici.

Et dire que 15 minutes auparavant, le seul son qu'on pouvait entendre était le hennissement d'un Pégase prenant son élan dans la steppe pour s'envoler.



Je suis heureux de revoir le guesthouse de Moogi, de prendre une (vraie) douche et d'espérer porter du linge propre d'ici peu.



Il pleut grisâtre sur UB mais peu importe.

Assis sur la banquette d'un restaurant, je commande une longue bière froide à une serveuse sans sourire et aux jambes en parenthèse, déformées sans doute par une vie de nomade trop souvent passée en équerre sur sa monture.

Je lève mon verre et prends mes premières gorgées de bière depuis ces derniers 11 jours.

Ça me grise

et ça me fait sourire.



Etienne X 



Notes à Moi-Même:

1- Dans une course de chevaux, il est gênant de chevaucher un cheval galopant derrière un cheval qui a perdu son cavalier.

2- Coupe de cheveux à Oulan-Bator: lavage + massage de tête + coupe de cheveux + relavage + remassage de tête (avec camphre et menthol) + coiffage = Prix de 22 000 Tugrik, tip inclus (11$ canadien)

3- Il n'y a pas de sous en Mongolie. Tout l'argent est en papier. La plus grosse coupure est le 20 000 Tugrik (+ ou - 10$ canadien), ce qui fait de belles grosses piles de papier dans ses poches.


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