Bali, une surprenante derniere escale asiatique


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November 9th 2009
Published: November 9th 2009
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Corée, Japon et maintenant Bali. A chaque fois c'est pareil ; à chaque fois je me fais avoir. Il suffit que je n'attende rien d'extraordinaire d'une destination pour que celle-ci m'éblouisse. C'est peut-être une bonne approche du voyage au long cours et, sûrement, le meilleur moyen pour éviter les déceptions. Mais alors, pourquoi me rendre à Bali si l'île ne m'intéressait a priori pas vraiment ? Et bien le hasard des réservations de billets d'avion et la politique de vils prix pratiquée par Air Asia ont choisi pour moi. La compagnie a des offres très attractives pour rallier l'Australie, notamment depuis Bali. Il n’en fallait pas plus !

Galvaudée, ultra touristique, prompte à encaisser les dollars, voilà le tableau que certains voyageurs m'avaient dressé de Bali. A juste titre, probablement. Mais, comme tous les avis dépourvus de nuances, il ne reflète qu'une partie de la réalité. Avec une pointe de curiosité, le voyageur chanceux que je suis est tout de même parvenu à dépasser cette montagne de clichés et à sortir, un peu, des sentiers trop touristiques. La récompense fut immédiate. Je me souviendrai longtemps des offrandes et de l'encens brûlant devant chaque pas de porte, de cette cérémonie hindouiste à Bangli, de ce café partagé avec les fermiers de Tampaksiring, de cette marche à travers les rizières de Tirta Gangga, de cette virée sauvage en scooter le long de la côte est de l'île ou de cette aurore à Lovina, à bord d’un jukung, à la recherche des dauphins.

Ubud, là où s'éclipsent les doutes

Ubud, localité plantée au milieu de la campagne balinaise, se veut être le pôle de la culture et des arts de l'île. Après Kuta et ses fameuses plages prises d'assaut par les surfeurs et les noceurs, ce doit être la deuxième destination la plus prisée par les touristes et cela se remarque bien avant l'entrée dans le village, la route étant bordée sur 10 km, de manière quasi ininterrompue, de galeries d'art, d'ateliers de peinture ou de sculpture. C'est a peu près la même chose dans la localité, avec en plus les boutiques, les cafés, les spas et autres resorts pour touristes. Victime de son succès, le village n'a donc rien de bien palpitant à offrir, à moins que l'on soit collectionneur d'art ou visiteur en mal de shopping. Étant ni l'un ni l'autre, Ubud m’a tout de même offert le bénéfice d’une excellente base pour explorer les environs qui, eux, ne manquent pas d'attraits. Ici, comme partout ailleurs sur l'île d'ailleurs, j'ai pris goût à la vie luxueuse à petit prix : bungalow privé, avec terrasse, jardin, parfois piscine et petit déjeuner pour une dizaine de francs, de quoi me faire considérer avec sérieux, à plusieurs reprises, un après-midi paresseux à rêvasser sur le patio, thé ou jus de fruits frais à portée de main.

En ce dimanche matin, alors que je laissais mes pas filer à la découverte de ce monde nouveau, Dame Chance veillait une fois de plus sur moi. Elle m'a fait croiser la route de Made, un gars du coin qui, un peu comme tout le monde par ici, s'improvise guide pour les touristes, de temps en temps. Et bien, je peux dire que je suis sacrément bien tombé. Au lieu d’être simplement trimballé d'un spot touristique à l'autre pour la journée, comme je m’y attendais, j’ai bénéficié d’un tour aux petits oignons, un peu comme si j’étais un ami de longue date venu en visite. Enfant de la région, Made connaît presque toutes les petites routes de campagnes et c'est sur celles-ci, magnifiques, qu'il a décidé de me faire découvrir son pays, qu'importe si cela prend plus de temps ou, justement, parce que cela prend plus de temps et que les découvertes attendent le visiteur presque à chaque virage. En chemin pour assister à une cérémonie hindouiste qui n'a lieu, paraît-il, que tous les cent ans dans la ville de Bangli, nous faisons une première halte au village natal de Made, le temps pour moi de faire connaissance avec sa famille, dont les plus jeunes paraissent fortement intimidés par ma présence, et de revêtir une tenue adéquate pour être admis dans le temple. Avant d'atteindre le lieu de la cérémonie, nous tombons, en rase campagne, sur un attroupement bruyant et agité. Un combat de coqs, me confie Made. Je saute du 4x4, enveloppé dans mon sarong, et rejoint les bords de l'arène pour jeter un coup d'oeil. La bonne boucherie ! Les deux gladiateurs à plumes sont présentés au public entre les mains de leur propriétaire-entraîneur, avant qu'on attache à leur patte droite une lame de couteau de dix bons cm. Puis viennent les paris et, enfin, le combat proprement dit. Les coqs sont placés l'un en face de l'autre, tandis qu’on leur chatouille méchamment le bec, probablement pour faire monter leur agressivité. Et ça marche plutôt bien, car des le lâché des deux combattants, ceux-ci en viennent directement à un violent corps-à-corps à l’issue mortelle, sous les vivats de la foule. N'en déplaise à Wesley, ce coup-ci le coq noir a subi la loi du rouquin.

Nous arrivons à Bangli juste avant le début de la fête, qui doit durer jusqu'au soir. C'est la première fois que je côtoie le monde hindouiste et tout me paraît sortir de l'ordinaire : divinités à gueule de singe ou d'éléphant, dont les statues sont affublées d'ombrelles (on pense à tout, c'est vrai que le soleil cogne dur par ici), offrandes faites de savants assemblages de fruits et de fleurs, autels dont les étendards colorés flottent au vent et animaux, vaches et poulets, qui déambulent joyeusement au milieu des fidèles. Les porcs n'auront pas cette chance ; j'ai tout juste eu le temps de passer la tête dans l'arrière-cour pour voir le cinquième se faire proprement égorger. Et oui, pas simple ! A part ça, l'ambiance est plutôt décontractée : les membres d'un orchestre à percussion insistent pour que je leur tire le portrait, assis sur les marches d'un autel, une bande de jeunes en sarong pavoisent en me jetant des regards amusés, tandis qu'un groupe de vieilles femmes rient aux éclats, lorsque l'une d'entre elles me demande si je suis déjà marié.

Bref, cette journée m'a tellement plu que je redonne de l'embauche à mon guide le lendemain. Au programme, deux heures et demi de marche dans la campagne pour rejoindre son village. Une ballade au milieu des rizières, des cacaotiers et des caféiers. Étant lui-même agriculteur, Made sait de quoi il parle lorsqu'il évoque le travail de la terre. En gravissant des collines couvertes de jungle, trop abruptes pour être exploitées, nous cueillons quelques légumes sauvages en prévision d'un repas qui s'avérera aussi simple que délicieux. Mais avant cela, nous nous arrêtons sur les terres familiales pour déguster un café balinais à l'ombre d'une cabane, en compagnie de membres de la parenté qui travaillaient aux champs ce jour-là. L'ambiance n'était pas sans me rappeler quelques casse-croutes matinaux, à la cleusette ou à la virotte, il y a de cela bien longtemps.

Tirta Gangga, là où se forgent les certitudes

C'est en prenant la route qui mène vers l'est que l'on peut quasiment remonter le temps : les labours à la charrue, les gens qui se lavent à l'eau fraîche des rivières, les femmes en sarong qui transportent leur barda en équilibre sur la tête, les cris des fermiers dans les rizières pour chasser les oiseaux, le regard éberlué des enfants et les sourires, partout, des que l'on prononce le mot "hello" ; Bali intacte, ou presque, une chose qui me paraissait inconcevable avant ce séjour.

Sur les flancs du volcan Agung, géant endormi depuis presque cinq décennies, Tirta Gangga est un hameau niché au milieu des rizières en terrasses, où l'on ne fait halte d'habitude que pour admirer le "Water Palace", un lieu sacré aux fontaines divines, où les rois d'antan venaient prier les dieux et se reposer. Profitant de passer quelques jours dans ce havre de tranquillité, je suis parti visiter la campagne environnante avec un guide, à la découverte du mode de vie de ses habitants. Ici, Bali se fait plus traditionnelle, plus naturelle. Pas de routes, pas de machines, pas d'engrais. Chacun cultive son petit lopin de terre, comme on semble le faire depuis des générations. On vit simplement, la terre, fertile, et l’eau, abondante, apportant l'essentiel : de quoi se nourrir et, avec de la chance, de quoi gagner quelques milliers de ruppiahs, pour améliorer l'ordinaire.

Le lendemain, je m'offre une mémorable escapade en scooter sur les petites routes de la côte est. Passée la bourgade endormie de Amed, où les centres de plongées déserts se succèdent les uns derrière les autres, les vertes vallées cultivées cèdent la place à une terre brune couverte de garrigue. Sacré contraste. Pas de rivières, juste des espaces désolés. Il y a pourtant des gens qui vivent ici. En levant le regard, on discerne, accrochés aux pentes de collines abruptes qui dominent la mer, des villages qui paraissent déserts, presque abandonnés. La route, solitaire, sinueuse, bosselée, pentue comme la "Dérochure", est juste magnifique. Peu de quatre roues s’aventurent jusqu’ici. A mi-chemin des 40 bornes qui doivent me mener à la prochaine ville, je me rends compte qu'il serait judicieux de refaire le plein pour éviter de tomber en rade au milieu de nulle part. Au bord d'une masure, j'avise quelques bouteilles en pet à moitié remplies d'essence et m'arrête aussitôt. C'est une jeune femme en soutien-gorge, le bambin sur l'épaule, qui sort m'accueillir. En vient une autre, tandis qu'une troisième rigole dans une cabane un peu plus loin. Vu l'hilarité que je semble déclencher, j'en déduit que les visiteurs sont rares dans le coin. L’anglais ne me sera d’aucun secours par ici. Fort heureusement, il ne me sera pas trop difficile de me faire comprendre pour faire le plein et repartir à l'assaut de ces routes pittoresques.

Lovina, là où s'achève le rêve

Trois heures à bord d'un bus local brinqueballant longeant la côte est et me voilà dans la partie nord de Bali. Lovina est un plaisant petit bourg qui s'étire le long de la Mer de Bali, là où se succèdent de reposantes plages de sable noir. Presque intégralement dédié au tourisme, le village est assez tranquille à cette époque de l'année. C'est la basse saison à Bali et il y a plus de vendeurs de souvenirs que de touristes sur les plages. Les pauvres s'excusent en souriant, car ils savent que les rares visiteurs sont beaucoup sollicités. Sans être tenté par l'achat de peintures, de sarongs ou de coquillages, je me suis pourtant à plusieurs reprises installé sur la plage, à l'ombre, en compagnie de ces sympathiques vendeurs, juste pour discuter. Je leur annonçais d'entrée que je ne voulais pas acheter, mais ils semblaient déjà ravis d'avoir l'occasion de me présenter les coutumes et l'artisanat de la région.

On vient surtout à Lovina pour l'observation des dauphins, dont les colonies peuplent la côte tout au long de l'année. Je me suis levé aux aurores ce matin-là, pour monter à bord d'un jukung, une embarcation traditionnelle faite de bambou, qui s'apparente à une étroite pirogue flanquée de deux flotteurs, style catamaran des premiers temps. Splendide lever de soleil sur la Mer de Bali en compagnie d'un couple de... Zurichois. Trois Suisses dans leur frêle esquif au large de Bali, ça nous a arraché quelques sourires. Mais, malgré l'heure matinale, nous n'étions pas seuls dans les parages. Loin s'en faut. Une flottille d'au-moins trente jukungs était de sortie. Je n'ose pas imaginer ce que ça doit être en haute saison. Forcément, cela a un peu gâché l'expérience, d'autant qu'il n'y avait, au début, qu'un seul groupe de dauphins, poursuivis par cet armada à chaque fois qu'ils venaient prendre une ou deux bouffées d'air à la surface. Ce petit manège a fini par nous faire gentiment sourire. Ce n'est que lorsque notre boatman a laissé la foule se disperser et rentrer au port que la vraie récompense est arrivée : des groupes de dauphins de tous cotés. Grands seigneurs, certains nous ont même gratifié, à bonne distance toutefois, de bonds gracieux et de flips renversants, bien trop rapides et soudains pour j'aie la moindre chance de vous les faire partager. Cependant, avec la complicité de l'Optio W60, presque rétabli de sa dernière mésaventure, j'ai repris du service sous les flots, avec masque et tuba, pour ramener quelques clichés de la faune sous-marine, ma foi fort colorée et abondante.

Un grand b(l)ond au sud

Ok, désolé pour le jeu de mots à trois rupiahs. J'ai peine à réaliser, mais demain c'est déjà l'Australie, l'Outback, les kangourous et le retour au mode de vie occidental. Un changement de continent et, à coup sûr, un changement complet d'environnement. C'est que cela fait depuis le mois de mai que je crapahute à travers l'Asie. Je ne sais pas ce que me réserve cette prochaine escale, mais mes attentes sont assez élevées. J'attends trop de ces étapes océaniennes pour être lassé par le voyage, mais je dois avouer que la jauge du mal du pays est montée d'un cran ces derniers temps. Ce changement radical devrait intervenir à point nommé pour recharger les accus du voyageur, un peu comme lorsque j'arrivais en Corée du sud après presque deux mois passés en Chine. Réponse durant ces prochaines semaines. S'il est certainement encore un peu trop tôt pour parler de rentrer, je pense pouvoir dire sans trop me tromper que j'ai fait au moins la moitié du chemin, ce qui pourrait annoncer mon retour en même temps que celui des hirondelles.


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9th November 2009

C'est incroyable, Bali est pourtant si connu de tous les touristes, j'ai bon nombres de connaissance qui y vont chaque année. Mais avec tes mots tes images j'ai vraiment une autre impression de cette ile. Comme tu l'as dis plus haut les gens disent que c'est surtout un ile 100% touristique qui ne connais que le $. Mais apparemment elle regorge de petit secret que seul toi c'est dénicher. Je suis sur que si je refais le tour que tu as fais jusque j'aurai pas découvert 10% de tous ce que tu as vue hehe . Pour preuve tu connaissais mieux Parque que Véro lol
10th November 2009

Coucou!
Salut Ferd Comme d'hab tu me fais rêver... Tes photos sont magnifiques et quelle justesse dans la plume!!! Continue comme ça notre Mike Horn chablaisien!!! P.S. joli la robe
12th November 2009

Salut les frangins ! Merci de passer me voir et merci pour vos commentaires ; he he je devrais peut etre songer a me reconvertir en tant que guide touristique ; non en fait c'est pas dur, suffit de savoir ce qu'on veut voir et d'aller chercher les infos :)

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