Boumalne Dadès, Maroc (ou Comment ne pas se Rendre à l'Hôtel Panoramic)


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March 22nd 2013
Published: March 25th 2013
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Départ d'Er Rachidia

22 mars

Ma douche téléphone m'a raccroché au nez ce matin.

"Il n'y a plus de réponse au numéro que vous avez composé" que ça disait quand j'ai rappelé.

J'y pense, ça serait bien si on pouvait inventer la douche téléphone cellulaire, non?



La route d'aujourd'hui m'amène à Boumalne Dadès.

J'ai peine à garder les paupières ouvertes dans le bus.

Normal, le départ s'est fait à 6h30Am!



Je me retrouve donc, en avant-midi, dans le centre-ville en pente de Boumalne, attendant une mini-van partagée qui me déposera à l'hôtel "Panoramic".

Bon.

Je n'ai jamais été à l'hôtel "Panoramic" de Boumalne.

En fait, c'est un couple rencontré dans le désert qui m'a proposé d'y rejoindre Moha (Mohammed) le proprio, qui me fera visiter les environs, et qui me fera un prix "d'ami d'amis" pour une chambre à son hôtel.

Voilà.

Hôtel "Panoramic".

C'est que j'ai décidé de suivre leur proposition à ces deux là, ce qui explique ma présence ici, à Boumalne.





La mini-van arrive rapidement et j'y prend place avec les 16 autres personnes (!)

Me voilà donc partit sur une route mal-de-cœur, serpentant le long d'un ravin, en direction de l'hôtel "Panoramic".



La vue sur la gorge est époustouflante... pour ce que je peux en voir disons, époustouflé derrière les turbans et les djellaba (toges) des passagers.



On ne roule pas plus d'une quinzaine de kilomètres... avant de s'arrêter.

Le chauffeur caché par la foule entassé derrière lui me lance un "Hôtel Panoramic!".



Et bien voilà! Le but est atteint.

Je sort de l'engin, reprenant finalement mon souffle hors de l'emboîtement des passagers.

Inspire, expire.



La machine redémarre alors... me laissant derrière, sur la route-corniche, devant le... le...

devant l'Hôtel "PanoramA".

Ish.

Pas "Panoramic" mais "PanoramA"!!

Bon.

Voilà donc comment je n'ai jamais été à l'hôtel "Panoramic".

...



La vue de la terrasse de cet hôtel est superbe. Je suis perché sur un rebord de montagne séchée avec un piédestal plongeant sur une verdoyante gorge qui détone sur l'aridité du paysage. C'est incroyablement beau.

Les volets de la chambre qu'on m'y propose s'ouvrent sur le même panorama que la terrasse.

"PanoramA" dis-je bien, et pas "Panoramic" tsé.



"Hôtel Panoramic? C'est plus haut..." que le proprio me dit

"... et c'est moins beau" qu'il ajoute aussi.

Mais bien sûr... que je pense alors tout haut.



Bon. Je vais rester ici finalement.

Décidément, l'endroit est magnifique, peu importe le nom sur la devanture extérieure.

...

Je passe l'après-midi à lire sous le soleil marocain, et puis à regarder au loin depuis mon perchoir.

Et puis je vais au fond de la gorge aussi, marcher dans les jardins, observant le vol plané des hirondelles, accompagné des piaillements des oiseaux cachés dans les arbres en fleurs.

J'y croise parfois des gens aussi, comme ces deux femmes qui, à ma vue, baissèrent leur voiles noirs comme endeuillées.

Je me rappelle avoir pouffé de rire alors que les deux voiles s'éloignèrent lentement, pas à pas, risquant de dévier à tout moment du chemin tracé dans les champs.

Difficile de ne pas marcher dans la boue vous savez, aveuglé par un rideau noir.

C'est que le spectacle se finit au mariage ici.



Voilà. La journée se passe donc ainsi, à coup de gorgées de thé et de coups de soleil.



Note à Moi-Même:

Si un marocain vous dirige pour un resto, il ne privilégiera pas le meilleur, ni le moins cher. Non.

Il vous dirigera chez un ami.



23 mars

"Comment puis-je quitter votre hôtel si je n'ai pas de voiture?" que je demande au propriétaire fâché de l'hôtel Panorama. C'est que ce dernier viens tout juste d'engueuler un guide berbère en habits de circonstances qui s'est soûlé la gueule hier soir, devant trois polonaises apeurées.

"C'est très simple" qu'il me dit dans un français impeccable, tout en remettant son masque souriant.

"Tu n'as qu'à faire signe aux voitures sur la route. On va t'embarquer."

Bon. D'accord alors.

Inch Allah



Je me retrouve donc à poucer sur la route en corniche des Gorges du Dadès.



Une première voiture passe... je pouce... et elle s'arrête.

Vlan! Trop facile.

Le type accroché au volant se prénomme Mohammed (50% des marocains s'appellent Mohammed. Le reste, ce sont des femmes)

Il est guide touristique pour une auberge un peu plus haut sur la falaise (...qui sait, il travaille peut-être pour l'hôtel " Panoramic"?)

Je prend donc place à ses côtés, dans sa petite Renault flambant neuve et nous quittons tranquillement pour le centre-ville en pente de Boumalne.

Alors qu'il conduit, je lui parle de mes plans pour la journée et, sans grande surprise, il m'offre son aide pour les mettre en exécution. Mieux encore, il s'offre pour être mon chauffeur privé pour aller explorer la vallée des roses, endroit qui me serait plutôt compliqué à organiser avec un taxi collectif.

Bien.

Et voilà aussi que son prix pour m'y conduire est raisonnable et que mon budget peut l'absorber.

Très bien.

J'accepte donc l'offre de Mohammed alors que, dans la voiture encore en mouvement, on se serre la main en guise d'entente.



La vallée tout près de Kelaâ M'Gouna est tout simplement hallucinante.

"Ne manque pas la vallée des roses" que m'avait dit le proprio de l'hôtel Panorama. Et il avait raison de me le dire. C'est absolument à ne pas manquer!

Falaises rosées et jardins luxuriants au fond de précipices. Villages suspendus aux montagnes et Kasbah millénaire sur fond de Monts enneigés.

Et puis Mohammed qui arrête sa Renault aussitôt que je lui demande de le faire.

C'est ainsi que je sort ma Nikon de son fourreau pour fixer le décor venteux des Atlas.

Joie.

Clic!

Rejoie.

...



Maintenant à Kelaâ M'Gouba, je partage une débordante tajine avec mon chauffeur en toge sur le coin d'une rue bruyante. On est les deux à fouiller le plat encore bouillant avec nos bouts de pain déchiré. Aucun ustensile. On plonge dans la tajine à la façon berbère. Je vous avoue que j'ai appris rapidement la méthode tsé.

Le repas terminé, je remercie Mohammed alors qu'il me colle quatre becs à la marocaines.

Je prend ensuite mon inconfortable place dans un bus croche plein de musulmans barbus en sandales retroussées.

Me voilà donc qui disparaît dans la vallée lunaire en direction de Ouarzazate.

Ouarzazate.

Ça se dit bien ça, Ouarzazate.



Etienne X


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