Dunes Erg-chebbi 2 , Merzouga (Des Nomades et des Mouches)


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March 16th 2013
Published: March 19th 2013
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Toujours au premier oasis, dans les dunes d'Erg chebbi

16 mars

Mon lit pliable semblait parfait quand je l'ai choisi parmis les sept autres sous la tente.

Et c'est au milieu de la nuit que j'ai compris: le problème n'est pas nécessairement le lit mais le plancher de sable qui s'enfonce sous le poid du dormeur. Ca explique donc pourquoi ce matin, je dois me retenir pour ne pas tomber de mon matelat en angle.

Et voilà.

Je me lève.

C'est ainsi que je me glisse hors du lit pour le petit-déjeûner.





On quitte rapidement pour un autre paisible oasis encore plus creux dans le désert. Je prend place sur mon dromadaire qui me balotte de l'avant vers l'arrière comme une chaloupe sur la houle d'un Océan. Ca se tolère tout de même. Mais lorsque la bête enfonce ses grosses pantoufles dans une dune en pente, il faut m'accrocher fermement pour ne pas me retrouver à babord ou à tribord.

Halte-routière pour luncher.

Le petit campement sommaire est accroché à une imposante dune aux allures de grande muraille de sable.

C'est désert. Je veux dire qu'il n'y a personne aux alentours.

Mais un immense champ de billes de merde, comme une litière à dromadaires, me rappelle qu'un groupe de 59 suédois est dans les parages. Bon. C'est une litière pour les uns, mais c'est aussi un buffet "all you can eat" pour les autres. Vous devriez voir l'orgie que se sont planifiés les scarabées bouffe-merde ici!





En fin d'après-midi, on arrive chez une famille de nomades berbères. Quelques tentes et une cinquantaine de chèvres, et c'est tout. Une femme carriée mais voilée et ses deux mioches aux yeux pleins de mouches sont là pour m'accueillir. C'est ici que nous faisons arrêt pour la nuit. J'ai rarement connu de vie aussi simple que la vie des nomades du désert dois-je vous avouer.

Je passe une partie du reste de la journée à jouer au soccer nu pieds dans le crottin de chèvres avec le gosse morveux qui me demande sans cesse des gâteaux. J'acquiesse quelques fois à sa demande. Quel intense plaisir de voir les deux gamins sourire alors que je leur tend des sucreries.

Wow. C'est fou quand même ce que les touristes sont prêt à faire et à payer pour voir et vivre du vrai et de la pure authenticité. Faut croire qu'on a peut-être perdu un peu de ça chez nous...





Je suis là maintenant, à la lueur d'une chandelle qui s'achève au fond de ma tente berbère.

Un bêlement brise le silence au moment même où on se croirait dans le néant.





Troisième journée avec le même linge sur le dos aujourd'hui. Jour et nuit.

J'ai du sable à des endroits où je ne pensais même pas possible d'en avoir.





Note à Moi-Même:

Qu'est-ce qui a moins de charme qu'un dromadaire qui court?

Réponse: un dromadaire qui court avec moi dessus.







17 mars

6h00 Am.

Les chèvres bêlent maladivement de l'autre côté de l'épais tapis qui sert de mur aux bivouacs. J'ai un mal de dos terrible causé par mon inconfortable nuit couché par terre sur un matelat de chaise longue. Quand on parle d'authenticité, c'est exactement de ce type d 'expérience dont on parle.

Ce matin, l'hôtesse voilée a besoin d'un coup de main pour aller couper du branchage à un autre oasis. Je lui offre mon aide. Nous quittons alors pour cet autre oasis, avec ses deux ânes têtus sous le soleil du Sahara.

Me voilà donc à jouer le bûcheron berbère dans le creux d'un buisson, au milieu du désert, avec l'hôtesse, son frère, sa femme et son petit prince.... woua... si vous m'aviez dit que j'étais pour vivre ce truc un jour, je ne vous aurais jamais cru tsé.

De retour au campement, je m'écroule dans ma tente, brûlé par le soleil accablant de midi.

Ouch. Il y a tellement de mouches ici.

Je me sent comme une bouze dans un étable.

Je ne prend même plus la peine de bouger mon pied lorsqu'une mouche s'y pose.

Ouaip. Et ce n'est pas des mouches à fruits.

Je me dit que c'est peut-être parce que je sent la merde, voilà tout.





Il est 16h00.

On quitte les nomades berbères pour se rendre au désert noir.

Le vent (le Chergui) s'est levé dans les dunes.

Fort et tiède et poussiéreux.

Je ne me risquerai même pas de sortir ma Nikon de son sac de plastic.





Le sable se soulève et vient brouiller l'horizon lointaine du désert.

Même le pâle soleil est affaiblit par la tempête.

Derrière le smog, le soleil est une lune.





Je suis perché sur mon dromadaire alors qu'on s'éloigne des dunes dorées pour s'avancer sur un désert noir et rocailleux à la frontière algérienne.

L'effet désertique est encore plus imposant ici. Le plat est infini.

...

Je prend place sous le bivouac à quelques pas de cabanes en terre où demeurent encore une fois des nomades berbères. Tout est vide autour de nous, à part les cabanes, la tente, tout plein de chèvres et un seul arbre qui fait la sentinelle au milieu de rien.

Le smog causé par la tempête de sable voile toujours le désert comme sous une coupole.

Les étoiles sont absentes.

Il fait noir.

Noir comme plus jamais il fera noir.





Note à Moi-Même:

Je n'aurais jamais pensé qu'un jour, il me faudrait rationner mes gorgées d'eau... et mes feuilles de papier Q.







18 mars

Noir.

Il fait encore noir lorsque j'ouvre mes yeux bouffis.

Un coq ne cesse de cocorricotter.

Avec l'écho du désert, le réveil-matin pourrait être sous mon oreiller ou à plusieurs kilomètres de ma tente qu'il serait tout aussi dérangeant.

Je n'arriverai plus à dormir; les chèvres se sont aussi réveillées.

Et un mouton grippé ne cesse d'éternuer aussi.

Bon.

Je me doutais bien aussi que ma dernière nuit dans le Sahara ne s'enlignait pas pour être réparatrice, aussi noir et sans étoile était-elle.

D'abord il y avait cette couverture posée sur le sol qui me servait de matelat...

et puis notre abris qui ressemblait davantage à un chapiteau qu'à une tente...

et puis finalement cet étrange insecte rampant aperçu tout près de ma couchette, à la lueur de ma frontale, tout juste avant de devoir fermer les yeux pour dormir.

Ouaip.

Mauvais présage tout ça. Passer une bonne nuit à poings fermés n'était pas une option.







Un dernier lever de soleil sur les dunes... et me voilà qui rejoins l'auberge, point de départ de l'excursion dans le désert.

Ouf.

On m'y propose une douche chaude pour nettoyer tout ce sable collé à mon corps suant.

J'ai droit à un filet d'eau chaude et à une serviette sale trouvé dans un coin de chambre au lit double défait par l'amour.

Sssuper! Pas très revigorante finalement cette douche!





Deux allemands (encore des allemands) qui déjeûnaient à l'auberge m'offre de prendre place avec eux dans leur Citroën louée: c'est qu'ils doivent passer par Er Rachidia pour rejoindre Fès. Bingo. Voilà qui me sauvera de l'habituelle route à sept dans un taxi sans ceintures.

C'est donc ainsi que je suis de retour à Er Rachidia, la ville carrefour, avec un peu plus de sable au fond des bottines.

Je ne sais pas pour vous mais moi, je vais bien dormir cette nuit.





Notes à Moi-Même:

1- Trop de dromadaire donne mal au derrière.

2- Maroc: là où les napkins sont en papier ciré.





Etienne X


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