La Cordillera Blanca : le paradis blanc des amoureux de la montagne et de la nature


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South America » Peru » Ancash » Cordillera Blanca
July 25th 2011
Published: July 26th 2011
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La Cordillère Blanche est un massif montagneux des Andes péruviennes qui s'étend sur 180 kilomètres de longueur et comprend 35 sommets d'une altitude supérieure à 6 000 mètres. Son qualificatif de « blanche » vient de sa neige éternelle et de la couleur de la roche qui la compose, le quartz et le feldspath.

Le Huascarán, avec 6’768 mètres d'altitude, est le point culminant de la cordillère et du Pérou. Il fait également partie d’un parc national du même nom, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1985.

Certains décrivent la Cordillère Blanche comme la plus belle cordillère du monde. Pour nous, néophytes, difficile à juger. Cependant, du peu qu’on en a vu, tout de même une semaine passée dans la région, cela pourrait bien paraître justifié ! Les montagnes sont grandioses, les couleurs des lacs hallucinantes, les paysages aux alentours y sont saisissants (patchwork de cultures, pueblos et hauts-plateaux arides s’y confondent) et les habitants, tout simplement ouverts, souriants, aidants et simples. De plus, quand on sait qu’on y trouve 260 lacs de montagne situés à plus de 4000 mètres et ayant tous la particularité d’être colorés différemment selon leur fond, il y a de quoi faire !

Cette région du monde fait donc partie de ses endroits où l’on pourrait facilement poser ses plaques trois semaines pour recharger ses batteries, loin de l’agitation du monde. Quelques semaines partagées entre les nombreux treks de la région, la contemplation des lagunes, la vie paisible des villages de montagne et la pêche à la truite, qui en passant est une succulente spécialité du coin.

La Laguna de Paròn : que colores !

Dans un premier temps, c’est Caraz, petit village de tout de même 12'000 habitants, que nous avons choisi comme camp de base pour explorer la région. Il se situe à 2300 mètres d’altitude en plein cœur d’une vallée fertile entre la Cordillère Blanche et la Cordillère Noire. Cette dernière, parallèle à la blanche, de l’autre côté de la vallée, doit son nom au fait que ses sommets ne sont pas enneigés et que sa roche est beaucoup plus foncée que celle de sa grande sœur.
Ce petit bled typique aux ruelles étroites et bosselées respire l’authenticité ! Dans les rues, c’est un défilé d’habits traditionnels et d’activités paysannes. Un bien fou après la turbulente Trujillo.

Petit aparté historique, assez troublant tout de même : le Pérou, pays connu pour être fortement sismique, a vu cette vallée entre les deux cordillères (appelée « Calléjon del Huaylas »), fatalement touchée il y a plus de 40 ans. En effet, la vallée est aujourd’hui habitée par environ 120'000 habitants et lors d’un très puissant tremblement de terre en 1970, ce n’est pas moins de 80'000 personnes qui sont mortes, dans une région pauvre et peu développée. Quasiment tous les villages ont été détruits. Une catastrophe des plus importantes pour le pays !

Nous débarquons donc aux aurores dans cette bourgade de montagne après un trajet de nuit d’une dizaine d’heures en bus depuis Trujillo. Nous prenons nos quartiers sur les hauts du village dans un très chouette petit hôtel familial. On sent d’entrée qu’on va être bien ici :D.
Cette première journée dans la région sera des plus calmes, partagée entre le repos, la découverte du village, baigné dans une sincère foi chrétienne, comme souvent en Amérique du sud (églises à chaque coin de rue et signe de la croix à tout va !) puis une petite balade pédestre dans les environs.

Le lendemain, nous partons explorer la plus grande lagune de la cordillère : la laguna de Paròn. Notre chauffeur-guide du jour se révèle plus être un chauffeur muet qu’un guide. Bon, après tout c’est pas si grave en fait car les paysages traversés se révèlent encore une fois très beaux et nous laissent également muets : patchwork de culture, vue sur la Cordillère Noire, cascades, neige éternelle sur les sommets de la Cordillère Blanche,… C’est encore une fois du très bon !
Après plus de deux heures de conduite sur une route caillouteuse et dangereusement bosselée, nous débarquons à 4200 mètres au pied de la lagune. Le spectacle est au rendez-vous ! Imaginez une lagune aux eaux turquoise entourées d’une dizaine de montagnes enneigées ! Pas mal non ?!?
Nous arpentons donc, à plat et durant une petite heure, le sentier qui longe ce lac de montagne. Le Nikon est en grande forme et les clichés se succèdent à la vitesse grand V. Un petit bémol quand même, le recul. Et bien oui ! Comme nous sommes très proches de la lagune, nous n’arrivons pas à prendre des clichés d’ensemble. Ouais et puis bon, c’est pas grave, laissons-nous enivrer par ces paysages…

Nous reprenons ensuite le chemin du retour et gagnons Caraz pour visionner les deux matchs de foot du jour. Le Pérou se qualifiera pour les demi-finales en battant 2-0 la Colombie et l’Argentine sera terrassée sur son propre terrain par son minuscule voisin uruguayen. Beau spectacle et une très belle journée de plus à notre actif !

El Cañon del Pato : vive la poussière !

Autre curiosité du coin, un canyon à une vingtaine de kilomètres au nord de Caraz, où se rejoignent les deux cordillères. Nous décidons donc d’une petite balade avec notre muet local. L’ « excursion » est bouclée en deux heures et nous offre un contraste totalement irréel avec la journée précédente : c’est très sec, poussiéreux à cœur, très sombre dans les tunnels :D, vertigineux aux abords du canyon,… jolie matinée ! Décidemment, le coin ne manque pas de spécialités :D.

Nous profitons du reste de cette belle journée ensoleillée pour flâner dans les petites ruelles de Caraz, déambuler dans l’authentique marché du jour très coloré et agité et simplement rester tranquilles dans notre hôtel familial de grande qualité, à jouer avec les 2 petits chiots et les 2 petits chatons de 4 mois, propriétaires du lieu…

Chavìn de Huàntar : sur les traces des premières civilisations sud-américaines

À une heure et demi de Caraz en colectivos (minibus local), se situe « la Katmandou des Andes », Huaraz. Cette ville perchée à 3100 mètres compte environ 100'000 habitants et n’a rien à voir avec la tranquille et authentique Caraz. Ici les agences de treks, restos touristiques et taxis sont omniprésents.
L’une des premières questions qu’on pose ici, après les salutations d’usage, est « Tu pars en trek demain ? ». La réponse est pour beaucoup affirmative et généralement pour des treks d’au moins 5 jours (pouvant aller jusqu’à 18 jours !). De quoi, nous faire passer pour des amateurs :D !

Notre venue dans le coin a 2 objectifs : Chavìn de Huàntar et le Pastoruri.

Chavín de Huántar, inscrit à l’UNESCO en 1985, est un site archéologique situé à 3 200 m d'altitude à 250 km au nord de Lima et à 110 km de Huaraz. Il contrôlait les routes commerciales vers l'ouest jusqu'au Pacifique, à travers deux cols dans la Cordillère Blanche, et vers l'est jusqu'à l'Amazonie.
300 ans après ses débuts, soit vers 900 avant J.-C., le culte du Jaguar de Chavín et son influence étaient reconnues dans la plus grande partie de ce qui est le Pérou d'aujourd'hui.

Chavín de Huántar fut initialement construit par la civilisation « chavìn », une culture « pré-moche » (si si rappelez-vous ceux de Trujillo) aux environ de 900 avant J.-C.

Le site comporte deux structures principales : le vieux temple et le nouveau temple.
Le vieux temple a une structure en U orientée vers l'intérieur avec une cour centrale. La cour comporte des obélisques et des monuments en pierre ornés de bas-relief représentant des jaguars, des caïmans, faucons et diverses formes anthropomorphiques. L'intérieur du temple contient un dédale de corridors, de chambres et de conduites d'eau.
Le nouveau temple, construit entre 500 et 200 avant J.-C., contient aussi de nombreuses sculptures mais est plus massif. Un escalier mène à un palier avec une cour étroite. Des passages cachés et des plateformes permettaient aux prêtres d'apparaître miraculeusement au-dessus de leur assistance. De quoi donner encore plus de poids aux grands sacerdoces :D. En plus, ces petits malins ont construit leurs temples avec des normes antisismiques, ce qui permet au site d’être très bien conservé. C’est d’autant plus impressionnant que c’est l’une des plus anciennes civilisations du continent, 2000 ans avant les Incas !
Ajouter à cela que les paysages de Huaraz à Chavìn (3 heures en bus) sont somptueux. Cette excursion d’une journée fait partie des « must do » dans le nord du Pérou.

Le Pastoruri : un bon bol d’air frais

Culminant à 5240 mètres dans le sud de la Cordillère Blanche, c’est lui que nous avons choisi pour notre excursion andine. Ne pouvant pas aller titiller son sommet car la bête est instable, l’objectif est fixé à 5031 mètres au pied de son glacier et de diverses lagunes gelées. Bon rassurez-vous tout de suite, c’est plus un test d’altitude qu’une épreuve physique car nous sommes déposés à 4800 mètres pour parcourir une boucle d’environ 5 kilomètres aller-retour. Il a quand même fallu 2 heures de marche pour le faire :D.

Rose, courageuse jusqu’au bout, a bien souffert du mal de l’altitude (mal de tête bien prononcé et palpitation extrême au niveau des carotides !) mais est parvenue au sommet.
Il est vrai qu’à ces hauteurs, la respiration est tout de même difficile pour qui n’a pas une cage thoracique digne d’un « andin », plus grosse dès sa naissance ou une densité de globules rouges anormalement haute sous nos latitudes (sauf si l’EPO fait son office), pour compenser le manque d’oxygène. En effet, avec l’altitude, la pression de l’air diminue fortement ce qui offre moins d’oxygène disponible pour l’homme. À 5000 mètres, la quantité d’oxygène inspirée est moitié moins élevée qu’au niveau de la mer. Pour un effort, cela représente environ 40% des capacités physiques en moins…

Cette belle excursion d’une journée nous a également permis d’entrer dans le parc national du Huascaràn. On comprend rapidement pourquoi il est inscrit à l’UNESCO. Lagunes sur lagunes, pics enneigés de toute part et flore d’exception.
En effet, c’est principalement ici que poussent les « Puyas Raimondi », curiosité de la nature. Appelées « kitanka » en langue quechua, elles poussent uniquement à une altitude de 3’200 à 4’800 mètres, dans un microclimat particulier. De plus, elles vivent environ 100 ans chacune et meurent après leur UNIQUE floraison (les fleurs passent par 4 couleurs différentes !). Également surprenant, leur taille ! Elles peuvent atteindre une hauteur de 3 mètres et leur tige florale peut mesurer jusqu’à 9 mètres et porter jusqu’à 20 000 fleurs ! Ça c’est de la plante :D.

Ainsi s’achève cette courte (trop courte ?) semaine dans la magnifique « Cordillera Blanca ». Vous l’aurez compris, on a vraiment adoré le coin ! Je dirais même que pour tout amoureux de la nature en quête d’air pur, de défis sportifs, de paysages sauvages et d’authenticité, c’est une destination à glisser dans son agenda pour ces prochaines années. Et même très rapidement car le réchauffement de la planète a ici un effet dévastateur. Il paraît que d’ici 5 ans (voire 3 pour les plus pessimistes), le Pastoruri ne sera plus enneigé ! Cette dernière décennie, il a d’ailleurs perdu, d’années en années, une dizaine de mètres de longueur !
Encore plus alarmant, toutes les neiges éternelles du somptueux Huascaràn auront fondu d’ici 15 ans !!
Chers lecteurs, vous l’avez compris, c’est maintenant ou jamais…




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3rd August 2011

5'000 m !
Alors là... GGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGG 5'000m + !!!!!!! Performance que je salue bien bas ! On s'entraîne en altitude dans l'optique de tâter du Lance au retour. Ok, je vois ce que c'est. Il va falloir que je contact mes toubibs pour qu'ils augmentent la dose ;-) Sinon, c'est vraiment la clé ces paysages, lacs et canyons. Les couleurs explosent bien. J'oserai pas dire que ça sent le trafiqué, mais... ^^

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