Carretera Austral - Sud


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January 2nd 2015
Published: January 3rd 2015
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27 décembre 2014 - Jour 71

En quittant notre hôtel ce matin, nous nous rendons à la place du village pour acheter du pain à la boulangerie pour notre pic-nic. Mais on ne trouve pas celle qu'on nous a indiquée et alors qu'on fait demi-tour dans les rues désertes pour la chercher autour de la place, on se fait arrêter par la police. On a vu de nombreux contrôles aléatoires sur la route mais c'est la première fois qu'on se fait arrêter. Merde, on était dans une rue à sens interdit! Les villes sont construites à l'américaine, en quadrillage, et à chaque croisement il faut regarder dans quel sens va la rue, il y a des flèches pour l'indiquer à chaque coin. C'est moi qui ai dit à Alex de tourner ici car il y avait une flèche dans ce sens. Ils prennent toutes nos coordonnées mais disent qu'on s'en sort avec un avertissement. Alors qu'on reprend la route (sans le pain), bien agacés parce qu'on est retournés vérifier et la flèche existe bel et bien, on est quand même un peu inquiets qu'ils aient pris nos coordonnées. Un avertissement, ce ne serait pas un autre mot pour amende? Est-ce qu'il vont l'envoyer au loueur de voiture? On doit justement passer à l'agence de location aujourd'hui, il faudra qu'on leur demande.



Arrivés à Coyahique, la plus grande ville de la route australe, on trouve rapidement l'agence de location où on doit passer pour régler un problème de garantie sur la carte de crédit. On leur parle du contrôle de police et on est rassurés, ils nous confirment que ce n'était qu'un avertissement sinon ils nous auraient donné directement l'amende à payer. Et c'est la procédure standard de prendre les coordonnées complètes à chaque contrôle. Ouf! Donc on se remet en recherche de pain, il est 10h30 les petites épiceries sont enfin ouvertes. Mais aucune n'a encore de pain frais, il ne seront pas livrés avant 11h! La vache, il ne sont pas matinaux les boulangers ici! On en trouve finalement dans une boulangerie, mais effectivement, il vient seulement de sortir du four.



On continue notre route en direction de la montagne Cerro Castillo et du parc national qui l'entoure qui est aussi une réserve naturelle de cerfs mais nous n'en avons pas croisé. Sur le net, ils indiquaient plusieurs sentiers de randonnée possibles dans la région, depuis Villa Cerro Castillo. Arrivés sur place, on cherche des infos mais l'office du tourisme est fermé et les panneaux de signalisation très limités. On nous indique un chemin en terre de 7km, praticable en voiture, ce serait de là-bas que partent les sentiers. On suit cette route qui empire au fur et à mesure et qui nous mène à une descente bien casse-gueule. Je sors faire un repérage, ça a l'air faisable. Notre pick-up passe la descente sans encombre mais un peu plus loin il y a carrément des ruisseaux qui coupent la route! On en a passé un qui n'était pas trop profond mais on en voit 3 autres à l'horizon qui ont l'air d'avoir beaucoup de courant. C'en est trop pour nous, on abandonne et faisons demi-tour. Mais du coup il faut faire la montée casse-gueule... On était un peu tendus dans la voiture mais notre bon 4x4 est monté comme un fleur! Bref, une heure de perdue pour rien... on avale notre pic-nic et on continue l'itinéraire.



Le soleil se découvre cet après-midi et nous offre des paysages magnifiques sur des lacs, des rivières, des forêts, des champs de fleurs et une lagune verte qui contrairement à celle de Bolivie est véritablement verte. On fait plein d'arrêts-photos en chemin et nous arrivons à notre terminus vers 16h, Puerto Tranquilo, situé au bord du gigantesque lac General Carrera. Nous nous rendons directement vers les agences qui organisent les sorties au glacier San Rafael. Les 2 premières ne sortiront que après-demain, selon elles pour mauvaises conditions météorologiques, ce qui nous mettrait très en retard sur notre planning. Mais la 3ème agence a une sortie prévue demain et il lui reste 2 places, ça tombe bien! Et quand on leur demande pour la météo, ils disent qu'il n'y a pas de problème et que si c'est vraiment trop mauvais, ils annuleront le matin-même. Ce qui nous plaît aussi c'est que du coup les gros bateaux qui viennent de Chacabuco ne circuleront pas demain, on devrait donc être seuls au glacier, top!



Il ne nous reste plus qu'à trouver un logement pour 2 nuits car l'excursion de demain va nous prendre toute la journée. Les petits hostals sont soit complets, soit trop chers et les chambres en B&B n'ont pas de salle de bains privées. Et comme on reste 2 nuits, on préférerait. On sait que les cabañas sont hors-budget mais on tente quand même notre chance. On en trouve une petite pour 30'000 la nuit et il nous la laisse même à 25'000 pour 2 nuits. On se retrouve donc dans une cabane pour 4 personnes avec cuisine et salon, pour le même prix que ce qu'on a payé ces derniers jours.



28 décembre 2014 - Jour 72

Pour prendre le bateau, nous devons tout d'abord nous rendre au port qui se trouve à 80km du village, 1h40 de voiture selon l'agence en mode conduite de touriste. Heureusement qu'on a pris de la marge car il nous aura fallu 2h en roulant à bonne allure par rapport à la qualité de la route. Eux ce sont des malades comme ils roulent, ils arrivent à la faire en 1h!! Nous avons donc quitté le village à 6h45 et nous avons réveillé toute la faune qui vit autour et sur cette route: lièvres, oies, chevaux, vaches, moutons et poules, rien que ça! Arrivés au bout du chemin on doit abandonner notre voiture et traverser la rivière sur une barque. De l'autre côté, on retrouve notre guide et notre groupe du jour, 4 tchèques et 2 chiliens. On monte en mini-bus pour le dernier bout de route et nous arrivons au port vers 9h30.



Là, notre guide Luis nous explique les consignes de sécurité. C'est un bateau avec une cabine couverte pour 8 passagers avec un pont ouvert à l'arrière. Si on veut se déplacer dans le bateau, il faut veiller à toujours équilibrer le poids, jamais tout le monde du même côté. Si on sort pour faire des photos, toujours se tenir à une main au bateau. Et lorsqu'on arrive dans les zones à fort courant, tout le monde doit rester dedans et se tenir fermement. On sent déjà que ça ne va pas être une promenade tranquille, évidemment j'ai pris mon petit cachet ce matin. Le fait est que la première partie de la navigation se fait sur une rivière, sans courant. La partie difficile se situe au moment où la rivière rejoint la mer. C'est là qu'il y aura le plus de courant et c'est là que le capitaine décidera si les conditions sont bonnes pour continuer. Mais l'état de la mer n'a pas de conséquence sur l'approche au glacier puisqu'il est situé dans une lagune coupée du courant. Le tout est de pouvoir atteindre la lagune. Mais déjà rien qu'après les 2h de route ce matin, ce serait vraiment dommage de devoir retourner en arrière.



Donc nous commençons la navigation par la partie agréable sur la rivière. Il pleut depuis ce matin mais on peut quand même profiter de quelques accalmies pour sortir sur le pont à tour de rôle. Puis, vient le moment crucial. Le bateau atteint une zone de vagues, le capitaine ralentit et commence à slalomer au travers. Au niveau du mal de mer, tout va bien, ça secoue certes, mais on avance, moi c'est la houle qui me rend malade. La vache, elles sont quand même hyper hautes ces vagues. On est tous un peu tendus dans le bateau mais paradoxalement personne n'a envie de rentrer après avoir fait tout ce chemin. Mais c'est le capitaine qui aura le dernier mot. Il dit qu'on peut continuer. Alors allons-y! Ce qui est difficile d'estimer quand tu fais ce genre d'excursion c'est de savoir ce qui est normal ou non. Pour nous pauvres touristes ça nous paraît difficile comme conditions mais pour le capitaine c'est certainement de la rigolade à côté de certaines tempêtes qu'il a dû traverser. Le fait est qu'il a l'air de maîtriser son bateau et que le guide n'a pas l'air inquiet du tout alors ça nous rassure un peu. Mais quand tu vois des vagues tellement hautes passer par-dessus le pont du bateau, tu te dis que ça ne doit certainement pas être des conditions normales pour sortir avec des touristes. Et là on se souvient des 2 autres agences qui nous avaient dit qu'elles ne sortiraient pas aujourd'hui à cause des mauvaises conditions... Merde, alors qu'est-ce qu'on fout ici?...



Le fait est que maintenant on est trop loin, on doit absolument rejoindre le point d'amarrage du parc national juste avant l'entrée de la lagune. Luis sort la carte pour nous situer, on y est presque. Il nous explique que les conditions vont en s'empirant et que si ça ne se calme pas d'ici quelques heures, on ne pourra pas rentrer, il faudra dormir là-bas. QUOI ?! Celle-là je ne l'avais pas vue venir! Luis nous rassure, il y a une cabane, du feu, des lits et bien assez à manger. Il faut d'abord rejoindre la maison des garde-parc pour appeler par radio le port et décider en conséquence. Bizarrement ça ne m'affecte pas plus que ça si on doit dormir ici. Tant qu'il y a à manger et qu'il ne fait pas froid, ce n'est pas un problème de devoir dormir habillée. Les 2 seuls points ennuyants c'est qu'on va payer une nuit de cabaña dans le vide et qu'on devra dormir avec nos lentilles, ça c'est pas terrible. Bref, on rejoint tant bien que mal le ponton d'amarrage. Aïe aïe aïe, les vagues passent par-dessus! Comment on va faire pour descendre? On s'imagine déjà devoir sauter dans l'eau gelée. Là tu as tous les souvenirs des films de bateau genre Titanic qui te viennent en tête. Il y a une tension terrible dans ce bateau. le guide va à la proue tandis que le capitaine essaie d'arriver le plus lentement possible au ponton. Mais on l'a heurté. Luis a pu sauter avec la corde mais le bateau n'arrive pas à se maintenir à proximité, il est obligé de lâcher la corde. Le capitaine doit s'éloigner pour passer à son tour à l'avant récupérer la corde. Christian le chilien, se poste à l'arrière avec l'autre corde. 2ème approche, Luis réussit à nous amarrer à l'avant mais ça projette le bateau hyper fort contre le ponton. C'est bon, on est amarrés des 2 côtés mais on doit attraper l'échelle pour monter sur le ponton alors que le bateau secoue énormément. Mais c'est bon, tout le monde arrive à sortir et va se mettre à l'abri au bout du quai. On est tous d'accord sur un point: le capitaine n'aurait jamais dû nous faire continuer dans des conditions pareilles!



Donc maintenant on doit rejoindre la cabane qui se situe à un peu plus d'un kilomètre. On se met en route pendant que Luis aide le capitaine à repartir, c'est trop dangereux de rester amarré, il va faire le tour pour entrer dans la lagune abritée (mais il y a des rochers à l'entrée, il vaut mieux qu'il passe seul). Alors qu'on pensait en avoir fini avec les soucis, voilà que le chemin est inondé! L'eau est hyper profonde et il n'y a pas de possibilité de contourner. Pfff... il faut passer à pieds nus. Tout le monde enlève ses chaussures et remonte son pantalon. Même là je ne charogne même pas! Quand y'a pas le choix, y'a pas le choix... Put*** ce qu'elle est froide! On a de l'eau jusqu'aux genoux et on marche sur des cailloux et des plantes épineuses qui nous lacèrent les pieds alors qu'on ne sent même plus nos orteils. On est heureux d'atteindre la cabane des gardes-parc qui nous prêtent des bottes en caoutchouc pour la fin du chemin, même si le pire était derrière nous. Nous continuons donc la route et atteignons d'abord une espèce de tente-igloo où nous nous arrêtons pour le pic-nic. Je fais connaissance avec Camilla la chilienne avec qui nous comparons nos 2 pays. En fait il y a énormément de similitudes entre le Chili et la Suisse. Je suis même étonnée d'apprendre qu'ils font plus d'études que nous et qu'ils travaillent plus d'heures par semaine pour seulement 3 semaines de vacances par année. Pendant ce temps, Luis est allé appeler la centrale et revient avec les prévisions météo. En gros, on est passés au pire moment de la journée, avec des vents de 14 noeuds. L'accalmie ne sera pas significative aujourd'hui alors que la situation devrait être calme demain avec des vents à 8 noeuds. Y'a pas photo, on doit dormir ici. Mais même en partant demain, on n'arrivera en ville qu'à 14h, il faut avertir nos logements respectifs. Et Camilla et Christian devaient prendre leur vol de retour demain, il faut aussi annuler ça par radio. Du coup on adapte le programme de l'excursion en conséquence. On ne va pas s'approcher du glacier en bateau aujourd'hui, on le fera demain, et cet après-midi on peut faire à pied le sentier d'1h qui mène au mirador. L'un dans l'autre, on se retrouve à faire une excursion de 2 jours pour le prix d'1.



On attend que la pluie cesse et on se lance à l'attaque du sentier. On est habitués depuis quelques jours à marcher sur des chemins boueux mais ce n'est pas le cas de celui-ci. Ici on a l'impression d'être en Suisse et de faire le chemin des bisses, mais dans le bisse! Il y a tellement d'eau que tous les petits cours d'eau débordent et empruntent le chemin piéton. Mais en passant un peu de côté dans les herbes on arrive à avancer sans trop se mouiller les pieds. Du moins ça c'était avant que la pluie ne revienne, torrentielle. Ah là là, vive la Patagonie et les ponchos. Ce sont 9 petits rats mouillés qui arrivent au mirador où on ne peut même pas s'abriter sous l'avant-toit qui a été emporté par le vent. Et malgré tout ça, ça valait quand même la peine de venir jusqu'ici, on est très proche de la paroi du glacier qui fait des grondement assourdissants à chaque fois qu'un morceau se détache. Impossible de sortir l'appareil-photo sous cette pluie, on en profite juste avec les yeux. On aura juste un petit créneau pour en faire quelques unes avant de rebrousser chemin.



Tout le monde se réjouit d'arriver à la cabane où on peut enfin enlever nos habits mouillés et les faire sécher à tour de rôle autour du poêle. Tandis que le capitaine se met aux fourneaux, on aperçoit un bébé chat sauvage qui vient s'approcher de la cabane. Puis on s'installe tous autour de la table pour le repas improvisé. Et pour le dessert, les tchèques font honneur à leur réputation en réclamant la bouteille de whisky. Luis organise un jeu à boire, une sorte de baccalauréat, et la bouteille sera nivelée assez rapidement! Au passage on apprend quelques rudiments de tchèque: santé et fils de pute, la base quoi. Mis bout à bout en phonétique, ça donne: Nasdravié zmerdié ! Comme il n'y a ni électricité, ni bougies (et plus d'alcool), on se répartit les lits pour la nuit. On s'en sort plutôt bien avec Alex dans des lits superposés tandis que les autres couples partagent des lits d'une place et que le guide et le capitaine dorment au salon.



29 décembre 2014 - Jour 73

Moi qui avait tellement peur d'avoir froid je m'étais emmitouflée dans 3 couvertures pour la nuit. Hé bien j'ai même eu chaud! Ce matin pour le petit-déjeuner on a droit à une barre de céréales, des biscuits et du chocolat. Pas super diététique tout ça... On plie rapidement bagages et on rejoint le bateau pour se rendre à la lagune. Il pleut toujours un peu mais la mer est calme. On doit juste faire attention à l'entrée de la lagune car la marée est basse et il y a de gros rochers à éviter. Puis avec notre petit bateau, on s'approche tout près de la paroi de glace et on peut en mesurer toute l'amplitude: 3km sur environ 70-80 mètres de haut. Bon, il ne faut pas aller trop près non plus car il y a toujours des morceaux qui se détachent et qui forment des vagues plus ou moins grandes. Ce qui nous laisse penser que le glacier avance. Mais pas du tout! Il y a des marques inscrites sur les parois comme repère. Il a déjà énormément reculé depuis 2010 et la première marque de 1970 paraît irréelle tellement elle est éloignée. A teme, ils supposent que la paroi n'existera plus et qu'il ne restera qu'un petit glacier suspendu entre 2 montagnes, comme ceux qu'on a vu ces derniers jours. Dans l'eau, il y a beaucoup d'icebergs et de glace qui flotte. Luis en attrape un morceau pour creuser un verre dedans. Vous prendrez bien un peu de whisky dans votre glace? Ce sont les tchèques qui sont contents!



Alors que les gros catamarans commencent à arriver, nous quittons la lagune pour rentrer au port. Cette fois la traversée sera une vraie promenade de santé, à bord certains papotent pendant que d'autres dorment. Une fois descendus du bateau, on doit encore faire les 2h de route pour rentrer au village. On prend Camilla et Christian avec nous qui n'ont pas de voiture. On fait une halte à mi-chemin pour admirer un autre glacier suspendu qu'on n'avait pas pu voir hier à cause de la brume. De retour au village on passe quand même à l'agence pour leur faire un feedback de notre excursion. Hier on pensait faire une réclamation pour récupérer une partie de l'argent mais on a signé un contrat long comme le bras qui les décharge de toute responsabilité. Et puis au final, on en garde un bon souvenir. Mais on aimerait quand même qu'ils réalisent qu'ils nous ont fait prendre des risques inconsidérés. Quand on lui raconte la taille des vagues, notre accostage et l'eau jusqu'aux genoux, le mec de l'agence fait quand même une drôle de tête, il ne s'attendait pas à ça. Forcément lui il dit que c'est la responsabilité du capitaine. Mais alors il faut baisser le niveau de tolérance du capitaine, ce qui est faisable pour lui ne l'est visiblement pas pour nous. Bref, on voulait juste leur faire passer le message.



Avec tout ça on se retrouve à dîner à 14h30. On est tout contents de pouvoir retourner à notre cabaña qui avait été prévenue de notre mésaventure et à qui on a demandé de prolonger une nuit de plus. Une bonne douche, une bonne sieste, une lessive à la main (ça c'est moins drôle) et on ne remettra plus le pied dehors aujourd'hui. On grignote un peu de charcuterie par principe pour le souper et au lit!



30 décembre 2014 - Jour 74

Malgré le fait qu'Alex ait réussi à faire du feu pour la nuit, notre lessive n'est pas sèche ce matin. Du coup on déplace les cordes à linge au-dessus de la banquette arrière du pick-up, trop la classe ! Avant de quitter Puerto Tranquillo il y a encore une petite excursion qu'on veut faire pour aller voir ce qu'ils appellent les cathédrales de marbre. Ce sont des formations rocheuses sur le lac qui ont créé des cavernes par l'érosion de l'eau et dont la roche a une apparence proche de celle du marbre. Il y a plein d'entreprises au centre du village qui proposent des sorties mais notre logeuse nous a conseillé d'aller 5 km plus loin, où il y a un autre point de départ qui rend le trajet plus court et plus calme en cas de vent. Nous suivons son conseil et trouvons le ponton sans problème. Un adorable chien vient nous accueillir et évidemment je ne peux pas m'empêcher de lui faire des caresses. C'était une bien mauvaise idée, son pelage puait l'ail ! Je ne sais même pas comment c'est possible? Du coup cette odeur m'a poursuivie un bon moment, beurk. On attend un moment sur place que d'autres touristes arrivent pour former un groupe et nous partons donc à 4 sur le lac avec un couple de chiliens. C'est fou, la fille a le passeport suisse! Elle n'y a jamais mis les pieds et ne pourra certainement jamais y aller car les vols transatlantiques coûtent une fortune ici, mais le fait est qu'elle a le passeport! C'est le grand-père de son grand-père qui a immigré ici et chaque génération a conservé la double nationalité. On rejoint rapidement les cathédrales, qui me paraissent vachement petites par rapport aux photos que j'avais vues. Mais il est vrai que c'est joli, la bateau slalome au ralenti à travers les différentes cavernes et on peut toucher la roche qui a vraiment l'apparence du marbre. L'eau prend des reflets bleutés magnifiques et on voit la roche continuer loin sous l'eau tellement elle est claire. C'est dommage qu'il n'y ait pas plus de soleil, les couleurs seraient encore plus belles mais on ne va pas se plaindre, il ne pleut pas! On se promène pendant une heure au travers puis on retourne au ponton au moment où arrivent plusieurs bateaux en provenance du village. C'était un bon tuyau de venir ici, on a pu profiter d'être tous seuls sur le site.



De retour à la voiture, c'est moi qui prend le volant aujourd'hui. Il paraît que j'ai fait des progrès pour éviter les trous sur la route... On s'arrête à Puerto Bertrand au bord du lac du même nom pour pic-niquer. Et quand on repart, le décor change complètement. Il n'y a plus de forêts qui recouvrent les montagnes, cela devient plus sauvage, plus désertique, mais toujours avec de très beaux contrastes de couleurs et les rivières qui coulent au fond de la vallée. Une fois arrivés à notre terminus du jour, Cochrane, on fait le plein d'essence car c'est le dernier endroit où il y a une station pour descendre jusqu'au bout de la route. Du coup, on remplit aussi notre bidon de secours, même si on pense que le plein du pick-up devrait suffire pour l'aller-retour, il vaut mieux être prudent. Puis on fait le tour de la ville pour trouver un logement. La première chambre que je vais voir remplit tous nos critères mais le prix est au maximum de ce qu'on s'était fixé. On va quand même voir ailleurs mais apparemment les prix sont un peu plus élevés ici. Du coup on retourne au premier hôtel mais à quelques minutes près, on s'est fait griller la chambre par 2 cyclistes qui sont arrivés entre-temps. Ils en ont une autre qui n'est vraiment pas terrible pour son prix. Ca m'apprendra, un tiens vaut mieux que 2 tu l'auras...



31 décembre 2014 - Jour 75

Nous nous mettons en route ce matin pour le dernier tronçon de la Carretera Austral qui atteint la ville de O'Higgins. Mais pour y arriver il faut prendre un ferry qui ne traverse que 3 fois par jour à 10h, 12h et 18h. Comme il faut compter minimum 2 bonnes heures de route pour l'atteindre et qu'on n'a pas franchement envie de se lever aux aurores, on vise d'y arriver à 11h pour être sûrs d'avoir une place à bord de celui de midi, puisque les places sont limitées et attribuées par ordre d'arrivée des voitures. A mi-chemin du ferry on croise un auto-stoppeur qu'on embarque avec nous. C'est un étudiant chilien en géo-physique qui souhaiterait plus tard travailler dans le domaine des courants marins dans le sud du Chili donc pour lui ce sont un peu des vacances de repérage. On arrive dans notre timing au ferry, nous serons les premiers à embarquer. Lorsque le bateau arrive on constate qu'il y a effectivement peu de places à bord, maximum 9 à 10 véhicules. La traversée dure environ 50 minutes, on en profite pour pic-niquer. Puis on reprend la route pour le dernier tronçon de 2h, toujours avec notre auto-stoppeur pour atteindre la dernière ville de la Carretera Austral. On se sépare sur la place du village de O'Higgins, chacun partant de son côté pour trouver un hébergement. Les premiers endroits où l'on demande sont tous complets mais on finit par nous indiquer un logement très confortable chez une famille qui tient aussi une épicerie à côté.



Une fois la question de la chambre réglée, on se met en recherche d'informations sur les excursions à faire ici. On sait qu'il y a de nombreux sentiers de randonnée mais il y a aussi un glacier un peu plus loin, on aimerait savoir s'il faut y aller en bateau, quand, comment, combien, etc. Mais évidemment, en cette veille de nouvel-an, le centre d'informations n'est pas ouvert et toutes les agences sont également fermées. Et même si on en trouvait une, il faudrait qu'on fasse l'excursion demain et je peux mettre ma main à couper que personne ne travaillera le 1er janvier. Moralité, on va profiter de se promener aujourd'hui mais on ne fera pas une journée de plus ici, demain nous rebrousserons chemin pour nous rapprocher du passage de la frontière argentine, où l'on doit rendre le véhicule dans 3 jours.



Comme nous sommes à la fin de la Carretera Austral, nous reprenons la voiture pour aller vraiment jusqu'au bout de la route, là où elle s'arrête. Nous traversons donc la ville et suivons la route qui serpente à côté du lac pour atteindre le port et le fameux panneau qui confirme que nous avons atteint le bout du bout. Voilà, nous sommes allés aussi loin qu'on pouvait, du moins par la route chilienne. Pour continuer plus au sud, il faut passer en Argentine pour rejoindre une autre route célèbre, la Ruta 40, qu'on a aussi l'intention de faire dans le suite du programme. Pour le moment, on profite des paysages de Villa O'Higgins et de la température très agréable en cette fin d'après-midi. On se rend à un mirador de la ville d'où l'on a une vue panoramique sur tous les sommets enneigés qui encerclent la ville. Et on tient également notre promesse faite quelques jours plus tôt à Javier d'aller saluer son papa à l'hôtel où il travaille. Il était très touché que son fils ait pensé à transmettre le message et aussi que nous soyons venus le délivrer.



Concernant notre programme de nouvel-an, nous avons réussi à trouver un restaurant ouvert ce soir mais qui nous a prévenu qu'il fermerait avant minuit. C'est pas grave, on ne cherche justement pas de grosse fiesta. De toute façon, ce n'est pas dans ce trou paumé qu'il va y avoir une teuf d'enfer et de manière générale, les chiliens ont plutôt tendance à passer le nouvel-an en famille autour d'un bon repas. Nous avions pensé à acheter une bouteille de champagne symbolique il y a quelques jours, on va donc la boire après souper sur la place du village, seuls. Il est bientôt minuit le 31 décembre et il n'y a pas un chat dans les rues. Bienvenue au bout du monde! Et bonne année !!!



1er janvier 2015 - Jour 76

On avait demandé à notre logeuse si on pouvait avoir le petit-déjeuner assez tôt à 7h30 puisqu'on a une grosse journée pour remonter vers le nord. Elle avait dit que ça ne posait pas de problème mais elle est visiblement restée endormie ce matin, on devra se contenter de pain sec et de jus de fruits. Evidemment, toute la ville est encore endormie lorsque l'on prend la route. Nous n'avons croisé qu'un seul véhicule, avec des plaques suisses d'Argovie !! Moralité, il faut être suisse pour se lever tôt... Mais comme ça on est sûrs d'avoir une place dans le 1er ferry qui part à 11h dans ce sens. Comme on est en avance, Alex propose qu'on vide notre bidon d'essence de secours dans le réservoir. Nous n'en aurons finalement pas eu besoin mais maintenant qu'on l'a payée, il va bien falloir l'utiliser cette essence. Oui mais voilà, notre bidon est un bête bidon en plastique qui n'a pas de bec verseur intégré. Mac Gyver en pleine action, on fabrique un entonnoir avec une bouteille en plastique. Mais le bidon est hyper lourd, rempli à bloc, impossible de viser, résultat il y a plus d'essence sur mon pantalon que dans l'entonnoir, beurk! Bon, il n'y a pas d'urgence, on essaiera de demander dans les prochaines stations s'ils ont en bec verseur.



Une fois la traversée en ferry achevée, nous nous rendons au village de Caleta Tortel dont la particularité est d'être entièrement construite sur pilotis. Les voitures doivent se parquer à l'entrée du village car il n'y a plus de route, il faut emprunter les passerelles et les escaliers en bois qui serpentent à travers les maisons, depuis le haut des collines jusqu'au bord de l'eau. C'est vraiment très joli et je suis surprise par l'étendue du village, je ne l'avais pas imaginé aussi grand. On se renseigne auprès des locaux s'il y a des restaurants ouverts car comme nous sommes partis tôt ce matin, nous n'avons pas pu acheter de pain. Ils nous en indiquent plusieurs mais ils sont tous fermés. En chemin on croise d'autres touristes qui cherchent aussi à manger, notamment un jeune qui a encore la gueule de bois et l'haleine fétide, lui ce serait bien pour tout le monde qu'il puisse se mettre quelque chose dans l'estomac... En parlant de gueule de bois, il n'est pas le seul, on est tombé sur le capitaine du bateau pour les excursions, complètement bourré! Mais il a eu la présence d'esprit de nous dire qu'il ne travaillerait pas aujourd'hui, sage décision. Bon, ça fait 2 fois qu'on fait le tour du village, on ne trouvera pas de resto ici, on reprend la voiture et on s'arrête en route pour grignoter nos provisions de secours. Du coup on arrive plus tôt que prévu à Cochrane, vers 16h. On ne retournera pas dans la même auberge qu'à l'aller, c'était trop cher pour de la mauvaise qualité. On trouve une autre chambre beaucoup plus confortable pour le même prix.



Il ne nous reste plus qu'à trouver un restaurant pour ce soir, ce qui ne va pas être facile. Nous nous mettons en recherche bien avant d'avoir faim histoire de nous laisser de la marge. Partout on trouve porte close. Bon, c'est pas vrai, on en a trouvé un mais le patron était complètement bourré, il n'aurait même pas réussi à cuire un oeuf! On croise 3 autres touristes aussi désespérés que nous, des français, on se répartit le quadrillage des rues. Après avoir demandé à tous les passants et aux flics, ce sont finalement les chauffeurs de taxi qui nous en indiquent un, perdu au fin fond de la ville. Franchement, on y croyait pas mais il était ouvert et on a super bien mangé avec nos amis d'un soir.



2 janvier 2015 - Jour 77

C'est notre dernière journée de route sur la Carretera Austral et nous avons droit à une météo splendide pour en profiter. Nous faisons tout d'abord un crochet à la vallée Chacabuco qui est une réserver naturelle de guanacos, des bêtes qui ressemblent à des lamas ou des vigognes. On a beau en avoir vu plein au Pérou et en Bolivie, c'est toujours sympa de pouvoir les approcher en liberté. Et la vue est hyper dégagée sur les montagnes et on peut même voir le Mont San Valentin, une gigantesque montagne toute blanche plantée sur le champ de glace au loin. Puis nous reprenons l'itinéraire standard jusqu'à ce qu'on rejoigne à nouveau le lac General Carrera, que l'on va longer jusqu'à la frontière. On se trouve un joli point de vue en hauteur pour notre pic-nic, on en prend vraiment plein les yeux aujourd'hui avec tous ces paysages. Puis on termine notre trajet à notre dernier terminus, Chile Chico.



Nous devons rendre la voiture ici demain, avec le plein, il faut donc vraiment qu'on trouve un moyen de vider notre bidon d'essence. A la station, ils ont 2 tailles de bec verseur mais évidemment c'est la taille intermédiaire qu'il nous faudrait. Les 2 employées ont été hyper sympa et très créatives pour nous aider. Après plusieurs tentatives ratées qui cette fois ont dégeulassé le pantalon à Alex - nous voilà à égalité - c'est finalement avec un cône de signalisation qu'on a réussi à le vider ! On aurait trop voulu faire une photo mais on avait les mains pleines d'essence, tant pis... Il ne nous reste plus qu'à trouver un logement. Comme nous avions acheté de quoi nous cuisiner des pâtes au cas où nous dormirions dans un refuge, ce serait bien qu'on trouve une cabaña avec cuisinière pour qu'on n'ait pas à trimballer ça en Argentine. On est même prêts à augmenter un peu le budget pour ce soir, jusqu'à 40'000. Et on a réussi à trouver la perle rare! Quand le type m'a fait visiter j'ai tout de suite pensé que ce serait trop cher. La cabaña est flambante neuve, construite en matériau robuste, les finitions sont nickel, une cuisine entièrement équipée, salon en cuir, TV et wi-fi. Franchement, tu lui mets un loyer mensuel et tu loges confortablement une famille à l'année. Le prix? 35'000. Jackpot !! Mais il y a le revers de la médaille, c'est qu'on doit cuisiner, ce qu'on n'a pas fait depuis 2 mois, pfff... ;-)


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4th January 2015
Bonne année!!!

BONNE ANNÉE!!!!!!!!

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