Rio de Janeiro - 30 mars au 3 avril


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Published: April 6th 2012
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La topographie de Rio la rend unique : une grande baie très découpée, des collines très proches de la côte, qui obligent une partie les habitations à se construire à flanc et determinent les quartiers (Flamengo, Botafogo, Santa Teresa, Lapa etc), des forêts tropicales en pleine ville, dont la plus grande forêt urbaine du monde (forêt contenue dans la circonférence du centre), et bien sûr des plages (Copacabana, Ipanema, Leblon etc). On ajoute la statue du Christ Rédempteur au sommet d’un morro (nom des collines ici), un téléphérique au sommet d’un autre qui rappelle un pain de sucre, et on a une ville de beaucoup de caractère…

Rio est une ville où l’on peu aller voir un match de football à Maracana le mercredi, sortir le reste de la semaine, aller à la plage le dimanche matin, et faire une ballade en forêt le dimanche après midi, avant de siroter une bière en hauteur avec une vue sur une des plus belles baies du monde…pas mal…Barcelone doit aussi offrir cela en Europe.

Malheureusement, mon appareil photo compact, le seul qui me restait après la panne de mon réflex, me lâche : l’écran ne fonctionne plus et je cadre à
Rio D3 Corcovado (31)Rio D3 Corcovado (31)Rio D3 Corcovado (31)

Derriere moi, Ipanema et Leblon (séparés par le canal) - A gauche du morre, Copacabana
l’aveugle…pas génial pour les photos d’art ! vous exceuserez les photos qui penchent un peu...mais ça passe plus ou moins..

Premier choc après le Nordeste : les prix, multipliés par 2 dans les quartiers touristiques , et à peu près au niveau de la France (80% de Paris je pense). Il faut dire que j’ai élu domicile à Ipanéma, dans une vieille maison où Tom Jobim a vécu 3 ans de 62 à 65. Elle a été transformée en auberge de jeunesse (surtout des dortoirs, et pas mal de fiesta le soir). Ipanéma est la plage branchée, avec Leblon, depuis que Copacabana a perdu son lustre des années 60. On se croirait dans une station balnéaire européenne (bars et restos modernes, sushis, déco branchée), les rues sont propres. On est à mille lieues de Salvador, encore très pays en développement dès qu’on s’écarte du centre.

Ce qui me frappe encore, c’est le manque d’unité architecturale, partout. Il est choquant à nos yeux de Français de voir les centre-ville manquer ainsi d’harmonie générale. Car chaque immeuble est un projet, un message à soi seul, qui se soucie peu de ce qui se trouve à proximité, fusse une monument du XVIIIe ! Ce patchwork a ses charmes, mais je reste attaché à l’alignement parfait des bâtiments haussmanniens !

Le prix du m2 ici est le plus cher du Brésil, parait-il, et les immeubles résidentiels, souvent nommés de lieux européens (Cap d’Antibes, Château de Vizille !, Matin du Dimanche, Lumière) affichent une opulence décomplexée : halls immenses et très hauts de plafond, surfaces dantesques…on m’a dit qu’un appart de 800m2 sur la plage de Leblon avait été vendu 22millions de Reals, soit 10 millions d’Euros ! Le quartier de Lagoa, en bordure du lagon, est aussi un ghetto de riches.

Certains quartiers sont plus modestes, bien sûr, car seuls les très riches vivent à Ipanéma et Leblon. Lapa est l’un d’eux, comme Santa Teresa, qui est sur la colline au-dessus, avec un petit air de Montmartre tropical ; très sympa, de très belles vues, des rues sinueuses, de belles maisons anciennes. Je suis sorti un soir à Lapa et me suis retrouvé dans des rues bondées, les gens débordant des terrasses de restos et cafés, debout dans les rues fermées à la circulation, aux abords des arcs de Lapa, sur lesquels passe le Bondinho, le tram qui rejoint Santa
Rio D4 - Centro (18)Rio D4 - Centro (18)Rio D4 - Centro (18)

L'ancien jouxte le moderne
Teresa (enfin, passait, car il a été fermé à la suite d’un accident mortel). Grande effervescence, et des gens de tous âges, milieux…et sexes (pas mal de travestis et transsexuels).

Une des caractéristiques de Rio est que les riches vivent en bas, près des plages, et les pauvres en hauteur. Des terrains publics ont été peu à peu envahis par des constructions sauvages, et en vertu d’une loi stipulant qu’après 5 ans l’exclusion est impossible, le provisoire a été transformé en permanent, créant les Favelas.Le pouvoir public s’en accomode, car cela lui épargne l’effort de construire des logements sociaux…Alors avant les élections, on paye un terrain de foot ou une nouvelle école, on vient l’inaugurer en grande pompe avec les télés, et on s’achète ainsi quelques milliers de votes (le vote est obligatoire ici). Les favelas (mot poltiquement incorrect, on préfère aujourd’hui le terme de « communidade ») sont nombreuses à Rio, et Rozinha, la plus grosse, compte 80000 habitants. J’ai visité Rozinha, en partie. L’enchevetrement est le maitre mot ici : des maisons, des fils électriques, des rues…Rozinha jouit de certaines des plus belles vues de Rio, et contrairement à la légende, est assez sûre. Les policiers ont maintenant pris contrôle de la ville, et même du temps où les trafiquants de cocaine faisaient la loi, ils ne détestaient rien plus que la petite délinquence (vols à la tire, agressions) qui faisaient fuir les clients du centre ville. Un épisode assez savoureux a même vu des flics en perdition attaquer une banque (oui, les banques se sont installées à Rozinha), qui n’a dû son salut qu’à l’intervention musclée des narco-traficants !

Les Favelas sont souvent très proches de quartiers résidentiels, comme Sao Corrado pour Rozinha. Cela ne pose pas de problème particulier, semble t-il. Au moins, cette proximité permet elle quelques échanges, comme ces écoles de soutien scolaire sponsorisées par les riches pour les enfants de la favela du coin. Car le système éducatif brésilien ne favorise pas l’ascension sociale : l’école publique est de piètre qualité ; les riches mettent donc leurs enfants dans le privé. L’Université publique en revanche est très bonne…mais le concours d’entrée est difficile ; les enfants sortis du privé ont toutes leurs chances, ils pourront donc étudier gratuitement, pendant que ceux qui n’ont pas réussi le concours de la Fac publique (plus de pauvres, en proportion) devront se payer des études, s’il en ont les moyens …

Je suis évidemment monté au Pain de Sucre, d’où la vue est superbe. J’ai été surpris d’entrer dans une forêt tropicale au sommet, avec un taux d’humidité très élevé (elle est presque ne permanence pénétrée par les nuages). On a peine à croire que quelques centaines de mètres plus bas, on suffoque de châleur… Encore un contraste de cette ville qui en offre tant. Les macaques sagouins, petits singes chapardeurs, sont là aussi.


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Rio D3 Corcovado (34)Rio D3 Corcovado (34)
Rio D3 Corcovado (34)

Le lagon - quartiers riches


7th April 2012

La ville où je me suis le mieux sentie au monde
Le métissage de cette ville parle fort à mon âme. Je suis une raid dingue de Rio, même si comme tu dis le fast des stars de années 60 est loin derrière, il n'y a pas un lieu de cette ville où mon regard se fond dans une sensasion d'aimer. Le climat, la musique, les fabellas suspendues, botafogo...Ipanema et tout l'arrière pays de Rio en allant vers Brasilia, la montagne est superbe pour les marches... on mange bien et en plusles baies circulaires de cette taille là ont l'immense privilège de recevoir les sportifs magnifiques, à la peau bronzée, les fesses des brésiliennens qui s'activent au beach volley au rythme d'un arrière bruit de salsa près des bicoques où on déguste des jus de fruits frais de coco ou de mango... J'adore ce coin là Patrice, c'est très loin de Barcelone pour moi qui n'est qu'un raccourcis de bonheur à ambiance tapas ... J'espère que tu vas aller voir Brazillia, l'archi est superbe... Il faut le faire si tu peux, même si c'est un projet dingue au milieu de nulle part... Mille bious...
7th April 2012

Salut Brigitte! Alors je prendrai toutes les photos de Rio au Gabon, et on en parlera longuement! il est vrai que les corps de Bresiliens et Brésiliennes à Ipanéma valent le coup d'oeil! mais à tout prendre, je trouve les gens plus beaux à Bahia qu'ici! long débat! Je n'ai pas le temps d'aller à Brasilia...je pars à Iguazu demain dimanche! bises patrice

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