La Nouvelle-Zélande, enfin !


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Oceania » New Zealand » South Island » Christchurch
February 7th 2010
Published: February 18th 2010
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La Nouvelle-Zélande. Après le transsibérien et la Chine, la voici donc, cette troisième et dernière destination qui a motivé ce voyage au long cours et que j'aurais mis dix mois à atteindre. Deux îles pleines de promesses, riches de paysages à la beauté réputée aussi sublime que variée, des hautes cimes enneigées aux plages bordées de luxuriantes forêts humides. Voilà les quelques clichés qui dansaient devant mes yeux avant que je me lance à l'aventure sur la terre des "Kiwis", comme se nomment eux-mêmes les Néo-Zélandais. Je me suis donné huit semaines pour ce périple, probablement partagées pour moitié entre les deux îles. Ce laps de temps devrait être suffisant pour en repartir sans regrets, je l'espère, même si je sais qu'il y a, ici aussi, beaucoup de choses à voir. Et ensuite ? Ensuite, il faudra sérieusement songer à boucler ce p'tit tour. Le vol au-dessus du Pacifique est déjà programmé et réservé, avec deux petites escales qui devraient me permettre de renouer avec les eaux tropicales et refaire le plein de soleil, avant le Canada, qui devrait encore s'annoncer frisquet, au début avril.

Le débarquement a donc eu lieu à Christchurch, sur la côte est de l'île sud, au milieu des plaines de Canterbury (ouais, ça sonne bien britannique tout ça). Déjà une semaine passée dans le coin, à visiter la ville, à crapahuter sur la côte, à se plonger en Terre du Milieu et à organiser cette premiere moitié de séjour, sur l'île sud. En dépit de mes attentes énormes pour la Nouvelle-Zélande, cette première semaine a réussi à m'éblouir, haut la main. Si le rythme continue comme ça deux mois durant, il va falloir songer a brûler les billets d'avion et étudier sérieusement les formalités d'immigration.

Christchurch : le gris et le bleu

Il parait que sous ces latitudes offertes aux quatre vents, la météo est particulièrement capricieuse et imprévisible. C'est du moins ce qu'on dit. Mouais, en moins de trois jours passés à Christchurch, j'étais en mesure de prédire le temps, à la minute près ou presque : la journée commence toujours de manière semblable, sous un ciel plombé paraissant annoncer la couleur dominante jusqu'au soir. Mais, lorsque midi arrive, le voile se déchire subitement et un soleil radieux s'installe jusqu'au crépuscule, chauffant le thermomètre jusqu'aux 25 degrés. Pas désagréable.

Charmant. C'est je crois le premier mot qui me viendrait à l'esprit s'il me fallait décrire le centre ville de Christchurch : une jolie église néo-gothique en pierres grises, de vieux édifices dans le même style, un tram d'époque, une rivière aux eaux paresseuses bordée de parcs et de jardins et une structure métallique haute d'une dizaine de mètres, tronant sur la place centrale comme un gigantesque cornet de glace. Je ne suis jamais allé en Angleterre, mais Christchurch est proche de l'image que je me fais d'une petite cité britannique de campagne. Bon, c'est peut-être aussi parce que les noms de rue sonnent ici de manière très anglo-saxonne : je logeais à l'angle de Manchester St et Gloucester St. L'un des endroits que j'ai le plus apprécié est le Centre artistique, établi dans une série de bâtiments d'époque qui furent jadis le siège de l'Université de Canterbury. Les lieux abritent de nos jours divers studios et ateliers artistiques ouverts au public, ainsi que des expositions et les plus belles terrasses de café de la ville. Samedi 6 février, c'est jour de marché et l'endroit est rempli de stands de joailliers, de peintres ou de tailleurs de vêtements 100 %!m(MISSING)érino. Ce samedi est encore plus spécial, puisque la date commémore Waitangi Day, ce jour de 1840, où les émissaires de sa Majesté signaient un traité avec les chefs maoris, ouvrant la voie à la colonisation... et aux frictions entre indigènes et colons. Cela m'a donné l'occasion de me poser sur les pelouses impeccables de l'Art Centre et d'y déguster un hangi - une sorte de choucroute traditionnelle maorie - en profitant de plusieurs concerts en plein air.

Escapade sur la côte : le feu et l'azur

Après trois jours passés en ville, je décide qu'il est grand temps d'aller se dégourdir les jambes dans la campagne environnante. Comme tous les matins, la grisaille plombe le ciel et l'atmosphère est plutôt fraîche, mais on ne me l'a fait plus ! J'entrevois déjà une apres-midi chaude et ensoleillée, comme les précédentes. Bingo !

Je saute dans un bus urbain et 25 min plus tard, j'attaque les pentes qui, du petit port de Lyttelton, s'élèvent en collines, barrant la route vers Christchurch. Le chemin, plaisant et solitaire, traverse des paysages pastoraux : champs de blé, garrigue et troupeaux de moutons bien calés à l'ombre de rares arbres. Une fois la crête des collines atteinte, l'oeil embrasse toute la côte et aux couleurs orange et brune de la terre se mêle l'azur profond de l'océan. Pas mal du tout cette première marche en terre néo-zélandaise. Au fil de mes pas, je finis par m'aventurer un peu trop loin sur une péninsule isolée et décide de rejoindre une petite route asphaltée qui devrait me ramener vers Christchurch. Grace à la bonté d'un Kiwi qui m'a spontanément pris en stop, je me retrouve, 15 min plus tard, sur une terrasse de Sumner, une jolie plage de sable noir située à la périphérie de la ville, pour une boisson bien méritée après ces quatre heures de marche.

La quête d'Edoras : premiers pas en Terre du Milieu

Amis fanatiques des récits de Tolkien ou de la trilogie multi-oscarisée du père Jackson, je vous laisse quelques instants pour vous mettre dans l'ambiance, faire tourner la BO du film en fond sonore et sortir de l'armoire votre collant d'elfe ou votre cotte de mailles en mithrill (si si, je sais que vous avez tout ça en stock). Pour ceux qui sont déjà perdus et ne voient pas du tout de quoi je parle, ne vous étonnez pas si les lignes de ce paragraphe vous paraissent bien obscures, c'est parfaitement normal.

Je ne suis d'habitude pas trop fan des tours organisés, mais celui qui, ce jour-là, m'a mené jusqu'au coeur du Royaume du Rohan fut tout simplement brillant : une bonne équipe de jeunes intéressés par la saga sans être des tolkienites fanatiques, un véhicule tout terrain doté de six roues motrices et d'une plaque tagées "Edoras" et un guide à l'humour très british jamais en manque d'anecdotes sur le tournage et équipé à coeur de tout un arsenal d'armes blanches, parfaites répliques made in Taiwan des originales. C'est à cette occasion que j'ai appris que les hobbits étaient à peu pres aussi fêtards en réalité que dans le film, que Viggo, bien immergé dans son rôle, avait l'habitude de passer son temps libre l'épée au poing ou cheveux au vent sur son destrier, que les talents d'archer d'Orlando étaient inexistants, de sortes qu'il était même trop dangereux de lui mettre de vraies flèches entre les mains, et que le premier choix de Peter Jackson pour incarner Gandalf n'était autre que Sir Sean Connery, lequel déclina la proposition. Il a été aussi fort amusant d'entendre les récits de notre guide au sujet de certains puristes qu'il a eu l'occasion d'accompagner, déguisés en hobbits ou en elfes, voire surgissant en tenue de magicien sur la chaussée au passage de son véhicule en hurlant "you shall not pass !". Réconfortant de se dire qu'on a encore pied dans la réalité.

A quelque deux heures de route de Christchurch, au fond d'une vallée isolée, Edoras, alias Mt Sunday de son vrai nom, est une colline herbeuse dominant une vaste plaine, au milieu de laquelle serpente une jeune rivière, cernée à 360 degrés par des montagnes aux sommets enneigés. L'endroit correspond presque en tous points à la description faite par Tolkien de la capitale du Rohan. Il restait à l'équipe à amadouer le propriétaire des lieux - le genre fermier taciturne peu coopératif - et à batir le Grand Hall d'Or, ou trône le Roi du Rohan. Neuf mois de travail dans des conditions parfois dantesques, pour deux petites semaines de tournage seulement. Et puis il a fallu démolir l'ouvrage et rendre les lieux à la nature, en tout point comme à l'origine. Il n'y a donc plus de bâtiments au sommet d'Edoras, pour une foultitude de raisons, certaines meilleures que d'autres ; celle qui m'a le plus convaincu est que, de toute façon, la construction n'aurait pas survécu intacte bien longtemps dans ce coin reculé battu par les vents. Reste donc une nature à nouveau intacte et des vues grandioses ou que le regard se porte, ce qui a déjà de quoi séduire même ceux que les films ont laissé de marbre. Quant aux autres, ils disposent d'un brin de magie en plus, revoyant les Rohirimms descendre la colline, Eowyn sortir en pleurs du Grand Hall ou Gandalf et ses compagnons chevauchant vers la cité. De la toute bonne ! Je comprends maintenant pourquoi, parmi tous les lieux visités, celui-ci fut le préféré de la plupart des acteurs, la beauté de l'endroit éclipsant les rudes conditions de tournage.


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