Samedi 1er août


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August 23rd 2009
Published: August 23rd 2009
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Cela fait une éternité que je n’ai pas écrit, pas par manque de choses à raconter mais clairement par manque de temps ; les journées se sont enchainées à une vitesse incroyable et me voilà donc, un mois après, couchée sur un lit somptueux et chauffant (!!!) en tant que « guest » de Lady Dunsany (propriétaire du château), ou plutôt en tant que réfugiée : je me suis faite virée comme une vieille chaussette, plus de stage, plus rien dans un pays que je ne connais pas, LA GALERE, la vraie !


On reprend donc du début : les journées au départ étaient très sympa, les gamins adorables (on a même pleuré quand ils sont parti !), Ronnie et Amanda (les boss) adorables, Axelle et Elodie (le staff français) des amours… seules ombres au tableau, Jen l’américaine complètement antipathique, débile et égoïste, Juliet pas si sympa que ça finalement, continuellement à brailler sur nous, quoi qu’on fasse et surtout Justy, la prof d’anglais, qui est parti dès la 1ère semaine. Au début elle restait silencieuse sur les raisons de son départ (elle était là depuis déjà plusieurs mois afin d’aider Juliet avec les chevaux). Puis une après midi alors que je revenais déprimée de ma journée avec Juliet et Jen, ah oui faut que je raconte pourquoi.
C’était épique, on est monté toutes les 3 en voiture, moi évidemment à la place du chien sur la banquette arrière, sur la couverture du fameux chien, les deux autres se parlaient uniquement entre elles avec un anglais rapide absolument impossible à déchiffrer -alors que l’américaine nous avait engueulé dès le 1er jour nous interdisant de parler français quand elle était dans les parages, ce que je peux comprendre mais dans ce cas il fallait faire les efforts dans les deux sens - enfin bref, les filles se tapaient la discut, s’échangeaient des bonbons (y en avait pas pour le chien évidemment !) et moi je n’ai pas existé de l’après midi, j’étais juste là pour exécuter les ordres, travailler et obéir à mes maîtres.
Bref je reviens aux écuries après cet après midi d’enfer, le masque sur le visage forcément, et là Justy m’a demandé ce qui clochait, pour finalement le soir, par compassion, nous déballer les raisons de son départ (qu’elle n’était pas censée divulguer pour « rester professionnelle » lui avaient ordonné Amanda et Ronnie). « Ici c’est juste l’enfer, j’ai bossé comme une folle avec Juliet, j’ai fais tout ce qu’elle me demandait voir plus, je finissais parfois à 23h le boulot mais ça ne lui suffisait jamais, c’était jamais assez bien, elle était toujours énervée. J’ai essayé de parler des problèmes mais Ronnie ne se sent pas concerné et Amanda écoute mais ne peut rien faire. Juliet est la meilleure manager qu’ils aient eu, elle bosse sans relâche, et même si elle est insupportable au quotidien, malsaine, lunatique et manipulatrice, ils ne la vireront jamais. »
On a été un peu choquées, mais on s’est dit qu’elle devait exagérer un peu… donc on a continué le train train quotidien.

Au début même si Juliet nous criait dessus pour un oui ou pour non, on avait la pêche, beaucoup de patience et les copines pour en rigoler. Mais petit à petit, à force de se faire rabaisser continuellement, avec la fatigue qui s’accumule, la bouffe dégueu et froide (sandwichs tous les midis), on est devenu très tendues et irritables.

Simple exemple, le premier weekend on a compris que Juliet allait sortir dans un pub irlandais et y invitait Jen l’américaine. Mourant d’envie de découvrir la vie nocturne irlandaise, on en a fait part à Juliet elle a simplement répondu un truc du genre « oh yes great » pour ensuite partir avec Jen sans jamais nous inviter… Et les après midi où je bossais avec les deux (toujours assisse à la place du chien dans la voiture), elles se racontaient les meilleurs moments de leur soirée, qu’elles étaient trop bourrées (« drunk », ça je comprends !), et ça juste devant moi qui mourrait d’envie de sortir…

Comme je bossais la plupart de mes après midi avec l’américaine, j’ai nourri chaque jour un peu plus de haine à son égard. Cette fille est complètement stupide, feignante (quand elle prend un cheval c’est pour poser ses fesses, jamais elle ne fera plus de quelques pas avec -elle est censée être monitrice d’équitation pourtant-) et surtout égoïste.
Par exemple aux heures des repas, ça nous mettait toujours hors de nous parce que si admettons il restait une banane pour 6, elle la prenait et la bouffait devant nos yeux écarquillés d’indignation. (Le staff français, à l’opposé, c’était on coupe la banane en 6!)
Quand elle arrivait dans une pièce fallait que l’attention se tourne vers elle, comme un enfant de 6ans (mal élevé), elle coupait la parole à tout le monde, et parlait d’elle, tout le temps, « I », « my » sont les mots qui revenaient sans cesse. Elle racontait en plus des histoires à coucher dehors, genre son boyfriend qui avait fait de la prison parce qu’il est pyromane, et blablabla… des histoires typique à l’américaine! On a eu un jour une conversation avec elle sur l’environnement… « so boring » qu’elle disait ! Les élèves de son école prenait les vélos pour aller en cours « donc moi j’peux me permettre d’y aller en voiture, ils compensent pour moi, hihihi ! » Ce jour là on a fahi la liquider.
Et le plus incroyable, c’était sa capacité à nous prendre pour des imbéciles. Genre l’après midi, elle ramenait les poneys dans leur pâture, je lui demandais si je pouvais le faire avec elle (y en avait un paquet de poneys, on n’était pas trop de 2) « ah non, par contre tu devrais ramasser la merde là ! »
Elle a fahi me tuer deux fois aussi. La première, c’était un après midi où j’étais pas censée travailler, elle m’a demandé de l’aider (j’ai accepté parce que c’était pour bouger un cheval et j’aimais bien le faire, ça aurait été n’importe quoi d’autre, j’aurais refusé). En fait c’était plus compliqué que ça, mais elle avait oublié de me le dire, c’était amener une jument boiteuse dans une rivière (l’eau fraiche et l’argile aident à soigner). Sauf qu’à mi chemin, elle me plante avec la jument (genre cheval de trait, le bon gros molosse), me dis qu’en fait elle a une leçon d’équitation à donner, qu’il faut que j’y aille toute seule, c’est pas compliqué, faut rester une demi heure ( !!) dans la rivière avec la jument, qu’elle a pas le temps de m’expliquer, et elle se barre ! J’ai cru devenir folle qu’elle se foute autant de moi.
Une autre fois plus spectaculaire, on devait allait chercher deux chevaux dans une pâture. Il y avait Elodie, Jen et moi. On ne connaissait pas ce « pré » qui était en fait un champ de boue avec un tas de fumier au milieu. Je n’avais de ce fait pas prévu de prendre mes bottes, donc c’était impossible pour moi de rentrer dans cette porcherie sans m’enfoncer (et sans avoir les pieds trempés pour la journée). Elodie y alla mais Jen refusa parce que y avait des micros trous dans ses bottes (roses)… on a essayé de lui expliquer que de toute façon y avait pas le choix, j’avais pas de bottes donc ça m’était impossible. Non non non, Barbie a fait de la résistance, c’était trop cracra pour elle… Trop énervée, j’y suis allée, en essayant de passer entre la clôture de barbelés et le tas de fumier, seul endroit où on s’enfonçait pas jusqu’au genou mais le passage était très étroit, trop étroit. Elodie est passée de justesse avec un poney qui a frôlé les barbelés, je la suivais avec un cheval mais on a jugé la manœuvre trop dangereuse pour le cheval, donc coincée au milieu du tas de fumier avec mes pauvres petites chaussures, j’ai détaché le cheval pour qu’il recule librement, sauf que complètement coincés je me suis entravée, lui aussi, il a dérapé et j’ai senti son sabot taper sur mon mollet pendant que je roulais dans le fumier… et l’américaine qui rigolait tout ce qu’elle pouvait…
Il a rien eu et moi non plus mais j’aurais pu finir sous lui, ou lui une jambe cassée ou encore lui dans les barbelés, et ça aurait été le drame. Tout cela parce que Barbie ne voulait pas salir ses bottes (les filles seraient passées par le chemin normal sinon, non dangereux mais plein de boue, chose impossible pour moi avec mes chaussures) et surtout elle rigolait que j’ai roulé dans le fumier, alors que cette imbécile ne comprenait pas que j’aurais pu crever dans l’histoire…
Il y a eu une semaine où les tensions se sont calmées. En fait on est sorti un samedi soir avec Oliver (le fils de Lady Dunsany, la propriétaire du château où on loge) et Neil, un pote à lui. Elodie et moi avons eu une longue conversation avec Neil, qui pour le coup c’est apparenté à un « Peace and Love Man ». Il nous expliquait qu’il fallait être tolérant, parce que la culture américaine était différente de la notre, qu’on n’était tout simplement pas élevés de la même façon. Et même si Barbie est égoïste, insupportable et tout ce qu’on veut, il faut passer au dessus de ça parce qu’au fond elle est malheureuse, seule (ah oui l’entente Jen/Juliet n’a tenu que deux semaines donc après Jen essayait de sympathiser avec nous, voulait sortir etc… mais pas nous, trop de rancœurs). Alors on a essayé d’être plus sympa, tout en la remettant à sa place quand elle nous faisait des crasses (et qu’est ce qu’elle a pu en faire ! une fois je me suis même retrouvée à sa place à faire le cours d’équitation !)


Et puis lundi dernier l’explosion. On (enfin j’avoue, surtout moi) voulait aller voir U2 en concert à Dublin. Jen voulait venir avec nous mais pas pour les mêmes raisons, ce qu’elle voulait surtout c’était se prendre une cuite dans un bar à Dublin…
Cet après midi là, on avait à peindre les barrières avec du cambouis et un autre produit (super toxique d’ailleurs, les vapeurs nous filaient des nausées). On est revenu vers le centre pour demander d’avantage de peinture (on en avait renversé accidentellement) lorsqu’on a croisé Ronnie, au courant du concert, qui nous dit de débaucher, de nous amuser et de profiter du concert. Cool !! On n’a pas hésité, on a pris nos affaires en vitesse, pas le temps de se pomponner et encore moins de se doucher, fallait partir de suite pour avoir des chances d’avoir des places de concert. Et Jen ? Elle était encore en train de travailler, elle n’aurait pas pu venir sans passer 3h à la douche et 2h à se maquiller ; de plus même si elle venait avec nous, elle n’allait pas rester toute seule dans un bar à Dublin pendant que nous on serait au concert, et surtout pourquoi on attendrait, (en prenant le risque de ne pas avoir de place), une fille qui nous avait fait autant de crasse, qui sortait sans nous avec Juliet lorsqu’on mourrait d’envie de sortir, qui finalement ne s’est jamais intéressée à nous que pour son intérêt ? On n’a pas hésité longtemps… on l’a croisé dans l’écurie, j’étais tellement impatiente d’aller voir mon groupe préféré que c’est moi qui l’ai envoyé boulet et sur le moment, c’est vraiment cruel mais qu’est ce que ça m’a fait du bien ! Elle nous a engueulé de partir comme ça sans l’attendre, je lui ai répondu sèchement que nous on allait au concert, pas dans les bistrots. Elle nous a traité de tous les noms et on est parties, trop heureuses de notre vengeance faut bien l’avouer ! Bon 10 minutes après on se sentait déjà mal d’avoir fait un coup si bas, mais c’était trop tard.
J’ai eu la chance de trouver un ticket que les copines m’ont laissé (merci ! merci ! merci !) étant une fana de U2. Et malheureusement les filles n’ont pas pu en trouver d’autres.
Pour moi c’était un immense cadeau, mon groupe fétiche, « at home », dans un stade de 80000 autres fans, un décor de malade, un Bono déchainé qui s’est époumoné sur « with or without you » ma chanson favorite… LE BONHEUR !

Sauf que l’on se ne doutait pas qu’on allait le payer si cher…

Mercredi de retour au boulot, nous voilà convoquées dans le bureau de Ronnie. On pensait se faire engueuler pour avoir laissé Jen (ce qui remarque ne les regardait pas) à la place on nous a accusé d’être parties lundi du boulot sans prévenir personne (alors que c’était Ronnie en personne qui nous avait lâché) et surtout d’avoir jeté le cambouis par terre pour partir plus vite (incroyable la confiance !). Alors là c’était trop, après tout le boulot effectué sans jamais rechigner (planter des arbres dans un sol super dur, courir derrière les poneys et faire le porte manteau en balade alors que tout le monde est à cheval et qu’y en reste de libre à l’écurie, couper à la hache des arbres, pour Elodie : débroussailler à la main et sans gants des orties ( !!!), vider un abreuvoir plein de boue à la pelle et déposer la fameuse boue de l’autre coté d’un mur plus haut que moi…) Bref on en a fait de la merde sans broncher, mais là qu’on est si peu confiance en nous, qu’on ne nous croye même pas… ça a été la goutte d’eau. Encore on serait payées à travailler, on accepterait les remarques mais nous sommes des stagiaires, payées une misère pour travailler tout le temps, sans aucune contre partie (j’ai monté 4 fois au total et encore c’était pour les dépanner à faire la signalisation), dans une ambiance pourrie (Juliet qui nous engueulait dès qu’elle nous voyait inactifs une malheureuse seconde…). Bref Elodie qui avait un plan de secours a décidé qu’elle partirait dès le lendemain, Axelle le dimanche suivant et moi je comptais partir très prochainement aussi. On les avait prévenu à plusieurs reprises que ça n’allait pas, qu’il était impossible de bosser dans une telle atmosphère, que c’était néfaste pour leur business puisque les gamins le ressentaient aussi. Ils n’ont jamais changé quoi que ce soit donc ce n’était pas étonnant que ça pète.
Après le repas, à 13h35 (on est censé rembaucher à 13h30, sauf que c’est moi qui prépare le lunch pour les gosses donc autant dire que à part avaler mon sandwich dégueu en vitesse, j’ai pas de temps pour autre chose) j’ai voulu envoyer quelques mails pour commencer à chercher un nouveau stage. Grand malheur ! Juliet m’a vu ! 5 minutes de retard, quel truand je suis !! Et vas y qu’elle commence à m’engueuler, moi je m’en fou, c’est enfin clair dans ma tête je reste pas dans cet enfer, donc je lui répond pour une fois (c’est la boss donc d’habitude je m’écrase). Je lui explique que je vais rembaucher, faut pas s’exciter comme ça et que j’ai vraiment besoin d’internet, c’est le seul moment de libre que j’ai pour le faire. Elle rentre dans la baraque bouffer son repas (un bout de tige de céleri) puis ressort 5 minutes après remontée : « Si vous avez été convoquées ce matin au bureau, c’est pas pour rien, si t’as besoin d’aller sur internet faut y pendant ta pause déjeuner ! » La pause déjeuner, elle est marrante ste folle, nous on bouffe pas que du céleri, alors forcement 5minutes pour un repas c’est un peu short. Et quand j’pense à toutes les fois où on a avalé un truc en vitesse pour vite repartir au boulot pour les aider, on ne les aura pas vraiment comptées les heures sup ! Et elle se permet de m’allumer sur 5 malheureuses minutes… allez on se calme…
Je pars retrouver Elodie dans la carrière pour notre boulot de l’après midi : peindre toutes les barrières avec le mélange de cambouis censé protégé le bois qui nous brule la peau et nous a d’ailleurs laissé des taches brunâtres bizarres. Sauf qu’une heure après il s’est mit à pleuvoir comme pas permis, donc on s’est octroyé le droit de s’arrêter se mettre à l’abri. Quand ça s’est finalement calmé, on a repris le chemin du boulot sauf que qui on se croise, la gracieuse Juliet qui nous fusille du regard genre on se planquait dans l’abri pour pas bosser… et ne nous adresse pas un mot alors qu’il était ridicule de continuer la peinture, les barrières étaient trempées, la seule chose qu’on a fait c’est un mélange marron verdâtre mousseux dégueu… m’enfin on s’en fou, tant qu’on bosse, elle nous laisse tranquille alors soyons aussi cons qu’elle, bossons.
Manque de bol, on a fini la peinture (et juré sans en faire tomber ni gaspiller !), et y a fallu en demander à Juliet, qui nous a refusillé du regard, nous a engueulé (encore !) qu’il fallait faire attention avec la peinture, ça vaut cher (mon œil, c’est de l’huile de vidange, faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles !!!) et que elle, elle avait déjà peint toute la carrière avec la moitié de ce qu’on avait utilisé (Forcement nous on la boit la peinture, ça explique notre forte consommation ! mais quelle naze…)
Vient enfin l’heure du bus (qu’on a fahi rater parce que personne ne nous a prévenu, sympa !), en arrivant au château, Elodie annonce à Amanda qu’elle part le lendemain, j’en profite pour m’éclipser discrètement parce que moi aussi je compte m’enfuir mais pas tout de suite puisque je n’ai pas d’autre stage donc autant être prudente.
Mais Amanda n’est pas stupide, elle nous a convoqué toutes les 3 (françaises) pour savoir si on comptait faire la même qu’Elodie. Elle était très calme, compréhensive, et même attristée pour nous. Je ne l’ai jamais cernée à celle-ci (vu sa réaction du lendemain). Axelle a annoncé qu’elle partait dimanche et moi prudente que je ne savais où j’en étais que je ne comptais pas partir dessuite mais tout de même dans un avenir proche. Elle m’a conseillé de réfléchir, très sympa… bref bizarre. Il lui fallait une française la semaine suivante pour les cours de français, ceci explique peut être son incroyable calme et sa sympathie. Elle m’a tout de même demandé de la prévenir au moins 3 jours avant de partir. N’ayant pas de stage de secours, j’étais bien obligée de toute façon. Ah et inutile de dire que l’américaine nous faisait la gueule !

Le jeudi matin, dans le bus, Amanda m’a demandé d’essayer de tenir encore une semaine (forcement pour ses cours), j’ai accepté n’ayant de toute façon pas le choix.
On était à peine sorties du bus, que Juliet nous braille déjà dessus. « bouges toi, vas chercher intel, non jté pas dit de le mettre là mais là… viiiiiite !» Pour des gens censés faire des efforts pour que je tienne encore une semaine, j’ai trouvé ça moyen…
Ensuite Jen nous a demandé de préparer la carrière de pony game (évidemment elle ne pouvait pas le faire, il faut marcher et porter des trucs, trop dur !) et pendant ce temps on l’entendait à la radio qui demandait un cheval sur qui poser ses fesses pendant la séance de pony game…
Elle s’est ensuite pointée dans la carrière, une fois le boulot fini, pour donner son cours. En principe les cours se font avec l’une de nous pour traduire en français mais Juliet y arrive très bien toute seule et vu la folle ambiance avec Jen, on a préféré sortir de la carrière. Affolée de se retrouver seule avec les gamins (et oui les enfants sont cannibals de nos jours !), elle nous a ordonné de rester avec elle (c’est pas notre chef, alors le mot magique ça aurait été « please » mais elle ne connait pas), c’était donc tellement gentiment demandé que l’on refusé. (et qu’est ce qu’on a rigolé une fois parties !) Alors elle a appelé Juliet au talkie pour lui rapporter qu’on ne voulait pas rester avec elle. Juliet a simplement répondu qu’on devait aller la voir, ce qu’on a fait, et finalement elle nous a donné un autre boulot à faire. ;-)
Après le repas, à 13h30, on n’avait pas de boulot. Bizarre. Trop bizarre. On a demandé à Juliet (super heureuse et de bonne humeur depuis l’annonce de notre départ !) si elle avait une idée de ce qu’on devait faire. « Ronnie, au téléphone, a dit de ne rien vous faire faire. » Alors là c’est incompréhensible, que c’était il donc passé. On a dit qu’on allait partir, certes, mais pas de suite, donc on est censées travailler en attendant…
Amanda avait une mine affreuse, grave, énervée, et elle discutait avec Barbie. On s’attendait au pire venant de Jen vu sa colère contre nous (justifiée mais méritée !!). Elodie devait partir dans l’après midi pour son avion mais personne du centre ne lui a proposé de l’amener à l’arrêt de bus (à 4km quand même). Heureusement Lady Dunsany lui avait proposé de l’emmener voyant la galère dans laquelle elle était. Mais pour cela, fallait qu’elle rentre au château. N’ayant rien à faire de la journée, on a demandé à Juliet si on pouvait accompagner Elodie au château, et étant toujours de super humeur, elle nous a même encouragés à y aller. Amanda a donné des adieux glacials à Elodie bougonnant qu’elle non plus ne voulait plus travailler dans cette ambiance… Histoire d’éviter une crise, on a préféré lui demander à elle aussi si ça ne la dérangeait pas qu’on rentre, et là on s’est fait pourrir de chez pourrir, j’ai pas tout compris d’ailleurs, mais en gros c’était « de toute façon c’est vous qui choisissez quand vous voulez travailler et puis comme vous ne voulez pas travailler demain de toute façon… » Hein ????? et juste derrière elle y avait cette vipère d’américaine, qui devait savourer sa victoire… on était tellement abasourdies par la réaction d’Amanda qu’on a juste riposté sur le fait qu’on comptait bien travailler le lendemain, qu’on ne comprenait pas. Et puis comme y avait l’air de n’avoir aucune communication possible, on est parti rejoindre Elodie au château.
On était complètement paumées, à pas savoir ce qu’il en était, qui avait raconté quoi, est ce qu’on était virées… Elodie est partie dans le milieu de l’après midi, rajoutant un peu plus de peine à notre pitoyable journée. On s’était décidée à parler à Lady Dunsany à son retour, lui laissant un mot dans la cuisine lorsque Neil ( qui a eu une longue conversation avec Barbie lui aussi, drôle de hasard) est venu vers nous, très froid et limite agressif (dire qu’on trinquait avec lui y a moins d’une semaine…) « Lady Dunsany est très occupée, elle a beaucoup de soucis, ne venez pas en rajouter, vos affaires avec Ronnie c’est votre problème, ne la dérangez pas avec ça » et il s’est barré. C’est là qu’on s’est mise à pleurer comme des merdes! Plus de stage, certainement plus de logement puisqu’on était virées, plus d’amis non plus (on avait pensé un moment squatter chez Neil et Oliver en cas de coup dur comme on s’entendait bien…).
Finalement, Lady Dunsany est venue nous voir d’elle-même. Elle ne supporte pas les injustices, et plus intelligente que les autres, ne s’est pas fait une opinion sur nous juste d’après les racontars de l’américaine. Du coup elle nous a proposé de venir aménager chez elle, le temps de trouver autre chose, parce qu’il était hors de question de nous laisser à la rue. La c’était un sacré soulagement…

Le lendemain matin, ne sachant toujours pas si on était vraiment virées, on s’est levé comme d’habitude, j’ai préparé le pti dej des enfants, on s’est mis en tenu, prêtes pour le bus. C’est Amanda qui conduisait le minibus, on s’est avancé en même temps que les enfants pour grimper dedans style de rien sauf qu’elle est sortie du bus avant, nous a stoppé net d’un ton glacial « on n’a pas besoin de vous aujourd’hui » puis est reparti avant qu’on est pu articuler quoi que ce soit.
Après avoir pleuré encore un peu ( !!!), nous sommes retournées voir Lady Dunsany, qui nous a confirmé qu’on était les bienvenues chez elle (dans la partie privée du château) puis on a déménagé. Elle nous a installées dans des chambres d’un luxe incroyable, avec matelas du lit (gigantesque) chauffant, énormes tapis, magnifiques peintures aux murs, montants du lit façon Louis XIV… la grande classe quoi ! Avec ça, on avait internet donc j’ai pu commencer à chercher sérieusement un autre stage.

Dans l’après midi, nous sommes retournées au centre équestre pour obtenir des explications sous les conseils de Lady D. et aussi pour signer des papiers de fin de stage. Ronnie et Amanda se sont encore foutu de nous, alors qu’il pleuvait à moitié et qu’il faisait froid, ils nous ont laissé poireauter 15 minutes dehors afin de finir leur repas…
Finalement Amanda nous a fait entrer dans le bureau et nous a offert des chocolats au passage (qu’on n’a pas touché, tellement énervées !). Ronnie s’est simplement justifié par le fait qu’on était tous des gamins incapables de collaborer et de s’entendre, que le reste ne le concernait pas. Axelle plus téméraire et bonne en anglais que moi s’est tout de même rebiffée, lui reprochant qu’on ne pouvait pas traiter les gens de la sorte, qu’on méritait un minimum de respect à la place d’être virées comme ça. Il en avait rien à carrer, il a simplement répondu qu’on n’était pas virées, mais qu’on ne pouvait certainement pas travailler sans maintenir une mauvaise ambiance vu notre départ prochain, et que ça allait être néfaste pour le business; qu’on pouvait toujours venir travailler mais avec le sourire ! Il m’a même proposé de revenir la semaine prochaine. Etonnée, j‘ai bafouillé que c’était plus possible maintenant. Quand Amanda a enfin eu droit à la parole, il est carrément sorti du bureau, nous serrant la pince en guise d’adieu! Amanda était d’avantage perturbée, à savoir si elle était sincère, ça on ne saura jamais. « Je ne sais pas si vous êtes victimes de mensonges mais Jen m’a dit que vous ne vouliez plus travailler avec elle, ni faire de la peinture (c’est vrai que la peinture poison on avait carrément marre mais on l’avait dit à personne), alors comme vous ne vouliez plus travailler… » Axelle choquée l’a sermonnée, comme quoi c’était incroyable qu’elle nous ait jugé sur les racontars d’une seule personne, qu’elle aurait du venir discuter avec nous plutôt que fonder son opinion sur un seul parti, qu’effectivement on n’avait pas voulu travailler avec Jen mais on avait effectué d’autres boulots pendant ce temps là, et qu’on avait jamais rechigné à travailler. Elle a acquiescé puis la discussion étant close, nous a fait la bise (incroyable !) en nous souhaitant bonne chance pour la suite.


Continuant à chercher un stage, j’ai finalement trouvé une écurie de course du côté de Limerick, où est déjà une élève de ma promo, Mélanie, ravie par sa période passée là bas.
Seul bémol, le stage n’est dispo qu’à partir du 15 aout, quand Mélanie s’en va. Heureusement, Lady D. toujours là pour me sauver m’a proposé de rester pendant ces 15 jours au château en tant que stagiaire, pour les aider à l’implantation d’un troupeau de 6 vaches, une formalité dont ils ont besoin pour être considérés comme exploitation agricole et toucher des subventions.


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