Au boulot ! La vie sur le Spoilsport


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Published: June 8th 2011
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Sur le site internet de Mike Ball Diving Expeditions, tout plongeur peut tenter sa chance pour devenir "volontaire" sur le Spoilsport, un catamaran qui navigue chaque semaine sur la mer de Corail. Il y a quelques mois quand j'ai remplis le formulaire en ligne, je me suis dit qu'il devait y avoir beaucoup de candidats et peu d'appelés mais comme toujours, qui ne tente rien n'a rien... Et voila, en ce Jeudi 9 Mai, je suis prête à embarquer sur le bateau, avec mon uniforme, mon matos de plongée et des rêves de plongée plein la tête. Le principe est simple; en échange de quelques menus services sur le bateau, je suis nourrie, logée, blanchie et... je plonge !

J'ai été prise comme "Galley Volunteer", volontaire dans la cuisine. Je rencontre rapidement Anita, l'hôtesse, qui sous une apparente froideur germanique cache un super sens de l'humour. Je travaillerais principalement avec elle et Andrea, le chef cuistot italien, qui possède un sens de l'humour détonnant et avec qui je partagerais de sacrés fous rires.

A l interieur du catamaran, c'est le grand luxe. En bas, les chambres des passagers et le pont de plongée. Au dessus, une terrasse avec des tables, puis la salle à manger, le salon, la cuisine et la cabine de pilotage. Et tout en haut, le "sun deck", où tout le monde peut se reposer ou prendre le soleil. Et tout en bas, on y accède par une échelle, les cabines de l'équipage. Dans les chambres étroites, 3 lits superposés. Je suis logée dans la chambre du chef, avec Andrea donc. Même si ce sont les cabines de l'équipage, c'est très confortable je ne peux m'empêcher de sourire en voyant la belle salle de bain, en repensant au confort rudimentaire du bateau avec lequel je suis allée à Malpelo... En plus, dans un bateau, plus on est près de la mer, moins on a tendance à sentir la houle et donc moins on est sujet au mal de mer ! Que demande le peuple hein ?

La première semaine, nous sommes 10 membres d'équipage pour 7 passagers ! Du jamais vu pour ce bateau qui transporte jusqu'à 28 passagers. Tant mieux pour moi, j'aurais moins de boulot !

Le chant du coq est tout de même chaque jour à 5h45 pour moi. A 6h je suis dans la cuisine pour préparer le petit déjeuner. Le lever n'est pas facile, mais la fatigue est vite oubliée lorsque je prépare la salade de fruits et un plateau de fruits pour le midi en regardant le soleil se lever à travers la fenêtre de la cuisine. A 7h15, les passagers ont pris un léger petit déjeuner et partent pour leur première plongée. Pendant ce temps, on part faire les chambres, et je suis chargée de passer l'aspirateur, nettoyer les miroirs et vider les petites poubelles. Une petite pause pour boire un thé et il est déjà temps de préparer le "vrai" petit déjeuner. Je suis chargée des toasts et de la vaisselle. Le début de matinée est le plus chargé, mais ensuite c'est très flexible; j'ai une liste de choses à préparer selon le menu du jour et je dois être présente avant les repas pour faire la vaisselle de la préparation du repas. Autrement dit, avec un peu d'organisation, beaucoup d'huile de coude et peu de temps libre, j'arrive à faire minimum 3 plongées par jour en plus du boulot ! Plongée vaisselle, plongée, vaisselle, repas, préparation des ingrédients pour les repas, plongée, vaisselle, plongée de nuit, vaisselle, diner, dodo... C'est à peu près ma routine sur le bateau, pas de quoi se plaindre donc.

La météo est bonne et les nuits de navigation se passent sans encombre, avec un peu plus de secousses quand on navigue vers Osprey Reef, car on est en haute mer alors que le reste du temps on est protégés par la grande barrière de corail.

Il y a différents types de passagers sur le bateau. Certains sont là pour toute la semaine, d'autres sont débarqués le lundi matin à Lizard Island et font donc la croisière en direction du nord et de nouveaux passagers arrivent le lundi et sont sur le bateau pour la croisière sud retournant à Cairns. Le dimanche soir et le mercredi soir, c'est donc la fête sur la bateau. Le barbecue est installé sur la terrasse et les passagers font la fête au rythme des chants et des guitares de l'équipage, les troubadours du Spoilport !

Une semaine après le départ, nous sommes de retour à Cairns au petit matin du jeudi. Les passagers sont débarqués et on astique le bateau de fond en comble. A midi, je suis relevée de mes fonctions jusqu'à 17h, heure à laquelle le bateau repart.

Durant ces quelques heures de repos, je n'ai qu'une hâte... retourner en mer et plonger de nouveau ! je ne peux pas m'empêcher de penser que ça ne pourrait pas être mieux, mais c'est sans compter sur la rotation de l'équipage, qui me permet de rencontrer Keri, une sud africaine que je ne suis pas prête d'oublier ! Elle est maintenant l'hôtesse et on partage la cabine. Quelle ambiance dans la cuisine ! Le travail est fait dans la joie et la bonne humeur et les surnoms fusent ! On ne m'aura jamais autant appelé "darling", ou "frenchie", se moquant gentiment de mon accent. Bien que le nombre de passagers ait fortement augmenté (17) la deuxième semaine, je plonge toujours autant ! La météo est moins clémente et le vent s'est levé ! Le dimanche soir, lorsqu'on part d'Osprey Reef en direction de Lizard Island, je suis de permanence au bar, et le moins qu'on puisse dire c'est que ça secoue ! Les chaises se baladent dans la salle à manger, les canapés glissent sur les tapis, chaque ustensile de la cuisine a été soigneusement protégé et tous les placards sont fermements fermés. Et pourtant, quel raffut ! Les couverts et les assiettes s'entrechoquent, les aliments font le grand huit dans les frigos et les boites de conserve . Au milieu de tout ça, on essaie de tenir debout ! Même assise à l'extérieur, ma chaise est emportée et c'est Shea, l'un des moniteurs de plongée qui m'attrape par la jambe in-extremis ! C'est toute une expédition pour rejoindre les chambres, mais une fois au lit, la houle me berce. C'est marrant d'ailleurs comme le corps s'habitue à être en mer. Au début, je titube au rythme du bateau mais rapidement je trouve l'équilibre. C'est en revenant sur la terre ferme que c'est bizarre !

Après 15 jours à ce rythme infernal, mon corps est exténué; j'ai rarement une minute de repos, parce que je passe tout mon temps libre dans l'eau. Cela ne suffit pas à me faire perdre le sourire; au moins, j'en profite à fond. Une opportunité comme celle là ne se représentera probablement pas de si tôt !


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