De Kota Kinabalu à Bandar Seri Begawan


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Brunei's flag
Asia » Brunei » Bandar Seri Begawan
October 14th 2009
Published: October 21st 2009
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Derniers jours au Sabah

Mon ultime halte avant de quitter le Sabah s'appelle Kota Kinabalu, la capitale de l'État, dont les blocs, tantôt modernes et rutilants, tantôt vieux et décrépis, bordent la Mer de Chine du sud. Trois petits jours tranquilles passés à se reposer, à organiser la suite du voyage et à sécher mes grolles. Un séjour des plus sociables, dans un backpacker du centre ville. J'ai eu le privilège d'y faire des rencontres extrêmement variées et intéressantes, comme cette Japonaise avec laquelle j'ai pu parler des rues bondées de Shibuya, où elle vit, cet universitaire malais, que j'ai surpris en dortoir dans sa tenue de cérémonie pour la remise des diplômes, cette voyageuse allemande d'à peine 20 ans, qui avait pourtant dans le regard la détermination d'une baroudeuse ayant sillonné tous les continents, cette membre du staff originaire des Philippines, qui m'a emmené au marché de nuit pour découvrir la cuisine locale, et puis cet ébéniste anglais, la quarantaine, qui s'est lui aussi décidé à s'offrir un bol d'air pour plusieurs mois et qui disposait d'une déconcertante aptitude à décrypter la gestuelle humaine.

Le matin du 11 octobre, je quitte tout ce petit monde et embarque dans un ferry rapide qui doit me conduire sur l'île de Labuan, puis au Brunei. Bien malgré moi, j'escroque de quelques ringgits le chauffeur de taxi qui m'emmène au port. Le temps d'aller faire de la monnaie pour le payer, le brave homme était déjà parti, probablement en maudissant tous ces satanés touristes. La croisière à bord de ce bateau en forme de cigarette fut fort paisible et même agréable, n'était-ce l'air conditionné poussé à fond, qui rendait l'atmosphère glaciale. J'aurais de loin préféré le grand air. La télé du bord nous a gratifié de chefs d'œuvre du 7e art, tels Dead or Alive et ses bimbos adeptes des combats en petites tenues ou Conan le Destructeur, son glaive et son éternel slip en peau de bête fauve. Le sourire en coin d'Eric Roberts et les muscles de Schwarzy pour accompagner mes dernières heures au Sabah, j'aurais pu tomber plus mal.

Entrée au Brunei Darussalam

Parti de l'île de Labuan en début d'après-midi, le ferry Sri Labuan 3 accoste au port de Muara une heure plus tard. Je foule pour la première fois les terres du Sultan du Brunei, quatorzième État depuis mon départ de Suisse. A la douane, les officiels consultent brièvement leur liste de pays à la vue de mon passeport rouge à croix blanche, hésitant visiblement sur le nombre de jours à m'octroyer pour ma visite. Il ne doit pas y avoir foule de touristes helvétiques passant par ici. Tout est en règle ; j'hérite finalement des 14 jours auxquels j'ai droit, ce qui est plus qu'il n'en faut pour découvrir ce pays à peine plus vaste que le Valais.

Faire mentir les ragots

En Malaisie, lorsque je disais que j'allais me rendre au Brunei, on me demandait souvent pourquoi, en soutenant qu'il n'y avait là-bas rien d'intéressant à voir. Cela ne faisait que renforcer mon envie d'y aller, juste pour vérifier ou pour faire mentir la rumeur. Bon, il faut avouer aussi que le pays, coincé entre le Sabah à l'est et le Sarawak à l'ouest, constitue l'étape la plus pratique pour voyager entre les deux États malais, si l'on excepte la voie des airs.

Comme je m'y attendais, le Brunei n'est de loin pas la terre stérile et ennuyeuse que l'on m'avait décrite. C'est peut être vrai pour qui ne peut se passer de son litre de bière quotidien, la vente d'alcool y étant interdite (mais pas la consommation personnelle). Mais commençons par faire les présentations, car le pays n'est pas parmi les plus connus de la planète. Le Brunei (dont le nom pourrait se traduire en franglais moderne par "le spot") est un tout petit État situé sur l'île de Bornéo. L'Islam y est la religion officielle et le pouvoir politique est détenu par le sultan, lequel règne sur près de 400'000 sujets. L'arbre généalogique de la famille royale remonte sur plus de sept siècles, durant lesquels l'influence du sultanat a pu s'étendre, à son apogée, sur toute l'ile de Bornéo et même jusqu'aux Philippines. Au fil de l'histoire et des colonisations européennes en Asie, le Brunei a vu son territoire se réduire considérablement et s'est même trouvé sous la férule des Britanniques de 1945 jusqu'en 1984, année de l'indépendance.

Les lecteurs assidus de magazine people savent probablement que le sultan était considéré comme l'homme le plus riche du monde au milieu des années nonante. Il ne l'est plus de nos jours, Billou et son partenaire de bridge Warren le surclasse haut la main de plusieurs milliards. J'ai lu récemment dans Forbes que la fortune du sultan était estimée à environ vingt milliards de dollars... une broutille quoi! Un autre événement people a spécialement focalisé l'attention de la Suisse sur le sultanat lorsque, en 2005, le prince héritier a pris pour épouse une Fribourgeoise de 17 ans à peine, possédant les deux nationalités. C'est elle qui deviendra un jour la reine du Brunei. Le monde me paraît décidément de plus en plus petit.

Le pays de l'Huile

Ici, les rues sont propres, les voitures neuves filent tranquillement sur le bitume presque aussi impeccable que par chez nous et les conducteurs sont d'une courtoisie à ma connaissance sans égale avec les piétons. Le long de la route que mon bus emprunte du port de Muara jusqu'à Bandar Seri Begawan, la capitale, que tout le monde appelle ici BSB, une succession de puissantes villas aux jardins luxuriants et aux pelouses soignées témoigne qu'il y a pas mal de nantis au Brunei. Bon, il y a aussi des taudis à l'abandon, tout n'est pas si rose.

La prospérité du sultanat était autrefois fondée sur les épices, que les marchands chinois, arabes et européens achetaient à prix d'or. De nos jours, c'est le pétrole qui finance le train de vie pour le moins luxueux de la famille royale et qui permet à toute la population de bénéficier d'écoles et d'hôpitaux gratuits. Quand je pense à la part de mon budget qui file à l'assurance-maladie, cela n'est pas sans me faire envie, mais ça c’est un autre débat.

En définitive, ce qui m'a surtout frappé, c'est la gentillesse de la population, toujours curieuse de savoir de quel pays exotique un blondinet comme moi peut bien venir. Il y a bien sur les guides, chauffeurs ou hôteliers, qui évidemment y trouvent leur intérêt. Mais pas seulement. Petit exemple. En sortant du musée du Brunei, bizarrement situé en rase campagne, j'attendais mon bus au bord de la route sans rien demander à personne. Passent une minute et deux voitures. La troisième s'arrête et le chauffeur me propose, dans un parfait anglais, de me poser en ville, juste comme ça, pour faire la causette et évoquer ses années d'étude à Londres. Pas mal non?! Je pourrais aussi vous expliquer comment, après avoir marché quelques km dans la jungle, je me suis retrouvé avec plus de ramboutans - un fruit local pour lequel j'ai développé une certaine addiction - dans mon sac à dos qu'à mon départ, mais ce serait un peu long. Je garde ça pour mon retour.

Hum bon, je me rends compte qu'avec toutes ces histoires, j'en viens presque à oublier de vous parler de ce que j'ai vu dans le pays. Le centre ville de BSB n'a rien d'exceptionnel, à deux notables exceptions près : la Mosquée Ali Omar Saifuddin, qui brille de lueurs vertes et dorées à la nuit tombée, et le Royal Regalia Museum, où l'on peut en apprendre plus sur la vie du sultan et découvrir les cadeaux officiels clés reçus depuis des années par sa Majesté. Mentions spéciales pour l'immense calice au pied décoré de trois oryx, don de je ne sais quel émir du Moyen-Orient, ou de la réplique de la Mosquée de La Mecque faite de milliers de petits miroirs. Un peu plus loin, la Mosquée du Sultan est la plus grande et la plus luxueuse du pays. L'or et le marbre (d'Italie le marbre, l'or je sais pas) y règnent en maîtres. Pour revenir sur terre (si l'on peut dire) et sentir le vent fouetter son visage, il suffit de prendre la direction de la rivière et de héler un de ces bateaux-taxis, lequel vous emmènera visiter les villages sur pilotis qui forment de véritables quartiers traditionnels autour du centre ville. Au coucher du soleil, c'est encore plus magique. Si cela vous a plu, ne manquez pas le trajet en bateau rapide jusqu'au hameau de Bangar : 45 superbes minutes à sillonner les bras de la rivière au milieu de la forêt. De là, plusieurs possibilités de trek dans la jungle vous attendent, dont certaines dans un parc national tout proche.

Voilà, j'ai même du abréger un peu. Alors? Qui peut encore prétendre qu'il n'y a rien d'intéressant au Brunei?


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21st October 2009

La Rambutan
Haha les bonnes salade de fruits au rambutan que j ai préparer avec amour quand je travailler dans le resto thaï.
21st October 2009

Pas mal du tout ce ptit pays on dirait... effectivement, jamais entendu parler de lui d'ailleurs ! Je check sur mon sous-main du monde ! Ouais c'est bon... repéré ! Prochaine étape Sarawak et Sibu ? Sinon, ça joue tjs, voyageur expert ? Ca fait moins mal de te lire là (sauf de se dire que tu dois légèrement vivre avec une 20aine de degrés en plus que nous!!), dans 1 semaine c'est notre tour ! héhé ! :) On devrait profiter de se rejoindre qqes part dans le Pacifique sud :) ... (peut-être que John Lock nous attend qqes part, son couteau aiguisé en main !!! ^^):oD Bon, bonne suite encore une fois. A la prochaine !
22nd October 2009

@ Casey : T'es dingue ? Et tu m'as jamais parlé de ce fruit clé ? C'est Toutatis en culotte de velours le rambutan :) @ Rose : Hehe, oui ca roule toujours impeccable. Bien vu, la prochaine étape c'est le Sarawak. En fait, j'y suis depuis un peu plus d'une semaine maintenant. Je viens de quitter Sibu aujourd'hui, t'as le coup d'oeil ! Pour le rendez-vous dans le pacifique sud, c'est faisable d'ici 2 ou 3 mois :) Sinon, bon voyage ! Tenez-moi au courant de vos péripéties chez les Incas!
1st February 2010

salut. c toujours interessant de savoir qu'il y a encore des gens qui peuvent apprecier la beaute de notre pays. c bien le cliche pour les autres pays en asie, pka brunei? mais bon pka pas? on a une culture differente aussi, et je trouve que brunei est vraiment un pays sympa et accueillant. c vrai qu'il y a bcp d gens qui font ses etudes a londres ou en angleterre en general. mais moi je fais mes etudes en france. c impressionant kan meme. est ce que vous venez de france?

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