Froide nuit a Ensenada / Cold night at Ensenada


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North America » Mexico » Baja California » Ensenada
December 18th 2015
Published: December 18th 2015EDIT THIS ENTRY

La froide brise de la nuit s’engouffre dans mon sac de couchage et me tire ainsi de mon sommeil. Je suis déshydraté. Les 2 litres de bière d’hier sont en train de se venger. Les yeux fermés, je tends les bras autour de moi et sonde a tâtons a la recherche d’une bouteille d’eau. Il ne reste de Cath que l’empreinte chaude de son corps imprégnant les draps. Tient ! Elle s’est probablement levée sans un souffle pour faire pipi, me recouvrant par la même occasion. Je ressers le sac de couchage contre moi pour mieux lutter contre le vent qui me prive de ma chaleur et m’envoie du sable dans la figure.

J’entends au loin quelqu’un qui m’appelle « tibo, tibau » Puis ces mots « Thibaut, on nous a volé un sac ».

Pfff, à coup sûr, c’est son cote parano qui s’exprime. Je sors la tête des couvertes, ouvre un œil dans la direction des vélos. Elle a raison, il est ou ce putain de sac ?! Je repasse les évènements de la soirée en accéléré, me revois pousser le vélo dans le sable, prendre mon sac de couchage, la bâche dans le sac manquant… puis crac dodo. Et merde, on nous a volé ! Je me lève d’un coup, fonce vers les vélos, les examine rapidement… mmmh, Les zippers des sacoches ont été ouvert. Cath est affolée, elle fouille dans les sacs en bafouillant : « Il manque une boite de chambre à air, celle dans laquelle se trouve les passeports ! Merde, ca fait 4 jours qu’on est au Mexique et on se fait voler»

Je sens la haine qui afflux rapidement en moi. Je la refoule et la conserve précieusement pour la déverser sur le voleur lorsque je le croiserai afin de garder l’esprit clair. Inutile de paniquer, cela me ferait perdre mon temps.

Je regarde les boites de pneus que Cath a jeté sur le sol. L’une d’elle est marque de rouge, c’est celle qui contient les passeports, Catherine continue à piaffer vis-à-vis les passeports qui sont en face d’elle. Le barrage se fissure, je lui lance : « Ta gueule maintenant, ils sont là ! ». Je m’éloigne pour clarifier mon esprit.

Il n’est probablement pas parti très loin. C’est pesant et inconfortable de trainer un si grand sac. Je passe en revue les gens que l’on a croisé en soirée. Serait-il le conducteur de cette voiture qui attendait dans une rue proche ? Ou bien ce vieil homme qui ramassait des bouteilles de plastique dans les poubelles ? Ou encore ce jeune homme qui nous proposait d’acheter du bois ou de l’herbe ?

Difficile de déterminer par où il est parti, il y a tant de trace de pas autour des vélos et les vagues ont efface toute trace sur la plage. Je n’ai aucun indice, aucune piste. Je ne me vois pas rester là, à accepter par résignation mon sort. J’ai cette rage à consumer, une haine à déverser sur l’inconnu qui a osé prendre le peu que j’ai.

Chaque seconde qui passe diminue mes chances de le croiser, alors j’enfourche mon vélo laissant Catherine seule face à sa tristesse. A l’aide de la lumière jaunâtre des lampadaires, je sonde du regard les rues mortes de la ville. Je pensais me trouver dans un quartier résidentiel de classe moyenne. Mais pas du tout. Ici et là, on scouate des maisons abandonnes, s’entourant de détritus. Les habitations les plus décentes sont cercles par grillages et barbelés. Entre les maisons se trouvent des espaces vagues ou tout a chacun y a jeté ce qu’il avait de trop. De longues minutes s’écoulent sans rencontrer une âme. Je nage entre l’énervement et la frustration.

Une voiture de police municipale ! J’essaye d’expliquer la situation à mon interlocuteur qui ne parle qu’espagnol. Je mime et met des -o et –a aux mots français qui correspondent à la situation. Mais n’obtient qu’un sourire. Il appelle un de ses collèges.

Un homme en uniforme se présente, Iram, la trentaine. Il se montre compatissant lorsque je lui explique la situation mais ne me nourrit pas d’illusion, les chances sont faibles. Il m’assure qu’il fera tout son possible pour retrouver notre matériel. Il me conseille de retourner le plus vite auprès de Cath car il(s) a bien pu revenir et s’en être pris a elle. Quel imbécile ! Ma rage m’a aveuglé et rendu imprudent. Pour seulement quelques pièces de matériel…

Catherine m’accueille le poivre de cayenne à la main. Tout va bien, mais aucun de nous deux n’arrive à fermer l’œil. Je la sens si nerveuse. Nous énumérons ensemble la liste des objets volés : casserole, manteau, appareil a cuisson, pneus, nourriture. Effectivement, cette femme a raison, les pneus et l’appareil a cuisson sont deux éléments qui nous sera difficile à retrouver au Mexique voir même impossible.

Au bout d’une heure, une voiture se rapprocher lentement de la plage. L’homme qui en sort est le policier anglais rencontre précédemment. Il ne s’attendait pas à nous revoir ce soir. Il nous explique qu’il a arrêté un individu et a retrouvé des objets dans ses poches. Il me demande si je reconnais l’un d’eux. C’est la montre que ma mère m’a offert ! Voici une piste.

Il nous explique que le voleur dit avoir vu un homme partir en courant et perdre la montre sur la plage. La meilleure option serait que j’aille avec Iram pour questionner l’homme et faire avancer la situation. Je dois encore laisser Catherine seule sur la plage et il est 4 heures du matin. Afin de soulager mon angoisse, le policier regarde Catherine et lui dit d’utiliser son poivre de Cayenne si le besoin est !

Au poste de police, les policiers tentent une seconde fois de faire parler le criminel. Impossible. Il est mu. Toujours la même version, il a trouvé les objets sur la plage…

Bon, Iram m’invite à aller voir à l’endroit où il a arrêté l’homme. On scrute l’endroit dans ses moindres recoins. Nous trouvons un sac poubelle déposé au sol. Nous l’ouvrons ensemble et découvrons l’appareil à cuisson ainsi que le manteau. Wouhou, qu’elle victoire ! Nous sautons ensemble de joie. Il m’avoue qu’il a prié pour que se réalise ce moment. Je lui offre mon manteau pour témoigner ma gratitude. En réponse, il m’offre le sien. Il me dit que je peux l’aider en racontant cette histoire autour de moi. Cette histoire inspirera peut être d’autres policiers Mexicains de devenir plus intègrent. « Puisqu’une unique personne peut parfois faire la différence ».

Merci encore Iram pour ta gentillesse et fait attention a toi.









The cold night breeze rushes into my sleeping bag and pulls me from my sleep. I'm dehydrated. 2 liters of beer yesterday are now revenge. Eyes closed, I stretch out my arm around me and probe groping in search of a bottle of water. It remains Cath as hot imprint of his body soaking the sheets. Holds! She probably waived without a breath to pee, covering me at the same time. I ressers sleeping bag against me to fight better against the wind that deprives me of my heat and sent me sand in the figure.



The distance I hear someone calling me "tibo, tibau" Then the words, "Thibaut, we were robbed a bag."



Pfff, for sure, is his paranoid rating that is expressed. I go head covered, open one eye in the direction of bikes. She's right, or it is the fucking bag! I review the events of the evening accelerated see myself pushing the bike in the sand, take my sleeping bag, tarpaulin in the missing bag ... then crack dodo. Damn, we were robbed! I get up at once, sinks towards bicycles, examines quickly ... hmm, the zippers of bags were opened. Cath is distraught, she delves into the bags stammered: "It lacks a box of tube, one in which passports is! Damn, it's been four days we are in Mexico and it is stolen "



I feel hatred that quickly flow into me. I repressed and carefully preserved for disposal on the thief when I croiserai to keep a clear mind. No need to panic, it would make me waste my time.



I look at the tires boxes that Cath threw on the floor. One of them is brand red is the one containing passports, Catherine continues to piaffe vis-à-vis the passports that are in front of it. The dam is cracking, I throw him, "Shut up now, they are there! ". I move away to clear my mind.



It is probably not gone very far. It is heavy and uncomfortable to hang a large bag. I reviewed the people we came across in the evening. Would it be the driver of this car waiting in a nearby street? Or that old man gathering plastic bottles in the trash? Or the young man who offered us to buy wood or grass?



Difficult to determine where he's gone, there's so many footprints around the bikes and the waves erase all traces on the beach. I have no clue, no clue. I do not see myself staying there, accept my fate with resignation. I have this rage to consume, hate to dump on the stranger who dared to take the little I have.



Every second that passes decreases my chances to cross, so I jumped on my bike leaving Catherine alone with her sadness. Using the yellowish light of the street lamps, I probe the look dead city streets. I expected to find myself in a residential area of ​​middle class. But not at all. Here and there one scouate of abandoned homes, surrounding himself with trash. The most decent housing are circles by fences and barbed wire. Between the houses are vague spaces or has everyone threw what he had too. Long minutes pass without meeting a soul. I swim between nervousness and frustration.



A municipal police car! I try to explain the situation to my interlocutor who speaks only Spanish. I mime and puts -o and -a French words that correspond to the situation. But only gets a smile. He calls one of his colleges.



A man in uniform arises, Iram, thirties. He shows compassion when I explain the situation but does not feed me illusion, chances are low. He assures me that he will do everything possible to recover our equipment. He advises me to return as soon as there with Cath (s) has been able to come back and be taken to it. What an imbecile ! My rage blinded me and made unwise. For only a few pieces of hardware ...



Catherine welcomes me cayenne pepper by hand. All is well, but none of us did manage to sleep. I feel so nervous. We list all the list of stolen goods: pan, coat, cooking appliance, tires, food. Indeed, this woman is right, the tires and the aircraft cooking are two elements that we will be hard to find in Mexico even impossible.



After one hour, a car move closer slowly from the beach. The man who comes out is the English detective met previously. He did not expect to see us again tonight. He explains that he stopped an individual and found objects in his pockets. He asks me if I recognize any of them. This is the watch that my mother gave me! Here is a track.



He explains that the thief said he saw a man run away and lose the watch on the beach. The best option would I go with Iram to question the man and move things forward. I have to leave Catherine alone on the beach and it is 4 am. In order to relieve my anxiety, the policeman looks at Catherine and told him to use his pepper spray if necessary!



At the police station, the police are trying again to talk about the criminal. Impossible. It is mu. Always the same version, he found the objects on the beach ...



Well, Iram invites me to go to where he arrested the man. It scrutinizes the place in every corner. We find a garbage bag placed on the ground. We open it together and discover the cooking appliance and the mantle. Wouhou, she victory! We jump for joy together. He admits that he prayed that takes place now. I offer him my coat to show my gratitude. In response, he offers me his. He told me that I can help in telling this story about me. This story may inspire other Mexican police to become more integrated. "Since a single person can sometimes make the difference."



Iram thank you again for your kindness and attention has made you.

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