5 jours dans le Kerala


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June 7th 2016
Published: June 7th 2016
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Ces derniers temps on n'a pas mal voyagé et avec tout ça j’ai pris pas mal de retard sur les récits de nos péripéties.





Début Avril on a eu la visite de ma sœur Marion et son mari Mathew, ainsi que mon frère Damien. Du coup, naturellement, on a pris 1 semaine de vacances histoire de s’assurer qu’ils ne se perdent pas et surtout que leurs vacances soient mémorables en notre compagnie.
On passe d’abord le week-end sur Bangalore à visiter les alentours et notamment le marché de Bangalore dont j’avais parlé il y a quelques mois. On a également découvert le temple de Shiva, qui fait un peu touristique et artificiel mais qui reste une expérience hors du commun.









Après l’organisation de dernière minute habituelle et quelques coups de fil on décidait de passer 4 jours dans le Kerala, un état verdoyant dans le Sud-ouest de l’Inde. Un road trip de 5 jours sur 400 km qui nous emmènerait de Cochin à Allepey en passant par Munnar et Thekkady.
5h du matin on se rend à l’aéroport de Bangalore, gonfles à bloc. On passe les nombreux contrôles de sécurité de l’aéroport, le toucher rectal tant apprécié, Damien en redemande et on décolle. Bon ok j’étagère un peu… Damien n’a pas redemandé.







Après 1h de vol on s’apprête à atterrir à Cochin et on voit déjà les forêts de palmiers denses et la végétation verdoyante. Le chauffeur nous attend devant l’aéroport, prêt à nous faire découvrir le Kerala mais c’était sans compter sur le génie de Damien et la deuxième connerie de la matinée - Deuxième car à l’aéroport le destin avait décidé de me faire chier en cassant la lanière de mon sac par l’opération du saint esprit et ainsi en tombant brisant l’écran de mon appareil photo. Mais bon dans mon malheur le reste était intact donc pas si pire comme diraient mes amis les Québécois.











Bref on arrive à l’aéroport et on découvre que ce génie de Damien a le crâne ouvert. Le détective Aude et sa science de la curiosité, à force de poser des questions toutes innocentes à Damien - qui essayait de noyer le poisson évidemment – s’est rendu compte que Damien s’est ouvert le crâne en faisant le coq dans le bus de l’aéroport. En effet, il n'a rien trouvé de mieux à faire que des tractions dans le bus. Monsieur ne connaît pas sa force alors il s’est cogner le crâne contre la barre et comme en Inde les choses ne sont pas toujours « safe » et ben il s’est ouvert le crâne. Avant de commencer notre road trip on décide donc de le faire soigner, car avoir un cadavre à l’arrière de la voiture ça ferait désordre, même en Inde. À l’avant aussi d’ailleurs. On passe à la pharmacie de l’aéroport, la pharmacienne devient pale en voyant la blessure de Damien, on va donc voir le médecin de l’aéroport. Après avoir fait le tour de 2 ou 3 personnes on finit par accepter Damien pour le soin. Lui seul était admis dans l’aéroport mais d’après ses dires il s’est retrouvé au milieu d’une salle de soins avec encore des taches de sang sur le lit, bref de quoi être en confiance. Finalement le médecin n’a rien fait de particulier, et on a pris la route.





























Direction Munnar :





Avant toute chose, parlons du chauffeur. De manière générale en Inde, lorsque tu loues une voiture avec chauffeur, il y a de grandes chances que le chauffeur en question connaisse très bien la région (ce qui est plutôt bien) et qu’il ait aussi des intérêts dans différentes boutiques ou restaurants un peu partout (ce qui est moins bien). Soit tu tombes sur un chauffeur qui s’intéresse vraiment à tes envies, soit un chauffeur qui fait passer ses intérêts avant les tiens. Notre chauffeur était dans la deuxième catégorie. Ce qui fait que les trajets étaient beaucoup plus longs que prévus car il nous arrêtait régulièrement pour visiter un jardin (pourquoi celui-là et pas les 500 autres qu’on a vu sur la route), pour manger une glace, un restaurant, une boutique. Parfois l’expérience peut être intéressante mais la plupart du temps c’est juste de l’attrape touriste... Lui il a droit à une commission pour t’avoir emmené dans le commerce de ses potes. Pour couronner le tout son anglais était des moins simples, il inversait des syllabes ou en inventait d’autres. Je le soupçonne d’avoir lu le seigneur des anneaux la veille et de penser que lui aussi pouvait inventer une langue. Bref, à la fin du séjour on était devenu des bêtes pour le déchiffrer.

Pour la petite anecdote, un matin on monte dans la voiture, moi a l'avant les autres a l'arriere, et Mathew ayant mange epice la veille je lui pose une question, interessante et legitime : "comment il etait ton caca ?". Et la, le chauffeur me repond "yes, yes" et continue en m'expliquant le programme du jour. J'essayais de garder mon serieux en repondant des "okay, okay" alors que les autres a l'arriere etaient mort de rire. Je ne sais pas ce qu'il a pu interpreter en anglais de ma phrase en francais mais apparement ca voulais dire un truc pour lui. Du coup le lendemain j'ai reposer la meme question pour voir s'il repondrait encore une fois mais cette fois aucune reaction. Juste un accident la veille mais qui nous a bien fait rigoler.



Donc vers midi on s’arrête en chemin pour manger dans un petit restaurant qui paye pas de mine, comme souvent en Inde, mais dans lequel on se délecte de la nourriture locale pour trois fois rien. La nourriture au Kerala est vraiment une des meilleures expériences culinaire jusqu’à présent.



On reprend la route et après quelques heures de conduite agitée sur des routes de montagne étroites et avoir frôlé la mort à plusieurs reprises, on arrive à Munnar, ou plutôt un petit village à cote. Oui, à savoir, les Indiens conduisent de la même manière que ce soit en ville ou en campagne : « un camion devant moi me ralenti, virage sans visibilité à l’horizon, route étroite, falaise d’un côté vide de l’autre, tout cela me semble un parfait timing pour doubler. » Voilà ce que doit penser le conducteur j’imagine. Et très régulièrement tu te retrouves avec une voiture en face, alors soit il ralentit d’un coup et se remet derrière le camion in extremis, ce qui est rare, soit il accélère et ses rabat raz les fesses comme si de rien n’était. Mais bon c’est bien au final, ils aiment le challenge et nous aussi. Et puis, ils sont en contrôle, du moins je l’espère, et ça nous empêchait pas de sourire jaune parfois et de serrer les fesses.







On prend place dans un petit hôtel/guest house surplombant le village et puis après une petite heure on part pour une promenade de 2 heures accompagné d’un guide mis à disposition par notre hôtel. Le guide nous emmène à travers la forêt en nous expliquant les différentes plantes qui s’y trouve et leur différente utilisation, jusqu’à arriver pour la première fois sur les champs de thés à perte de vue. La chose temps attendue. On s’est promené un peu dans les champs, avons apprécié le couché de soleil, pris de nombreuses photos évidemment et puis on était reparti vers l’hôtel juste avant que la nuit ne tombe complètement.







Une super journée pour nous mettre dans le bain et Munnar étant en altitude, cela nous a aussi permis d’éviter la chaleur insoutenable qu’il y avait à Cochin et que nous allions rencontrer les jours suivants.







Le lendemain, on visitait les alentours de Munnar et Munnar même. Sous les bons conseils de notre hôte on a visité le musée du thé ainsi que l’usine a thé au cœur de Munnar. On a pu apercevoir aussi une grande église pleine à craquer, une des nombreuses églises que l’on verrait au Kerala qui s’avère être un état ou le christianisme est très répandu.







Mais, avant la visite de l’usine, notre cher chauffeur nous a proposé de faire un massage. Les massages étant très réputés au Kerala, on se dit pourquoi pas. Et Évidemment, il nous emmène dans un endroit un peu isolé que lui seul pouvait connaitre et qui lui permettrait d’avoir probablement sa fameuse commission. Un peu dubitatif on se renseigne tout de même sur les prix, et puis pour dire les choses simplement on est reparti quoi. C’était un nouvel attrape touriste, et puis honnêtement on avait mieux à faire que de se faire masser à 9h du matin. Comme dirait l’autre on n’était pas là pour s’enfiler des perles sur les poils du cul.







Par contre l’usine en soi était vraiment intéressante. On a pu y faire une dégustation de thé et on est tombé sur un employé qui a vraiment pris le temps de nous expliquer les différents types de thés et de nous mettre on contact avec le processus de fabrication. Il avait un discours très intéressant (même si je ne me souviens pas de grand-chose) et baragouinait même quelques mots de français à notre plus grande surprise.







L’hôte nous avait aussi conseillé de nous rendre à ce qu’ils appellent le point de vue. En tant que bons touristes bien naïfs on s’était imaginé une belle vue en haut de la colline surplombant les champs de thés. Après quelques heures de route, en milieu d’après-midi, on arrive donc à un endroit rempli de boutiques à touristes. Le chauffeur se gare, on descend. On voit beaucoup de petites boutiques, genre petits bouiboui, avec des souvenirs en tous genres. On se demande ce qu’on fou là, on se dit « encore un plan foireux du chauffeur. Nous on veut aller au point de vue ». Bref, on fait un peu le tour, derrière les stands se trouve une petite berge, alors on décide d’y aller. On se rend compte que l’accès à la berge est payant, et honnêtement la vue a l’air ordinaire alors on décide de ne pas y aller et on se redirige vers la voiture. Et là, on aperçoit une banderole avec marqué dessus « point de vue ». On se dit ce n'est pas possible, c’est une blague. Et en fait non, ce n'était pas une blague. Cette petite berge en question était bien le fameux point de vue. Un peu blasé on décide donc quand même de payer l’entrée à la berge, après tout on était venu pour ça à la base. On se promène un peu, la vue est loin d’être imprenable, et au bout d’une cinquantaine de mètres on se trouve nez à nez avec une magnifique, mais vraiment absolument sublime… clôture. Et en fait ces petits malins d’indiens ont segmenté la berge un peu partout afin d’exploiter les touristes et faire payer des entrées. Bref, un grand moment de bonheur.







On a donc repris la voiture et on s’est rattrapé sur la visite de Munnar même, avec ses marchés, ses monuments religieux, et ses petites ruelles. On a bu des jus fraichement pressés, un vrai plaisir en Inde en toutes saisons, acheté quelques fruits aux marches, a un prix clairement pas local, mais bon ça fait partie du jeu. Juste avant de rentrer à l’hôtel on a à nouveau profité du coucher de soleil depuis des champs de thés, pour le plus grand plaisir de Marion qui n’en avait pas eue assez.







Direction Thekkady :





Nous voilà à nouveau sur la route, direction la prochaine étape. Peu après la sortie de Munnar, on accède à un col et là, sous nos yeux écarquillés, des champs de thés à pertes de vue, éclairés par une douce lumière matinale, pas un nuage en vue. Le pied ! Notre déception de la veille avait disparu. On avait enfin le point de vue qu’on espérait. On s’est donc arrêté, prit quelques photos, apprécié la vue, joué avec les sacs que les ramasseuses de thé portent sur la tête, sacs qui pèsent un âne mort d’ailleurs, et après une vingtaine de minutes on est reparti.









Arrivé à Thekkady, on dépose nos sacs à la chambre d’hôtes. L’endroit est magnifique, des petits chalets-cabane avec un grand sens de l’aménagement, tant intérieur qu’extérieur. L’endroit est juste magique et l’accueil aussi.









Thekkady est essentiellement connu pour son parc animalier. C’était en fait la raison de notre venue. Avant qu’il ne soit trop tard on décide donc d’aller viser le parc, plutôt un genre de réserve en fait. On paye une somme folle pour entrer et ne voir aucun animal, car chose qu’on ne savait pas, c’est qu’au sein du parc, si tu veux voir des animaux, il faut en fait prendre un bateau, qui navigue sur un petit fleuve. Et évidemment les bateaux étaient tous pleins pour la journée.









Du coup on est parti un peu furieux et notre chauffeur a eu la bonne idée de nous emmener dans un endroit qui propose des genres de safari. Une excursion de 3h en Jeep, dans les collines de Thekkady. C’était vraiment une bonne expérience, d’autant que le chauffeur avait une conduite plutôt dynamique et que ce genre d’engin ça trace. Au final on s’est bien marré, tenir debout dans une Jeep sur des chemins chaotiques c’est assez douloureux, mais drôle. On a rencontré une famille d’Indiens dans une autre Jeep, avec une Indienne qui voulait épouser Damien. On a crevé un pneu, découvert et mangé une baie locale, bref une promenade forte en émotions.



Le soir on s'est rendu au village pour manger. On trouve un des seuls restaurants du coin, petit, une chaleur a creuve et peu de choix niveau plats. On prends un peu ce qu'ils ont du coup. Une des experiences les plus intenses en terme d'epices. A la fin juste tu bouffe sans reflechir, la bouche qui te brule, presque anestesie par les epices. Ca brule et tu sent plus la difference entre les saveurs des differents plats. Un repas qui a laisse des souvenirs le lendemain matin...





Direction Alleppey :



Au petit matin, notre hôte nous a invité dans sa maison et nous a offert le petit déjeuner. Juste délicieux, à la fois copieux et préparé à merveille, avec des plats autant salés que sucrés, il y en avait pour tous les gouts. Et évidemment les fruits et légumes venaient tous du jardin. Bref, des hôtes justes chaleureux et généreux qui nous ont laissé un très agréable souvenir.







Après une conduite sportive, sur les coups de 11h on arrivait à Allepey ou un boat-house (maison bateau) nous attendait.









Et là c’était parti pour 24 heures de détente. Le bateau possède 3 chambres avec douches, un grand espace commun avec fauteuils et table a mangé, des bancs et petits matelas pour se relaxer et même une TV et enceintes pour écouter de la musique. Tu navigues sur le canal, et tu alternes bronzette, jeu de cartes, musique à donf, photos…Sur le bord du canal des maisons de fortunes son installées par endroits, avec des gens qui se brossent les dents, jouent dans l’eau, nettoie leur vaisselle, vivent quoi… L’équipage est aux petits soins et nous concocte des plats locaux, notamment une des meilleures recettes de poisson que j’ai pu gouter jusqu’à présent.









Le soir, l’équipage amarre le bateau pour la nuit. Un petit canot qui nous avait aperçus, se rapproche et nous propose d’aller visiter son village en canot. Après l’habituelle négociation on monte à bord et c’est parti pour plus d’une heure de canot à la tombée du jour. On traverse d’abord le grand canal puis on arrive sur un canal beaucoup plus étroit et on découvre son village, mélange entre installations/maisonnettes et conquête florale avec une végétation envahissante. Les gens qui nous aperçoivent depuis leur maison nous saluent, d’autres pas. L’expérience est excitante et chacun participe de son coup de pagaie à tour de rôle, a par Marion et Mathew qui roucoulent. Chaque fois que l’on doit changer de rameur, le bateau tangue plutôt pas mal, notamment car un certain con qui s’appelle Benoît prend plaisir à amplifier les mouvements d’un canot pas très stable à l’origine. Le guide plutôt confiant et rassurant au début ne l’était plus trop vers la fin.









Le soleil se couche, et on regagne le bateau avec une belle expérience dans la tête et des boutons de moustiques sur le reste du corps.









Le lendemain matin, levé aux aurores, et après une nuit alternant entre chaud et humide et froid à cause de la clim, Mathew et moi-même pratiquons une pêche à la ligne peu fructueuse.









Vers les 8h on prend notre petit déjeuner et le retour à la terre ferme se fait de plus en plus proche. On prend nos derniers clichés, profite encore un peu des derniers moments de navigation et des anecdotes de vie qui s’offrent à nous sur les bords du canal, et après avoir remercié l’équipage nous voilà fin prêts pour une nouvelle journée.













Direction Cochin :



Une heure de route seulement et nous étions a Cochin. Cette ville est connue notamment pour sa pêche au filet en bord de plage.



Le chauffeur, originaire de Cochin, nous dépose en bord de plage, avec son marché aux poissons qui est en fait l’endroit le plus touristique de Cochin. Après une petite heure a observer le marché et les pêcheurs qui lancent leurs filets, on décide t’interpeler un tuc-tuc. Après tout on se rappelait de notre expérience à Mysore ou le chauffeur d’un tuc-tuc nous avait fait profiter d’une expérience inoubliable. On voulait donc découvrir Cochin sous un regard un peu plus authentique à l’image de cette expérience à Mysore. On interpelle donc un chauffeur de tuc-tuc, on lui explique qu’on ne veut pas voir des trucs purement touristiques. On négocie un prix et c’était parti. S’en est suivi une promenade interminable et une visite des plus ennuyeuses. D’abord il nous a emmenés voir un marché. On arrive au marché, il était vide. Il nous explique « oui là c’est dimanche donc le marché et ferme mais tu vois cette place vide, et ben c’est le marché d’habitude, c’est génial ». Et ben écoute mon ami, je dois dire que je te remercie pour cette expérience, sache que d’habitude dans mon portefeuille y a un billet, mais qu'aujourd’hui c’est dimanche alors y en a pas. On a continué avec une visite interminable de boutiques à touristes toutes identiques les unes aux autres. Chaque fois qu'on remontait dans son tuc-tuc c’était pour aller voir un truc similaire ou inaccessible pour nous. Bref, on finit par lui dire qu’on veut repartir au port de pêche et là il nous dit : « je vous emmène dans un dernier magasin et après je vous ramène et la course est offerte ». On accepte évidemment. Comme à chaque magasin y a un échange de money (ou reçu, je ne sais pas trop) entre le chauffeur et le vendeur. La fameuse commission quoi. Et certainement qu’il avait plus à gagner à nous emmener dans les boutiques qu’à nous faire payer le transport. Finalement il nous a ramené au port de pêche et n’a pas demandé son dû.







La chaleur commençant à se faire insoutenable, on ne s’est pas éternisé à Cochin. On a mangé du poisson frais, fait une dernière promenade sur la berge et vers les 3 heures on est parti. Le chauffeur nous a généreusement invités chez lui, avec sa femme et ses enfants, dans une demeure plutôt modeste. Ils nous ont offert des boissons et des biscuits avant de nous ramener vers l’aéroport et de tenter de nous entuber sur le prix du taxi, comme tout bon indien qui se respecte. De quoi se poser des questions sur la sincérité de son invitation quelques minutes plus tôt.


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