Au sortir du Gobi, sur la route qui nous mene vers Karakorin, les paysages se transforment a une vitesse étonnante. Les plaines arides a perte de vue font place aux collines verdoyantes, les hardes de yacks remplacent les troupeaux de chameaux, les aigles dominent les cieux et les premiers arbres épars se manifestent.
L'ambiance au sein de notre petite troupe est plus que jamais au beau fixe. Jo, la petite hobbite irlandaise aux yeux pétillants, intarrissable sur les aventures qui l'ont menée aux quatres coins du globe depuis deux ans, est devenue la mascotte du groupe en nous enseignant un jeu de cartes populaire appelé "Shithead" (inutile que je traduise !). Pas une soirée ne passe sans que l'on élise quelques nouveaux shitheads, autour d'un verre de vodka, de vin ou de biere. Peter, jeune retraité australien, et son épouse Janice forment un couple a l'humour décapant et gerent a merveille l'approvisionnement en douceurs et en vodka Ginggis Khan. Duncan, l'Ecossais, et sa compagne britannique, Alyson, retournent vivre en Europe apres pres de deux ans passés en Nouvelle-Zélande. Les écouter parler avec passion de leur terre d'adoption me fait rever. Passer l'hiver européen en Océanie est une option tres séduisante,
mais encore tres lointaine a ce stade du voyage. De la musique d'avenir comme on dit...
De l'antique Karakorin, qui fut un temps capitale de l'Empire mongol, il ne reste aujourd'hui presque rien. Une petite bourgade occupe désormais le site. Non loin de la, l'imposant monastere Erdene Zuu Khiid, plus récent, est entouré d'une muraille nacrée ponctuée de 108 stupas. Le lieu mérite une visite ; il a été classé au patrimoine mondial de l'humanité, ainsi que les paysages de la vallée de l'Orkhon dont il fait partie.
Nous prenons ensuite la route de l'ouest en suivant la riviere Orkhon, dans un décor qui me rappelle les préalpes fribourgeoises. Nous passons la deux jours splendides, hébergés et dorlotés par une famille de nomades. Dégustation de produits a base de lait de yacks, tels le beurre, la creme et les yoghurts frais. Absolument délicieux ! Bayra se met aussi aux fourneaux pour nous concocter un barbecue traditionnel mongol : viande de chevre grillée au milieu de pierres brulantes. De quoi me consoler un peu, au début de la saison des grillades en Valais :D Le lendemain, ballade le long de la riviere et initiation a la peche a la
mouche avec Duncan, qui a son propre matos. Débuts difficiles en ce qui me concerne ; j'ai beau me remémorer Brad Pitt dans le film de Redford, j'ai encore de gros progres a faire ! J'ai plus de succes a l'hamecon et attrape une prise de taille fort décente que je décide toutefois de relacher. Bayra en a déja peché plusieurs ce matin, en vue de nous préparer un second repas d'anthologie en soirée.
Filant toujours vers le nord-ouest, nous entrons dans la province centrale de l'Arkhangai et nous arretons une nuit a Tsenkheriin Khaluun Us, pour un brin de délassement dans des sources d'eaux chaudes, bieres a portee de main. Le lendemain, nous gagnons le Grand Lac Blanc sous un ciel chargé de nuages. La, entre montagnes aux cimes enneigées et steppes balayées par les vents, le climat se fait plus rigoureux, ce qui ne décourage pourtant pas notre fine équipe durant les deux jours passés sur place. Le premier jour, nous explorons le cratere d'un volcan éteint, puis partons pour une chevauchée de plusieurs heures des rives du lac jusqu'aux sommets les surplombant. On aurait tort de se fier a la petite taille du cheval mongol. La
bete a du tempérament et de l'énergie a revendre. Des que s'ouvre devant lui les grands espaces, l'instinct se met a parler. Une bonne injection d'adrénaline, lorsque le cheval s'élance dans les steppes pour un galop improvisé qui a d'ailleurs fait voler mon couvre-chef :) Le second jour passé sur les bords du Grand Lac Blanc a été plus relaxant. Nous avons eu la chance de participer a un Nadaam local, sorte de kermesse installée au beau milieu de nulle part. Les deux attractions de la journée ont été le tournoi de lutte et la course de chevaux. Superbe ! J'ai hésité a m'inscrire pour le tournoi de lutte ; pas de regrets cependant apres avoir vu les monstres mongols combattre :) Bayra, en tant qu'ancien lutteur, n'a pas résisté a la tentation. Apres un superbe premier tour, il a été sorti avec les honneurs par le futur vainqueur du tournoi. Il n'a pas par contre pas été question de participer a la course équestre, ouverte aux jeunes garcons. Pas de selle, pas d'étriers pour une chevauchée fantastique de pres de 16 km : chapeau bas aux descendants de Gengis Khan !
Part of trip:
Un p'tit tour