Sans le sou sur les rives du Titicaca


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October 3rd 2006
Published: October 3rd 2006
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Alpaca à SillustaniAlpaca à SillustaniAlpaca à Sillustani

Un alpaca au site archéologique de Sillustani
Bonjour à tous. Nous sommes maintenant en Bolivie, et rien de fâcheux ne s'est produit jusqu'à présent, à part que nous avons été affreusement pauvres pendant deux jours.

Lors du dernier update, je me situais dans la ville de Puno sur les rives péruviennes du lac Titicaca. Puno veut d'ailleurs dire en Quechua : «Ville où les gens se soulagent dans la rue». Nous avons booké deux tours pour la journée de vendredi: les Iles Uros dans l'avant midi, et Sillustani dans l'après midi. Une journée pas mal occupée finalement.

Les Iles Uros sont particulièrement étonnantes. Ce sont des iles fabriquées totalement de roseaux qui flottent en plein Titicaca à environ 20 km de Puno. Les indiens Uros habitent sur ces iles. Cette tradition remonte au 16e siècle alors que les Uros voulaient fuir les Incas. Aujourd'hui, ils vivent toujours sur une trentaine d'iles, dans des petites maisons faites en roseaux, et parfois en bois. Ils sont environ 2000. Il y a des magasins, des écoles et même des églises. Les enfants doivent d'ailleurs prendre le bateau chaque matin pour se rendre à leur école sur une ile voisine. Fait intéressant à souligner: lorsqu'une famille ne peuy plus endurer
Ile Uros Ile Uros Ile Uros

Une des iles en roseaux sur laquelle vivent une vingtaine de personnes.
ses voisins, elle coupe son bout d'ile et se le fait remorquer jusqu'à une autre ile!

Les Uros vivent aujourd'hui principalement du tourisme, en essayant de vendre leur artisanat et en faisant faire des tours de bateau en roseaux. C'est un peu embarrassant car ça fait beaucoup penser à un zoo. Je n'aimerais vraiment pas ça si des centaines de touristes par jour venaient fouiner chez nous en prenant tout en photo. Surtout que ça ne serait pas particulièrement intéressant. Par contre, il semblerait que le tourisme aurait permis aux Uros de conserver leur mode de vie ancestrale. Il y a donc du bon j'imagine...

En après midi, on a pris un très minibus jusqu'au site archéologique de Sillustani, à une quarantaine de kilomètres de Puno. Il s'agit d'un cimetière qui aurait servi à plusieurs peuples depuis des milliers d'années, en particulier aux Incas qui ont construit des immenses tombes en forme de cheminées (pour que l'âme des morts puissent s'envoler). Même si les ruines sont intéressantes, c'est surtout le paysage qui vaut le détour. Probablement l'un des plus impressionnants jusqu'à présent. Principalement dû au fait que le tour se déroule en fin d'après midi, juste avant le
L'hotel de la placeL'hotel de la placeL'hotel de la place

Le principal hotel des Iles Uros. Un Holiday Inn je pense...
coucher du soleil. La lumière permet donc de prendre de très belles photos (enfin je pense...).

Sur la route du retour, nous nous sommes arrêtés à une petite ferme typique de l'altiplano où on a pu goûter à certaines spécialités locales. En bon ambassadeur de la paix, j'ai voulu donner un petit crayon à un petit enfant du coin. Malheureusement, je n'ai pas vu arriver les huit autres par derrières qui m'ont littéralement arraché mon sac de bidules des mains et qui ont commencé à se battre. Des fois la charité est pas vraiment une bonne chose...

Samedi, après notre dernier petit dej au Pérou, nous avons pris un bus vers Copacabana en Bolivie. Les formalités frontalières ont été particulièrement expéditives. Je ne dois pas avoir la gueule d'un trafiquant. Copacabana (à ne pas confondre avec la plage de Rio du même nom) est une petite ville côtière (du Titicaca) beaucoup plus jolie que Puno. L'eau du lac est bleu comme...de l'eau d'un lac non pollué (contrairement aux rives Péruviennes vertes). Nous avons élu domicile à l’hôtel La Cupula, comme nous l'avait suggéré deux personnes de notre tour des Galápagos.

La mission du jour: aller retirer de
Bateau UrosBateau UrosBateau Uros

Il faut saluer leurs talents. Ils devraient faire des paniers!
l'argent. Il ne me restait que 30 soles péruviens (environ 9 $) et 17 $US. "Pas de problème" me suis-je dis, puisqu'il y a des guichets automatiques dans tous les trous perdus. Dans tous les trous perdus??? Non! car la ville de Copacabana résiste encore et toujours à l'envahisseur. Et puis c'est sûrement bête de ma part de croire qu'il y aurait un guichet automatique dans une ville envahie de touristes, avec plus de 30 hôtels et autant de restaurants. Heureusement, notre guidebook nous informe qu'il y a deux banques en ville sur la rue 6 de Agosto. Après l'avoir parcourue d'un bout à l'autre cinq ou six fois, on doit se rendre à l'évidence que les banques font maintenant parti du passé. "No banco! Solo Prodem" nous dit un jeune bolivien. On se rend donc chez Prodem. L'affiche dit "Cash Advance - Visa, Mastercard, AMEX". Fiou, nous sommes sauvés! Pas si vite! Le garde, armé de sa carabine, ne veut pas nous laisser entrer. Soit Prodem ne fait pas de cash advance sur les cartes Visa (comme son affiche l'indique en lettres de dux pieds), soit le garde se fait un plaisir fou à nous faire chie...On doit se
Cheminé à SillustaniCheminé à SillustaniCheminé à Sillustani

Tombeau Inca en forme de cheminé pour que l'âme du mort s'élève
rendre à l'évidence qu'on ne pourra pas obtenir d'argent dans cette ville. Je décide donc de changer mes 17 $US (qui représentent quand même une fortune en Bolivie). Le taux de change sur internet est de 8.30 Bolivianos pour 1 $US. Dans la rue, on me le fait à 7.90, ce qui n'est pas trop mal. Mes 17 $ me rapporteraient donc 134.30 Bolivianos. La madame prend sa calculatrice, puis me dit que ça me rapportera 125.50 Bol. Non madame, vous avez sans doute faite un erreur. C'est pourtant une simple multiplication. Réessayez donc une deuxième fois. Même total. Je comprends finalement qu'un billet de 10 $ se change au taux de 7.90, mais qu'un billet de 1 $ se change à seulement 6.50. Depuis quand un 10 $ ne vaut pas la même chose que dix 1 $?!?! Là j'étais fâché! La Bolivie n'avait pas été bonne pour nous jusqu’à présent. C'est à ce point que j'apprends ce que veut dire Copacabana en Quichua: « Ville où le touriste cherchera longtemps son argent ». Finalement, on apprendra que l’hôtel où on loge accepte les cartes de crédit, et qu'on peut mettre le bill de restaurant sur la facture de
Paysage à SillustaniPaysage à SillustaniPaysage à Sillustani

C'est tit pas beau! Il fait frette par exemple...
la chambre. On est sauvé pour le moment. Rien de mieux pour fêter ça qu'une fondue au chocolat à 1.90 $!

Le lendemain, on se lève tôt pour prendre notre bateau vers l'Ile du Soleil. Le petit dej n'est pas inclus ce matin donc on doit malheureusement se payer une crêpe aux fruits plutôt que le déjeuner habituel pain-confiture-café. C'est pas grave, on met ça sur la carte.

L'Ile du Soleil est la plus célèbre des iles du Lac Titicaca (vous ne la connaissiez pas?). Selon la légende, c'est là que le premier Inca, Manco Cápac, a surgi des eaux du lacs. Le nom quechua de l'ile est Titi'kaka, qui veut dire "roche du Puma" (et non "petite crotte" comme on pourrait le penser). C'est donc l'ile qui a donné son nom au lac.

Le plan original était de traverser l'ile en marchant (8 km) et de dormir une nuit à Yumani, avant de revenir à Copacabana le lendemain à 16h00. On débarque sur l'ile vers 11h30 et on commence la marche vers des ruines Incas, vers la table des sacrifices (on voulait diner dessus, mais il y avait un garde) et vers la très fameuse roche
Moi à SillustaniMoi à SillustaniMoi à Sillustani

Euh moi...à Sillustani
du Puma (il faut vraiment avoir fumé quelque chose de très fort pour commencer à s'imaginer un puma dans cette roche...). Sur le chemin on rencontre des dizaines de Bouriquets. J'en profite ici pour dire aux intéressés que je veux un âne pour Noël. On pourra le mettre dans la cour et il va servir de tondeuse à gazon.

L'ile offre de très beaux paysages, mais vers 14h00, on se rend compte qu'on est presque arrivé de l'autre côté et qu'on devra maintenant passer 26 heures supplémentaires ici, sans avoir trop rien à faire. On accélère donc le pas pour attraper le bateau de 16h00 et rentrer à Copacabana le jour même.

On est de retour à Copa vers 17h30. On retourne à La Cupula, où on avait laissé nos gros sacs et on redemande la chambre qu'on avait la veille. Le problème c'est qu'on ne devait pas être de retour avant le lendemain, et que l’hôtel s'est rempli durant la journée. On doit donc changer d’hôtel, et du même coup, on va devoir payer cash, car on ne prend pas la carte de crédit ailleurs. Mes 80 derniers Bolivianos passent donc dans l’hôtel. Il en reste 50
Alpacas à SillustaniAlpacas à SillustaniAlpacas à Sillustani

Une petite famille d'alpacas avec un jeune Pedro derrière.
à Marie-Claude (environ 6.30$). Là dessus il faut souper, et il faut souhaiter qu'il ne nous arrive pas de bad luck. On fait cinq ou six restos et aucun ne prend la carte de crédit. "Solo cash amigo! Dollars, Boliviaos, Solles, Euros, Any kind". "J'aimerais ben ça te donner du cash amigo, mais avant ça va falloir que tu fasses comprendre à ton maire que peut être que les touristes dépenseraient plus s'il y avait une banque de la ville...".

On va finir par se trouver un resto pas trop chère. Il va ensuite nous rester 20 Bolivianos (2.50$). Marie-Claude veut s'acheter du chocolat. On fini pas décider d'économiser nos 2.50$ pour les coups durs...Je me sens vraiment pauvre. Et pas dans le sens "j'ai pas assez d'argent pour m'acheter une Acura". Pauvre dans le sens "j'ai pas vraiment assez d'argent pour manger". Vivement La Paz et ses 50 banques!

Lundi matin, on a le déjeuner compris avec le prix de la chambre (j'espère, à 5 $ par personne!). L’hôtel où on loge est à la limite du miteux, mais je dois souligner tout l'effort qu'ils mettent pour se donner des aires d’hôtel 4 étoiles. Le petit déjeuner
Petite ferme de l'altiplanoPetite ferme de l'altiplanoPetite ferme de l'altiplano

Avec encore des petits alpacas.
était particulièrement impressionnant: jus d'orange, café, céréales, yogourt, pain, confitures, oeufs, jambon, tomates, fruits et crêpes! De loin le plus élaboré en deux mois, et ce, dans l'un des hôtels les moins chères!

À 13h30, notre bus pour La Paz part de Copacabana rempli à craquer de touristes. Qui se trouve dans le bus? Nuls autres que Klaus et Jacquie, 2000 km et sept semaines plus loin! Durant le trajet, on doit prendre un petit bateau pour traverser le lac pendant que le bus traverse sur un genre de gros radeau. On arrive à La Paz vers 16h45. Bien sûr, ils ne nous débarquent pas là où on était supposé. Je veux faire mon mal commode et leur dire qu'ils vont devoir me rembourser mon taxi jusqu'à l’hôtel où j'étais supposé arriver, mais je suis trop claqué pour argumenter.

La Paz est...chaotique...bondée...pentue...bruyante. On a pas vraiment trouvé des qualificatifs positifs jusqu'à présent. La Paz veut d'ailleurs dire en Quechua «Marché aux puces Saint-Eustache géant où l'habitant aime klaxonner». C'est un véritable marché aux puces à ciel ouvert. Tous les trottoirs sont couverts de vendeurs qui offrent tout ce qu'on peut vouloir et encore plus. Et je suis certain
Ciel d'altiplanoCiel d'altiplanoCiel d'altiplano

Ciel coloré avant le coucher du soleil sur l'altiplano
à des prix qui défient toute concurrence. Le problème c'est que le piéton n'a plus de place sur le trottoir. Rajouter 100 personnes par mètres carrés qui ne marchent vraiment pas vite du tout et vous obtenez une ville où il est très frustrant de circuler.

On aura quand même cinq jours de répits puisque demain, on prend bus et train pour se rendre dans le sud de la Bolivie pour aller visiter le Salar de Uyuni. C'est dans le top trois de pratiquement tout ceux qui ont visité l'Amérique du Sud donc ça devrait être impressionnant!

On se reparle donc probablement dimanche.

Jon

P.S: La prochaine fois que vous irez au guichet automatique, pensez à toute la chance que vous avez! Ne le prenez pas pour acquis! Le chien n'est pas le meilleur ami de l'homme, c'est le guichet!


Additional photos below
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Ville de CopacabanaVille de Copacabana
Ville de Copacabana

Vue d'une colinne voisine. Pouvez-vous spotter une banque sur cette photo?
Moi et le TiticacaMoi et le Titicaca
Moi et le Titicaca

Un peu plus haut sur la même colinne. Avec le Lac Titicaca derrière.
Âne à l'Ile du SoleilÂne à l'Ile du Soleil
Âne à l'Ile du Soleil

Âne qui broutte avec un paysage de l'ile du soleil derrière
Moi assis autour de la Table des SacrificesMoi assis autour de la Table des Sacrifices
Moi assis autour de la Table des Sacrifices

On voulait faire une photo concept avec Marie-Claude qui me sacrifiait au couteau suisse, mais y'avait un gardien à còté...
Je veux un àne!Je veux un àne!
Je veux un àne!

Je veux un âne pour Noel. C'est ben plus cool qu'un chien. Ça jappe pas. Ça peut porter des charges lourdes. Je vois pas pourquoi on a pas tous notre âne au Québec.
Coucher de soleil sur le TiticacaCoucher de soleil sur le Titicaca
Coucher de soleil sur le Titicaca

Wow la photo est en feu!
Vue de La PazVue de La Paz
Vue de La Paz

La Pax est dans un bol. Le bas est à 3300 mètres et le haut à 4000 mètres. C'est la seule ville au monde où les pauvres vivent en haut et les riches en bas (question d'oxygène et de température).


4th October 2006

bravo
Je savais que tu commençais à te débrouiller en espagnol, mais vraiment, ton interprétation du Quechua m'impressionne!!! Bravo et bonne continuité!

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