Croisière Punta Arenas - Ushuaïa


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South America » Argentina » Tierra del Fuego
January 21st 2015
Published: January 24th 2015
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15 janvier 2015 - Jour 90

Ce matin nous prenons le bus en direction de Punta Arenas, la ville la plus au sud du Chili. C'est d'ici que nous prendrons le bateau dans 2 jours pour notre croisière à Ushuaïa. On avait prévu d'arriver avec un peu d'avance pour avoir de la marge en cas de problème et surtout pour avoir le temps de faire une lessive avant d'embarquer parce qu'après 5 jours de trek nous n'avons plus une fringue de propre. Mais nous n'aurons même pas besoin de chercher une laverie, nous pouvons laisser notre linge directement à l'hôtel, c'est parfait.



Ensuite nous nous rendons à l'office du tourisme pour savoir comment nous pourrons occuper ces 2 jours. L'attraction principale de la ville est une excursion en bateau pour aller sur l'île Magdalena qui abrite une colonie de 70 à 80'000 pingouins. On en a déjà vu pas mal au cours du voyage mais de loin pas autant et surtout pas d'aussi près car on peut accoster sur l'île et vraiment les approcher de très près à pied. Pas besoin d'en dire plus pour me convaincre, l'excursion est réservée pour demain. Il y a de nombreuses autres excursions maritimes à faire mais en l'occurence elles sont toutes prévues lors de notre croisière.



En cette fin de journée nous faisons encore le tour des bureaux de change de la ville. En prévision de notre retour en Argentine nous allons échanger un maximum de dollars car même si on a pu retirer suffisamment de pesos argentins les prix sont nettement plus avantageux si on paie cash en dollars. On y gagne le tiers! Alors on cherche le meilleur taux pour le change qu'on effectuera avant de quitter le Chili. En route on s'est littéralement goinfrés de cochonneries: non seulement nous avons mangé des churros fourrés au dulce de leche (sorte de Nutella local) mais on s'est aussi arrêtés dans un tea-room où on a pris une tarte à la rhubarbe et un brownie accompagnés par un chocolat chaud blanc et un succulent café mocca-chocolat. Je crois qu'on avait besoin de sucre après notre trekking...



16 janvier 2015 - Jour 91

C'est peut-être le contre-coup du trekking ou le fait de savoir qu'on a une journée tranquille en prévision mais on a l'énergie d'un dimanche pluvieux où on préférerait larver devant la télé. Alors que nous sommes vendredi, qu'il fait beau et qu'on est dans une nouvelle ville, honte à nous. Du coup on traînasse un peu à l'hôtel avant de enfin se décider à faire un premier truc utile: trouver un coiffeur pour Alex. En plus avec ce qu'il vient de se passer en France, sa barbe de terroriste n'est plus trop recommandée... On en trouve un dans notre quartier qui doit visiblement être assez réputé au vu de la file d'attente qui se créé.



Une fois récupéré un chouchou tout neuf, on part se promener sur l'avenue principale qui traverse toute la ville. L'allée est certes sympathique pour promener son chien mais mises à part quelques statues elle n'est pas d'un grand intérêt pour les touristes. Son seul avantage est qu'elle mène directement à une zone franche, sorte de zone commerciale duty-free qui regroupe de nombreux commerces qui vendent à prix détaxés. A défaut de pouvoir charger nos sacs à dos de souvenirs, on devrait au moins pouvoir faire du lèche-vitrine un moment. Mais on déchante rapidement en arrivant dans la zone. Les commerces ne sont pas intéressants du tout. Il y a de nombreux concessionnaires autos, vendeurs de pièces détachées et une quantité de magasins au profil indéfini qui vendent de tout: de l'électronique aux produits ménagers en passant par les articles bébé. Ce n'est même pas intéressant de s'y promener. Et en plus, ils ferment de 13h à 15h! Pffff.... On se trouve un restaurant pendant ce temps, puis on attrape un taxi pour retourner en ville au port où nous devons prendre notre bateau pour l'excursion des pingouins.



Mais une mauvaise nouvelle nous attend au port. Ce n'est pas d'ici que partent les bateaux pour l'île Magdalena. Ils partent d'un autre port, de l'autre côté de la ville! Pu***, pourquoi personne ne nous l'a dit quand on a réservé les billets?! Nous qui étions en train de tuer le temps nous nous retrouvons en retard, a reprendre un taxi pour retourner dans la direction d'où nous venions. Quelle perte de temps! Bref, nous parvenons quand même à embarquer et nous nous installons dans le ferry pour 2h de bateau. Houlà, cette vieille carcasse remue de tous les côtés, je n'arrive même pas à me rendre sur le pont sans me donner la nausée pour voir les dauphins qui nagent à côté du bateau. Mais un petit cachet et une sieste m'aident à passer le temps jusqu'à notre destination. Waouw, l'île est entièrement couverte de pingouins!! Et on peut marcher juste à côté d'eux. Il y a un sentier qu'on ne doit pas quitter pour ne pas écraser leurs nids mais les pingouins le traversent sans problème pour se rendre à l'océan. On n'a pas l'air de les perturber du tout. Ils sont tellement proches, qu'on pourrait les toucher en tendant les bras (j'ai essayé mais les guardes-parc surveillent...). Et il y a plein de bébés!! Ils sont trop mignons avec leur fourrure. Le seul problème c'est que le temps passe beaucoup trop vite... on doit déjà retourner sur le ferry... Et le retour fut tout simplement horrible. Il y avait des vagues de malade, le personnel a commencé à distribuer des sacs à vomi et il n'a pas fallu attendre longtemps avant que les premières personnes les utilisent... Quelle horreur! Moi qui suit déjà en souffrance ça ne m'aide pas à me concentrer si je dois en plus me boucher les oreilles, beurk beurk beurk. Mais mon sac restera intact (trop fière de moi) et je le garde soigneusement pour la croisière. Mon Dieu, j'espère que ce ne sera pas comme ça pendant 4 jours!...



De retour en ville, il est certes tard, 22h30, mais après toutes ces émotions, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, on crève de faim! C'est vendredi soir, les restaurants servent assez tard et on a trouvé un resto argentin qui sert des parillas pour une personne. Alex a pu se faire son plat et moi un bon gros steak pour me remettre l'estomac à l'endroit.



17 janvier 2015 - Jour 92

C'est aujourd'hui que nous embarquons pour la croisière. Le check-in doit se faire dès 12h au centre-ville pour déposer les bagages et on ne pourra monter à bord qu'à partir de 18h. Du coup on quitte l'hôtel très tard ce matin pour aller directement nous débarrasser de nos sacs. Comment on s'est fait dévisager par les autres passagers dans la file d'attente! Vu le prix du billet, j'imagine qu'il n'y a pas beaucoup de backpackers qui doivent faire cette croisière. Ou alors on est trop jeunes, je ne sais pas. J'ai plein de clichés sur les croisières mais je ne sais pas trop à quoi m'attendre, on verra bien. J'espère juste qu'ils nous ont placé à une table sympa car on devra prendre tous les repas avec les mêmes personnes.



Puis on passera le reste de la journée à tuer le temps. Nous sommes allés retirer une dernière fois de l'argent au Chili pour ensuite tout changer en dollars pour l'Argentine. On a trouvé un restaurant chinois - ça faisait longtemps - qu'on a squatté pendant des heures à se faire une partie endiablée de Monopoly puis on s'est (encore) offert un de ces succulents café dans le même tea-room que l'autre jour avant de nous rendre au port.



Après le contrôle de sécurité nous devons patienter dans une salle d'attente avant de pouvoir monter à bord. Je confirme: on fait chuter la moyenne d'âge. On entend beaucoup de langues différentes et il y a beaucoup de styles différents aussi, des plus chics aux plus baroudeurs en passant par les vieux bourrus. On s'amuse à essayer de deviner avec qui nous serons à table. Puis vient l'heure d'embarquer. Le bateau est amarré mais je trouve qu'il remue déjà beaucoup! Le trajet jusqu'à notre cabine est déjà une épreuve, on marche comme 2 bourrés à se tenir à toutes les rambardes. Heureusement, ce n'est pas trop mon estomac le problème, c'est plutôt mon cerveau qui ne gère pas le tanguage. L'hôtesse me conseille de ne pas prendre de cachet, qu'il faut tenter de s'habituer à ce mouvement. Selon elle le bateau ne devrait pas trop remuer une fois en route car nous allons naviguer dans des fjords, il y a juste le jour du Cap Horn qui risque de secouer. OK, essayons de s'habituer alors. On commence à déballer nos sacs mais on s'arrête toutes les 3 minutes pour s'allonger tellement on a la tête qui tourne. Ca me rassure qu'Alex ait aussi de la peine, je me sens moins chiante. Mais on va devoir faire un effort, il est l'heure de la présentation de l'équipage et des consignes de sécurité. Nous nous rendons donc à l'étage supérieur, au 4ème, pour le cocktail de bienvenue où un Coca me fait le plus grand bien.



Puis nous enchaînons avec le souper. La salle à manger se trouve au 1er étage, où cela bouge le moins. En tout il y a 190 passagers à bord et je suis surprise de constater qu'ils vont servir tout le monde en même temps, il n'y a pas plusieurs services. Roulement de tambour, qui sera à notre table? Des allemands! Ce sont 2 couples qui malheureusement pour Alex ne parlent pas très bien anglais. Je fais l'interprète autant que possible mais c'est forcément plus difficile pour nous de nous mêler à leur conversation. Mais je préfère mille fois cette table plutôt que celle des français qui ont fait un mini-scandale parce que les instructions n'étaient pas données en français et qu'il n'y avait pas de wi-fi à bord...



Pendant le repas, le bateau a quitté le ponton et cela va tout de suite mieux quand il avance. Mais alors que l'on quittait le port, on n'a pas compris ce qui s'est passé mais il semble qu'on ait heurté un autre petit bateau! Plus de bruit que de mal apparemment mais c'est tout de même surprenant. Et pour terminer le repas, Alex a réussi à se mettre à dos toute la table derrière nous. Pourquoi? Parce que le capitaine a tenu à saluer les 20 nationalités présentes à bord. A la fin de la liste il demande si un pays a été oublié et cette fameuse table derrière nous lève la main, ils sont catalans. Pu*** de bor*** de mer** la Catalogne n'est pas un pays !!! Et on n'a pas pu s'empêcher de leur dire. Mais alors que j'ai abandonné la discussion avec ces gens aussi obtus d'esprit, Alex a eu la patience de continuer ce débat stérile. Bref, on s'est pas fait des potes. Après le repas - digne d'un grand restaurant - , nous assistons encore à la présentation des excursions du lendemain puis nous regagnons notre cabine. Mais au moment de se coucher le bateau tangue particulièrement fort, on a eu beaucoup de peine à trouver le sommeil.



18 janvier 2015 - Jour 93

Premier réveil sur le bateau. Même si j'ai eu de la peine à m'endormir j'ai finalement passé une bonne nuit à bord, ce qui n'est pas forcément le cas d'Alex. Entre le mouvement des vagues et les bruits du moteur que l'ont entend assez proches puisque nous avons la dernière cabine à la poupe, le pauvre n'a pas beaucoup dormi. Nous nous rendons à l'ouverture du petit-déjeuner car nous partons en excursion avec le premier groupe ce matin pour une randonnée "difficile" dans la baie d'Ainsworth. Nous avions le choix entre une marche facile, à plat, et une dite difficile avec un peu de dénivellé. On s'est dit qu'il y aurait moins de monde dans la seconde et comme elle est aussi plus longue, ça nous permet de nous échapper du bateau un peu plus longtemps. Le débarquement par petits groupes sur les zodiaques est très bien organisé, on a presque l'impression de partir en mission militaire. Concrètement nous mettons pied à terre sur l''île de Terre de Feu pour faire la randonnée. Elle n'a vraiment rien de compliqué mais c'est juste le terrain qui n'est pas facile car comme il n'y a pas beaucoup de passage (la compagnie Australis est la seule à naviguer ici) il n'y a pas de sentier entretenu et nous devons marcher sur les branchages et à travers les buissons parfois piquants pour se frayer un chemin. Et comme nous sommes tout de même nombreux, une cinquantaine, le rythme n'est pas très rapide non plus. Ce qui nous laisse le temps d'admirer le paysage des fjords avec les glaciers en arrière-plan. Et soit dit en passant, chapeau à certains seniors de notre groupe qui s'en sont très bien sortis. Une fois la rando achevée, nous remontons sur les zodiaques qui nous déposent sur une autre plage d'où nous avons un plus joli point de vue sur les montagnes et où nous attendent chocolat chaud et/ou whisky.



De retour sur le bateau, il est assez rapidement l'heure d'aller dîner. Le repas de midi est servi en buffet et tout est toujours aussi bon. En particulier les desserts. On est passés pour 2 goinfres à pratiquement tous les goûter. Aïe aïe aïe, si on continue comme ça je ne sais pas combien de kilos on va prendre pendant cette croisière. Bref, on s'offre le luxe d'une petite sieste avant la sortie de cet après-midi. Cette fois nous resterons à bord des zodiaques pour aller voir des cormorans et des pingouins sur les îles Tuckers où ils viennent se reproduire chaque année. Il y a 2 colonies de cormorans, ceux qui font leurs nids dans la roche, à la verticale et ceux qui les font sur une île, à plat. En ce qui concerne les pingouins ce sont aussi des pingouins de Magellan mais ceux-ci ont dû arriver avant ceux de l'île Magdalena car les bébés sont bien plus grands et ont déjà presque perdu toute leur fourrure. Ils sont toujours aussi rigolos à voir et depuis les bateaux ont les voit bien nager en sous-marin dans l'eau et jaillir pour sortir sur la plage. Sur le chemin du retour, nous avons aussi croisé des dauphins. Ce sont des animaux très curieux et il paraît qu'ils viennent à chaque fois qu'un zodiaque est à l'eau. Du coup on peut vraiment s'approcher d'eux assez près et avancer tout à côté d'eux, c'est génial! Et alors que nous allions remonter à bord, un lion de mer est aussi venu voir ce qui se passait. Il s'est mis à faire des pirouettes dans tous les sens autour du zodiaque et à faire des bonds hors de l'eau dignes d'un show au SeaWorld. A la différence que lui il est en liberté, c'est fabuleux de pouvoir l'observer comme ça dans son élément.



Nous enchaînons ensuite avec la visite de la salle des machines. Pour des néophytes comme nous cela n'avait vraiment rien de très intéressant mais cela nous a permis de traverser la zone réservée à l'équipage et de voir un peu les coulisses du bateau. Ah et j'ai aussi trouvé une balance, je confirme, il faut que je me calme sur les desserts... De retour à notre cabine, je profite de notre salle de bains toute équipée et alors que je me séchais les cheveux, nous entendons l'annonce pour la conférence sur la glaciologie en Patagonie. Zut, on l'avait complètement oubliée celle-là, il y a trop de choses à faire sur ce bateau! Tant pis, on fait l'impasse et on saute directement au souper. On commence à en apprendre un peu plus sur nos voisins de table, surtout sur Holger et Gabi qui sont plus sympas, et leur histoire est juste hallucinante. Ils sont mariés depuis 40 ans, ça c'est déjà hallucinant, mais lui a été prisonnier politique durant un an car il avait tenté de passer la frontière de l'Allemagne de l'Est. Et malgré son passé de prisonnier sans aucune formation, il est parvenu à devenir patron d'une entreprise dans le bâtiment qui emploie 6000 employés. Chapeau monsieur! C'est fou tous les gens intéressants qu'on rencontre au cours de ce voyage. Comme la salle à manger fermait, nous sommes allés terminer notre conversation au bar du 5ème étage d'où l'on peut mieux admirer la vue puisque ce soir nous naviguons sur le canal le plus étroit de l'itinéraire. Tandis que certains s'éclatent au karaoké, d'autres se font plaisir avec les cocktails gratuits. Nous serons raisonnables ce soir et n'en goûtons qu'un seul mais nos amis allemands ne sont pas prêts d'aller se coucher...



19 janvier 2015 - Jour 94

A 4h du mat nous avons été réveillés par le tangage du bateau. On faisait littéralement des roulés-boulés dans le lit de gauche à droite tellement ça bougeait. Mais ils nous avaient prévenus que ça allait arriver car nous passions dans une zone où l'on était exposés aux courants du Pacifique. Sachant que ça ne durerait pas mon subconscient à réussi à retrouver le sommeil jusqu'à l'heure du réveil où le bateau était à nouveau en eaux calmes. Ce matin il n'y a pas grand chose au programme. Nous assistons tout d'abord à une présentation sur la Terre de Feu qui s'est trouvée être très scolaire en résumant brièvement les différentes tribus originelles de cette région. Mais nous aurons tout de même appris d'où vient le nom Patagonia. Lorsque les européens sont arrivés ici ils ont été surpris par la grande taille des aborigènes qui mesuraient une bonne vingtaine de centimètres de plus qu'eux. Ils les ont ainsi surnommés "pata grande" qui veut dire grande jambe et qui se dit également "patagon". Après ceci nous visitons également le pont de commandement du bateau. C'est intéressant d'apprendre que la navigation est 100% manuelle, c'est à dire qu'ils n'utilisent pas de carte électronique. Pourquoi? Parce qu'il n'en existe pas pour cette région... Ils naviguent donc avec des cartes en papier, en prenant des points de repère visuels sur la côte pour ajuster les trajectoires. Du coup il n'y a pas non plus de pilote automatique, il y a une relève constante de 4 heures au poste de pilotage.



Après dîner nous nous préparons pour la sortie de l'après-midi au glacier Pia. Il y avait également la possibilité de choisir la marche difficile mais nous avons fait l'impasse cette fois car elle ne mène à aucun point de vue. Faire un effort supplémentaire pour obtenir une récompense visuelle oui, mais marcher pour la beauté du sport en se mettant de la boue jusqu'aux genoux, non merci. Nous nous contentons donc de la promenade en bordure du glacier. De retour sur le bateau nous amorçons la navigation sur le canal de Beagle en passant par l'allée des glaciers. Depuis les ponts du bateau nous pouvons donc observer à la suite, sur 20 km, 5 magnifiques glaciers: le Romanche (on n'a pas compris si ça fait référence à la Suisse), l'Allemand, le Français, l'Italien et le Hollandais. Puis vient le briefing pour la principale excursion de la croisière: la sortie au Cap Horn de demain. Les règles sont très claires: c'est le capitaine qui décidera le moment venu si la météo permet de débarquer en zodiaques ou pas. Evidemment ce serait une énorme déception de ne pas pouvoir descendre mais il faut privilégier la sécurité avant tout et quand tu vois les photos de certains débarquements en conditions difficiles, ça ne donne pas très envie... Mais avant d'en arriver là, ils nous préviennent que cela risque aussi de secouer pendant la nuit, à 2h et à 6h. Mais cette fois, ils nous recommandent carrément de ranger toutes les affaires fragiles au sol pour qu'elles ne tombent pas! Aïe aïe aïe, je n'ose pas imaginer... Mais surtout, nous avons rendez-vous à 7h, donc en comptant le temps d'un petit-déjeuner express, il faut se lever à 6h, pile quand ça va secouer, génial! J'ai mis mes cachets à portée de main, je risque d'en avoir besoin demain matin avant même d'être sortie du lit!



Ce soir a lieu le dîner du capitaine. Je savais qu'il y en a toujours un lors d'une croisière mais je ne savais pas qu'en général on est sensé se mettre sur son 31 pour y assister. Mais je n'ai pas une seule tenue élégante à disposition, une chemise c'est ce que j'ai de mieux. Comme j'aurais envie de mettre une petite robe!... Mais apparemment je ne suis pas la seule à être à court de dressing puisque la majorité des passagers est restée en tenue de sport, ouf. Après cela, on était curieux de voir comment serait organisée la soirée Bingo, pour voir si c'est comme les lottos chez nous. C'est super kitsch, je sais, mais on joue le jeu de la croisière jusqu'au bout! Mais c'était pas terrible, les gens ne sont pas aussi disciplinés que chez nous et les lots provenant de la boutique de souvenirs pas super motivants non plus. Nous avons fait une partie par principe puis sommes allés nous coucher en prévision de la grande journée de demain.



20 janvier 2015 - Jour 95

Effectivement, il valait mieux ranger les affaires fragiles au sol cette nuit! Le tangage était plus fort que la nuit précédente mais cela ne nous a pas empêché de dormir. Et comme annoncé, le réveil a également lieu en eaux agitées. Ca c'est beaucoup moins agréable de devoir sortir du lit dans ces conditions. A peine réveillés, on doit se tenir aux parois pour s'habiller, ce qui barbouille déjà mon estomac vide. Mais le Cap Horn, ça se mérite! Tout le monde se rend au point de rendez-vous, impatient de savoir si le capitaine va autoriser le débarquement sur l'île. Quand on regarde à l'extérieur le vent qui soulève littéralement l'eau on se dit que c'est mal parti mais il semblerait que la baie de débarquement soit protégée du vent car la houle se calme à mesure que nous approchons. La bonne nouvelle tombe enfin, nous pouvons descendre! Mais les mesures de sécurité sont encore resserrées au maximum et ils mettent à l'eau moins de zodiaques que d'habitude pour débarquer tous les passagers, ce qui prendra donc énormément de temps pour faire descendre tout le monde. Une fois sur l'île, on prend conscience du lieu totalement improbable où nous nous trouvons: le Cap Horn! Le point le plus au sud du globe. Cet endroit mythique qui était le cauchemar des navigateurs et où tellement de navires ont coulé. 800 navires nous dit-on et étrangement "seulement" 800 morts. On pense à tous ces grands explorateurs qui se sont lancés sur cette route à l'aveugle, ne sachant pas ce qui les attendait de l'autre côté. Oui, on se sent vraiment privilégiés d'être là. Mais concrètement, hormis tout cet aspect de légende qui entoure ce lieu, il n'y a vraiment rien à y voir... C'est une île inhospitalière, sans aucune végétation, battue par les vents et une bruine constante. Et malgré tout ça, il y a une famille qui y vit pour s'occuper de la maintenance du phare et remettre aux touristes leur certificat de passage au Cap Horn. Chaque famille vient ici pour une année et il paraît que le job est plutôt bien payé grâce aux pourboires que lâchent les visiteurs. A part le phare, on peut également aller voir le Monument du Cap Horn. Mais malheureusement une rafale de vent l'a détruit il y a un mois et nous n'en verrons que la moitié. Il s'agit d'un losange au milieu duquel est taillé un albatros. Il y a un très beau poème en espagnol de Sara Vial qui l'accompagne, dont voici ma traduction: "Je suis l'albatros qui t'attend au bout du monde. Je suis l'âme oubliée des marins morts qui ont traversé le Cap Horn depuis toutes les mers du monde. Mais ils ne sont pas morts dans la furie des vagues, ils volent aujourd'hui sur mes ailes vers l'éternité à bord de cette ultime frégate vers les vents antarctiques." C'est sur ces belles paroles que nous quittons l'île sur ordre du capitaine car le vent devient de plus en plus violent. Désormais nous pourrons dire que nous sommes allés au Cap Horn, et que nous en sommes revenus!



De retour au bateau, tout le monde se rue affamé au petit-déjeuner que nous prenons pendant que le bateau est encore dans la baie, occupé à remonter les zodiaques. Mais nous devons ensuite rebrousser le chemin en direction d'Ushuaïa, ce qui veut dire repasser par la zone turbulente. Et c'est encore pire que cette nuit! C'est tout simplement impossible de rester debout sans se tenir. On se croirait dans un dessin animé où toutes les affaires qui ne sont pas calées glissent d'un côté à l'autre sur les meubles. On n'a pas d'autre choix que de rester couchés en cabine (zut alors, une petite sieste!). Heureusement, ça se calme dès l'heure du dîner. Cet après-midi, nous faisons encore une dernière excursion dans la Baie Wulaia. Nous avons choisi la difficulté moyenne, qui nous fait suivre un joli sentier en forêt, tout en profitant de jolis points de vue sur la baie. En route, on découvre les dégâts causés par les castors. Ceux-ci ont été introduits dans la zone par un éleveur qui pensait faire fortune en vendant leurs peaux. Mais comme ils n'ont pas la même nourriture ici qu'au Canada, leur fourrure n'est jamais devenue soyeuse. Et comme ils n'ont pas non plus de prédateurs ici, ils se sont reproduits à une vitesse fulgurante, se propageant jusqu'en Patagonie continentale, ce qui est en train de devenir un véritable problème national. Le guide nous parle également des recherches de Charles Darwin dans la région, puisqu'il y a vécu 2 ans. Puis nous terminons la journée avec toujours un excellent repas et après ça il est déjà temps de paqueter nos affaires pour le retour à terre demain matin.



De manière générale on est plutôt contents d'avoir fait cette croisière parce que c'était totalement irréel de pouvoir aller au Cap Horn et que c'était un bon moyen de découvrir les fjords et les nombreux glaciers de Patagonie. Mais ça ne nous a pas donné envie d'en refaire une traditionnelle même si les conditions de navigation doivent être bien meilleures. Toutefois, je comprends pourquoi elles ont du succès parce que tu es vraiment bien encadré, tout est très bien organisé pour que tu n'aies à penser à rien et juste profiter du séjour mais il faut quand même apprécier cette ambiance de groupe un peu Club Med, ce qui n'est pas forcément notre cas. Pour ma part, je suis juste hyper fière de moi d'avoir su gérer mon mal de mer durant 4 jours malgré des conditions de mer parfois très agitées. Mais à nouveau, le Cap Horn, ça se mérite!


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Oh comme il est mignon tout plein lui!!!!
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Neveu pingouin

MDR LOL (ou qqch comme ça...)
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Poste de pilotage

C'est un capitaine, capitaine d'un navire, c'est un capitaine, capitaine d'un bateau, meli, melo, coulé sous l'eau!

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