Australie : la route du sud-ouest


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Oceania » Australia » Western Australia » Margaret River
November 26th 2009
Published: November 27th 2009
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Liberta !

Ah rappelez-vous ! Rappelez-vous la premiere semaine apres avoir passé votre permis de conduire, les premiers jours au volant de votre nouvelle voiture, alors que la routine n'avait pas encore pris ses quartiers. Quel sentiment de liberté ; on déplie la carte, on choisit sa destination et roulez jeunesse ! Et bien, c'est la carte de l'Australie, a tout le moins celle de sa partie occidentale, que j'étudie quotidiennement pour tracer mon itinéraire jusqu'au prochain camp propice pour passer la nuit. En a peine une semaine, j'ai déja putzé 1500 km sans vraiment m'en rendre compte. Y a-t-il meilleur endroit que l'ouest australien pour tailler la route ?

Un aller-retour jusqu'au Pinnacles Desert

En guise de test course pour mon nouveau petit pote le Gremlin, nous avons pris la route du nord, celle qui, depuis Perth, mene d'abord aux verts vignobles de la Swan Valley, puis traverse de vastes propriétés agricoles dont les champs dorés s'étalent a perte de vue, encadrés par des pistes en terre couleur orange. Destination premiere de ce périple de 250 km, une localité située sur la cote, au bord de l'Océan Indien, dont le nom n'est pas sans évoquer de vieux souvenirs : Cervantes. En quittant la route principale pour rejoindre ce bourg, la route se fait encore plus pittoresque, les paysages plus sauvages. Signes qui ne trompent pas, les panneaux de mise en garde sur la haute probabilité de trouver des animaux sauvages sur la route se succedent, au meme rythme que les cadavres ou squelettes de kangourous. Je commence a me dire que le pare-buffle pourra trouver son utilité, mais j'espere ne jamais avoir a le tester. Premier challenge pour ce séjour australien : laisser la vie sauve a tous les kangourous qui croiseront ma route 😊

Apres une courte ballade sur les plages de sable blanc qui bordent le bourg perdu de Cervantes, je prends la route du parc national Nambung, demeure de ce fameux désert des Pinnacles. Comme une petite armée de pierre et de sable, ces pics rocheux se dressent par milliers, les uns derriere les autres, sur les collines arides battues par les vents venant du large. Phénomene naturel né de la terre, de l'eau et du vent, le lieu se preterait a merveille pour un décors de western-spaghetti. Le visiteur est libre de s'y promener a pied ou en véhicule, le long d'une piste aménagée. C'est a la tombée du jour, lorsque les ombres s'allongent et que les touristes s'en sont déja allés, que l'endroit se fait particulierement somptueux. Pas trop le temps de s'attarder cependant. J'ai quelques dizaines de km a parcourir pour gagner un petit coin repéré plus tot dans l'apres-midi, ou je pense pouvoir passer la nuit. C'est a cette heure que les habitants du bush commencent a s'agiter et, a bonne distance, j'en apercois plusieurs se risquant a traverser la route dans la pénombre. J'atteins finalement ce premier camp de nuit sans avoir accroché de kangourou a mon tableau de chasse. Bon plissé par cette premiere journée passée sur la route, je m'endors rapidement sur le confortable plumard installé a l'arriere du van, les yeux dans les étoiles.

C'est une chose a laquelle il va falloir m'habituer, le soleil se leve tot sur l'Australie. 5h20 ! J'ouvre un oeil, entrouvre la fenetre et me laisser bercer un (long) moment pour les bruits du bush qui s'éveille lentement. Apres un solide petit-déjeuner pris sous le regard curieux de quelques oiseaux colorés, je reprend la route, vers le sud cette fois et en longeant la cote. A Lancelin, je ne résiste pas a l'appel de la plage qui s'offre a moi tout seul. Ouh, si l'eau a la clarté de celle des iles de l'Asie du sud-est, elle n'a cependant pas la meme température. C'est plutot tonic 😊 Pile ce qui faut pour me tenir éveillé pour le reste de la journée !

Dwellingup : au fil de la Murray River

A une centaine de km au sud de Perth, les collines boisées cachent de petits villages isolés propices a la détente, a la marche en foret ou au canoe le long de paresseuses rivieres. Dwellingup est une de ces localités paumées, ou la moitié de la population doit exercer la profession de bucheron et l'autre moitié celle de park ranger. Le pick-up, la chemise a carreaux, la tronconneuse et la hache y sont donc de rigueur si l'on veut passer inapercu. J'ai pour ma part monté un canoe sur le toit du Gremlin et, apres avoir mis la main sur un poulet grillé et quelques tranches de pain, je suis parti longer la riviere Murray, a la recherche d'un bon spot pour embarquer. Ca n'a pas été bien long ! Une jolie petite équipée sauvage. Je n'ai rencontré qu'un couple de touristes autrichiens qui m'ont pris en photo depuis la rive 😊 Presque le paradis. Je dis "presque" car, ici comme en bien des endroits en Australie, on n'échappe pas a l'ennemie publique no 1, la peste, la maudite, l'insupportable sandfly. L'apparence d'une petite mouche inoffensive comme par chez nous, mais autrement plus coriace et moins farouche. Elle viendra vous chatouiller les narines, coloniser votre t-shirt ou partager votre casse-croute sans la moindre gene. Ce sont parfois des essaims entiers qui vous tournent autour et vous donne l'impression d'etre un ruminant ou un cadavre ambulant. Pas suffisant pour gacher les sorties en extérieur, mais cela les rend juste moins relax ; on oubliera le roupillon au bord de l'eau et on sera forcé, comme bien souvent, d'avaler son repas en quatrieme vitesse. Dommage ! Ah l'Australie aurait peut-etre pu etre mon paradis sans ces petites pestes 😊

La route du sud-ouest

Le coin sud-ouest de l'Australie a tout pour plaire. Sur la cote, d'innombrables criques solitaires et plages de sable blanc désertes succedent aux falaises rocheuses, d'ou l'on peut observer les jets d'eau des baleines croisant au large. A l'intérieur des terres, les forets font place aux vignobles dont les produits sont parmi les plus réputés de l'Etat. Sur la route qui me mene vers ce lieu plein de promesses, je traverse de petits bourgs perdus dont les noms - Waroona, Serpentine, Donnybrook - m'évoque le Far West et qui, bien souvent, ne disposent que d'un seul établissement public, la taverne, qui fait aussi office de supermarché et de salle de réunion.

En parcourant a pied les sentiers de Cape Naturaliste, au milieu d'une végétation rabougrie, il ne m'a pas fallu attendre longtemps avant d'apercevoir, au large, le ballet des baleines qui s'égaient le long de la cote par dizaines a cette époque de l'année. L'une de ces géantes s'est meme mise a sauter sans prévenir, ce qui ne m'a permis de capter que d'énormes éclaboussures. Encore raté ! Je me suis consolé en explorant les petites routes environnantes qui, chacune, menent vers de superbes plages ou de grandioses falaises plongeant dans les eaux claires de l'océan. La route qui descend vers le sud depuis Cape Naturaliste porte le nom de Cave Road. Pas difficile de comprendre pourquoi. Les propriétés viticoles, offrant dégustation et, parfois, restauration raffinée, se suivent les unes derriere les autres. Tentant. Tres tentant meme ! Je suis cependant assez fier de pouvoir vous annoncer que je n'ai fait qu'un seul arret. Trois petites golées de blancs ma foi fort savoureuses, accompagnées de pain et d'olives, et puis basta. Performance pour un Valaisan en manque depuis des mois. Je suis arrivé a un controle total 😊


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