Australie : Victoria - The place to be


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Oceania » Australia » Victoria » Bright
December 25th 2009
Published: December 27th 2009
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Victoria – the place to be. C'est pas moi qui le dit ; l'épitaphe orne très modestement presque toutes les plaques minéralogiques de l'État. Mais, pour ce que j'en ai vu en un peu plus d'une semaine, on ne doit pas être très loin de la vérité. Des rocs mystiques des Grampians aux rivières arborées coulant paresseusement le long des Australian Alps, en passant bien sûr par la mythique et très fréquentée Great Ocean Road, ses falaises abyssales et ses plages aux déferlantes infernales, les résidents de Victoria ont de quoi s'y croire. Et je n'ai pas encore vu Melbourne !

Les plans initiaux, qui devaient me faire découvrir la ville un peu avant Noël, ont été passablement chamboulés. De Melbourne, j'aurais voulu emmener le van là où il n'est probablement encore jamais allé : en Tasmanie, une destination riche de promesses et qui me tient particulièrement à coeur. Hélas, en raison des Fêtes et des grandes vacances pour les Australiens, pas moyen de trouver une place à bord du ferry opérant la liaison avant un bon mois. J'ai donc revu ma feuille de route, soigneusement évité Melbourne pour le moment et mis le cap au nord-ouest, sur la route qui devrait à terme me mener jusqu'à Sydney, d'ici le début de l'année. C'est là probablement que je me séparerai du van, si il tient le coup et si je parviens à lui trouver un nouvel acquéreur. Puis, je compte gagner la Tasmanie par les airs, y crapahuter quelques jours et revenir sur le continent par Melbourne. La bonne nouvelle c'est que, vu les prix du ferry en haute saison, l'opération devrait me revenir moins cher et puis, qui sait, je pourrais bien arriver à Melbourne à temps pour aller serrer la pince à Rodgeur. Nous verrons tout cela au fil des semaines à venir...

Bon, c'est pas le tout, mais je suis sensé vous parler de Victoria dans cette entrée de blog. Alors ? Victoria, the place to be ? Vous jugerez par vous-même, mais pour moi la réponse est "Definitely".

Orage sur les Grampians

Les Grampians. Une chaîne montagneuse, dont les forêts et les étranges formations rocheuses ont fasciné les hommes depuis les premiers temps. Fief de plusieurs tribus aborigènes, l'endroit recèle encore d'anciennes peintures rupestres. Classé parc national, c'est de nos jours une destination prisée des randonneurs et le deuxième pôle touristique le plus fréquenté de l'État, après la Great Ocean Road.

A la suite de la matinée passée en compagnie des fossiles ressuscités de Naracorte, j'aborde les contreforts des Grampians en milieu d'après-midi et entre dans le parc national sous un soleil radieux. Il va falloir en profiter, car cela ne durera pas. Les panneaux au bord de la route annoncent que celle-ci "pourrait" ne pas être adaptée aux caravanes. Ah ? Je ne vais pas tarder à comprendre pourquoi. L'asphalte se fait de plus en plus étroit à mesure que l'on grimpe et l'absence de toute glissière de sécurité offre une vue plongeante sur les ravins en contrebas. Cependant, la quasi absence de tout trafic rend le parcours plutôt agréable et le van se joue de la déclivité à un rythme fort honorable – 40 km/h – compte tenu de son grand âge. Après avoir repéré une place de camping pour la nuit, je me pose aux Balconies en fin de journée, là où l'on peut admirer un splendide panorama sur presque tous les Grampians. Annonciateur du mauvais temps à venir, le coucher de soleil ne sera pas aussi somptueux qu'espéré.

Le lendemain, réveil en forêt sous la pluie. Bizarrement, ça n'est pas pour me déplaire. Je crois que j'apprécie le changement plus que tout. Évidemment, avec sur ma tête le toit tôlé de mon van, j’ai moins d’arguments pour pester contre la météo. Coup d'oeil vers les cieux, je crois y discerner une accalmie et je décide de forcer ma chance en prenant le chemin des Pinnacles, une marche de deux heures qui promet de jolis points de vue. J'atteins à pieds secs cette étrange forêt de rochers aux formes diverses, avant d'être surpris par un sérieux coup de tabac. Bonne idée d'avoir emmené ma goretex avec moi. Je me calfeutre confortablement contre un de ces rocs, après avoir vérifié qu'il ne servait pas de résidence à un serpent ou une araignée, et je reste là, à contempler la pluie qui danse au rythme des rafales de vent. La couleur du ciel demeurant invariablement grise et sombre, je décide finalement de quitter ma retraite et d'affronter la pluie sur le chemin du retour. Bien m'en a pris. J'aurais pu attendre longtemps une éclaircie, la pluie a en fait duré toute la journée. Cela m'a donc fait quitter la région avec un peu d'avance et un van tout propre.

The Great Ocean Road

La destination touristique phare de Victoria serpente sur 250 km le long de la cote entre Torquay et Peterborough. Une succession improbable de falaises majestueuses offertes aux quatre vents, dont les formes somptueusement découpées sous les assauts de l'océan figurent sur presque toutes les brochures de voyage pour l'Australie. Vous avez sûrement déjà entendu parler de ces douze apôtres-là – qui semblent être un peu moins nombreux que cela de nos jours – longilignes morceaux de falaises escarpées qui défient encore les vagues à quelques coudées du rivage. Je me demande combien de temps encore ils pourront résister. Ce jour-là, la furie des éléments se déchaînait sur la côte et les groupes de Japonaises se tenaient par la main, probablement par crainte de s'envoler. Le soleil est tout de même parvenu à faire quelques percées entre les nuages sombres, offrant de jolis contrastes et effets de lumière aux photographes amateurs.

J'imaginais cette Great Ocean Road comme une sorte d'autoroute panoramique déversant des flots ininterrompus de bus et de camper home s'encolonnant les uns derrière les autres. Tout faux. Si l'endroit est indéniablement fréquenté, notamment par des groupes de touristes venus à la journée depuis Melbourne, je l'ai trouvé plutôt agréable à parcourir. Les points de vue sont suffisamment nombreux pour accueillir cette foule de visiteurs sans avoir l'impression d'être au zoo et la route, sinueuse et pittoresque, permet rarement de dépasser les 50 km/h ; idéal pour profiter des paysages.

Bells Beach : en attendant la tempête des cinquante ans

"Everything moves in cycles,...so twice a century the ocean let's us know just how small we really are. A storm comes out of Antarctica, tearing up the Pacific,...and it sends a huge swell north miles. And when it hits Bells Beach, it'll turn into the biggest surf this planet has ever seen."

Aaah, il y a des arrêts un peu plus mythiques que d'autres sur la côte. Apollo Bay, Lorne, Torquay,...tout ça fleure bon la combinaison Ripcurl, la chemise Quicksilver ou le bermuda Billabong. Le surf est roi sur ces rivages bénis des Dieux. Mais c'est à Bells Beach qu'il devient presque mystique. Une pierre orne l'entrée de la plage, gravée de ces mots : Respect the ocean – Spirit of Surfing. Sacralisée dans Point Break, Bells Beach demeure incontestablement une affaire de pros. Les amateurs et les curieux restent à pieds secs et, des promontoires surplombant le déchaînement d'écume, regardent ces gars fous à lier – ils étaient six seulement cet après-midi-là – glisser sur les géantes bleues.

Le temps est clair, la tempête des cinquante ans ne semble vraisemblablement pas pour tout de suite et ce sont pourtant des vagues monstrueuses qui s'abattent sur Bells Beach. De mon poste d'observation, j'avise deux surfeurs qui s'apprêtent à prendre l'eau. Petit footing sur la plage, la planche à la main. Ils se consultent en observant le rythme des vagues qui viennent se fracasser contre le sable orange, cherchant visiblement le bon point de sortie pour gagner le large, là où ils ne risquent pas de finir en purée. Ils finissent par s'élancer et je mesure alors à quel point ces mecs sont entraînés. Plusieurs fois renversés, submergés, fracassés par la puissance phénoménale de l'océan, ils parviennent tout de même à rejoindre le large après presque dix minutes de combat. Surfer les vagues de Bells, ça n'est pas donné à tout le monde, ça se mérite, et c'est sans doute cela qui a forgé le mythe.

Cap sur les Alpes

Laissant derrière moi la côte ciselée de Victoria, je suis parti passer les Fêtes au calme, dans l'arrière pays, appelé ici "the high country". L'orge, les blés, les moutons, les chevaux défilent sur le pare-brise et finissent par me mener à Bright, une localité de vacances cernée par les collines boisées, au pied des Australian Alps. A cette époque de l'année, alors que les magasins de location de skis prennent la poussière, la station accueille marcheurs, cyclistes, pêcheurs à la mouche et parapentistes. Un petit paradis en bord de rivière qui n'est pas sans rappeler le pays, raison probable pour laquelle l'endroit est parvenu à me tenir éloigné du volant quatre jours durant. Performance.

C'est ici que je me suis remis en selle sur de superbes petits chemins techniques traversant les collines alentours, que je suis parti traquer les lièvres et les wallabies en forêt et que je me suis longuement reposé les pieds dans l'eau, à regarder les gosses donner la chasse aux canards, tandis que, incorrigible, je lorgnais déjà sur la suite de mon périple. La veillée de Noël, ma première loin du Valais, s'est déroulée sur le balcon d'un petit hôtel du coin, en compagnie d'un sympathique couple de cyclistes, amateurs de bonnes boissons, venus de Sydney pour défier les pourcentages des cols de la région. La conversation – entre le barbecue, les verres de vin et quelques morses de fromage en guise de dessert – a sans surprises oscillé entre l'Australie et la Suisse, les voyages, les vins, le vélo... quoi de mieux pour passer ce cap loin du pays ?


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30th December 2009

Joyeuses Fêtes!!!
Salusssssste fils du soleil! Merci pour la carte et profite pour nous car ici il pleut et ça caille. Sympa les dégustations de vin Austalien, j'ai envie de faire le tour du monde du pinnard un de c4... (avec le nuage magique de Sangoku, pratique même bourré) Regardes par dela la peur et tu trouvera le chemin des justes -- Sulivan Gloïn --
31st December 2009

C'est de nouveau la "terrorisation" tes photos mon bon Bodhy :) T'as pas essayé le surf? t'as presque le look de Bodhy je suis sur que ça le ferait :) Bonne suite d'opération je t'envie mais ce sera bientôt notre tour héhé... Excellente année mon cher Aknod et... "Que la fête commence !" (avec la bonne voix svp) ^^
2nd January 2010

Bonnne annnnééééeeee! voilà on inverse les rôles pour ce nouvel an. Nous avions passé le réveillon 2009 à Tredbo, au pied du Mont Kosciusko, la plus haute montagne d'Australie. La ballade jusqu'au sommet n'est pas hyper intéressante sauf si tu veux prendre un bon bain touristique... Au fait, t'es tu procuré le Camp Australia?
4th January 2010

Bonne Année !!
Salut a tous et bonne année ! Ah le surf, j'ai déja tenté un coup lorsque j'étais au Costa Rica : c'est pas simple et pas aussi fun que ca en a l'air pour les débutants, et les eaux froides de la great ocean road et les bourrasques n'ont rien ajouté pour me tenter :) Peut-etre pour plus tard cependant. @ Virge : ah Tredbo, j'ai traversé la localité sans mettre pied a terre, le temps était gris et c'était bourré de touristes ; j'ai pas fait l'ascension du Kosciuzco, mais une autre marche dans un coin plus peinard, le réveillon s'est fait a Canberra (non non pas si affreux que ca en a l'air :D), quant au Camps Australia 5, il accompagne mes journées depuis Perth, la Bible !
4th January 2010

Bonne année 2010. Bonne continuation sur les routes australiennes.

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