Australie : des montagnes, une capitale et des funérailles


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Published: January 8th 2010
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Des montagnes : Danse avec les kangourous

Je ne tiens plus en place. C'est le jour de Noël et je décrète qu'il est temps de changer d'État. Dans la salle commune du backpacker de Bright, je partage un dernier café – préparé au moyen d'une machine italienne qui a valeur d'antiquité – avec Beg et Howard, les cyclistes de Sydney, et puis je me retrouve au volant, une fois de plus avide de nouveaux horizons. Si ceux-ci sont plutôt clairs durant les premières heures, passées à longer de vertes vallées, ils deviendront de plus en plus obscurs et chargés de nuages à mesure que je m'approche de la frontière de l'État de New South Wales.

Kosciuzco. A se demander si, à force de rouler, je ne suis pas subitement arrivé en Pologne. Eh non, c'est à la fois le nom d'un vaste parc national situé dans les Snowy Mountains et aussi celui du toit de l'Australie, qui culmine à 2'200 m d'altitude. Entrés dans le parc par l'ouest, le van et moi butons sur les sérieux pourcentages d'une petite route forestière qui semble ne grimper la montagne que pour mieux plonger dans la vallée suivante. La seconde sera bien
souvent de rigueur ; pas plus mal, avec les brouillard qui s'est invité à la fête et l'abondante faune locale susceptible de surgir sur la route à chaque contour. Je finis par échouer à Geehi en début d'après-midi, un spot de camping situé en bord de rivière, au fond d'une vallée. Le temps maussade, persistant toute la journée, ne suffit pas à ôter tout charme à ce lieu. Les hautes herbes alentours sont colonisées par des familles de kangourous et il est divertissant de voir leur drôles de têtes émerger de temps à autre de ces étendues dorées. Certains se risquent même entre les tentes des campeurs et déguerpissent en faisant de grands bonds dès que l'on fait mine de s'approcher. C'est en les regardant se déplacer et bondir entre les herbes que l'on réalise à quel point ce marsupial sort de l'ordinaire. Il y en a même deux qui m'ont fait un petit show genre "Règlement de compte à Ok Corral", se faisant face quelques instants, puis se bousculant et s'agrippant joyeusement tout en restant debout. Après Tekken et ses kangourous boxeurs, j'avais vu quelques cartes postales du genre, que je pensais trafiquées. A l'évidence, non. Jeu ou intimidation ? Je ne saurais le dire, mais ça reste vraiment poilant et surprenant à voir, tant cela ne paraît pas naturel.

Une capitale : séjour prolongé à Canberra

On la dit froide, aseptisée, ennuyeuse. Peuplée de politiciens brassant de l'air et de fonctionnaires surpayés (à moins que ce ne soit le contraire ?), Canberra, siège des institutions politiques et judiciaires australiennes, n'a pas bonne réputation auprès des Australiens qui n'y vivent pas. Les touristes n'y font en général qu'un bref arrêt d'une nuit, parfois forcé, sur la route entre Sydney et Melbourne. Née de la rivalité entre ces deux métropoles, qui chacune prétendait au statut de capitale sans pouvoir supporter que l'autre l'emporte, Canberra fut créée de toute pièce au début du XXe siècle, quelque part dans les collines au fin fond de l'État de New South Wales : l'Australian Capital Territory était né.

Débarquant en ville un dimanche matin, 8h00, entre Noël et Nouvel-An, j'ai vraiment eu l'impression d'être Legend. Des avenues désertes, des rues piétonnes vides, des boutiques et des cafés fermés... une ville fantôme ? Presque. Il aura fallu attendre 10h00 pour que le centre ville prenne vie. Canberra, l'assoupie, n'est définitivement pas une de ces cités qui ne dort jamais. Privée d'accès à l'océan – ce qui est rédhibitoire en Australie – sans passé glorieux, sans prodiges de la nature alentours et réputée dotée d'une vie nocturne limitée, pas difficile de comprendre pourquoi la ville n'a pas la cote dans les brochures touristiques. Et bien, j'y suis resté plus d'une semaine (d'accord, un brin forcé par les circonstances, au chevet du van à l'agonie), j'y ai passé Nouvel-An et je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer !

S'il est vrai que Canberra n'a pas de plages, la ville a tout de même été bâtie autour d'un vaste lac artificiel bordé de promenades, de jardins et d'oeuvres d'art contemporaines parfois déroutantes (hum, une statue qui fait du bruit lorsqu'on s'en approche). En outre, pour occuper les jours pluvieux, la capitale dispose de musées de classe mondiale. Le musée national de l'Australie, installé dans un drôle de bâtiment sur les bords du lac, est une gigantesque mine d'informations interactive sur le passé, le présent et le futur de la nation. Plus titanesque encore, le mémorial de la guerre, retrace l'engagement des troupes australiennes au cours des grands conflits du siècle dernier. C'est là qu'il est notamment possible d'examiner sous toutes les coutures un Zero japonais, terreur des mariniers dans le Pacifique, ou un Messerschmitt allemand, abrités dans des halls immenses. J'ai été impressionné par les différentes présentations sur grand écran, qui vous propulsent au coeur d'un combat aérien au-dessus de la Somme, en 1916, ou en pleine embuscade Viêt-Cong dans la jungle. Du grand spectacle !

A part les ballades et les musées, j'ai profité de ce séjour prolongé à Canberra pour visiter le Parlement, tester le spa du backpacker où je résidais (une touche de luxe pour un logement budget), finir le dernier opus des aventures de la tête à claques Potter (800 pages, même en anglais, certes facile, n'ont pas résisté plus d'une semaine) et me remettre à bosser ! Bosser ? Si, si... enfin presque. Deux heures et demi passées à aider les menuisiers qui remettaient à neuf le balcon de l'hôtel ; ça m'a fait plaisir et ça m'a valu une nuit à l'œil.

Des funérailles : poser les plaques

Cette fois ça y est. C'est fini, pour de bon. Le van a lâché prise un lundi matin, dans les collines entourant Canberra : courroie explosée et moteur dans les choux. J'ai tenté une dernière réanimation dans un garage de la capitale, mais rien n’y a fait, la bête est restée silencieuse.

Elle aura quasiment réussi son pari : me conduire de Perth à travers tout le pays jusque sur la cote est ; Sydney n'est plus qu'à trois heures de bus. Le van ne m'était désormais plus vraiment utile, et c'est aussi pour cela que je ne me suis pas acharné sur les réparations. Nous avons parcouru ensemble près de 8'000 km, une belle chevauchée de six semaines que je ne regrette pas. Évidemment, j'avais espéré jusqu'au bout pouvoir revendre le véhicule et récupérer une partie de mon investissement. De ce point de vue, il est vrai que c'est une déception. C'était un risque à prendre, mais je crois pouvoir dire que je ne me serais jamais pardonné de ne pas l'avoir pris. Traverser l'Australie le volant entre les mains et les yeux sur le bitume, bouffer des centaines de km par jour, s'arrêter au fil des aires de camping gratos et plonger à l'arrière pour s'endormir sous les étoiles, c'est une aventure qui valait indéniablement le coup. J'ai fourré les plaques dans le sac à dos et les ai emmenées goûter l'air de la côte est, sur l'emblématique plage de Bondi Beach ; ça me fera un joli souvenir d'Australie, si elles passent les contrôles a la douane.


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11th January 2010

Ah la bête verte a rendu l'âme... pas étonnant vu ton expériance en conduite :) Ah ben voilà pourquoi à Tekken y a Roger qui s'agite; ils sont pas si à l'ouest que ça :) As-tu également vu Kuma le panda ? Jolis clichés en tout cas ! Profite bien de ces dernières semaines avant l'arrivée en terres connues ! Bis bald !

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