Canada : Sublimes Rocheuses - Part I


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North America » Canada » Alberta » Jasper
April 21st 2010
Published: April 29th 2010
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Les Montagnes Rocheuses canadiennes. Ça n'était pour moi qu'un nom sur lequel je n'avais jamais vraiment cherché à mettre d'images. Et bien, j'ai désormais comblé cette lacune et les images devraient rester bien ancrées dans ma mémoire, tant la majesté des Rockies m'a scotché. Je pensais pas pouvoir le dire un jour mais ... il y a peut-être plus belles montagnes que les "nôtres". En tous les cas, voilà un coin qui mérite amplement de figurer dans un bouquin sur les 1001 spots-clés qu'il faut avoir visité dans sa vie. Sur ma liste perso, je le mets dans le top 10, haut la main. Ce n'est donc pas un mystère si vous trouverez les images et le récit de ces quelques jours dans les Rocheuses en deux parties. Trop rude de faire le tri des photos.

Nouveau volant

Pour cette équipée au grand air, je me suis à nouveau retrouvé au volant et, pour la première fois, du "bon" côté de la route. Je m'étais bien acclimaté à la conduite à gauche ; pas de bol, il convient maintenant de perdre cette habitude, ce qui est pas plus mal, en vue de la rentrée prochaine. Niveau monture, on reste dans les marques japonaises, puisque c'est une Suzu flambant neuve, noire comme le jais, qui sera mon équipière pour cette dizaine de jours. Élégante, silencieuse et maniable, elle est équipée des derniers "sacs gonflables intelligents". Ouais, le Français étant la seconde langue officielle du Canada, ça donne parfois de drôles de traductions, celle d' "Advanced Airbags", en l'occurrence. Comme il est difficile de louer une relique qui a allégrement passé les 150'000 km au compteur, l'opération n'est ici pas aussi bon marché qu'en Nouvelle-Zélande. L'assurance intégrale est obligatoire et suffit à vous doubler le prix, mais bon, on dira qu'au moins, ça vous épargne quelques soucis. Et puis, il n'y avait aucune chance que je voyage différemment. Une fois de plus, je n'ai pas résisté à la perspective de pouvoir faire mon propre itinéraire, partir explorer une petite route forestière ou m'arrêter au bord d'un lac pour casser la croûte. Petite nouveauté, je me suis décidé à tester la transmission automatique, le standard par ici. Facile et confortable, le seul souci serait de s'endormir au volant, surtout que les limitations de vitesse sont assez… disons prudentes. Heureusement, la route vers les montagnes est passablement sinueuse et, surtout, les paysages sont trop magnifiques pour pouvoir fermer l'œil. Vous visualisez la carte postale typique du Canada ? Une belle route déserte longeant une rivière aux eaux bleues, traversant une forêt de sapins et filant vers des sommets enneigés ? Et bien, c'est presque tout le temps comme ca ! Si, si, j'en ai presque eu les larmes aux yeux au début. L'Australie pour les amateurs de déserts, de côtes et de plages ; le Canada pour les férus de forêts, de montagnes et de lacs. Même sensation de se perdre dans une nature immense. Ajoutez-y, pour compléter le tableau, de petits villages aux bâtiments en bois, façon "western", quelques pick-up GMC ou Chevrolet aux dimensions monstrueuses, avec a l'arriere une moto-neige, un quad ou des kayaks, et des stations services "Husky", affichant le portrait d'un chien de traîneau. Voilà, la radio est branchée sur "Mountain FM", qui distille ses hits country qui collent si bien aux paysages, et j'affiche un large sourire, celui du gars qui a le sentiment de se trouver juste à la bonne place, juste au bon moment.

Whistler : première étape, premières neiges et premiers pas sur la piste de l'ours

A un peu plus de 100 km au nord de Vancouver, Whistler est une station de montagne, réputée pour ses pistes. C'est d'ailleurs ici que les compétitions olympiques de ski alpin, de snowboard et de ski de fond se sont déroulées, voici quelques semaines. Le plus important site des JO en réalité, me confiera plus tard un voyageur qui a bossé durant l'événement. La saison d'hiver touche à sa fin, mais nombre de pistes sont toujours ouvertes et les terrasses du village ne désemplissent pas d'une clientèle plutôt jeune.

On est encore bien loin des Rocheuses, mais Whistler vaut la peine de s'y arrêter et fut pour moi la première occasion de partir randonner dans les environs. Canada oblige, le coin est couvert de forêts, baignées par plusieurs lacs et rivières. Mon hostel, installé à l'écart, au bord du lac Alta, dispose d'ailleurs d'une baie vitrée dans la salle a manger, d'où il est possible de déguster ses spaghettis, les yeux dans le lac. Le printemps n'a pas encore finit de faire fondre la neige, loin s'en faut, et le trek en forêt que j'ai choisi en est souvent recouvert. Cela me rappelle de bons souvenirs, ainsi que le grand âge de mes Salomons qui, désormais, disposent d'un ingénieux système de prise d'eau par la semelle. Rafraîchissant. En consultant les cartes et panneaux d'infos sur cette petite randonnée, je ne vois rien au sujet des ours, alors je ne m'inquiète pas trop, partant du principe qu'ils ne vivent pas dans la région. D'ailleurs, je n'en ai pas rencontré. Mais, plus tard, en passant dans le village, je tombe sur un panneau indiquant qu'en fait, il n'est pas rare de croiser des ours noirs dans le coin. Ah ? En consultant les conseils donnés en cas de rencontre, je suis surpris d'y lire "parler à l'ours d'une voix calme". Ils en ont de bonnes les Canadiens. Il paraît que c'est le meilleur moyen de faire comprendre à l'ours qu'on est un humain, des fois qu'il aurait des doutes et vous prendrait pour un rival ou un partenaire potentiel. En souriant, je me prépare donc un petit discours du genre "je viens en paix", juste au cas où.

Wells Gray : un déluge de cascades et une nuit au frais

C'est une pleine journée de route qui m'a conduit de Whistler à Clearwater, un petit bourg aux portes du parc national Wells Gray. Mon chemin jusque là a été plutôt varié, passant dans des bourgades qui ont pour nom Barriere ou Little Fort et qui semblent être restées au temps des pionniers et de la ruée vers l'or. Ce périple a donc débuté au matin, de manière frisquette, par une vieille route solitaire partant en lambeaux, grimpant un col à avalanches et longeant un lac encore pris par les glaces, puis s'est poursuivi, bien plus chaudement, dans un décor de canyons arides et de vastes lacs. Arrivé à Clearwater, j'ai trouvé le centre d'infos du parc bouclé ; réouverture à la mi-mai qu'ils disent, premier signe indiquant que la saison touristique n'est ici pas encore ouverte. La route vers le parc, apparemment fréquentée par les seuls locaux qui vivent dans les ranchs des environs, me confirme cette impression. D'ailleurs, les divers lodges et retraites sauvages ponctuant la route ne sont pas encore sortis de leur hibernation, au contraire des ours !

A 42 km au nord de Clearwater, c'est la fin de la route goudronnée. On a à peine parcouru un quart de la longueur du parc, mais la voie qui continue vers le nord, le long de la rivière, est close et ne rouvrira pas avant un bon mois. Un petit essai de rallye sur une route forestière des environs m'a tout de suite mis au parfum. Le dégel et la fonte des neiges ont rendu les pistes boueuses et la Suzu semble paniquer à mort sur ce terrain glissant. Je regagne donc tranquillement la route principale. Dommage, c'est paraît-il là-bas, plus au nord, que j'aurais eu le plus de chances de voir des ours. Cela dit, mon périple jusqu'ici fut loin d'être inutile. Le parc est avant tout réputé pour ses cascades, aussi nombreuses que somptueuses, et nombre d'entre elles sont facilement accessibles. Un site absolument grandiose, que je n'avais à partager avec presque personne d'autre ce jour-là, et dans lequel j'ai finalement décidé de passer la nuit, plaqué dans la caisse, à l'affût des créatures de la forêt ! Bon, je suis parti chercher du bois pour faire un bon feu et je suis revenu sans soucis, contrairement à Bobby et Sandy, mais ça c'est une autre histoire que je n'ai pas le temps d'expliquer ici. Sinon, la nuitée fut en fait paisible et sans alerte, mais passablement fraîche. Pour une fois, mon sac de couchage m'a paru bien mince. Pas aussi confortable qu'une nuit à l'hôtel, mais c'est le genre d'expérience dont on se souvient avec le sourire. Au petit matin, quelques timides biches détalaient, alors que je reprenais la route, avant de m'arrêter au bord de la rivière pour prendre le petit déj et savourer la lueur revigorante du soleil levant.

Jasper : le coeur sublime des Rockies

Sur la route no 16 qui part vers l'est, en direction des parcs nationaux, l'œil perçoit bien vite une masse énorme, grise et blanche, qui domine de manière écrasante la ligne d'horizon. Du haut de ses 3'954m, le Mt Robson est le toit des Rocheuses canadiennes et marque magistralement mon entrée au milieu de ces sommets enneigés, pour presque une semaine. La route continue de s'élever progressivement, jusqu'à la frontière de l'Alberta et l'entrée dans le parc national de Jasper.

Jasper, à un peu plus de 1'000 m d'altitude, est étrangement demeurée une petite bourgade de montagne. Il y a bien quelques motels et lodges sur la rue principale, signes que le coin est touristique, mais guère plus. Mon backpacker est situé quelques km en dehors, en pleine forêt. Ambiance tranquille, genre bonnet de laine et feu de cheminée, dans cette retraite relax, gérée par une équipe de jeunes.

Le voyage depuis Wells Gray, le décalage horaire (+ 1h :p) et le manque de sommeil ne suffisent pas à me décourager et je reprends le volant en fin d'après-midi. La météo est encore clémente, mais cela ne devrait pas durer, d'où ma décision de partir quelques heures explorer les environs, avant la nuit. Je prends donc la route de Maligne qui, au bout de 45 km, devrait me mener au lac du même nom. J'avais lu quelque part que c'était de la bonne et je n'ai pas été déçu. A cette époque de l'année, la route est très peu empruntée, car rien n'est ouvert à Maligne Lake, où il est possible de canoter, de se restaurer et de passer la nuit, durant la belle saison. Après un bref arrêt à Maligne Canyon, qui dévoile une jolie vue sur les forêts et les montagnes entourant Jasper, j'atteins Medicine Lake. Partiellement vide et gelé, dominé d'un côté par une sombre forêt et, de l'autre, par des cimes presque aussi lisses que des miroirs et à la verticalité vertigineuse, le lac en impose et dégage une profonde atmosphère de tranquillité. Je sors de la caisse pour en prendre la mesure et me pose un moment. Silence total durant plusieurs minutes. Finalement, le sifflement d'un écureuil que je vois slalomer entre les rochers me sort de ma rêverie. Longeant le lac juste sous les sommets, la route continue à travers la forêt et s'élève encore un peu plus. Le soleil amorce sa descente finale lorsque se découvrent les rives du lac Maligne, croulant encore sous une épaisse couche de neige. A presque 1'700 m d'altitude, on dit volontiers ici que ce lac est le plus vaste réservoir d'eau glaciaire au monde, après le Baïkal. Quelques photos et quelques bouffées d'air froid et piquant dans ce havre de paix, puis je rebrousse chemin. Au retour, les dernières lueurs du jour m'accompagnent et dansent sur Medicine Lake et les paysages l'entourant. Je ne m'en lasse pas, ralentis et finis par me poser au bord de la route, juste pour profiter de l'instant.

Après une nuit réparatrice, je me lève le jour suivant sous un ciel gris. C'était annoncé ! Dès le matin, je saute dans le bus de l'hostel qui me dépose au Lac Annette, non loin de Jasper, pour une petite marche en forêt de deux heures et demi. Les rives sont bien aménagées et je gage que l'endroit doit fourmiller de monde en été, mais là, je suis tout seul. Après plusieurs minutes de marche, je laisse le lac derrière moi et m'engage dans les bois qui s'épaississent. A quelques km seulement du village, je ne me fais pas trop de soucis, jusqu'à ce que mon regard perçoive un mouvement dans les fourrés. Une silhouette grise, à la course furtive, me contourne à grande vitesse : un loup ! Ou peut-être un coyote, bien qu'il me paraisse un peu trop grand. Hu, hu... Plongé dans la solitude de la forêt, je me mets à chantonner et à pousser une gueulée de temps en temps. J'examine aussi les empreintes laissées sur le chemin, bien que je ne sache aucunement les reconnaître. Après tout, si un loup peut se balader dans le coin, pourquoi pas un ours ? Cette perspective me séduit à moitié, mais je ne voudrais surtout pas surprendre la bête et risquer de la mettre en boule, ce qui me conduit à faire du bruit tout en marchant et même à m'armer d'un bâton de pèlerin, au cas où. Petit à petit, le bois s'éclaircit et je peux voir à 50 m à la ronde. Je me dis qu'il n'y a plus aucun risque de rencontre impromptue, quand je tombe nez à nez avec... une biche. Assise tranquillement à 5 m à peine, elle a dû me voir arriver depuis un moment, contrairement à moi. On a pas encore l'œil du trappeur !

A suivre...

Le Valaisan rencontrera-t-il l'ours ? Qui s'associera à son périple ? L'ours ? Osera-t-il retenter l'expérience camping ? Verra-t-il plus beaux paysages que ceux de la route de Maligne ? Comment sortira-t-il du blizzard et de la forêt aux arbres morts ? Survivra-t-il à son passage sur le Mt Boucherie ? La Molson Canadian vaut-elle le coup ? Les ours dorment-ils debout ? Toutes les réponses à ces questions qui vous taraudent depuis si longtemps (si si, ne le niez pas), dans la prochaine entrée, pour très bientôt ! Bon, et maintenant, je vais me coucher, car j'en peux plus et vous aussi, probablement.



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29th April 2010

C'est Louis de la ville de Hangzhou, en Chine
Salut, C'est Louis de la ville de Hangzhou, en Chine. Si vous avez du temps à visiter la ville de Hangzhou à l'avenir, vous êtes les bienvenus. Si vous rencontrez un problème et avez besoin d'aide, n'hésitez pas à me contacter par 086 571 8186 6529. J'espère être un ami fiable de vous.
29th April 2010

Sandy....???!!!
youhou hou Nan nan! Seul face à la nature... le druide valaisan laisse sa marque aux 4 coins du globe. Sur la piste de l'ours, tu as repérer une crotte ou deux?? Si c'est le cas j'èspère que tu l'as ouverte et écrasé entre tes doigts comme dans le film "L'ours". Joli la susu et en plus automatique, la grande classe et le confort absolut... et oui je m'y suis mis aussi! Tu saluras de ma part les séquoias du coin et mon pote l'ours hiboux! A tout bientot et c'est toujours un plaisir de lire tes aventures.
29th April 2010

Sandy... SAAANNDY
Permets moi de te dire que j'ai pleuré de rire en te lisant. Je la fais à chaque fois que je vais chercher du bois,si si ça m'arrive, en camp, du reste ça ne fait marrer que moi. Trop jeunes, mes gaillards, pour cette culture si ... philosophique. Et bien prudence, car si tu rencontres un loup, l'âme de ce cher Kevin te viendra en aide. Si tu croises un ours, tu pourras lui conter calmement une petite histoire mais moi j'opterai pour la technique Sydney Poitier (randonnée pour un tueur), plus dangereux mais adrénaline garantie. Par contre si tu croises ce cher Cougar, alors là... sors l'artillerie lourde, le 44 magnum que tu as planqué sous le siège conducteur. Profite bien et à bientôt Pierro
30th April 2010

LoL merci les gars ! Je me suis bien marré moi aussi. Horgon, j'ai bien aimé "le druide valaisan", faut que je la ressorte :) Sinon, j'ai peine a croire ce que tu me dis la : l'homme a la BMW noire passe en automatique ? Il est grand temps que je rentre, je suis plus a la page dis donc :) Ah j'aurais bien voulu revoir le film "L'Ours" avant de me lancer sur les traces de la bete, ca m'aurait bien servi ! Pierro, je sentais que le coup du "bon feu" n'allait pas passer inapercu. De trop bons souvenirs ! Je vois que tu as le coup d'oeil, car moi je n'imaginais pas, avant d'arriver dans le coin, qu'on pouvait y voir des cougars. Ca, c'est vraiment, vraiment la pleine puissance, mais faut pas trop y compter, la bete se plaque et rode surtout de nuit. Peut-etre, lors d'un prochain camping sauvage ? :)

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