Israël, premier jour. Tel Aviv.


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Middle East » Israel » Tel Aviv District » Jaffa
July 15th 2014
Published: August 22nd 2014
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Istanbul-Tel Aviv


17:41, plage de Tel Aviv.



Levés 9h (pas de répit pour aujourd’hui), direction le bus pour l’aéroport. R.A.S. dans l’avion, atterrissage impeccable à l’aéroport Ben Gourion.

Je suis un peu tendu quand vient le fatidique contrôle des passeports, mais tout semble bien se passer. On joue les petits touristes bien sages : non, nous ne connaissons personne là-bas, non, nous ne voulons pas aller dans les territoires palestiniens, d’ailleurs qu’est-ce que c’est ?

La policière nous fait un sourire, je me dis que c’est dans la poche. Jusqu’au moment où, tournant les pages de mon passeport, son sourire disparaît. « You’ve been to Lebanon ? ». Eh merde, ça il fallait s’en douter. Immédiatement, elle me dit d’aller dans une salle au coin de l’aéroport, sans me rendre mon passeport.

C’est une espèce de salle d’attente, où sont assis deux hommes au profil tellement douteux que ça en devient cliché. L’un a une espèce de chapeau traditionnel musulman, et l’autre une barbe digne de celle de Ben Laden.

Alors que je me demande où j’ai atterri, ils nous accueillent chaleureusement. Une demi-heure plus tard, c’est un homme seul, puis un homme en costard avec ses deux fils d’une vingtaine d’années, puis enfin un homme avec un enfant de huit ans. Tous repartent plus ou moins rapidement, nous laissant mariner avec les barbus pendant deux heures. Au bout d’un moment, l’un déroule un tapis de prière, et il se met à prier en plein milieu de la salle. Je trouve ça plutôt comique au milieu d’une salle de sécurité en plein centre de Tel Aviv.

Finalement, au bout d’une heure, une femme vient me chercher et m’emmène en salle d’interrogatoire. Le moment est assez haletant et excitant, presque grisant si mon entrée ou non sur le territoire israélien n’était pas en jeu.

Je rentre dans une pièce, une affiche de Jérusalem à ma gauche, une peinture à droite. Un homme derrière qui est sur un ordinateur, et la dame qui s’installe devant moi derrière son bureau. Je déglutis, c’est parti.

Elle me fait d’abord remplir une fiche de données de base, coordonnées détaillées, nom de mon père, de mon grand-père. Et les questions arrivent : d’où viens-tu ? que fais-tu ? qu’étudies-tu ? qui est la fille avec toi ? depuis combien de temps êtes-vous ensemble ? depuis combien de temps vous connaissez vous ? c’est la première fois que tu viens en Israël ? pourquoi ? que comptes tu y faire ? combien de temps veux-tu y rester ? où vas-tu aller ? où vas-tu loger ? je peux voir ta réservation ? je ne vois qu’une seule nuit, où vas-tu loger ensuite ? tu as été au Liban, pourquoi ? combien de temps ? avec qui ? où ça ? pourquoi seul ? où as-tu logé ? tu as rencontré des Libanais ? si je regarde tes contacts dans ton téléphone, je ne trouverai aucun numéro libanais ? (une brève pensée pour le numéro d’Ali, enregistré sous le nom d’Ali le Chimique… brillant). Même série de questions pour la Turquie, retraçant mon voyage. Ta copine, pourquoi elle n’est pas venue avec toi au Liban ? un festival de quoi ? pourquoi tu as fait ce voyage seul, tu ne trouves pas ça inconscient ? pourquoi pas avec tes parents ou tes amis ? vous êtes conscients de la situation actuelle en Israël ? qu’est-ce que vous savez ? qu’est-ce que vous en pensez ?

A chacune de mes réponses, elle prenait d’abondantes notes sur son ordinateur, me constituant un dossier de plusieurs pages. Si j’étais extrêmement tendu au début, car je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait, je me suis progressivement rendu compte que ce n’était pas franchement terrible, étant donné que je n’avais rien à me reprocher. A partir du moment où j’ai réalisé ça, je l’ai plus vu comme une colle avec un prof particulièrement relou et pointilleux. Et là, ça a été beaucoup mieux : j’ai pu faire mon baratin habituel sans me laisser démonter. C’est presque devenu un jeu : j’ai eu droit au classique « ça va, vous avez l’air nerveux ? », et moi j’inversais la situation en lui posant des questions et en demandant son avis.

Finalement, au bout de trois quarts d’heure, elle m’a laissé repartir, et a convoqué « your co-traveler » pour lui poser à son tour des questions afin de corroborer ma version. Elle revient vingt minutes plus tard, et nous continuons à attendre. La dame finit par revenir avec nos deux passeports, en nous disant que c’est ok.

Nous avons atterri à 15h, et il est presque 19h quand nous récupérons nos bagages. Un train nous dépose au centre-ville, et nous nous frayons notre chemin en naviguant dans les rues vers notre hôtel.

En arrivant, on comprend rapidement qu’on est tombés sur un endroit des plus hippies. La « réception » se trouve au dernier étage… dans la cuisine. Une jeune femme d’une bonne vingtaine d’années vient nous accueillir dans un anglais parfait, et nous présente rapidement le fonctionnement : la cuisine, la procédure en cas de roquette, la salle de bain, le pti déj, et … le toit.

En effet, la cuisine mène sur une large terrasse rooftop bordée de canapés, de matelas et de hamacs, où une bonne vingtaine de personnes est en train de discuter en petits groupes. La « réceptionniste » nous indique que l’on peut dormir sur les matelas et canapés sur le toit à la belle étoile, proposition que nous acceptons avec enthousiasme.

Immédiatement, nous posons nos affaires sur un coin du toit (pas de casier), et suivons le mouvement, c’est-à-dire Alain et Max, deux Allemands hippies et grande gueule qui partent chercher des bières. On est rejoints presque immédiatement par Emma, une belge travaillant pour Amnesty International qui n’habite plus à l’hôtel, mais va quand même rejoindre ses potes pour boire des verres.

Retour à l’auberge où la fête bat son plein. Je commence à comprendre la limite d’âge (18-45) imposée par l’hôtel. Il y a une trentaine de jeunes, d’horizons différentes en train de socialiser, de se connaître, de rire, de boire et de faire les cons. On est immédiatement invités à un drinking game, et on rejoint rapidement le cercle.

Vers 23h, le mouvement est lancé. On suit Max, et tous les autres pour se perdre à travers les rues de Tel Aviv. On finit par arriver derrière un portail gardé par un homme armé. Il s’écarte pour nous laisser passer par une petite porte dans le portail blanc. Nous arrivons immédiatement dans une très large courée entourée par des immeubles. Une centaine de jeunes y est massée sur des bancs et des tables. On commande une bière, puis nous dissocions un peu du groupe pour nous mettre à l’écart.

Les autres ont l’air parti jusqu’au bout de la nuit, mais une bonne heure plus tard, on décide de rentrer à l’auberge après cette longue et éprouvante journée. On est un peu titubants, et on ne sait pas trop où on va, mais finissons sans trop de problèmes par nous endormir sur le toit en regardant les étoiles. Et franchement, on savoure.


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