Israël, dernier jour. Jérusalem


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July 21st 2014
Published: August 27th 2014
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Israël, dernier jour. Jérusalem.



Après un coucher très anticipé, nous voilà levés de très bonne heure pour profiter à fond du programme de notre dernière journée : la tant attendue vieille ville de Jérusalem. Un petit déjeuner royal (et gratuit) à l’hôtel, et on se met en route.

Devant nous, imposants, se dessinent les séculaires murs érigés par Suleyman Le Magnifique. Moi qui depuis tout petit fantasme sur cette ville que je trouve incroyable et fascinante, c’est avec une certaine émotion que je franchis la majestueuse Porte de Jaffa.



Alors que l’on commence à déambuler dans les ruelles du quartier chrétien, on repère une pub offrant une visite gratuite des quatre quartiers. Quelques minutes plus tard, on embarque avec un groupe d’une dizaine de personnes et Ryan, notre enthousiaste guide pour une visite de deux heures.

Très démonstratif, il se présente comme un « history nerd », et nous emmène à la découverte de la vieille ville. Nous marchons quelques minutes, remontons la rue Sainte-Hélène, et débouchons sur une large place où une imposante église domine tout autour d’elle de son immense stature.



Devant nous se dresse le Saint Sépulcre : le tombeau de Jésus Christ. L’impressionnante mosaïque qui se dresse devant nous à l’entrée résume à peu près l’histoire de l’endroit : à droite, le lieu où Jésus a été crucifié, au centre (et littéralement sous la mosaïque), une dalle de pierre lisse où Jésus a été lavé… avant d’être enterré, à gauche.

En effet, quelques mètres plus loin se dresse une immense tombe recelant la dépouille du Christ. L’endroit respire le sacré mais Ryan nous incite à le suivre, avant que l’on ait eu le temps d’explorer plus en profondeur.



Au son des cloches des églises, et de l’appel des muezzins, nous sortons sans nous en apercevoir du quartier chrétien pour rentrer dans le quartier musulman. Alors que Ryan fait une pause pour nous instruire, je remarque une croix gammée taguée sur un mur, juste à côté d’un « Palestine is here now ». Des quatre quartiers de la ville, le quartier musulman regroupe 80% de la population. Les maisons très anciennes abritent des familles qui y vivent depuis des siècles.



Cette fois, la transition est beaucoup plus visible quand nous entrons dans le quartier juif : les rues sont plus grandes, et les maisons plus modernes. Ryan nous explique que quand les Jordaniens ont pris la ville, ils ont expulsé tous les juifs, et ont détruit leurs maisons à coups d’explosifs. Lorsqu’Israël a repris la ville en 1967 après la Guerre des Six Jours, ils ont reconstruit le quartier alors quasi détruit, ce qui explique sa modernité d’aujourd’hui.



Sans hésiter, Ryan nous guide au milieu des ruelles. On grimpe plusieurs fois des escaliers, et, sans prévenir, au détour d’un bâtiment, nous tombons sur une vue imprenable sur le Mur des Lamentations qui se dresse devant nos yeux. Derrière lui, l’Esplanade des Mosquées, où le Dôme du Rocher scintille de mille feux en face de la Mosquée Al-Aqsa.

La promenade se termine dans le quartier arménien. Un quartier juif, un quartier chrétien, un quartier musulman, mais pourquoi un quartier arménien ? Ryan nous explique que les croisés, après des mois de célibat forcé, trouvaient le temps long sans leurs femmes. Les arméniennes avaient le double avantage d’être chrétiennes en plus d’être très jolies, ce qui explique les nombreux mariages avec les nobles, et l’attribution d’un quartier arménien.



Avant de nous ramener à la porte de Jaffa, Ryan nous emmène sur les toits de la ville qui sont de véritables rues, et sur lesquels on peut facilement circuler pour passer d’un quartier à l’autre.

Après cette belle balade, le groupe se dissout, et nous faisait escale à Tala, un restaurant où je teste un schnitzel, espèce d’escalope de poulet frite. On a beau avoir fait le tour de la ville, il y a énormément de choses que l’on n’a que survolées, et que l’on aimerait découvrir plus en profondeur.







C’est par le Musée David que nous entamons l’après-midi. Bâti sur une citadelle turque, il retrace l’histoire de la ville à travers les siècles et les dominations : Hasmonéens, Arabes, Croisés, Ayyoubides, Mamelouks, Ottomans jusqu’aux Anglais, Jordaniens, et maintenant Israéliens/Palestiniens.

Nous voulons voir beaucoup de choses, alors nous ne traînons pas. On enchaîne tout de suite avec le Saint-Sépulcre, lieu rassemblant je le rappelle, à la fois le lieu de la crucifixion et du Tombeau du Christ.

L’air est frais, et la rare lumière savamment agencée pour impressionner. Je fais le tour de l’immense tombe, qui se dresse, seule, au milieu d’une salle très haute. Dans chants retentissent quelques mètres plus loin, et j’aperçois des prêtres et des fidèles communier à l’unisson.

L’endroit est grandiose : les salles sont immenses, les piliers imposants, et les ornements sobres mais magnifiques. J’entre dans la tombe en compagnie de trois autres personnes. L’endroit respire le sacré : il est assez étroit, les chants retentissent et, à la froide lumière perçant le plafond succède une lumière chaude et dansante émanant des bougies. Les trois personnes tombent à genoux, posent leur front sur la pierre et commencent à prier. L’un d’eux n’a que dix ans. Machinalement, je m’agenouille et vide mon esprit. Je pense à beaucoup de choses, et dépose une prière avant de ressortir. Piété ? Folklore ? Peu importe finalement, ce que je garde avec moi, c’est le souvenir de cette ambiance incroyablement puissante.



On continue à se balader un peu dans l’église, avant de déambuler dans les ruelles pour aboutir (non sans un contrôle préalable), devant le Mur des Lamentations.

Plutôt imposant, il se dresse devant nous et barre l’horizon. Juste derrière, à sa gauche, scintille l’éclat doré du Dôme du Rocher. Sur la place qui fait face au Mur, énormément de gens, dont la plupart regardent un groupe fort bruyant.

Une vingtaine de jeunes garçons entre quinze et vingt ans sont en train de chanter à tue-tête des chansons juives. Extrêmement démonstratifs, ils vont même jusqu’à porter sur leurs épaules l’adulte qui leur sert de « guide ». C’est peut-être erroné encore une fois mais, en voyant cette hyper-affirmation identitaire, je ne peux m’empêcher de repenser aux camps nachis.



L’accès au Mur est différencié par genres, et séparé par une barrière au milieu : les femmes à droite, les hommes à gauche. Ces derniers doivent aussi avoir la tête couverte, aussi je me coiffe d’une kippa mise à disposition, en esquissant un sourire en repensant à une scène de Rabbi Jacob (chapeaux !).

Il doit y avoir environ 150 hommes dont une très grande majorité de religieux, entièrement vêtus de noir, avec des papillotes.

Contrairement au Saint-Sépulcre, il règne ici une sorte d’effervescence. C’en est presque comique d’observer ces petits bonshommes noirs au chapeau étrange, se courber et se relever sans arrêt en marmonnant.



Je m’approche encore jusqu’à poser mes mains sur le Mur. La pierre est tiède, vieille et presque lisse, polie par les attouchements de millions (milliards ?) de fidèles et de touristes. De la végétation pousse à certains endroits, et des milliers de petits bouts de papier sont glissés dans les interstices qui craquèlent les pierres. Ce sont là des prières déposées par les croyants.

Je pose la tête sur la pierre et, encore une fois, fais le vide dans mon esprit. Pas de prières, mais un long retour sur moi-même et beaucoup d’autres choses. Les secondes et les minutes défilent. Je relève la tête.



On aurait vraiment souhaité finir notre pèlerinage en visitant l’Esplanade des Mosquées, et les lieux saints musulmans. Malheureusement pour nous, ils sont réservés aux fidèles l’après-midi, et les touristes ne peuvent s’y rendre que le matin. Sauf qu’apparemment, l’ambiance était telle, que même le matin, l’accès avait été fermé.

On se contente donc de se promener dans le quartier musulman. Plus pauvre, plus sale, plus vivant aussi, l’ambiance y est différente par rapport aux autres quartiers. Je ne sais pas si ce sont les soldats israéliens en armes fermement campés une rue sur trois, mais on sent une tension certaine.



Entrés à la Porte de Jaffa, c’est par celle de Damas que nous ressortons. La routine s’abat sur nous : récupérer les sacs, prendre le bus jusqu’à Tel-Aviv, y passer la nuit, et prendre l’avion le lendemain à l’aube. L’enchantement mystique et le charme enivrant de la ville sont rompus. Je reviendrai Jérusalem. Sans l’ombre d’un doute.


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