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December 29th 2015
Published: January 17th 2016
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Mardi 29 décembre 2015



Direction la gare pour notre trajet en train de Saint-Pétersbourg à Moscou. Avec les contrôles de sécurité, on nous a conseillé d'y être 1h à l'avance pour avoir de la marge. Mais une fois sur place, l'attente va nous paraître bien longue car la gare est minuscule! Il n'y a aucun café ou commerce, le hall principal est juste un lieu de passage. Et évidemment, rien n'est écrit en anglais. On devine les mots Quai et Sapsan (nom de la compagnie de trains) en cyrillique d'après les indications sur nos billets et d'après l'heure de départ on se dirige vers le quai numéro 4. Mais avant de pouvoir entrer dans le wagon, une employée vérifie manuellement tous les billets et passeports des passagers. Pour les re vérifier une fois installés à nos places. Le train est très confortable et le trajet aurait pu être parfait si on ne s'était pas retrouvés dans le même wagon que cette insupportable gamine! La fille la plus capricieuse que j'aie jamais vu, qui obtient tout ce qu'elle veut de ses parents en piquant des crises en tapant des pieds et des poings. Résultat des courses son lecteur DVD à fond pendant tout le trajet et des hurlements à répétition. Vive les écouteurs!



En route on découvre les paysages gelés de la campagne russe, comme un tableau figé dans le froid. On a croisé quelques villages, regroupant des sortes de cabanes en bois dont il nous était difficile de dire s'il s'agissait de maisons d'été ou de logement permanents car certaines cheminées étaient en activité. La température continue de baisser jusqu'à -14 degrés alors que l'on traverse les forêts enneigées à 200km/h pour atteindre Moscou sur le coup de 13h. La gare de Moscou est tout aussi inhospitalière qu'à St-Pétersbourg, on saute donc illico dans un taxi jusqu'à notre hôtel.



La Place Rouge n'est qu'à 30 minutes à pied, on a hâte de la découvrir, on repart donc immédiatement dans cette direction. On espère juste qu'on pourra y accéder car on vient d'apprendre que les autorités ont décidé de la fermer pour le soir du 31 à cause du risque d'attentats. C'est déjà bien assez ennuyant comme ça, espérons qu'elle sera accessible d'ici là. On l'atteint par le sud-est, c'est donc d'abord une vue sur la Cathédrale de Saint-Basile-le-Bienheureux qui s'offre à nous. Alors qu'on avait déjà adoré l'église du Sauveur-sur-le-Sang-Versé à St-Pétersbourg - largement inspirée de celle-ci - on ne pouvait qu'aimer Saint-Basile. Ces coupoles colorées ont l'air d'énormes cornets de glace à l'italienne. Côté sécurité, la place est entièrement fermée par des barrières mais on peut quand même y entrer en passant les contrôles de sécurité. On se retrouve donc de l'autre côté de la cathédrale, devant la tour de l'horloge du Kremlin. Aux autres extrémités de la place il y a encore le musée d'histoire et le Goum, centre commercial historique de luxe. Et au milieu, le traditionnel marché de Noël avec ses illuminations. C'est très impressionnant de se retrouver ici mais alors qu'est-ce qu'il fait froid! On est partis tellement vite de l'hôtel qu'on n'a pas pensé à se changer alors qu'on a perdu 10 degrés. Moralité, on ne va pas s'attarder dehors aujourd'hui, on décide de rentrer en métro et de préparer nos visites des prochains jours.



Mais comme d'habitude, ce ne sera pas aussi facile. Le métro moscovite fait partie des points d'intérêt à visiter car les stations sont de véritables oeuvres d'art. Mais pour y accéder, il faut déjà acheter un billet et, une fois de plus, personne ne parle anglais. On s'arrange tant bien que mal, nous voici dans la station. Autre grand moment de solitude: les panneaux non plus ne sont pas traduits en anglais. Absolument TOUT est en cyrillique ! On se retrouve donc à analyser les panneaux lettre par lettre pour retrouver le nom de notre station. Ca nous aura pris du temps mais nous sommes finalement arrivés à destination.



Bilan podomètre: 9 km



Mercredi 30 décembre 2015



Comme on est restés un peu sur notre faim lors de notre visite à St-Pétersbourg en ayant le sentiment de ne pas avoir appris grand chose de la ville, on a réservé un Free Tour à Moscou pour combler ce manque. On avait déjà participé à un Free Tour à Rio et on avait beaucoup aimé le concept. Nous avons donc rendez-vous ce matin devant la statue de Cyril et Methodius, les 2 moines qui ont évangélisé les peuples slaves de l'Europe centrale. Et accessoirement, Cyril est aussi celui qui a inventé l'alphabet cyrillique... Bah on ne te dit pas merci...



La visite commence avec notre guide Daria et l'on apprend que la ville est construite en anneaux (et que le maire est surnommé Lord of the Rings) et que Staline avait fait construire 8 gratte-ciels pour commémorer les 800 ans de la ville mais qu'il n'a eu le temps d'en faire que 7 avant la 2ème Guerre Mondiale. Du coup, après la guerre, il s'est dit qu'un hôtel ce serait mieux qu'un gratte-ciel et il a fait construire un gigantesque complexe de 6000 lits! Celui-ci n'était évidemment pas rentable et Poutine vient de le faire raser pour construire un parc à la place. Et elle nous explique aussi l'histoire du pays avec les différents tsars.



Arrivés sur la Place Rouge, nous en apprenons un peu plus sur ce lieu et d'abord pourquoi elle porte ce nom. Ce n'est ni à cause de la couleur des bâtiments (le Kremlin, le musée et Saint-Basile sont tous rouges), ni à cause du communisme mais tout simplement parce que le mot Krasnaya en russe veut dire à la fois beau et rouge. Cette place est vraiment le coeur historique de la ville puisqu'à l'époque les villes russes étaient composées d'une forteresse (Kremlin) en leur centre, devant laquelle se trouvait la place principale. C'est pourquoi la ville est venue s'agrandir autour de ce noyau central. La Cathédrale de Saint-Basile-le-Bienheureux à également une histoire particulière puisqu'elle a été commandée par Ivan le Terrible pour commémorer la victoire sur les Kazans et que la légende dit qu'il aurait crevé les yeux des architectes pour qu'ils ne puissent jamais la reproduire ailleurs. Il semblerait que ce ne soit qu'une légende mais ce bonhomme devait bien porter son surnom pour que l'on puisse y croire. En même temps il y a aussi une autre légende qui dit qu'il aurait tué son propre fils... Bref, revenons à Saint-Basile. A l'origine elle ne s'appelait pas comme ça mais elle a été renommée en l'honneur de Basile, un fou qui y vivait toute l'année, complètement nu! A sa mort, il a été enseveli dans l'église à laquelle on a rajouté une chapelle et elle porte désormais son nom.



Nous enchaînons par la visite du Goum, le centre commercial de luxe où toutes les grandes marques ont leur boutique: Cartier, Vuitton, Chanel mais aussi Bréguet, Audemars Piguet, etc. C'est surtout l'occasion de faire une pause au chaud et de nous présenter un agent officiel de la billetterie du Bolchoï à qui on peut acheter des billets. Quoi? Il reste des places ?! Sur le site tout était sold-out mais il leur reste apparemment quelques billets de seconde catégorie. C'est une occasion exceptionnelle de pouvoir assister à un ballet au Bolchoï, même si les places ne sont pas forcément idéales, on achète donc des places pour Casse-Noisettes, demain à midi.



La visite continue le long du Kremlin, devant l'hôtel Four Seasons, anciennement l'hôtel Russia, construction typiquement soviétique et emblème d'une célèbre marque de Vodka locale. Ses plans ont été validés par Staline lui-même mais bizarrement, il n'est pas symétrique. Car les architectes ont soumis à Staline 2 versions pour la façade mais il a signé au milieu. Les architectes avaient tellement peur de lui re demander quelle version il voulait qu'ils ont décidé de faire les 2! Juste devant, il y a également une statue du général Joukov à cheval, représentant son défilé sur la Place Rouge le jour de la victoire en 1945. Théoriquement, c'est Staline qui aurait dû défiler ce jour-là, en tant que chef des armées, mais la légende dit qu'il ne savait pas monter à cheval et qu'il a donc ordonné au général de défiler à sa place.



Nous terminons le tour non loin de là, après être passés devant le monument du Soldat Inconnu et sa flamme éternelle, gardé en permanence par 2 gardes ainsi que devant la grotte qui commémore l'arrivée de l'armée de Napoléon lorsque les habitants ont abandonné la ville en la brûlant pour ne pas la lui laisser. Hé bien, on en aura appris des choses, c'est vraiment top ces Free Tours !



Mais la journée est loin d'être finie. Avec l'achat des billets du Bolchoï pour demain, nous devons adapter notre programme et décidons donc d'enchaîner avec la visite du Kremlin. C'est assez fou de se dire que l'on pénètre dans l'enceinte où vit Poutine et où il reçoit les dirigeant internationaux. Mais il ne faut pas se leurrer, les accès pour les touristes sont très limités et on se fait tout de suite rappeler à l'ordre si on prend une mauvaise direction. Mais dans l'enceinte du Kremlin il y a aussi 5 cathédrales que l'on visite rapidement. Je suis un peu déçue car on n'a pas pu entrer dans la dernière où il y a le tombeau d'Ivan le Terrible. J'aurais bien voulu voir à quoi ressemble la tombe d'un bonhomme aussi méchant.



Après tout ça on a bien besoin d'un remontant et les 3 filles que je vois passer avec des gobelets de Dunkin Donuts tombent à pic ! On adooore Dunkin Donuts et elles nous indiquent avec leurs 3 mots d'anglais où ça se trouve dans le centre commercial d'à côté. On en profite pour faire un peu de shopping et comme la nuit est bien tombée entre-temps, on retourne sur la Place Rouge faire quelques photos de nuit avant d'aller souper et de rentrer éreintés à l'hôtel.



Bilan podomètre: 17 km



Jeudi 31 décembre 2015



Nous avons donc rendez-vous aujourd'hui à midi au théâtre Bolchoï pour la représentation du ballet Casse-Noisettes. Mais avant cela, on aimerait refaire un saut sur la Place Rouge située à 2 pas pour aller voir le mausolée de Lénine. Hé oui, ils l'aiment tellement le père de la révolution qu'ils ont décidé de l'embaumer et de l'exposer au public pour que tout le monde puisse aller se recueillir devant la dépouille de Grand-Père Lénine comme ils l'appellent. Le mausolée a des horaires de visite très limités, 4 jours par semaine, seulement de 10h à 13h. Mais ce qu'on ne savait pas c'est que le 31 décembre est considéré comme un jour férié et donc il est fermé, zut! Il nous reste une dernière chance de le voir samedi, on réessaiera.



On flâne un peu dans les parages en attendant et on est juste hallucinés par la quantité de flics et de militaires qui sont en train de se mettre en place dans la ville. De manière générale, il y en avait déjà beaucoup ces derniers jours et la sécurité était déjà élevée. On a dû passer un portique de sécurité à chaque entrée de métro, à chaque monument qu'on a visité, centres commerciaux, etc. Mais là, c'est de la folie, ils arrivent par bus entiers! Tous les points stratégiques sont sécurisés par des barrières et chaque barrière est gardée par un policier. La moindre voiture qui s'arrête sans raison est contrôlée immédiatement. C'est à la fois flippant et rassurant.



Mais voici le moment d'entrer au Bolchoï. Nos places sont situées au 4ème balcon mais nous devons d'abord patienter au bar de l'étage avant de pouvoir rejoindre nos places. Waouw, tout le monde est sur son 31 en costard ou robe de soirée. Et quand je dis robe c'est genre remise des Oscars: une fille est arrivée avec une longue robe rouge, dos nu, petit pendentif qui pendouille au creux des reins, des seins qui tiennent tout seuls et le diadème à strass dans les cheveux. Une vraie pub Chanel ! Et moi?.... je porte des Sorel aux pieds! Je suis morte de honte. Même à côté d'Alex je fais tache puisque Mônsieur avait pensé à prendre une chemise. J'avais bien à l'hôtel une autre paire de chaussures moins moches (pas forcément jolies mais moins moches c'est déjà pas mal) mais on a une autre visite cet après-midi où j'aurais besoin des Sorel et je ne voulais pas non plus les trimballer dans un sac toute la journée. D'ailleurs, j'ai remarqué que plusieurs filles ont fait ça et changé de chaussures au vestiaire. Bref, voilà quoi, on est des touristes et on vient en Sorel au Bolchoï et pis c'est tout! Mon calvaire s'achève lorsqu'on peut aller s'assoir à nos places. La salle est vraiment splendide, entièrement rénovée et gigantesque! Le ballet aussi est fabuleux avec de talentueux danseurs, de magnifiques costumes et une véritable féérie à chaque acte. Comme on pouvait s'en douter, nos places n'étaient pas très bien situées, il fallait se pencher en avant pour voir l'entier de la scène mais comme il n'y avait personne sur la rangée à côté de nous, on a pu se déplacer de plusieurs sièges pour avoir une meilleure vue. Au final on a vraiment passé un moment magique au Bolchoï !



Après cela on a réservé une autre visite de la ville avec les mêmes guides qui organisent le Free Tour, le Communist Tour pour en apprendre un peu plus sur la période soviétique. Mais ça ne commence pas très bien, puisque la guide est en retard pendant qu'on poireaute dehors par -12 degrés... Voilà pourquoi j'avais besoin de mes Sorel... Pendant ce temps on en profite pour faire connaissance avec les autres participants, plus particulièrement avec Arik, un policier Israëlien. Quand on lui demande ce qu'il pense de l'infrastructure policière mise en place aujourd'hui il répond qu'il se sent comme à la maison! La guide arrive enfin, avec 40 minutes de retard, tout le monde est gelé!



La visite commence devant l'ancien quartier général du KGB, dans lequel il y avait une prison secrète au sous-sol et où des milliers, voire même des millions d'exécutions illégales ont eu lieu. Juste à côté est situé un hôtel très luxueux où ils faisaient loger les délégations étrangères lors des visites officielles pour pouvoir les avoir à l'œil plus facilement. Sur cet hôtel est fixée une plaque commémorative représentant une scène de la révolution d'octobre 1917 avec Lénine au premier plan. Le gag, c'est qu'en octobre 1917 Lénine n'était pas à Moscou mais à St-Pétersbourg... Nous avançons un peu dans le quartier et découvrons un des rares murs de l'ancienne enceinte de la ville, qui fait maintenant partie d'un bâtiment récent qui héberge plusieurs boutiques de luxe: Dolce & Gabbana, Ferrari et Mazeratti. Le communisme et le capitalisme réunis dans la même structure! On continue la visite en passant à nouveau devant le Bolchoï qui tient également un rôle dans l'histoire du pays puisque c'est ici qu'on été signés les documents officiels marquant la création de la Russie. Un gag populaire dit d'ailleurs que comme le pays est né dans un théâtre, ce n'est pas étonnant qu'il alterne entre tragédie et comédie.



Nous faisons une nouvelle halte dans un autre très beau centre commercial qui avait dû être réquisitionné pour en faire des logements. Comme il était de la responsabilité de l'état de fournir un logement à chacun et qu'ils n'en avaient plus, c'est la solution qu'ils avaient trouvé. Et un peu plus loin on découvre encore un autre commerce, un supermarché, qui se trouve dans un bâtiment absolument fabuleux. On se croirait dans un théâtre avec des moulures, des dorures, des statues, du bois, du marbre alors qu'en dessous on peut acheter du fromage et de la charcuterie. Et ceci à toute heure puisque le supermarché est ouvert 24/24 ! A l'époque communiste, les magasins ne portaient pas de nom mais un numéro, donc on allait acheter du lait au numéro 12 par exemple. Et ce supermarché était le principal puisqu'il portait le numéro 1.



Nous voici maintenant sur l'Avenue Tvertskaya, l'avenue principale de Moscou, où est située la mairie. Mais à l'origine, cette route ne passait pas exactement ici mais 14 mètres plus loin. Et Staline un beau jour a décidé qu'il voulait déplacer cette rue. Mais pour ne pas détruire les bâtiments, ils les ont déplacés! Les ingénieurs ont donc creusé sous les bâtiments pour pouvoir installer un système leur permettant de faire glisser les immeubles sur 14 mètres, ceci sans déloger les occupants et sans avoir à couper les canalisations! Il n'y a donc eu aucune coupure d'eau ou d'électricité durant le processus.



Le tour se termine sur la Place Pouchkine, où se situe le tout premier MacDo de Russie! C'était un tel événement lors de son ouverture que les gens faisaient la file pendant des heures rien que pour pouvoir le voir de l'intérieur. Il y a même eu jusqu'à 4km de file d'attente! Bye bye communisme et bienvenue capitalisme...



Bon, après tout ça, retour à l'hôtel. Je fais une petite sieste pendant qu'Alex doit se connecter pour faire quelques vérifications pour son job. On ressort donc assez tard pour aller manger en ce soir de nouvel-an. Contrairement à nos autres expériences de nouvel-an à l'étranger, on n'a vu aucune offre dans les restaurants pour des menus spéciaux. Les quelques endroits où on a demandé s'ils seraient ouverts nous ont répondu qu'ils étaient déjà complets où qu'ils fermeraient trop tôt. Mais heureusement, il y a les asiatiques ! Cet après-midi on a repéré un restaurant de sushis non loin de la Place Rouge et évidemment, ils sont ouverts et ils ont de la place! Comme la Place Rouge est fermée ce soir mais que le feu d'artifice y sera quand même tiré, on voulait essayer de la contourner à pied pour avoir une vue sur la cathédrale de Basile et le Kremlin pendant le feu d'artifice. Mais comme on a passé trop de temps à s'empiffrer de succulents sushis et en trinquant à la vodka, il est déjà 23h45 quand on sort du restaurant... Trop tard pour faire le tour, c'est pas grave, on restera de ce côté et on se trouve un point de vue dégagé sur le Kremlin. 3, 2, 1, BONNE ANNÉE !!!



Même pendant le feu d'artifice les flics sont au taquet! Alors que toutes les voitures se sont arrêtées pour voir le feu, on ne peut même pas poser un pied en-dehors du trottoir sans qu'un flic vienne nous rappeler à l'ordre. Ils sont partout! On a assisté à une arrestation de plusieurs types juste devant nous mais ça se passe assez calmement. Je crois que tout le monde sait qu'il ne faut pas plaisanter avec eux. Après le feu, on rentre tranquillement à l'hôtel, tels des stars, puisqu'on a droit à une haie d'honneur de flics sur tout le trajet !



J'avoue que j'étais un peu déçue quand on a appris qu'on ne pourrait pas être sur la Place Rouge le soir de Nouvel-an mais au final, je crois que c'était mieux comme ça. On a passé une très bonne soirée et surtout on n'a pas dû patienter des heures à se les geler dehors pour avoir une place devant le Kremlin. Alors bonne année à tous !



Bilan podomètre: 17 km



Vendredi 1er janvier 2016



Pour cette dernière journée complète à Moscou, nous partons plus en périphérie pour aller visiter les environs du Parc Gorki. C'est un peu le Central Park de Moscou. Très grand et très arboré, on peut y pratiquer beaucoup de sports et il offre une vraie bouffée d'oxygène aux citadins. Mais ce matin, les employés communaux sont surtout occupés à effacer les traces de la fête d'hier soir... On fait également le tour du parc d'en face, le Parc aux Statues. Lors de la chute du communisme les statues ont été arrachées les unes après les autres et entreposées ici en attendant d'être détruites. Mais à la réflexion ils se sont dit que ce serait bien de garder une trace de ces monuments et ils ont donc été réaménagés dans ce parc. La balade nous mène jusqu'à la statue la plus impressionnante, celle de Pierre-le-Grand au bord de la Moskova, qui mesure tout de même 98 de haut. Mais ce qui nous étonne le plus ce n'est pas la statue mais le fait que le fleuve a complètement gelé en une nuit ! Hier encore il y avait un fort courant et pas un seul signe qui laissait présager qu'une couche de gel était en train de se former et aujourd'hui les eaux sont totalement figées!



Nous continuons notre visite le long du quai pour rejoindre le prochain pont, sur lequel on découvre un point de vue magnifique sur l'arrière du Kremlin et la cathédrale de Basile. Cela devait être un bon emplacement pour voir le feu d'artifice hier soir. On en profite pour faire quelques photos mais, mauvaise surprise, le froid extrême a vidé la batterie de l'appareil-photo! (On comprend mieux pourquoi la Moskova a gelé en une nuit...) Prévoyants, on sort la batterie de secours mais comme elle était dans le sac à dos, elle s'est aussi vidée! Heureusement, par une réaction chimique que je ne comprends pas bien, en réchauffant les batteries, elles récupèrent un peu de capacité. On devra donc les garder au chaud dans nos poches et les mettre dans le boîtier seulement quand on veut prendre un cliché...



Après avoir traversé le pont, nous atteignons la cathédrale du Christ-Sauveur dont l'histoire est juste hallucinante. A l'origine, cette cathédrale a été édifiée en 1831 pour célébrer la victoire contre Napoléon. Il s'agit de la plus grande cathédrale de Russie avec des fresques sur 22'000 m2. Mais sous l'ère communiste, la religion n'est pas tolérée et Staline fait tout simplement dynamiter la cathédrale! A la place, il voulait construire une gigantesque statue de Lénine mais le projet n'a pas abouti et s'est transformé en la plus grande piscine à ciel ouvert du monde. 2000 personnes pouvaient y nager en même temps. Mais après la chute du communisme, la religion reprend le dessus dans les années 1990 et la cathédrale est reconstruite à l'identique! Elle devient l'un des premiers lieux saints de Russie. On y expose parfois certaines reliques pour lesquelles les pèlerins viennent de tout le pays pour les voir en faisant des heures, voire des jours de queue.



Après ces quelques heures dehors, on s'accorde une pause au chaud pour manger dans le quartier et on en profite pour faire le tour des boutiques de souvenirs. Puis on enchaîne par la visite des métros. Si, si, on va visiter les stations de métro car ce sont de véritables œuvres d'art. Staline disait d'ailleurs qu'il voulait qu'elles soient les palais du peuple. Nous avons donc préparé un itinéraire pour passer dans les stations les plus réputées. Mais on commence par celle qui détient un record particulier: le plus long escalator du monde. De manière générale, toutes les stations sont enterrées assez profondément donc tous les escalators sont assez longs, mais celui-ci, avec 127 de long vaut le trajet. Et justement, pendant qu'on est dessus, je réalise une chose plutôt surprenante: il n'y a aucune affiche publicitaire dans le métro! 127m d'escalator, vous imaginez combien de pubs ça ferait dans n'importe quelle autre ville du monde? Mais ici, il n'y en a aucune! Ni dans cette station, ni ailleurs dans le métro moscovite. J'ai juste vu quelques autocollants dans les rames pour annoncer des événements mais c'est tout. Et il manque aussi autre chose dans les stations: des poubelles ! J'ai appris plus tard que les tchétchènes avaient posé des bombes dans les poubelles du métro dans les années 90 et que c'est depuis là qu'ils les ont toutes retirées. Mais sinon il est vrai que ces stations sont des oeuvres d'art: des mosaïques, des vitraux, des statues, du marbre, des moulures, des lustres, etc. On se croirait dans un musée! Et puis on est assez fiers de nous car après tous ces trajets, on commence à réussir à déchiffrer le cyrillique. Mais bon, c'est pas parce qu'on sait lire le mot, qu'on sait ce qu'il veut dire, y'a encore du boulot...



Bilan podomètre: 15 km



Samedi 2 janvier 2016



Voici déjà le jour du départ mais comme notre vol est en fin d'après-midi on peut encore profiter un peu de la ville. Nous re tentons donc notre chance au mausolée de Lénine. Tout va bien, il est ouvert et il n'y a quasiment pas de file. C'est un bâtiment très bizarre sur la Place Rouge, accolé au mur du Kremlin et qui ressemble à une espèce de pyramide Maya. Pour l'anecdote, comme ils ont commencé le chantier en hiver, ils ont dû dynamiter le terrain pour réussir à creuser les fondations dans la terre gelée. La visite se fait à la queue leu-leu, on doit avancer à rythme constant dans ce sous-sol, sous la surveillance d'une ribambelle de policiers. J'appréhende un peu de le voir, ça doit être bizarre de voir un cadavre embaumé mais finalement ça va, on dirait une petite poupée. Hé oui, parce que la momification ça fait rétrécir. A l'intérieur, on n'a pas le droit de parler, évidemment pas de photo, les hommes doivent se découvrir et on ne doit pas avoir les mains dans les poches. Mais comme on ne peut pas s'arrêter, on passe très vite dans le mausolée. On peut prendre plus de temps une fois à l'extérieur pour voir d'autres tombes, comme par exemple celle de Youri Gagarine, premier homme envoyé dans l'espace.



Et on va d'ailleurs rester dans le thème de l'espace pour la suite de la journée puisqu'on se rend au musée des cosmonautes. Il est surplombé par le Monument aux conquérants de l'espace qui représente le lancement d'une fusée. On est surpris de voir une file d'attente devant le musée mais on imagine qu'elle ne devrait pas durer trop longtemps. Hé bien non. En fait ils attendent qu'il y ait suffisamment de personnes qui sortent du musée pour faire entrer une dizaine de personnes à la fois. Et ça, toutes les 10 minutes environ. Résultat des courses, on s'est tapé 1h de file, dehors, par -15 degrés! Je ne sens plus mes orteils! Ils autorisent seulement les enfants à patienter entre les 2 portes d'entrée pour pouvoir être au chaud, les pauvres. Mais personne ne fait de scandale, ça doit être dans leurs gênes de patienter dans les files d'attente sans broncher. Et le comble, c'est qu'une fois à l'intérieur, le musée n'est absolument pas plein, ils pourraient sans problème laisser entrer plus de monde.



Mais cette blague nous a mis très en retard sur notre planning et on doit donc faire une visite express du musée. On commence par voir des répliques des premiers satellites Spoutnik. Puis, 2 chiens empaillés et la capsule originale dans laquelle ils sont allés dans l'espace. Il ne s'agit pas de Laïka puisque, comme je l'ai appris sur place, la pauvre est morte dans l'espace! En effet, lors de la course à la conquête de l'espace, la Russie était pressée d'y envoyer un être vivant pour commémorer je ne sais plus quel anniversaire. Les ingénieurs ont donc dû mettre les bouchées double pour préparer la capsule de Laïka et, de ce fait, n'ont pas eu le temps de prévoir un plan de retour! Elle a donc été sacrifiée! Mais ceci, la Russie ne l'a officiellement admis qu'en 2005, se bornant à dire jusque là qu'elle était morte dû au stress. La pauvre est surtout morte de manque d'oxygène alors que sa capsule n'avait même pas de filtre solaire. Pauvre Laïka. Mais après elle, ces 2 toutous ont eux aussi été envoyés dans l'espace et en sont revenus sains et saufs.



On voit également les combinaisons des cosmonautes et de vraies capsules dans lesquelles ils sont revenus sur Terre. Franchement, ces types étaient complètement cinglés de s'installer dans des engins pareils pour être envoyés dans l'inconnu. Il y a également une réplique de la zone de vie de la station MIR, c'est fou de les imaginer en apesanteur dans cet espace confiné. Et j'étais également surprise de voir la combinaison d'un astronaute américain, Collins. Qui ça? Hé oui, tout le monde connaît Armstrong et Aldrin, les 2 premiers hommes à avoir marché sur la lune en 1969, mais il y avait un 3ème homme: Collins. Certes, lui il est resté dans le module et n'a pas marché sur la lune mais il y était quand même. Franchement, c'est un très beau musée qui mériterait plus de temps pour le visiter mais si on ne part pas maintenant, on risque de rater notre vol.



C'est donc au pas de course que l'on retourne au métro pour rentrer à l'hôtel chercher nos bagages. On avait prévu de prendre le train-navette pour aller à l'aéroport mais on n'a plus le temps, on commande donc un taxi à l'hôtel. Il n'y a pas beaucoup de circulation aujourd'hui, on arrive donc largement dans les temps à l'aéroport. Et pour finir le séjour en beauté, on apprend qu'on a été upgradés en business class. Alors dans l'avion, c'est champagne !



Bilan podomètre: 10 km


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