Gdańsk, Poland (La Mémoire des Pierres)


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July 25th 2017
Published: July 26th 2017
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23 - 24 juillet



1er septembre 1939.

Les citadins de la prospère ville de Gdańsk, "perle de la Baltique", ne se doutent pas de l'enfer qui est sur le point de s'abattre sur eux.

L'armée polonaise tient alors un dépôt important de munitions sur la péninsule de Westerplatte, à l'entrée du port de Gdańsk.

L'endroit est capital pour le commerce: il relie l'Allemagne à la Scandinavie, et à la Russie.



4h48 AM.

4 coups de canons sont tirés

4 obus éclatent sur Westerplatte

Le cuirassé allemand Schleswig-Holstein vient de faire feu sans avertissement...

et du même coup, fît tomber le premier domino qui engrènera l'horrible deuxième guerre mondiale.

Gdańsk, mieux connu sous son nom allemand Danzig, venait tristement de passer à l'histoire.

...



Je débarque de mon 7 heures d'autobus Suwalki / Gdańsk confus par des Gravols avalés à mon départ.

Rapidement, j'ai passé de la somnolence au sommeil profond dans l'engin.

Boom.

Les Gravols orange, ça c'est un remède efficace pour les longs trajets en voyage.



Dans la cohue autour de la gare, j'agrippe mes sacs et me dirige vers un taxi baillant un peu à l'écart du troupeau de voyageurs entremêlé.

Je remet une ancienne facture fripée au chauffeur: l'adresse de mon auberge est notée à l'endos.

C'était la facture d'un yogourt aux bleuets.

Montant demandé: 2,30 Zlotis.

Mais bon, ce sont des détails inutiles tout ça.

Revenons au conducteur de taxi donc, celui qui, en ce moment même, prend ma facture et replace ses lunettes de lecture pour mieux voir la destination griffonnée sur le revers du papier.



Au creux du taxi, sous le volant, des chaussettes grises au bout des jambes du chauffeur se font aérés.

Ses espadrilles se cachent à quelque part.

Au premier coup d'œil, je n'arrive pas à les voir dans la voiture.

Elles sont définitivement pas à portée de main.



Le chauffeur me redonne rapidement ma facture: "No" me dit-il en évitant du même coup mon regard.

"No?" que je lui relance surpris.

"No. No far. This street. Turn right. Right again. No. No far" qu'il ajoute.

"Eeee. There?" que je lui demande en pointant vers une courbe devant nous.

"Yes" qu'il me confirme, tout en fermant la parenthèse de notre conversation en s'ouvrant un journal comme on ferme un volet.



Voilà donc comment un taxi a refusé de prendre mon argent à Gdańsk,

et voilà du même coup comment le chauffeur paresseux a disparu à jamais de mon histoire.

...



C'est sans carte, ni GPS que j'arrive à mon auberge située au cœur de la vieille ville de Gdańsk.

J'ai demandé mes directions, à droite et à gauche, pour finalement faire face à la même adresse que l'envers de ma facture.

C'était une demie heure de marche quand même....



Ici, c'est carrément une autre époque qui s'élève autour de moi.

Des églises grandioses, meurtries par la Guerre, surveillent encore les vieux quartiers comme des mages.

Les allées pavées qui quadrillent le centre s'effacent sans cesse sous le déferlement des touristes en cette période de l'année.

Gdańsk est incroyablement populaire chez les vacanciers européens.



Les façades, fières et colorées le long du canal principal rappellent la Renaissance.

Les voiliers de pirates qui scindent les eaux aussi.



Malgré sa quasi destruction durant la Guerre, Gdańsk a réellement su renaître de ses cendres.

Aujourd'hui, le cœur de la vieille ville bat à un rythme accéléré.



Les saltimbanques, caricaturistes, vendeurs de ballons et musiciens de toutes sortes s'activent dans la traînée de touristes.

Les terrasses débordent de familles en vacances,

mangeant des patates et buvant des bières fraîches

en s'illuminant devant leurs gamins qui se salissent le museau de sauce tomate.



Ça fourmille sous le clocher et l'horloge de la Place centrale

et autour de la fontaine de Neptune aussi.



Ouais, elle est loin derrière la Guerre.

Quelques photos en noir et blanc présentées sur la place publique nous rappellent tout de même la destruction de Danzig.

Et un important musée aussi nous raconte cette période où le monde à chavirer.



Le bas des murs des bâtiments et certaines parties des églises portent encore les cicatrices de cette époque noire.

Il y a certes eu reconstruction

mais la pierre a beaucoup de mémoire.

Et c'est particulièrement vrai ici.



Etienne X



Notes à Moi-Même:

1- Les briques sont à vendre pour reconstruire une importante église de Gdańsk : 100 ZL (35$ canadien) pour faire partie du bâtiment.



2- Il y a trop de sortes de vodka ici pour toutes les essayer



3- Informations pratiques sur la Pologne

a) Presque tous les polonais sont catholiques pratiquants

b) ... Il y a donc rien de plus important que le mariage ici

c) ... et l'avortement est une pratique interdite en Pologne.


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