Siège du KGB, 17 juin 1940...


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July 9th 2017
Published: July 9th 2017
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Mon devoir de mémoire m'amène ce matin dans un lieu sinistre, gris et sombre comme le temps qu'il fait aujourd'hui. Le musée national de l'occupation propose la saisissante visite du siège de l'ex- quartier-général du KGB en Lettonie. J'hésite d'abord une seconde puis je me dis que je dois finalement retourner dans l'histoire pour comprendre toute l'ampleur du terrorisme qui a été déployé et vécu ici jusqu'à il n'y a pas si longtemps puisque le KGB était encore à l'œuvre avant 1991.

Durant la Deuxième Guerre, les forces militaires soviétiques ont occupé la Lettonie à partir de 1940. Les services de renseignements soviétiques basés à Riga ont fait de cet édifice situé sur la rue de la Liberté (et oui...vous avez bien lu...) son quartier général. Il a été en opération pendant la première phase de l'occupation par les soviets, puis ensuite par les nazis jusqu'en 1945 et finalement repris par les soviétiques après la guerre jusqu'à la dissolution de l'URSS. Voici une référence chronologique qui aide à mieux comprendre: http://okupacijasmuzejs.lv/en/history-of-occupation-of-latvia/independent-latvia/

L'édifice a été fermé en 1991 mais l'intérieur qui est demeuré absolument intact depuis, a été rouvert au public en 2014 par le ministère de la culture afin d'en perpétuer le souvenir.

Inutile de dire qu'en ouvrant la porte, on fait un bond dans le passé et un quasi vertige nous prend. La boîte aux lettres en bois dans laquelle les dénonciations de ses voisins ou collègues de travail étaient placées est restée bien en place à l'entrée. Et c'est à partir de ces récoltes de renseignements que les arrestations menant jusqu'aux déportations et exécutions avaient lieu. On pouvait vous arrêter pour collaboration avec l'ennemi, pour avoir parlé contre l'état, pour votre foi religieuse, pour toute offense considérée anti-soviétique. Durant la seule période d'occupation soviétique, c'est plus de 48 000 cas dits "criminels" qui y seront traités. D'ailleurs, la jeune guide qui nous fait entrer dans la salle d'interrogatoire nous raconte le sort de son arrière-grand-père avec une émotion palpable. Puis viennent le défilé des couloirs de cellules terrifiantes, la visite de la cuisine et de la cour menant à la salle d'exécution, tout y passe me laissant un goût amer dans la bouche et la chair de poule du début à la fin de la visite. L'imaginaire fonctionne à toute vitesse...personne ne ressort de là indifferent.

En ressortant de la visite, le soleil était revenu et j'ai cru m'extirper directement d'un scénario digne des films de guerre qu'on a l'habitude de voir au cinéma sauf qu'ici, ce matin, c'était bien réel et bouleversant. La petite marche jusqu'au monument de la Liberté m'a aidé à retrouver une certaine paix intérieure et à regarder vers l'avenir....


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