Début de la deuxième étape


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Published: June 22nd 2010
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Deuxième étape (Appelons-la : l’an 2)

Dire qu’il y a moins de quatre mois nous étions tout heureux de revenir au Québec. De revoir nos enfants, les familles et les amis.
Le temps a passé si vite, et dire que nous pensions être là pour six mois. Nous avons eu un agenda très chargé; nous avons pu passer du temps avec nos enfants, nos amis, nos anciens collègues et presque toutes nos familles. Nous avons même pris le temps d’aller jusqu’à Gaspé pour participer une dernière fois au concours Science on tourne! et revoir « la gang ». Nous n’avons malheureusement fait qu’un petit peu de ski, la neige n’étant pas au rendez-vous. Nous avons surtout profité de chaque instant qui nous était donné pour être avec nos deux petits-fils, nos deux petits amours.

Nous sommes le 16 mai, 16h00, nous avions oublié cette sensation de chaleur humide… cette fois-ci la transition a été trop rapide.
En effet, ce matin à 4h00, toute la petite maisonnée chez Delphine et nous, nous sommes entassés (4 adultes, un bambin, un bébé, une poussette parapluie, quatre bagages à main et quatre gros bagages) dans la Sienna en route pour l’aéroport. Luca tout ensommeillé écarquillait les yeux en voyant les lumières et les avions qui bourdonnaient déjà à Pierre-Elliot-Trudeau pendant que Jean-Pierre et moi devions réaménager nos bagages. Nous avions pourtant tout pesé et placé stratégiquement dans les trois gros sacs et le bac de plastique; mais il semble que la balance de la compagnie aérienne soit plus sensible que celle que nous avions utilisée. Nous avons donc dû effectuer un tri sommaire en commençant par le plus lourd : livres, sirop d’érable (snif!), chaussures de course… Finalement tout mon bel ordonnancement était remplacé par un « bordel » et nous avons dû lutter pour refermer les sacs. Le bac (contenant ma belle machine à coudre toute réparée) devait passer par les bagages « hors normes ». Là, une inspection aux rayons X nous a obligé encore à tout vider; pas admis la canette de « T-9 », pas admis la canette de « contact cleaner »*… pauvre Jean-Pierre! Finalement, nous avons déposé notre précieux contenant sur le tapis roulant et c’est Delphine, notre fille, qui s’est retrouvée avec la poussette pleine des objets que nous abandonnions sur place. Après cette séance de rangement, nous sommes allés prendre une bouchée. Et 6h30 est
Dîner dans un vignoble américainDîner dans un vignoble américainDîner dans un vignoble américain

Janice et Bob, nos amis qui habitent dans les Finger Lakes, NY, se préparent à vivre l'Aventure. Ils ont vendu leur maison et partiront sur Tsamaya, un Caliber 40, en juillet prochain. Nous comptons bien les retrouver ici dans les îles l'an prochain.
arrivé trop vite, et nous avons dû quitter nos petits bouts qui nous envoyaient de grands bisous soufflés…
Choisir, c’est souffrir…
*Nous avons découvert une autre canette de T-9 en vidant complètement le bac. Elle était en parfait état. Il semble qu’elle est échappée au regard « perçant » des employés de Dorval…

Nous voici donc de retour à St-Martin. Nous ne pensions y revenir qu’en octobre, mais les plans ne sont-ils pas faits pour ne pas être suivis! Nous avons changé de compagnie d’assurance et on nous demandait une inspection du bateau. Nous devions donc prévoir un voyage pour cela; « tant qu’à faire » nous avons décidé de parier que nous aurions le temps de remettre Absaroque à l’eau et de le descendre à Grenade avant la fin de juin, avant la saison des ouragans. Voilà.

Nous logeons donc au Centr’Hotel de Marigot. Nous allons à pied au chantier ou Absaroque est déjà sorti de terre et placé sur des supports. Nous en avons pour une semaine à tout remettre en ordre et préparer la coque pour la nouvelle peinture antisalissure. Nous travaillons de 9h00 à 17h00 tous les jours. De toute façon, après 17h00, l’attaque
Robert (Bob) a des mains de féeRobert (Bob) a des mains de féeRobert (Bob) a des mains de fée

Je lui demande un bout de bois et il me fait une réplique d'Absaroque...il faut l'arrêter!
des moustiques est telle que quiconque veut passer outre cette limite met sa vie psychologique en danger… L’inspection des mâts nous oblige cependant à remplacer quelques goupilles et faire réparer le bastaque tribord qui se prenait régulièrement dans la voile d’artimon quand on l’enroulait. J’ai pris le temps de nettoyer et lubrifier les points d’attache et les goupilles pendant que JP remplaçait son fil d’antenne VHF dans le mât principal et installait les quelques marches de mâts que nous avions apportées.
Nous avons hâte de mettre le bateau à l’eau afin de diminuer les dépenses d’hôtel. Finalement, c’est le 25 mai que nous quittons l’hôtel et emménageons sur Absaroque. Les mâts sont remis en place une semaine plus tard. (Il faut savoir que nous sommes en territoire français et que les français, qui se disent dans une société laïque, suivent scrupuleusement les congés chrétiens… Ascension, Pentecôte et donc, on ne travaille que trois jours pas semaine en fin de mai) Il faut aussi mentionner la fête de l’affranchissement des esclaves le 27 mai. Enfin, « Chacun voit midi à sa porte! » Et encore plus dans les Îles.

Départ prévu pour samedi, le 5 juin. Il faut réapprovisionner et
Absaroque en modèle réduit     Absaroque en modèle réduit     Absaroque en modèle réduit

grâce à notre ami Robert Waller qui n’a pas pu résister lorsque je lui ai demandé un bout de bois pour faire un bateau… il est équipé pour tout faire et il est doué!!
en profiter pour prendre ce que, nous savons maintenant, nous ne retrouverons pas facilement (ou sera passablement plus cher) à Grenade : viniers de vin, canard confit, cassoulet, pâtés en pots, Canadou (sirop de canne), Ricard… Nous remplissons les bancs, les placards et les cales. Mercredi soir, nous soupons tranquillement en revoyant la météo, les buoyweathers et la route quand, tout à coup Jean-Pierre me dit simplement : « Je viens de me casser une dent! » Quoi? Heureusement ce n’est que l’amalgame (plombage) qui est tombé. Jeudi matin, nous partons à la recherche d’un dentiste. Celui que nous trouvons en face du Centr’Hotel en milieu d’après midi nous dit que rien n’est possible pour lui avant deux à trois semaines…!!! Devant notre déconvenue, il contacte lui-même un collègue qui accepte de prendre JP le vendredi matin à 7h45. Ouf! Nous voilà vendredi midi et tout est réparé, le compte à rebours continue. Dans la nuit de vendredi, je suis réveillée par une douleur à l’abdomen, en bas du nombril, côté droit… Appendicite? Je me lève tôt et ne me sens pas très bien; pas de fièvre, mais tout de même une inquiétude. Nous savons que nous devrons descendre rapidement, ce n’est pas le moment de se retrouver avec une urgence. Nous décidons de retarder le départ et d’aller à l’hôpital pour vérifier. Après une petite heure d’attente, le médecin prend tout son temps pour vérifier, faire lui-même une échographie, nous assurer qu’il n’y a rien là et même nous donner un petit cours sur comment reconnaître les symptomes!! Facture : 23€ . (Hum, messieurs-dames de la RAMQ, prenez note!!!)
La fenêtre est passée, nous devrons attendre la prochaine; ce sera pour le 11 juin.

Notre intention était de partir une journée plus tôt et nous rendre St-Barth, question de nous amariner un peu. Les conditions ne s’y prêtent pas et une grosse onde tropicale qui sort d’Afrique menace de se transformer en tempête; nous devrons faire vite, pas le temps pour du tourisme. Ce sera donc, en commençant le 11 juin : Charleston (Nevis), Deshaies (Guadeloupe), Roseau (Dominique), Grande Anse d’Arlet (Martinique), La Soufrière (Ste-Lucie), Bequia (St-Vincent-Grenadines) Tyrell Bay (Carriacou) et St-Georges (Grenade).

C’est mission accomplie. Le 18 juin, nous sommes amarrés au tout nouveau grand quai de la marina Port Louis de St-Georges! Toutes ces traversées se sont faites à la voile (sauf deux); Absaroque a
Notre visite avec Luca sur Kai Keiki       Notre visite avec Luca sur Kai Keiki       Notre visite avec Luca sur Kai Keiki

Pierre et Christine se préparent à le mettre à l’eau
filé à une moyenne de plus de 6.5 nœuds, des pointes à 9!! Une gîte de 15 à 20 degrés et sans pilote automatique (les voiles étaient équilibrées et le bateau se maintenait tout seul à 70 degré du vent). Nous n’avions jamais fait une si belle voile. À notre grande surprise, nos routes ont fait de beaux arcs de cercles entre les îles, tel que le mentionne Van Sant dans son très célèbre livre… (nous devons avouer que nous n’y croyions pas)

Nous nous sommes sentis comme lorsque nous faisions du canot. Après les trois premières années, nous étions fébriles (parfois nerveux) en haut d’un rapide puis, une fois lancés, les manœuvres venaient toutes seules (ou presque). Nous avions appris à « lire l’eau » et nous sentions que nous pouvions diriger notre canot et aller où nous voulions. Avec Absaroque, nous nous sentons capables de prendre les ris, de sortir et entrer de la toile sur le génois; nous sommes plus confiants face aux nuages qui se pointent et à l’interprétation des vagues. Nous savons que nous avons encore beaucoup à apprendre, mais cette année nous sommes beaucoup plus confiants envers le bateau.

Évidemment, nous ne mentionnons pas le fait que nous avons dû changer l’alternateur à Roseau (comme nous en avons deux de rechange à bord, l’opération n’a pris qu’une heure et demi…), que le dessalinisateur a rendu l’âme en Martinique (l’huile de la bielle a coulé à travers le moteur électrique…), que le presse étoupe du safran coule comme rivière quand on fait route, et que les toiles pare-soleil, confectionnées par moi-même, sont tombées en lambeaux à leur première sortie cette année…
Mais nous sommes maintenant à Grenade et nous aurons donc le temps de remettre de l’ordre dans tout cela.




Additional photos below
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Bébé Mattéo, notre petit dernier        Bébé Mattéo, notre petit dernier
Bébé Mattéo, notre petit dernier

à trois semaines, il prend son bain dans l’évier de Pierre et Christine (Kai Keiki) à Blainville!
Et voici Luca, le plus vieux      Et voici Luca, le plus vieux
Et voici Luca, le plus vieux

lui aussi dans le bain.
Deux heures après l’atterrissage à St-Martin  Deux heures après l’atterrissage à St-Martin
Deux heures après l’atterrissage à St-Martin

Absaroque est bien sorti de terre
Quel dégât!        Quel dégât!
Quel dégât!

Heureusement, nous avions mis les canettes restantes dans un bac fermé elles se sont toutes vidées…
La nouvelle peinture est mise          La nouvelle peinture est mise
La nouvelle peinture est mise

mais je trouve l’hélice encore couverte de résidus marins
Wow, cette plaque  est en cuivre!!!         Wow, cette plaque  est en cuivre!!!
Wow, cette plaque est en cuivre!!!

On ne l’aurait jamais cru. (elle sert de mise à la terre pour la BLU)


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