Chapitre 24: Good morning Vietnam !


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Asia » Vietnam » North Central Coast
December 12th 2015
Published: February 1st 2016
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L'arrivée à Dalat, ville du Sud Vietnam est très dépaysante. J'ai en effet plus l'impression d'être arrivé dans les Alpes que nulle part ailleurs. La température a chuté d'une petite dizaine de degrés, les routes montagneuses sont devenues sinueuses et escarpées, et des forêts de pins bordent maintenant la route. Avec son marché fourni et la petite rivière qui serpente un peu partout, la ville en elle même est plutôt sympa et possède un charme certain. J'y retrouve Nils et Louise que j'avais croisés au Cambodge quelques jours plus tôt.

Contrairement à moi, ils bossent en voyageant, sur un projet consistant à faire un reportage sur une action citoyenne à vertu sociale et/ou écologique dans chaque pays qu'ils visitent. Je les ai raté en Thaïlande et rapidement croisés au Cambodge, mais je les retrouve un peu plus longuement au Vietnam. Ils sont super posés, et me font marrer avec les nombreuses interrogations qu'ils se posent : ils n'ont pas encore trouvé leur "rythme" de voyage, et se posent de nombreuses questions existentielles sur la façon de conjuguer voyage et reportage. Ça me fait du bien de voir des visages connus et de parler un peu de "la maison" à savoir les lieux et les gens qu'on a en commun. Nos chemins se séparent une fois de plus alors que je mets le cap vers l'est et qu'ils s'envolent pour Hanoi.

L'étape suivante est le centre du Vietnam avec notamment Hoi An, ville ancienne posée sur la côte donnant sur la fameuse mer de Chine méridionale. C'est entre autres là où j'ai décidé de passer Noël avec une française et une polonaise que j'ai également croisées à Dalat. J'avoue que la semaine qui précède les fêtes est assez morose pour moi : même si ça reste "à l'asiatique", il y a quand même une forte ambiance de fête, avec des chants, des décorations et des Pères Noël vietnamiens. J'ai toujours fêté Noël avec les miens, et j'avoue que cette année ça fait un peu bizarre. Mais bon, généralement j'ai toujours trouvé un remède à mes coups de blues passagers : manger ! Et là j'avoue que j'ai mis le paquet. Moi qui rationne le plus possible mes repas avec mon budget ric-rac m'offre un beau dîner de Noël avec un Muay Thai, une excellente aubergine fumée avec du porc à l'ail, et conclue ce repas de fête avec une gaufre à la cannelle. J'avoue que ce n'est pas tous les jours que je peux m'offrir un festin pareil, et je le savoure d'autant plus !

La nuit de Noël est également celle de la pleine lune, qui coïncide avec le festival des lanternes de Hoi An. Les lampadaires ont été éteints dans la vieille ville, remplacés par des lanternes de diverses couleurs qui créent une ambiance onirique. La rivière est quant à elle devenue un immense tapis noir où le reflet des étoiles côtoie désormais des centaines de lanternes flottantes, points de couleurs en équilibre sur le firmament...

La dernière étape avant Hanoi et le nord est Ninh Binh, petite ville perdue dans la campagne aux immenses collines de karst, qui n'est pas sans me rappeler Guilin. Je loue un scooter et, en compagnie de deux françaises, pars à l'aventure dans la campagne. La route est vraiment désastreuse, mais on roule cependant assez vite pour faire détaler les rats qui plongent dans les rizières, affolés par notre passage pétaradant. La campagne indochinoise dans toute sa magnificence et sa pauvreté. Je m'essaie à un bol de soupe de nouilles au chien, et poursuis vers l'immense pagode qui fait la fierté de la région. Ceinturée par plusieurs temples, elle est cernée par d'innombrables bouddhas dorés (8000 si l'on en croit les numéros). La visite se termine dans une grotte d'où s'échappent des nuages d'encens, et où les offrandes aux divers bouddhas se composent de riz enveloppé dans des feuilles de bananier, de fruits et de gingembre, de thé et de canettes de coca.
L'Asie dans toute sa splendeur.

Arrivé à Hanoi, j'atterris dans une immense auberge plutôt industrielle. Cela a ses avantages avec son petit dej énorme inclus et des bières gratuites de 7 à 8 heures, mais je n'accroche pas forcément avec mes colocs qui ont pour but de "get hammered and score some Asian chicks". Pas franchement ma philosophie de voyage, je me vois donc mal passer nouvel an à l'hôtel qui a pourtant toute une soirée de prévue. J'opterai plutôt pour une alternative qui me fait plaisir, et vais me regarder le dernier star wars... en 4D.

J'accroche immédiatement avec Hanoi, bouillonnante métropole asiatique aux scooters innombrables et aux nids de câbles électriques. Elle semble moins moderne, plus traditionnelle (presque plus chinoise dirais-je) qu'Ho Chi Minh, sa jumelle du Sud, plus occidentale.

Le lac de jade, les petites rues, le marché immense où s'échangent les épices et les étoffes, les fruits et les phos. Innombrables également sont les cafés et les bars où, de jour comme de nuit, les gens viennent par centaines se poser en terrasse autour d'une bia, à refaire le monde en grignotant des cacahuètes.

Départ le lendemain pour la fameuse baie d'Halong. Difficile de faire autrement que de réserver une croisière touristique, aussi me voilà à bord d'une jonque en compagnie d'une quinzaine de touristes. Cette fois ci, j'ai de la chance et accroche bien avec pas mal d'entre eux. La "croisière" en elle même est une blague, mais le paysage est véritablement à couper le souffle.

Une fois les amarres larguées, la jonque se fraient un passage au milieu des immenses collines aux formes diverses et variées qui semble émerger de dessous la mer. Au point de se retrouver perdu au centre d'un immense labyrinthe bleu cerné de toutes parts par ces gros cailloux. Le "guide" ("I'm Kim, but my friends call me Kim ASEAN. Cause I'm an Asian Single Especially At Night"), est assez improbable, ce qui nous rapproche les uns des autres. Après une nuit passée à dormir sur la jonque, au beau milieu de la baie, le soleil se lève sur nos yeux fatigués. Qu'à cela ne tienne, on enchaine direct en grimpant à bord d'un kayak, et me voilà parti avec Zvonimir, mon poto croate à l'aventure. On s'enfonce encore plus profondément jusqu'à se retrouver absolument seuls au milieu des massifs rocheux. Des arbres poussent dans l'eau qui est d'un calme absolu, et le silence n'est troublé que par les cris des aigles qui tournoient au dessus de nos têtes. Alors que le soleil se lève au dessus de la cime de la colline principale, je savoure ce nouveau moment magique.

Je rentre à Hanoi et retrouve les deux vietnamiennes qui m'ont vendu les tickets pour Halong.

J'avais bien accroché avec Huong- aka Perfume (ça passe), et Yen- aka Bus (déjà moins bien), qui bossaient à l'agence de voyage, et m'avaient proposé de me faire visiter la ville avec elle. Me voilà donc maintenant à faire du tourisme à la vietnamienne, c'est à dire à s'extasier et prendre des milliards de photos de tout et n'importe quoi. On s'arrête un instant dans une espèce de foire où elles voient des balles de tennis. Une brève discussion, un grand sac plastique posé sur le sol, et les voilà à m'apprendre des jeux de cours de récré vietnamiens. Bien entendu, un white boy qui s'escrime avec des baguettes et des balles de tennis, ça attire les curieux, et nous voilà maintenant entourés de toutes parts par des passants qui se joignent à nous. C'est comme ça que l'on rencontre Estelle et Maarten, une française et un belge qui passaient par là, et avec qui on a sympathisé. Quelques dizaines de photos plus tard, nous voilà tous les cinq autour d'une table à partager un repas et à trinquer à la vietnamienne pour l'anniversaire de Huong.







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