Vallée de l'Orkhon 2, Mongolia (Yak Festival ou Le Festin de Marmotte)


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Asia » Mongolia » Orkhon Valley
August 1st 2019
Published: August 1st 2019
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23 juillet



Pas trop loin du camps de yourtes où l'on s'est arrêté pour nos deux dernières nuits, un "Yak Festival" s'organise aujourd'hui, réunissant les nomades et les villageois des environs.

Décidément, je m'attend à y voir des yaks mais je n'en sais pas plus au moment du départ de notre van russe.

Sachant d'avance que l'événement avait lieu, notre Tour au départ d'Oulan-Bator s'est tricoté de manière à pouvoir y assister en matinée.

"What's the Yak Festival?" que j'avais alors demandé à Nyamka la guide,

sur quoi elle m'avait tout bonnement répondu "Yak".

Tout ça fait du sens.

...



La fourgonnette approche d'un large champs dans une vallée bordée d'un cours d'eau sale.

"Biggest river in Mongolia. Water comes from Baikal Lake in Russia" que nous précise alors Nyamka.



Beaucoup de véhicules y sont stationnés en rang d'oignons: quelques vans russes comme la nôtre, et puis des dizaines de VUS et de 4X4 aussi.

Un chapiteau central sépare un terrain vague, presqu'une arène, à un demi-cercle de voitures stationnées de reculons.

Coffres arrière ouvert, des marchands ambulants y vendent des boissons sucrées et du chocolat, de la camelote chinoise et des habits traditionnels colorés que s'empresseront d'essayer les nomades sans sourire.

De petits jeux de fête foraine y prennent place aussi, invitant les gamins à crever des ballons avec des dards

ou à participer à des tirages où ils pourraient gagner des bouchées de gâteau au caramel.



Une femme serrée dans une redingote jaune (deel) actionne soudainement son chant, accompagné du coup d'archet piaulant d'un des musicien des environs.

Ce sera la coup d'envoi des célébrations ça.



Beaucoup de touristes apparaissent alors autour de l'arène: des citadins et pas mal de groupes de voyageurs comme nous aussi.

Le rassemblement détonne sur l'immensité désertique de la steppe.

Il y a maintenant presque plus d'humains que de chèvres dans les alentours,

c'est pas peu dire.



On applaudit tous poliment les mots incompréhensibles du présentateur tandis qu'à la diagonale d'une colline, des cavaliers rapprochent un troupeau de yaks confus vers le public.

Les bêtes apeurées s'énervent alors qu'on les dirige dans l'enclos formé par la foule.

Un simple mouvement des bras leur font faire demi-tour, d'un côté puis de l'autre:

ils sont clairement prit au piège.

Paniqués, les yaks se mettent alors à tournoyer en moulinet dans l'arène.

Si on arrivait à les traire à ce moment-ci, les mongoles feraient certainement le meilleur des beurres fouettés du Pays.



Un par un, les cavaliers les attrape au lasso, d'un jet lancer dans le lot,

swoooop, celui-ci par le cou

et puis swoooop, l'autre par une patte.

Et swoooop, du premier coup maintenant: celui-là a gagner son pari.



Retenant les yaks à plusieurs, ils laisseront les plus téméraires grimper sur les animaux

avant de détacher les bêtes sous le regard ahuri de la foule.

Rodéo: les yaks n'aiment pas se faire chevaucher.



Plusieurs cavaliers réussissent leurs manoeuvres, sous les Ho! et les Ha! des spectateurs

jusqu'au moment où l'un des cowboy inexpérimenté (un stagiaire j'imagine) perd son emprise sur la crinière,

virevolte comme un vieux chiffon

et puis se retrouve sur le sol, cassé, piétiné et inconscient.

Pas d'ambulance, pas de médecin, le corps du gladiateur sera retiré de l'arène comme ça, sans civière, tiré hors de vue pour que puisse continuer le spectacle.

Solide commotion cérébrale (ou pire), le guerrier anéantit prendra plusieurs longues minutes à se ré-allumer dans l'ombre.

On ne le reverra plus de cette histoire.



Un à un, les yaks sont ainsi chevauchés et puis relâchés

pour qu'ils puissent retrouver le calme du troupeau maintenant bien éloigné des projecteurs.

Clairement, les yaks n'aiment pas particulièrement ce Festival.



Concours de tire à l'arc et lutte mongole protocolaire sur de la musique de guerre et de victoire: le Yak Festival sera finalement un condensé culturel présentant exactement ce que j'espérais trouver en venant dans ce Pays.

Ce sera certainement l'un de mes points forts de ces semaines passées en Mongolie.

...



Ce soir, on établira notre campement tout près d'une rivière brouillée par la glaise.

On dormira en tentes cette fois, quelques touristes réunit.



Le ciel au loin annonce une violente tempête.

Une trainée de pluie voile les collines à l'horizon, précédée de grondements et d'éclairs.

On devra s'y faire: on ne choisit pas sa température en camping.



Avant l'orage, au coin du feu, Mr.Happy et un autre chauffeur se prépare un repas de marmotte qu'ils ont reçu discrètement d'un ami.

Avec un chalumeau, ils brûlent la toison de l'animal en raclant sa peau roussi avec un couteau de chasse.

Il est strictement interdit de manger de la marmotte en Mongolie: les deux lardons risquent un 6 mois de prison qu'on me précise alors que je leur demande si je peux prendre une photo du trophée.

Ma demande pour immortaliser le moment sera rejetée.

Tous les éléments de preuve seront détruit et l'arme du crime presque jetée à la rivière.



Comme prévu, le ciel s'est effondré sur nous.

Nos tentes ont tenus le coup.

Sous une bâche retenue entre les deux fourgonnettes, les chauffeurs ont festoyé dans la tempête.

Un festin de marmotte sous la pluie et voilà que Mr.Happy est content.

Je l'entend sourire du creux de ma tente secouée par l'orage.



Etienne X



Note à Moi-Même:

C'est délicieux de la marmotte. Ça goûte entre le porc et le cheval.

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