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Asia » Laos » West » Luang Prabang
March 29th 2019
Published: March 29th 2019
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LES PLAISIRS MINUSCULES



Vincent Delerm a commis avec bonheur sa « première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules » expression des petits plaisirs de la vie sous forme de courts chapitres, formule qu’il a surutilisé par la suite jusqu’à l’overdose. Reste que ce premier bouquin, surprenant, était bien jouissif et étonnant de justesse. Ces moments de plaisirs souvent infimes et intimes enjolivent le quotidien, brillent les pupilles, ravissent les papilles, réjouissent les ouïes et frissonnent les épidermes. La vie sans eux serait certainement triste. Trop futiles, les plaisirs minuscules, fort éloignés du CAC 40, des complexes relations internationales ou de la crise bancaire, provoquent sans doute les dîners mondains prompts au dédain et à la condescendance. Voyager, c’est aussi s’offrir ces plaisirs simples tout petits, minuscules à retourner les sens et resurgir les émotions. Sans toujours le savoir, on vient les chiner aux stands de l’Orient. Ils ne sont pas toujours identifiables bien que nombreux et finalement incessants, compagnons insassiables, évidences exotiques. Ils équilibrent parfois les contraintes administratives, temporelles, religieuses… parfois incompréhensibles… Il me semble que la balance penche nettement en faveur des petits plaisirs en Asie du Sud-Est, tout au moins pour le touriste-voyageur-vacancier-excursionniste, profiteur du meilleur. Voici un échantillon
- Prendre l’habitude de se déchausser avant d’entrer dans un temple, une maison, une boutique… prendre contact avec la terre, toucher le sol pour mieux élever l’esprit. Question d’hygiène et de pureté, on en sort pourtant la plante des pieds noirs, prêts à l’échange des mycoses et autres verrues… et alors, Bouddha veille 😊 Ou alors c’est brûlure garantie sur quelques revêtements en plein cagnard. Celui ou celle qui a confondu la visite des temples avec une journée de trek aura à se délasser puis se relasser… inlassablement. Mais au-delà de ça, quel plaisir.
- Se faire faire un massage, lao ou thaï, une heure à peu de compte (60.000 kips ici – 6 € pour une heure). Quel régal d’abandonner son corps à d’expertes mimines suivant un processus précis et approuvé par une science millénaire, bien adaptée pour autant au commerce du plaisir (sage). Cela relève parfois d’un masochisme consenti, les dents serrées au passage appuyé sur certains endroits, l’arrière des mollets pour moi. Ca fait rigoler la minette la plupart du temps.
- Se balader en scooter au bord du Mékong, les cheveux (sous le casque) au vent chaud de la soirée, les lampions s’illuminent petit à petit de part et d’autre, quelques bateaux font vaciller leur lanterne, les serveurs des restaurants commencent à s’affairer. Le Mékong borde tout un côté de Luang Prabang, quel régal donc cette ville, très religieuse, très belle, très protégée et très touristique. Il y en a pour tout le monde.
- Mettre plein d’eau dans la salle de bains, c’est permis, on ne peut d’ailleurs faire autrement. La plupart du temps, les salles de bains des guesthouses sont des carrés de bains qui comprennent le wc, le lavabo et la douche. En fonction de la dimension et de l’ingéniosité du concepteur, chaque accessoire est protégé de l’eau ou en est complètement aspergé. L’écoulement général se fait par le sol, ce qui est pratique pour le nettoyage, un coup de jet, et hop, au suivant… Attention aux glissades…
- Manger une banana pancake au petit déjeuner. Souvent réussies, bien gonflées, arrosées de miel à volonté, cuites avec les morceaux de banane incorporés ou le plus souvent recouvertes du fruit, elles calent pour un moment. On les trouvent quasiment partout en Asie du Sud-Est, là où le touriste pointe son nez, mais n’en sont évidemment pas originaires. Les ricains les auraient-ils apportées avec leurs bombes suffocantes lors de la guerre du Vietnam ? C’est une hypothèse tout à fait personnelle.
- Dire sabaidi avec le sourire, c’est un réflexe accepté spontanément par les interlocuteurs et renvoyé de la même manière. Ici on est poli Madame, on sait accueillir et ne pas montrer ses différences. La pratique du bouddhisme aide à l’éducation et au respect des autres. L’étranger n’est pas accueilli que pour ses pépettes (mais ça aide), lorsque c’est possible et lorsqu’il est en confiance, le laotien interroge, est curieux. Sauf s’il est contraint économiquement, il ne viendra jamais chez nous. L’intérêt des guides parfois est dans cet échange.
- Manger pour rien, ou à peine, mais bien tout de même. Le Laos est un peu plus cher que la Thaïlande au niveau de la nourriture, des transports et de la location des scooters, mais moins pour les hébergements. Cela demeure évidemment accessible si l’on considère nos standards inflationnistes, le rêve des comptables. Un tour au night market, on s’en sort pour quelques euros sans se restreindre, boisson comprise. Mon excellent pineaple shake, pendant que j’écris, me coûtera 12.000 kips (1,2€). Une petite bière de 33cl est à 12.000 kips au café, sa grande sœur de 65cl est à peine plus chère (15.000 kips). Elle attire de ce fait bon nombre de gosiers assoiffés. L’économie ne se fait pas au détriment des saveurs ni de la variété. Miam miam les morning glory (liseron d’eau) cuits, les algues séchées du Mékong découvertes récemment, les laap beef ou pork au senteurs de citronnelle, d’excellentes saucisses étonnamment, les légumes, les nouilles, le riz, bref quel menu
- Sympathiser avec d’autres voyageurs. C’est parfois quelques minutes, ou bien le temps d’un trajet ou plusieurs jours, des moments courts, donc intenses, en tout cas réjouissants le plus souvent. Les voyageurs sont bienveillants entre eux, quel bonheur. Et chacun repart dans sa direction, à la poursuite de ses projets, ce qui était prévu. Ou bien on se déroute pour accompagner ou rejoindre, on se donne rendez-vous plus tard, on s’informe parfois d’où on en est. J’aime cette temporalité, ces parenthèses où rien n’est obligé, rien n’est espéré ou attendu. Il y a en plus, parfois, ces envies communes qui se disent ou se fantasment, ce sont les meilleures. Le voyage est l’école de la bienveillance, je suis comblé.
- Manger des gambas grillées les pieds nus dans le sable en regardant le soleil se coucher. Je vous laisse imaginer…
- Regarder la petite araignée qui court sur ses huit pattes le long de mon écran pendant que j’écris. Je n’en ai jamais vu de similaire. Elle a un museau (terme approprié pour l’araignée ?) rouge et le corps tacheté de gris. La voilà qui court sur le fil de ma mémoire, haha, une araignée au cerveau ! Je contemple et la laisse aller rejoindre sa famille. La contemplation est un plaisir pas si minuscule…



DEVINETTE
Quatre intrus se sont glissés dans cette liste de villes laotiennes. Sauras-tu les reconnaître ?
Luang Prabang – Lalang Daysing – Muay Sing – Ousonh Maytong – Nong Khiang – Caykhan Lgangbang – Vang Vieng – Lajong Tang – Vieng Chiang



ITINERAIRES

LUANG PRABANG
Luang Prabang est sans conteste la plus belle ville du Laos, elle emporte la palme sans discussion. Inscrite au Patrimoine de l’UNESCO, elle est ultra protégée. Evidence touristique pour qui vient au Laos, elle est accueillante et pleine de charmes. Elle est une péninsule au confluent de la Nam Khan et du Mékong, elle se donne un air d’île. Les mathématiciens dénombrent pas moins de 80 temples, la plupart sont sublimes et 300 structures d’hébergement. Il faudrait compter aussi les jolis restaurants en son centre, les quelques instituts de massage, les boutiques d’artisanat … et puis aussi toute cette vie qui permet un commerce florissant en haute saison et les constructions qui continuent. Les bus sont interdits de traversée, les constructions ont deux étages maximum, l’ensemble est homogène, les anciens bâtiments coloniaux sont pour une fois maintenus en état et investis. Bref… le bonheur, d’autant que, la haute saison étant sur sa fin, la fréquentation touristique est acceptable.

Hôtels : Réservé sur Booking pour les trois premières nuits au Mano Guesthouse (11 €), très propre et classique, chambre correcte et gentillesse de l’accueil, petit déjeuner classique (omelette, toasts, etc.) un peu lassant. Dans cette ville charmante, j’ai souhaité prolonger mon séjour d’un un hôtel de charme, ce qui ne manque vraiment pas à Luang Prabang. J’ai visité et choisi la Villa Rattanakon pour 170.000 kips en direct (17 €), chambre immense avec vue, grande salle de bains avec baignoire, clim, assiette de fruits et jus d’accueil, larges sourires et compétences du personnel, aucun tracas d’enregistrement et petit déjeuner d’enfer. Choyé. En cette saison (mars), vraiment inutile de réserver à l’avance et de payer 20% de frais à Booking, il y a de la disponibilité partout. Mon dernier choix s’avère parfait car il faut souvent considérer que pour dix euros, le petit déjeuner n’est pas compris, ou bien basique. Un bon petit déjeuner (continental) est assez cher quand pris séparément (4 à 5.000 kips), donc l’un dans l’autre… On peut aussi se passer de petit déjeuner ou manger des nouilles.

LES MORNING ET NIGHT MARKET
Bien différents, si ce n’est leur moment (haha). Le Morning Market s’installe très tôt (6h) dans une longue ruelleparallèle à la rue principale. Essentiellement alimentaire, comme d’habitude tout est exposé sur le sol. Les locaux viennent s’approvisionner. Pas mal de touristes perturbent un peu. Ils reviennent peut-être de la chasse aux défilés de moines en quête de leur pitance du matin. Personnellement, je n’en ferai rien, j’ai déjà vu, et ici, cela ressemble à une attraction touristique qui me dérange. Il paraît que les chinois, modèle d’irrespect s’il en est, les photographient de si près qu’ils peuvent compter les points noirs. Beurk !
Le Night Market, lui, est résolument dévolu aux touristes. Les stands d’artisanat, tissus, pochettes, pailles en bambou, objets en aluminium des bombes larguées sur le Laos par les américains de retour du Vietnam, vêtements ethniques, magnets, etc. des choses plutôt jolies en général.

LES TEMPLES
Ils sont très nombreux. J’en visite quelques-uns qui se présentent au cours de mes promenades, sans que ce soit obsessionnel. Je les trouve tous beaux, parfaitement entretenus (les novices sont chargés de la peinture), je ne m’en fait pas une overdose. On y trouve une constante sérénité, c’est ce qu’il faut. En se baladant de l’autre côté de la Nam Khan, c’est encore plus calme, des airs de campagne. Au hasard, le Wat Xieng Thong, le Wat Sene Soukharam, le Wat Maï, etc. Pour ma part, les noms m’importent peu, il y en a trop, je les oublie de toutes façons, ni même les détails, mais l’atmosphère de calme sans être d’un recueillement obligé, ça, j’adore.
GROTTES DE PAK OU
J’embarque Juliane sur mon scooter. Juliane est une belge trentenaire rencontrée à Muang Ngoy, où nous étions voisins de bungalows. Juliane a quitté Namur il y a trois mois, l’impression de ne plus avancer dans sa vie et professionnellement, besoin de break, déceptions amoureuses peut-être. Bref, il fallait que ça bouge avant que l’ennui l’achève, sinon… Elle s’embarque pour une année, moins sans doute, tant que les réserves tiendront et jusqu’à ce que l’esprit soit nettoyé intégralement. Juliane ne perd pas son temps, au bout de quinze jours en Thaïlande, elle rencontre l’amour de sa vie, dans un train, un français en vacances, qui est déjà revenu la voir, et reviendra bientôt. Une jolie histoire, assez agaçante tout de même 😉. Une trentaine de kilomètres en scooter, route assez quelconque, il est sans doute préférable, pour cette excursion de profiter du slow boat collectif depuis Luang Prabang. Mais journée très agréable en belgitude, déjeuner au bord du Mékong… Par la route, il faut s’arrêter au bord du fleuve et se faire transporter en bateau de l’autre côté. Les grottes de Pak Ou sont enclavées dans la falaise, lieu de dévotion, les habitants apportent des statues de Bouddha, le lieu en regorge donc. C’est agréable, une bonne occasion de sortir de la ville. Un désagrément provient de gamins guenilleux et insistants qui brandissent de petits oiseaux dans de toutes petites cages en bambou et demandent de l’argent pour les libérer (et les rattraper sans doute ensuite pour les remettre en cage et pleurnicher auprès d’autres touristes naïfs). Chantage à l’attendrissement odieux.
TAD KOUANG SI
Une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Luang Prabang en longeant parfois le Mékong, se trouvent les extraordinaires chutes Kouang Si. L’eau se jette successivement dans plusieurs bassins couleur jade. On peut se baigner dans deux bassins. La montée au niveau de la source visible est assez ardue, on y transpire et, dans la descente, on se régale des essoufflements de façon assez sadique des personnes qui montent 😊 mais vaut le coup. Pas trop de monde contrairement à ce que je craignais. La route qui y mène est très jolie, verte, arrêt café (vraiment pas terrible le café (soluble) au Laos), déjeuner au bord du Mékong à nouveau.
TAD SAE / MONT PHOUSI
En comparaison avec les précédentes, ces chutes sont décevantes. Route d’accès pas sympa du tout (travaux et camions), pas super bien indiquée, et la saison n’est sans doute pas propice, pas assez d’eau, ce qui ne m’empêche pas de m’y baigner. Il n’y a personne. Ils le savaient donc ! Il faut prendre un bateau pour traverser la Nam Khan pour s’y rendre juste en face. Au retour, je ne vois pas la bifurcation vers la Tad Thong, tant pis, j’irai prendre mon temps en ville. Je zappe le Royal Palace Museum qu’aime beaucoup le Routard, mais les horaires très raccourcis du lieu ne s’accordent pas aux miens. En revanche, je ferai la montée du Mont Phousi, au milieu de la vieille ville, où, par temps clair, on a une vue à 360° sur la ville et la campagne environnante. Point positif, j’arrive après les chinois (17h) qu’on a rembarqués dans leurs minivans, donc peu de monde. En revanche, cette saison des brûlis agricole est vraiment pénible, l’atmosphère est irrespirable aujourd’hui, il fait très chaud (38°) et le smog est dense, les yeux piquent. Cet endroit du monde est parmi les plus pollués de la planète au mois de mars ! Il y a bien longtemps que je n’ai pas vu un franc ciel bleu.
Je me lâche un peu, question nourriture, à Luang Prabang. Excellents restaurants de tous poils, pâtisseries, je craque presque pour une vraie baguette qui m’a l’air bien croustillant. Les vins (Nouveau Monde ou Italie et Espagne) ne sont pas mauvais du tout. Mes acquis diététiques d’Inde fondent en quelques jours ici !

PHONSAVAN ET PLAINE DES JARRES
Située à 260 kms au sud-est de Luang Prabang, Phonsavan est atteignable en huit heures de bus sur une constante route de montagne sinueuse et assez mauvaise parfois. Le paysage est cependant magnifique quasiment de bout en bout. A flanc de montagne les pentes paraissent vertigineuses et le vert est omniprésent. Des travellers s’y arrêtent avant de rejoindre le Vietnam D’autres, comme moi, s’en servent de point de base pour la visite de la Plaine des Jarres. Peu de touristes, mais pas mal de guesthouses, quelques restaurants corrects et bars pour finir la soirée (mais ce n’est jamais tard ici). La ville n’a rien de remarquable, elle est cependant agréable et aérée. Elle est marquée (et le fait savoir) par les millions de bombes larguées par les américains durant la guerre du Vietnam. Autorisés par le Roi de l’époque, auquel ils ont promis je ne sais quoi, les américains avaient la possibilité de survoler le ciel laotien depuis la Thaïlande pour déverser leurs bombes sur le Vietnam du nord. La météo ne le permettant pas toujours, les avions rebroussaient chemin et, pour s’alléger et éviter les risques inutiles à l’atterrissage, larguaient tranquillement leurs bombes inutilisées sur le Laos qui n’avait rien fait ! C’est la version officielle. Une autre serait un bombardement conscient en appui aux exactions terrestres du roi… Quoiqu’il en soit, le Laos est le pays qui a été le plus bombardé au monde, ce que l’on ne sait pas. On considère que pendant neuf ans, un bombardement a eu lieu sur le Laos toutes les huit minutes, non-stop 24h/24h. On considère également qu’un tiers de ces bombes n’ont pas explosé, les avions volant trop bas. Encore maintenant, des zones sont dangereuses et les accidents sont quotidiens, tués et estropiés…

Je rencontre deux jeunes belges dans le bus, Melisa et Danny, une russe aussi, mais qui s’évanouira je ne sais où. Pour la première fois de mon voyage, il pleut vraiment et l’air est plutôt frais. Mon intention de visiter la plaine des jarres en scooter demain se rafraîchit, de concert avec la météo. Je me joins au tour proposé par le manager de la guesthouse pour 28€ puisque nous sommes trois. Outre le plaisir des échanges avec les belges, j’aurais mieux fait de suivre ma première intention, la météo s’avérant clémente, et l’air étant nettoyé par la pluie de la veille, et c’est tout à fait faisable. Kong, notre guide, est très bien, sympa, mais a le défaut d’un défaut de prononciation et je passe une journée épuisante à me concentrer pour comprendre ce qu’il raconte. Il est très impliqué par l’affaire des bombardements américains et fourmille de renseignements. Par moments je m’éloigne pour être au calme !
Plusieurs sites aux alentours contiennent d’immenses jarres en pierre datant de Mathusalem, ou même avant, semblant être tombées du ciel. On ne sait trop leur origine ni leur destination. Offrandes ? Monuments funéraires ? No se. Kong nous abreuve de théories personnelles, assez farfelues…

La Kongkeo Guesthouse (Kong et son frère Keo) est assez bien pour son espace commun où un feu de bois crépite en permanence dans une grande bombe coupée en deux. Tout est bon pour nous rappeler que les ricains ont tiré la bombinette… En revanche, pour 100.000 kips (10€ - 130.000 kips via Booking) sans petit dej et minimicro salle de bains, c’est assez basique. Mais je dors très bien quand même. Une chambre à la Nice Guesthouse recommandée par le Routard est à 80.000 kips, et a l’air très bien. Tour à l’un des marchés de la ville, je tombe sur une bassine remplie de petits volatiles déplumés et gluants (poussins ? oisillons ?). Avant le petit déjeuner, ça assure…

Kong nous accompagne à pieds vers la station des minivans et nous fait l’accolade à chacun. Et la langue dans l’oreille aussi ? Direction Viang Vieng au sud pour 6 heures de trajet somptueux encore.


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