Leaving Bali ( Nyepi Day ou Le Dernier Vol de Denpasar )


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March 29th 2014
Published: March 31st 2014
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28 mars

(A Senggigi, Lombok)



Mon cadran sonne alors qu'il est 8h00AM.

Je pose le pied hors de mon lit et, sursaut, une enorme coquerelle se met a traverser ma chambre diagonalement comme surprise par mon reveil alarme.

Une belle bete hypocrite et bien nourrit.

Damn.

Me voila donc a decouper une bouteille d'eau de plastique en deux, et a me servir du dessous pour attraper l'horrible salete.

En bobette.

Ouaip.

C'est d'un chic!

Je reussit rapidement a l'enfermer sous le gobelet transparent.

Et voila!

Elle n'avait qu'a etre plus discrete.



Je vais sous la douche et, alors que je m'eponge au sortir de la salle de bain, je m'apercois que le gobelet renverse est maintenant vide.

Aucune trace de la coquerelle.

Disparue. Volatilisee.

Comme dans un film d'horreur de serie B.

Saletee.

C'est que ca traverse les murs les coquerelles!





Je quitte enfin Senggigi en bus... et me rend au traversier qui me ramenera a Bali.

Les tapis couverts de puces sont absents dans le bateau: autre compagnie, autre facon de faire.

Il y a une seule piece climatisee cette fois. Mais il semblerait que l'acces est interdit aux Foreigns (?). On nous bloque l'entree.

Les autres touristes acquiescent et s'eloignent vers le pont comme apeures par la salle refrigeree qui s'emplit tranquilement d'indonesiens.

Bon.

Je me dis que ca ne fait pas de sens que les touristes comme moi doivent se les cuire sur le pont.

Tant pis: j'entre dans la salle quand meme comme un voyageur local.



Un jeunot ayant trois poils au menton m'exige de payer une taxe (!) de 1$ pour acceder a la salle convoitee.

Bon.

Mais personne ne semble payer aux alentours.

Sauf moi.

Je souris.

Je debourse, et je souris.



J'entre donc dans le congelo matelasse alors qu'on m'observe.

Je me pose, allonge sur le sol, aux cotes d'un vieux paysan squelettique au visage qui semble avoir trop expire.

Le jeunot qui taxait a l'entree quitte bientot la piece. Je l'ai observe faire le tour des passagers... avec un panier de grignotines. Ce n'etait qu'un vendeur ambulant finalement qui a trouve un petit tour de passe-passe pour s'enrichir.

Voila.

Il n'y a jamais rien de totalement clair ici. Et il faut parfois user de jugeote.



Je passerai donc ce 4 heures, bien au frais, corde avec les indonesiens endormis sur le plancher moelleux de l'estomac du traversier vers Bali.

(Bon. "L'estomac du traversier"... je devrais certainement changer la metaphore moi je dis. C'est que mon "estomac" a occupe beaucoup trop de place dans ma vie ces derniers jours! On dirait maintenant que tout est devenu stomacal!)

...

Je sort du bateau frais et dispo alors que je retrouve les autres touristes sans sourire, reluisants de sueur.



Je m'eloigne du port et me retrouve encore une fois dans un bus... pour mon dernier 3 heures de route vers Kuta, Bali.

Ouf.

Je n'aurai pas compte le nombre total d'heures dans les transports... mais je vous avoue que ca en fera pas mal depuis mon atterrisage en Indonesie.



Je me pose enfin au Prawitta Garden Hotel de Kuta epuise.

Double bed with fan.

On m'a donne la cle de la meme chambre qu'a mon arrivee a Bali le 2 mars dernier.

J'y retrouve la meme douche fuyante, la meme fan poussiereuse... et j'y retrouve aussi la meme foutue coquerelle que ce matin a Senggigi, Lombok.

Prestidigitation.

C'est que ca voyage dans le temps et l'espace les coquerelles!





29-30 mars



Apres avoir passe une autre journee complete a Kuta, je me prepare maintenant a quitter l'Indonesie.

Mon "Visa on Arrival" de trente jours tire a sa fin.



Ca fait quelques temps que je prepare ma sortie du Pays.

C'est qu'aujourd'hui, c'est la fete a Bali.

Des sculpteurs ont decoupes d'imposantes statues dans du styromousse qu'ils baladeront dans les rues au courant de la soiree. Ca fait des semaines voire des mois qu'ils preparent leur coup.

Fete nationale chez les hindous indonesiens.

Demain, le 31 mars, ce sera Nyepi Day: le jour du silence.

Tout s'eteindra a Bali.

Tout.

Les commerces seront fermes... les restos seront fermes... aucun acces aux rues ne sera possible (!)... puis l'electricite sera coupe aussi (!)... et l'aeroport fermera ses portes pour 24 heures.

Tout s'eteindra je vous dit.

Le hic, c'est que mon vol de Denpasar, Bali vers mon escale a Adelaide, Australie est justement du pour le 31 mars 2014 a 00h20.

"No possible. Nyepi Day" que j'ai passe le dernier mois a me faire dire.

"Airport close on the 31 of march. Nyepi Day".



Et je fais comment pour partir d'ici alors?



Apres maintes verifications, mon vol semble encore et toujours confirme.

Bon.

D'accord.

Je me rendrai a l'aeroport donc.

...



Il est maintenant 17h00... et la foule grandit dans la rue devenue pietonne devant mon hotel a Kuta.

"Go now if you want taxi" que m'a dit la jolie balinaise derriere le comptoir de la reception du Prawita.

"Later no possible if go to airport"

Damn.

Je quitte donc sans plus attendre l'hotel a pieds, lourdement ralentit par mes bagages et par la dense foule de la Legian Road.



Apres quelques coins de rues, j'atteint finalement (et heureusement) un taxi... que m'a montre un groupe de policiers qui s'appretait a fermer une autre rue aux vehicules.

"You're lucky" que me dit le chauffeur aux grains de riz fixes entre les yeux.

"The taxi company have 1000 taxis. Now only 100 in the streets of Bali. Soon no more".

C'est qu'effectivement, les rues se vident a Bali.

Il y aura une parade, et puis la fete... et puis plus rien dans les rues.

Mort pour un 24 heures de silence.

Nyepi Day.





Je debarque a l'aeroport internationale de Denpasar et, apres avoir paye la "surcharge" au chauffeur de taxi sur le point d'etre en conge, j'entre dans la grouillante fourmiliere desorganisee.

C'est que je ne suis pas le seul voyageur a partir tout juste avant Nyepi. Partout, les vacanciers sont allonges le long des facades de bois cachant de majeures renovations. Il y a de toutes evidences un important manque de bancs dans l'aerogare.



Je n'ai pas souper.

J'ai faim.

Tout le monde a faim.

Il n'y a qu'un seul maigre restaurant ou tous les voyageurs tentent de s'infiltrer.

Coup de chance! Je m'y faufile de peine et de misere et me colle a un bout de table qui vient tout juste de se liberer.

Et puis j'attend.

Absence de staff.

Je reussit enfin a apercevoir une jeune dame qui nettoyait son comptoir sous son hijab rose qui l'a rendait assurement invisible (comme Frodo Baggins).

Je lui fais signe.

Elle s'approche.

"No more food. Only soft drinks(!)" qu'elle m'apostrophe.

Voila.

Nyepi Day approche.



Je me trouve donc un coin de mur, celui a cote du groupe de Koreens qui joue aux cartes, et je m'ouvre un paquet de "chocolat chip cookies" pour souper.



Gate open. Boarding. Last call.

Tranquilement, les terminaux se vident.

Au loin, des petards explosent dans la nuit.



Je passe de pieces en pieces dans l'aerogare, patientant sur les planchers ou jonchent le plastique des sacs de chips et les canettes de biere Bintang vides que les vacanciers ont calles avant leur vol.

Pour les australiens, Bali (particulierement Kuta) est l'equivalent de nos Cuba, Republique et Yucatan reunit. C'est de la plage et de la beuverie a bas prix. Et ca peut s'etirer jusqu'a la derniere minute avant l'embarquement tout ca.



"Gate open" pour mon vol vers Adelaide, Australia.

Enfin.

J'aurais ete plutot embete si, pour je ne sais quelle raison, mon vol n'avait pas eu lieu. J'aurais ete reellement emmure ici, dans l'aeroport vide de Denpasar... sans la moindre chance d'en sortir pour un silencieux 24 heures.

Ouaip.

Il n'y a pas un roman de Stephen King qui commence comme ca donc? Ou un film de zombies post apocalyptique peut-etre?





J'embarque donc dans l'avion Virgin Australia avec les bronzes et les camisoles qui terminent pompettes leurs vacances.

Il est plus ou moins minuit et demi.

Je transiterai a Adelaide dans a peu pres 4 heures.

Il sera alors 7h30AM en Australie.

Courte nuit.

Au meme moment, a Bali, tout sera fige dans la totale noirceur du silence.

Nyepi Day.



Je suis dans le dernier vol partant de Denpasar.



Etienne X

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