Chapitre 18: Indonésie, fin de parcours au ralenti.


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Asia » Indonesia » Bali » Lovina
November 10th 2015
Published: December 9th 2015
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Après l'ascension du Batur, et mes aventures plus mouvementées que prévues aux Gilis, j'ai décidé d'explorer la partie est et nord de Bali.

Cela tombe bien, on rencontre une indonésienne et une coréenne qui s'y rendent également, ce qui fait qu'avec James -et Max, son nouveau pote arrivé la veille- nous sommes une petite équipe à mettre le cap vers Gilimanuk d'où l'on prend le ferry pour Java.

À part des négociations musclées avec les chauffeurs de bus particulièrement agressifs, le voyage est assez agréable. Bon, il y a le gros sac de Max qui est éjecté du bus alors qu'il roule à pleine vitesse, mais ce sont les dangers lorsqu'on roule la porte grande ouverte. Une pause nouilles à Gilimanuk avant de prendre le ferry sous le soleil se couchant sur notre destination du lendemain : le Kawah Ijen.

Situé sur l'île de Java, le Kawah Ijen est un volcan en sommeil. Il n'est pas vraiment en activité au sens où il ne crache plus de lave, mais exhale de lourds nuages de fumée sulfureuse. C'est ce phénomène atypique qui provoque les "feux du Ijen" qui sont de couleur bleue.

Comme on peut les admirer plus facilement la nuit, l'ascension est nocturne. Avec pas mal de route avant d'arriver au sommet. A tel point que le réveil est prévu à minuit et demie. Oui oui, minuit et demie. Ce qui fait une nuit plutôt courte, surtout que je réveille tout le monde une heure plus tôt à cause d'un cafouillage de décalage horaire, ce qui m'attire la sympathie générale.

L'ascension est longue et pénible (...), et les vapeurs de sulfure jaune nous obligent à enfiler nos masques tellement l'atmosphère devient irrespirable. Une fois tout en haut, il nous faut maintenant redescendre dans le cratère où l'on aperçoit déjà des lumières bleutées.

Il fait toujours noir, le chemin est instable et rocailleux et la fumée commence sérieusement à nous piquer les yeux à mesure que l'on se rapproche. Nous arrivons enfin devant l'immense brasier d'un improbable bleu fluo, dégageant des nuages de fumée tellement épais que l'on se croirait juste après une explosion. Et, chose incroyable, de ces nuages sortent des hommes, des mineurs et porteurs récoltant le sulfure et le transportant jusqu'en haut du cratère puis en bas de la montagne. Ils semblent tout droits sortis d'un roman de Zola avec leurs yeux ruisselants, leurs muscles tendus et leur mouchoir protégeant vainement leur nez et leur bouche, vacillant sous le poids de leur chargement immense.
Voilà encore un des désormais familiers moments où je me sens complètement idiot, avec mes chaussures de marche et mon appareil photo de touriste, à me glorifier d'avoir gravi un volcan alors que ces gens le font plusieurs fois chaque jour avec vingt kilos sur les épaules, et dans des conditions bien plus précaires.

Toujours est il que le paysage est splendide. Le soleil qui se lève transforme les environs : le ciel noir devient rose, les feux bleus deviennent jaunes et le lac brillant se drape d'un épais manteau bleu nacré. Immobiles, nous savourons en silence ce moment privilégié.

Puis le charme se rompt. La descente, le retour à l'hôtel, puis le ferry et le bus: on n'a à peine le temps de souffler avec nos deux heures de sommeil dans les pattes. J'avais prévu de finir mon expérience balinaise avec le nord de l'île. Vita, la fille indonésienne, et James nous quittent pour pousser eux vers l'ouest de Java. Ça sera pour une prochaine fois.

Nous voilà arrivés à Lovina, petite "ville" isolée au bord de la mer sur la côte nord. Je me suis démerdé pour nous trouver un hôtel plutôt sympa pour une bouchée de pain, ce qui fait qu'on se pose sur la piscine dès qu'on arrive pour décompresser.
Après une grasse matinée pour nous remettre de notre sommeil outragé la veille, nous découvrons la ville. C'est à dire que l'on parcoure en une dizaine de minutes les quelques ruelles et la promenade le long de la plage.

Lovina, comme on le découvre rapidement, est une ville où le temps semble suivre un tout autre rythme. Les rares touristes qui s'aventurent jusqu'ici sont des touristes seuls, et âgés pour la plupart. On a une discussion au bord de la piscine assez marrante avec une vieille hollandaise qui nous raconte sa vie. Elle s'est entichée d'un jeune indonésien, et vient finir ses jours à l'hôtel.

Quant à moi, je n'ai que trois jours à passer ici, et le premier touche déjà à sa fin. J'ai vraiment envie de profiter avant de m'envoler pour Singapour. Lovina, outre son rythme ralenti, est célèbre pour les dauphins qui sillonnent régulièrement ses côtes.

Alors que l'on mange un plat de nouilles sautées au resto du Capitaine Made Kiki, on discute avec ledit capitaine qui nous propose d'aller pêcher avec lui au large. Il est assez iconique avec son œil droit aveugle et les nombreuses rides qui sillonnent sa peau brune. On s'arrange pour qu'il nous emmène également voir les dauphins, et on le retrouve le lendemain matin à l'aube sur la plage.

Son bateau est un frêle esquif, équilibré des deux côtés par deux fragiles quilles. L'eau semble d'un calme improbable, sans une seule ride venant troubler la surface. Alors que l'on progresse vers le large, jusqu'à à peine apercevoir la cote, le soleil commence à se lever, faisant reculer les ténèbres pour illuminer le ciel d'une lumière rose.

C'est alors que l'on les voit. Un aileron vient rider la surface avant de replonger aussitôt suivi d'un deuxième, puis d'un troisième et d'un quatrième. Avant que l'on ait le temps de dire ouf, on se retrouve entouré par une mer de navires similaires à celui du capitaine. Dans la mesure où ils ne peuvent contenir que trois ou quatre personnes, on se retrouve sur l'eau avec la moitié des touristes de la ville nous entourant. Le banc de dauphins refait surface et c'est aussitôt une trentaine de navires qui s'affolent en grouillant vers les malheureux mammiferes marins. Les plus proches les approchent jusqu'à les toucher pour la plus grande joie des touristes, mais à tel point que je crains qu'ils ne prennent un coup de bateau ou d'hélice. Et en effet, au fur et à mesure qu'ils réaparaissent, je remarque des déchirures ou des cicatrices qui ornent certains de leurs flancs. C'est sur que ça, conjugué à la multitude de bateaux nous entourent, ça devient vite étouffant.

Je me réveille le lendemain matin avec une lourde fièvre et une angine carabinée. C'est bien le comble ça, attraper une angine alors qu'il fait 35 degrés dehors... Après m'être séparé de Max et June, le voyage jusqu'à l'aéroport se révèle éprouvant car la fièvre semble encore s'aggraver. Et cerise sur le gâteau en arrivant enfin à l'aéroport : mon vol a été annulé pour cause de volcan. C'est en effet ce même Rinjani que j'aurais tant voulu grimper et découvrir, qui a choisi d'entrer en éruption clouant l'ensemble des avions au sol.

Bon... Encore un imprévu, mais c'est presque la routine maintenant. Je me dégote une auberge, essaie d'avoir plus d'infos, et prends mon mal en patience. Un jour passe. Tous les avions décollent à part ceux de Virgin et de Jetstar dont les pilotes estiment que les conditions de sécurité ne sont pas suffisantes. Pas de chance, ma compagnie est Jetstar. Je réussis à me trouver un deuxième vol le lendemain... qui se retrouve lui aussi annulé. La fièvre peine toujours à se dissiper, et je suis cloué à mon hôtel, en comptant les jours que je manquerai en Malaisie. Un jour, deux jours, trois jours. Au bout d'une semaine et de mon troisième vol annulé, je décide de prendre une autre compagnie quitte à repayer un billet.
Et c'est sans aucun problème que j'arrive à Singapour après mon vol KLM.


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