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Asia » India » West Bengal » Kolkata
January 20th 2019
Published: January 20th 2019
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Bonjouratous,



14 janvier, 7h50. Le rendez-vous est à l’entrée principale de l’Indian Museum. Nous sommes lundi, à cette heure-ci, même les gardiens dorment encore, la place est nettoyée de ses gens, si ce n’est de ses détritus. Hier après-midi, dimanche, j’avais renoncé à pénétrer dans le musée, les familles entières, marmots compris, s’étaient données des airs d’envahisseurs en quête d’un bon bouillon de culture.



Arrivé un peu en avance, je vais me prendre un chai au coin de la rue, histoire de ne pas prendre la route le ventre complètement vide. J’adore le chai, breuvage composé de thé, de lait et d’épices, passé et repassé dans une chaussette en guise de filtre et de récipient en récipient. De retour au point de rassemblement, un jeune blanc bec attend, les yeux illuminés. C’est Jan, hurluberlu moldave de 26 ans, chapeauté d’un turban pailleté acquis sur un marché de Jaipur, proposé à 1.000 roupies, enlevé à 500 roupies, et dont on lui dira plus tard que, compte tenu de la faible qualité de l’accessoire de carnaval, 100 roupies (INR) eut été le prix correct. Jan est mon premier moldave. Je n’en reverrai certainement pas de sitôt, encore moins en Inde ni costumé d’un turban ! Jan met tout de suite à l’aise, me parle de ses projets, le pèlerinage d’Allahabad dans quelques jours qui n’a lieu que tous les 4 ans et rassemble plusieurs millions de personnes, un festival de couleurs, d’odeurs et de scènes qu’on ne voit qu’en Inde. C’est un féru de photographie, il me bombarde de questions sur mes focales et lentilles, mes zooms et boîtier… c’est intéressant, quoiqu’un peu insistant.



Arrivent trois indiens de Mumbai, un couple quinquagénaire et leur fille pas encore mariée, mais que font les entremetteuses ?!? Il faut du penjabi et de la caste, si ce n’est de la classe, donc pas si facile à trouver l’oiseau rare, la donzelle a l’air de savoir ce qu’elle veut. Le minibus surgit et nous happe promptement, le chauffeur parle un remarquable anglais, ce qui change de la moyenne indienne absolument incompréhensible qui confond english et yaourt ! Nous voilà dans la cohue klaxonnante et polluée de Calcutta, les yeux piquent, les tympans se déchirent aux décibels et le cancer du poumon va vite nous rattraper. Nous prenons au passage trois autres personnes installées dans une résidence, un peu à l’écart. Les voyant venir de loin, à leur dégaine fripée, je fais le pari avec Jan qu’ils sont australiens, peut-être anglais. Bingo, nous voici flanqués de gens d’Adélaïde. Il y a David, bientôt 70 ans, furieux célibataire voyageur dont il est plus rapide de lui demander quels sont les pays qu’il n’a pas visités, et un couple âgé dont j’ai vraiment de la difficulté à comprendre l’accent. David me dira qu’en me voyant il avait tout de suite deviné que j’étais français, non pas à mon accent, mais à mon allure (« mon élégance » renforce-t-il). Voici donc la balle au centre, je me sens évidemment valorisé, sacré David qui a bien le sens de l’humour et une autodérision marquée. Il doit y avoir à peu près autant d’habitants en Australie que dans toute l’agglomération calcuttienne !



Sortis de la ville et retrouvées les routes poussiéreuses, montent deux femmes qui complètent la capacité du minibus. C’est Sujata, au physique indien et grassouillet, le sourire aux oreilles, la main tendue pour chacun et un tempérament de folie qui me dit qu’on ne va pas s’ennuyer. Elle déclare venir à l’excursion dans l’espoir de faire un bisou au tigre et demande qu’on l’appelle Princesse. Sa maman qui l’accompagne, ample italienne sympa et mal fagotée, avec laquelle j’ai plaisir à discuter de Gorgonzola, mais c’est la mozzarella di buffala qu’elle préfère (étant née entre Rome et Naples où elle est produite…) mais attention, il faut la manger fraîche, le jour de sa production dit-elle 25 fois)… donc la mama dit d’ailleurs qu’elle a un prénom de reine, Regina. Je lui dit que cela m’évoque plutôt un nom de pizza. Pleine d’humour également, elle rétorque qu’il y a pire, en Italie, c’est aussi une marque de papier-toilette et d’essuie-tout !



Sujata, Régina et Jan se connaissent, ils se sont rencontrés quelque part en Inde lors d’un stage de méditation. Ils tentent absolument de me vendre le produit, mais dix jours de suite coupé du monde, dans le silence et l’abstinence, lever à 4 heures du matin pour quinze heures de rien ne m’enchantent guère. Je suis capable de ne pas parler, c’est un euphémisme, j’ai le temps, j’aime les expériences et je suis persuadé du bienfait de la méthode… mais sans liberté d’action probable, je ne saurais m’engager. Je décline poliment.



Nous avalons les 100 kilomètres agrémentés de nids de poules et dos d’ânes, ainsi que d’autres espèces animales plus vivantes mais bien amorphes qu’il faut parfois contourner. A la vitesse de l’escargot, cela nous prend bien quatre heures pour rejoindre le débarcadère de Gosaba au beau milieu du Sunderbans National Park qui est en fait l’énorme delta du Gange et du Brahmapoutre réunis. Le Bangladesh est à environ 35 kms à vol de martin-pêcheur. L’essentiel des Sunderbans est dans son territoire. Deux autres personnes, venues en voiture privée, nous rejoignent alors. Ce sont deux mauriciens, un blanc cinquantenaire, au passeport français et l’accent roulant et traînant des îles, et une jeune femme de 33 ans, d’origine indienne (7ème génération à Maurice du côté de son père et 4ème génération du côté de sa mère originaires de l’Uttar Pradesh). David commence son impressionnant reportage photo. Le soir, je lui demande combien de clichés sont à son actif. Il rigole et me répond que lors d’un récent voyage en Ethiopie, il avait pris 12.000 photos ! On est loin du temps de l’argentique !



Nous avons réservé auprès de Chalo Tours, 3.700 roupies pour deux jours et une nuit, hébergement, transports et repas compris. Ce n’est pas cher, 45 € tout compris. Il est drôle de constater la réunion de trois jeunes femmes d’origine indienne, que l’histoire a dispersé, de tempérament affirmé et je pense de potentiel d’indépendance réel, dont le mariage préoccupe au moins deux d’entre elles. Celle de Mumbai lui faut un penjabi d’une certaine caste, et qui avoue qu’en Inde, si le mâle fait son coq à l’extérieur, c’est bien la femme qui régit la maison (la ministre de l’intérieur et celui des affaires étrangères). Celle de Maurice, qui vit aussi encore chez ses parents parce que ce n’est pas possible autrement avant d’être mariée, et dont la situation est plus compliquée, les possibilités étant naturellement moindres sur son île compte tenu du nombre et des critères de caste. Et enfin Sujata qui, du fait de son tempérament et de son ascendance italienne maternelle, fera bien se qu’elle veut et ne se gêne pas pour provoquer et s’extravertir.



Nous allons cohabiter jusqu’à demain soir, le groupe est très sympa, bienveillant et absolument pas clanique. Vous pouvez me croire, moi qui déteste ce genre d’excursions en équipée éphémère, me voilà heureusement parti sur de bonnes bases. Chacun est intéressant, nous avons le temps de parler, nous n’avons d’ailleurs que ça à faire. Cette excursion s’avère être une aimable balade, sans aventure, sans extrême, sans découverte notoire, sans intérêt particulier que le repos des guerriers (et rières), l’éloignement de la jungle citadine et le ressourcement. Les mangroves, paraît-il les plus grandes du monde, sont quelconques, les tigres (du Bengale) ne sont pas visibles aux endroits où nous serons. Nous verrons quatre crocodiles apathiques se dorant la pilule sur les berges boueuses, des macaques à peine grincheux, une paire de biches bien formées et des oiseaux au loin ou trop petits pour ma vue basse. Maurice certifie avoir vu un sanglier. Groin groin.



A l’étape déjeuner et prise des bungalows sur la terre ferme, je zappe inconsciemment le tour en bateau prévu l’après-midi (sans intérêt paraît-il). Je vais me balader dans le village et me donner un coup d’immersion dans la paysannerie locale. Chaque maison dispose de son « pond », retenue d’eau carrée de 200 m² où tout se passe, lavage du corps et des esprits, du linge et de la vaisselle aussi, barbotage des canards, dépotoir, ponction de l’eau pour les douches des touristes. C’est vrai qu’à la sortie du robinet, l’eau a une bizarre odeur, mais il faut bien se laver. En oubliant l’échappée collective, je pense m’extraire des danses folkloriques prévues au programme. Et bien non, c’est au soir (qui tombe très tôt, à 17h il fait nuit noire) que ces dames déguisées viennent se trémousser pour la douzaine d’applaudisseurs que nous sommes. Des locaux, attirés par le barouf, viennent zieuter l’événement derrière les barrières de notre enclos. Vive le temps des colonies…



Le lendemain, la journée est une longue, très longue balade en bateau. Quelques arrêts inintéressants à des points d’observation de la faune sauvage qui pour le coup banquette ailleurs. A l’un de ces points, Jan sort son drone qui fait bzzzzz et frelonne en s’envolant dans les airs. Il prend une petite vidéo et se fait vite rabrouer par notre guide Viwek qui jusque-là faisait œuvre d’aimable figuration. Je ne suis pas la scène, étant, comme à mon habitude, parti devant à la recherche de meilleur. L’usage du drone est interdit en Inde, Jan est inconvenant avec le guide, ou bien c’est le contraire, les rapports diffèrent. Le guide n’est pas content et semble en faire part à la hiérarchie du Parc. Le fonctionnaire indien a rayé l’humour de son vocabulaire et ne badine pas avec la règle. Il me semble qu’il était de son rôle de nous informer au préalable de ce qui nous était autorisé et de ce qui ne l’était pas. Et puis, quelle action terroriste a donc engagé Jan en filmant une pauvre mangrove sèche pendant 20 secondes !



Sur notre retour, nous nous arrêtons au quai du bureau du Parc. Quelques officiels se pointent et demandent la comparution du fautif, Jan. S’ensuivent des pourparlers, des appels à la hiérarchie supérieure. Le groupe y va de ses anecdotes, des conseils sur la tenue à avoir envers les gradés, surtout ne pas les provoquer, faire profil bas. Les gardiens du Parc demandent à voir le drone. Quand ils constatent la petitesse de l’engin, ils semblent vaciller de leurs positions, mais le système est lancé, il ne s’agirait pas de perdre la face ! On demande à Jan de débarquer, ce qui satisfait la majorité du groupe qui ne pense qu’au retard pris sur le timing. Il va bientôt faire nuit et il commence à faire frais. Jan se tourne vers moi et entonne la Marseillaise (résidus de son apprentissage du français à l’école) et nous entamons un chœur à deux voies. Moi qui déteste ce texte pousse-au-crime et que je fredonne à peine dans les stades, l’endroit et la situation grotesque m’amusent et je m’y donne à cœur joie.



Sujata surgit alors et part affronter celui qui ressemble au chef, bientôt entourée d’une troupe de bengalis badauds outrés. Elle demande son nom, son grade et le nom de son supérieur, passe quelques coups de fil et négocie ferme, ce qui semble être dans ses compétences. Celle-là non plus ne lâchera pas. Le responsable du tour arrive aussi et promet à Jan d’être ramené lorsque l’affaire sera terminée. Ce dernier demande le remboursement total de l’excursion, de même que Maurice qui craint de devoir payer une nouvelle voiture privée compte tenu du retard pris. Ca fuse de partout, l’âme humaine retrouve son individualisme. Sujata reste à terre, sa mère la suit, et moi j’hésite, entre la sensation qu’il peut se passer quelque chose d’intéressant et j’aime bien ces trois oiseaux foldingues et le froid qui arrive, mon gros sac laissé à Calcutta à des mains inconnues, l’envie de retrouver un lit correct, etc. Et puis la désolidarisation des autres membres de l’équipe m’horripile, je tente vaguement de les inciter à tous débarquer. Et je prend la décision de rester sur le bateau et rentrer à Calcutta au plus vite (encore du chemin pour atteindre notre quai puis 3 ou 4 heures de minibus). J’entre en autisme pour la fin du périple, pendant que les autres semblent avoir trouvé des choses passionnantes à se dire. Je ne m’étais pas aperçu que le trio moldavo-indo-italien prenait autant de place auparavant et que ça gênait son monde.



Des difficultés naissent parfois les situations les plus inattendues qui fabriquent la jouissance et les souvenirs. Sujata semble connaître du monde et se fait copine avec le chef de la police des Sunderbans. Les trois lascars deviennent les invités spéciaux du Parc, sont logés pour la nuit et ont droit, le lendemain matin, à une visite de la forêt en voiture spéciale, donc bien plus « aventureuse » (mais sous contrôle) que ce que nous offrait l’excursionniste. Je n’en fait pas partie, tant pis pour moi…







HISTORIQUE
C’est mon 4ème voyage en Inde. J’y suis venu en 2007 pour un tour dans le nord (Varanasi-Jaisalmer), l’année suivante pour le sud (boucle Chennai-Goa), et en 2012, passage à Calcutta sur ma route pour le Bangladesh. En janvier pour ces 3 voyages, comme celui-ci, c’est la meilleure période, température agréable et peu de précipitations.



RETROUVAILLES
Je retrouve vite les odeurs permanentes d’épices et de curry des étals et gargotes de rues, de savon occasionnel aussi des femmes qui reviennent du bain et des immondices partout présents ou encore d’urine fréquemment, les taxis jaunes Ambassador déglingués et sans suspension parfois, hauts sur roues pour dominer les flaques de la mousson (promis à la casse car trop polluants, mais ça ne me semble pas être pour tout de suite), les pousse-pousse qui sont certainement les seuls à subsister au monde, les petits déjeuners dans la rue faits de chai et de biscuits ou d’omelettes, enfin ce qu’il y a là où je suis, les demandes régulières de photos (et de selfies maintenant), les manifestations de bienvenue, demandes de ma nationalité, évocation de Zinedine Zidane encore et toujours, pour finir par demander de l’argent…



NOUVEAUTES
- la carte SIM indienne qui va me faciliter la vie (j’arrive maintenant à perdre la nostalgie des voyages d’antan où l’on s’extrayait totalement du monde le temps de l’absence). Actualités, réservations, orientation… il ne manque que le thermomètre !
- l’inflation du prix des hôtels, 3 à 4 fois plus chers qu’il y a quelques années pour une prestation qui ne s’est pas développée à la hausse. Il était usuel de dire que l’Inde était l’un des seuls pays au monde où les prix ne bougeaient pas. La mise en application d’une TVA a eu pour conséquence l’apparition de l’inflation. Je n’ai pas compris vraiment le rapport des conséquences sur une durabilité inflationniste, mais c’est ce qu’on m’a expliqué.



ITINERAIRES
A Calcutta :
- le New Market, à voir son état de délabrement, on peut se demander où en est le Old Market, s’il existe. Ce marché est incroyable, immense, « affreux », sale et grouillant, et moi j’adore. La plupart du travail et des transactions se font par terre, dépeçages, déplumages, écaillages, ligotages… voici mes premières scènes
- retour au calme et au grandiose du quartier sud BBD Bagh le long de la Hoogly river. Les grands bâtiments administratifs coloniaux, superbes, se succèdent. Ici ils sont régulièrement maintenus en état. Ailleurs ils sont malheureusement laissés à leur abandon, noircis de crasse, de pollution et du salpêtre des moussons, encombrés par les étals à leurs pieds qui les empêchent de respirer (et ça ne sent pas que des pieds…).
- L’immense et coloré Marché aux fleurs Mullik ghat, propice aux photos, incontournable, derrière lequel des familles entières s’adonnent aux joies de la toilette dans la Hoogly dégueulasse dont les quais servent aussi de dépotoir, avec vue sur le fameux Howrah bridge où il est interdit de photographier, ce que l’usage des smartphones rend incontrôlable, l’Inde va perdre sa tête !
- le quartier Kumartuli un peu plus au nord, sans concession, scènes de rues en enfilades, marché à même le sol et les pots d’échappement, les vieux vendeurs veulent leur portrait et rigolent encore du résultat
- le Old Chinatown peuplé en majorité de musulmans, les commerçants chinois s’étant débinés vers des contrées plus avantageuses, Etats-Unis ou Australie
- la Maison de Tagore, poète voyageur et bien-pensant de la vieille aristocratie calcuttienne. Transformée en musée vieillot et Université, quelle belle barraque en arrière de la Rabindra Sarani street (Rabindra est le prénom de Tagore), longue route droite et encombrée où se succèdent les métiers, artisans et commerçants, je jouis…
- le Victoria Memorial, érigé pour l’occasion de la mort de la reine au début du XXème siècle, l’un des plus majestueux des édifices de l’Inde, très populaire, qui renferme une collection intéressante de photos de la ville du temps des colonies, jardin agréable où les amoureux osent un peu se toucher à l’écart du monde
- le South Park Street Cemetery, immense et préservé, entretenu sans trop l’être est un havre de paix, Père Lachaise de la société britannique des années 1800. Incroyablement inattendu au milieu du brouhaha de cette ville, on mourrait jeune à cette époque, les occidentaux n’étaient pas conçus pour survivre au climat, les racines des arbres précarisent certains monuments (le mot est plus approprié ne serait la tombe).
- l’Institut d’art graphique qui propose d’excellentes expositions temporaires, une expo photographique fabuleuse lors de mon passage
etc etc
- Hôtels : l’Empire Guesthouse (tu parles d’un empire !) dans l’inintéressante Sudder street (sauf pour le change, il faut compter 80 INR pour 1€), chambre microscopique à l’environnement sale (réservé par l’intermédiaire du site Goibibo, 2.100 INR, 25€) puis le Sunflower Guesthouse plus sympa, excellent accueil, eau chaude, ascenseur, terrasse de toit (1.400 INR en direct, 17€)
- Restaurant : le Tricas sur Park street, j’y suis allé plusieurs fois, nourriture indienne excellente de qualité, musique et des tas de serveurs, pour les indiens qui ont de l’argent !



A l’écart de Calcutta
- les Sunderbans déjà évoquées



- Bishnupur (100 kms de Calcutta, 4 heures de bus, 230 INR) réputée pour ses temples indiens (17ème siècle) disséminés dans la ville. J’ai pris l’option d’un tour en tuk-tuk qui me demande 1.000 INR pour le tour et que je paye 200 INR. Agréable ville de presque bout de monde, je suis le seul occidental dans le coin, pose pour des selfies (enfin une petite renommée !) et satisfait à des demandes de photos (certainement moi le plus satisfait dans l’histoire). Peu d’hébergement, donc complet ou cher. Ma chambre du New Mukhajee Lodge est bien et spacieuse mais le prix est excessif (2.350 INR, presque 30€). Pas de restaurant à touristes mais d’excellents samossas et pâtisseries partout.



- Bolpur, plus compliquée d’accès depuis Bishnupur, je me pointe à 7h à la gare routière, vaste espace de latérite, on m’informe qu’il n’y a pas de bus direct, puis pas de bus du tout aujourd’hui pour des raisons de meeting politique ( ! ) mais qu’en échange on peut me proposer une voiture privée pour Dugarpur (moitié du chemin) à 2.000 INR (puis 1.500 INR), ben tiens ! J’aborde une jeune fille à l’écart, mieux habillée que les guenilleux qui peuplent l’endroit, elle parle un excellent anglais et me confirme la chose. J’apprends qu’il y a une autre gare routière un peu plus loin, je m’y fais transporter et y prends un bus pour Illam Bazar (4 heures – 90 INR), sorte d’antiquité roulante qui a dû avoir de beaux jours il y a quelques décennies, et j’en attrape un autre pour finir les 30 kms restant (20 INR), mais debout collé-serré.
J’ai réservé au Chhuti resort, ensemble de bungalows en dur, enfin une chambre spacieuse et décorée avec goût dans un endroit agréable, serein, un peu à l’écart et dans un grand jardin (1.600 INR – 20€). Dîner et petit déjeuner pas mauvais, j’étais visiblement tout seul dans l’hôtel et j’ai mangé sous le regard du serveur, avec l’impression du regard du chien qui attend qu’on daigne lui lancer un bout de restes. Un peu gênant !
C’est le campus de l’université Visva Bharati qui est intéressant pour sa propreté et son calme conjoint avec l’ensemble architectural Uttarayan, suite de demeures ayant autrefois appartenu à Tagore. Ca se visite pour l’atmosphère. Dhal (plateau végétarien avec plusieurs trucs, curry, chutney et du riz) dans un bouiboui pour 70 INR. A Bolpur comme à Bishnupur, les tuk-tuk fonctionnent sur batterie, pas de bruit et pas de pollution, mais vitesse réduite qui donne l’impression de se trimballer en golfette !



- retour à Calcutta par le Shantini-Kolkata express de 13h (80 INR - 3 heures). Le train n’est pas encombré, voyage agréable sur les grandes cultures, les hameaux isolés, la vie campagnarde et les dépotoirs récurrents. Le linge sèche sur le ballast poussiéreux et chaud. Je suis à peu près le trajet, histoire d’anticiper le temps qu’il reste. Nous voici à Urinal, je jette un œil à la carte, cette ville n’existe pas et je comprends vite qu’il s’agit des pissotières ! La signalisation est la même, quelle que soit l’information, panneaux noir sur jaune ! Tout le long du trajet, toujours en jaune, la marque « Macho » vante des sous-vêtements pour hommes. L’arrivée au terminus à la gare de Howrah est plus animée, j’en reparlerai.



Envol demain pour l’Assam.



Bizatous

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