Trivandrum, Kerala (Water taxi and Taxidermy)


Advertisement
India's flag
Asia » India » Kerala » Trivandrum
February 1st 2007
Published: January 26th 2013
Edit Blog Post

1 fév.

On quitte l’hôtel d’Ernakulam à 7H00 Am pour prendre un bus à 8h30 Am pour Alleypey, la Venise de l’Inde. On arrive à Alleppey juste à temps pour embarquer dans le bateau-bus en direction de Kollam. Il est alors 10H30 Am.



Journée à maillons où chaque mouvement s’enchaine parfaitement.

Les décisions se prennent par elles-mêmes.

La Providence est notre cornac.



On s’embarque donc pour un 8 heures de transport inhabituel sur les backwaters.

Il y a des arrêts de bateau-bus en chemin, et des maisons le long des canaux. Des nénuphars en fleurs s’étendent comme des champignons aquatiques.

Canards, cormorans et petits poissons en verre.

Plongeurs, laveurs et ramasseurs de fond.

Il y a aussi une demi-tête dans un des tapis flottant. C’est la calotte chocolatée d’un indien imitant un hippopotame. Je regarde autour du baigneur à la recherche d’un crocodile camouflé, ou d’un anaconda aux crocs en Kirpan. Que voulez-vous, j’ai en tête le souvenir d’un film d’horreur low budget. Mais c’est que tout peut arriver en Inde!!



Le bateau s’arrête à une presqu’île où se trouve un restaurant.

Halte routière marine.

On se fait servir une bouffe typique du Kerala, servit sur une feuille de bananier. À côté de nous se trouve une famille indienne en vacances au Kerala. On entend qu’eux et leurs constantes demandes et exigences. Les serveurs n’ont pas droit aux "thank you" de leur part. Pas de sourire comme consolation non plus. Les huit membres sifflent à tour de rôle pour qu’on porte attention à leurs demandes. Aucun respect. Zéro.

Est-ce qu’en agissant de la sorte, ces gens ont l’impression de tirer un maximum de profit de leurs économies?

Est-ce que c’est dans leur culture d’être irrespectueux envers les serveurs?

C’est peut-être une question de caste finalement.



Écluse.

L’eau douce devient salée.

La berge maintenant se fait gruger par le sel.

Des méduses pompent l’eau comme des spasmes cardiaques.

Des poisson-volants rebondissent sur l’eau comme des galets. Je les imagine sautillant dans une poêle à frire.



Ici, chaque maison le long du canal a sa bécosse sur pilotis. Si je me fie au courant, tous les habitants de la berge se lavent et font la lessive dans la toilette du voisin. Ouaip. Pas besoin de séparer les couleurs au fond... tout leur linge sera brun anyway.



On accoste finalement à Kollam (Quilon). Notre bateau déverse son huile usée dans la lagune brunâtre avant de nous débarquer sur le rivage. Ça fait comme une tache de sépia. Pas de problème ici. L’Homme et la Nature sont en Union.



On arrive à la noirceur dans cet hôtel en morceaux, au creux d’une ville-puzzle.

La douche de notre chambre sale est un boyau d’arrosage sortant du plafond.

De notre balcon, on peut observer les rats obèses et les coquerelles d’un pouce entrer et sortir de la maison voisine.

Ce n’est qu’un pit-stop d’une nuit.



Demain... Trivandrum.



2 fév.

Une coquerelle de gros calibre patauge dans notre toilette à coulisses à notre réveil. On la chassera à deux reprises. La vieille porcelaine n’a pas l’habitude d’avaler de si gros morceaux.



On quitte alors en Citybus pour Thiruvananthapuram (Trivandrum), capitale du Kerala.

Ça klaxonne, ça dépasse des delux bus et ça frôle tout plein de motocyclistes sans casque (mais avec des visières de soudeur). Les voitures en sens inverse se poussent dans l’accotement pour empêcher un face à face avec notre mastodonte en tôle.

Je ne suis pratiquement plus nerveux, mais je préfère ne pas regarder devant moi.



Enfin Trivandrum.

Ici, les gens oublient de nous regarder passer. Ils ont l’habitude de voir des blancs. Bien. Ça fait vachement du bien d’être ignoré.



Je discute d’hindouisme avec un guide indien alors qu’on visite un musée archéologique. L’intellectuel à la moustache est surpris de mes "connaissances de base" de sa religion. Mais que voulez-vous? Ce n’est pas dans toutes les religions qu’on retrouve des dieux semblables à des combattants de jeux vidéo!



L’hôtel où nous logeons présentement est brillant de propreté (pour un hôtel indien je veux dire). Il fait frais dans la chambre, on a la télé couleur et les draps sont blancs de javel. C’est diamétralement opposé à ce qu’on a vécu comme chiotte hier. Et vous savez quoi? Ça nous coûtera qu’1$ de plus pour la chambre immaculée de ce soir!!! Et oui! C’est ça l’Inde!

Aucun juste mi li eu.



3 fév.

C’est notre première grâce-matinée en Inde ce matin! Je me lève. Il est 9H30AM.



On brise le jeûne dans un hôtel 4 étoiles. Dans mon assiette, je retrouve deux œufs trop baveux, des saucisses déjà digérées, des toasts frettes et de la pâteuse banane qui assèche la bouche.

Je bois machinalement mon café instantané.

Un serveur grignote des restants devant nous alors qu’un autre rote bruyamment comme un cartoon.

Ça n’a rrrrrien à voir avec les standards occidentaux.



On se rend à un Palace privé en bois pour une courte visite. L’endroit est magnifique.

C’est maintenant un musée. Son propriétaire (le Maharadja "Untel") se remplit les poches en ouvrant les portes de sa demeure et en dévoilant sa richesse aux touristes.

20 roupies pour entrer + 15 roupies pour le Kodak + 5 roupies pour le gardien de gougounes + 20 roupies pour le "guide" obligatoire (qui est sûrement la belle-sœur du Maharadja).

Plein de frais cachés.

"No picture inside" nous dis le gardien en entrant.

‘’No picture?’’

Oui mais pourquoi on a payé le 15 roupies d’abord?



On fait donc le tour de l’endroit en suivant le pas rapide du ‘’guide’’. On ne prend pas de ‘’picture’’ de ci, ni de ‘’picture’’ de ça.

"A mirror on your left. A green chair on your right..." nous dit le guide.

Ouf! Merci pour ces informations essentielles que j’ai dû payer pour qu’on me les dise. Je n’aurais certainement pas pu trouver par moi-même que le verre réfléchissant juste là était un miroir, ni que l’objet en bois à quatre pattes et a dossier était en fait une chaise.

Je sors du Palace en grommelant, après cette visite d’à peine 10 courtes minutes où l’on a dû courir après le guide improvisé. Mais c’est que c’est une belle trappe à touristes ça mes amis! Grrrr.



Après cette visite décevante, rien de mieux que de s’exiler au zoo.

Je cherche les hippopotames. Je les trouve. Joie.

Ça fonctionne toujours pour faire diminuer la pression dans mon presto.



Il y a aussi des centaines de chauve-souris accrochées aux arbres comme des cocottes en cuir. Elles ne sont pas en cage celles-là. Peut-être qu’ils ont construit le zoo autour des rats volants.



On se rend aussi au musée d’histoire naturelle de Trivandrum.

Il y a tout plein d’animaux empaillés figés dans le temps, et des oiseaux empalés sur leur branche de broches. Yeux vitreux. Il y en a plus qu’il n’en faut.

Il y a aussi des poissons séchés et poussiéreux datant des années 20. Et des fœtus d’animaux baignant dans le formol aussi.

Un éléphanteau momifié derrière une vitrine fixe le vide de ces yeux en billes translucides.

Un enfant indien effrayé sanglote.

Mais c’est carrément macabre cet endroit!



On passe d’une pièce à l’autre en fronçant les sourcils.

Je m’attends peut-être à tomber sur une salle où un taxidermiste dépeigné nous présenterait des spécimens raciaux d’êtres humains naturalisés: chinois, africains, amérindiens, canadiens. Ce serait pour la postérité j’imagine.



4 fév.

C’est notre dernière journée à Trivandrum, et notre dernière journée au Kerala.

On décide donc de passer l’après-midi à la playa de Kovalam, situé à quelques kilomètres de Trivandrum.

C’est plein d’indiens en famille et de retraités européens ici.

Ce n’est plus du tout le cirque d’Arambole beach à Goa.



Un indien m’aborde sur la plage.

"Beach Hombelachey?" qu’il me dit.

Mais que me veut-il?

"Hombelachey! Hombelachey!" qu’il me relance comme un cri de guerre.

Mais c’est quoi un Hombelachey?

Ahhhh….

un "Ombrela chair!!"

"No thank you’’ que je lui dis avec le sourire.

‘’Just walking"



Le Kerala est un État plus libéral face aux femmes.

Ici, on a droit à des jeunes indiennes en jeans et en camisoles au lieu d’en sarees colorés.

Ici, les femmes sont à cheval sur les motos, et non plus de côté comme des amazones dociles assises derrière leur mâle.

Ici, il y a des femmes qui font la circulation dans les carrefours.

C’est le "Pouvoir de la Quéquette" qui a desserré son emprise!

Mais bon. Pas complètement quand même.

Les vendeurs sont ici encore hésitants à prendre l’argent que Marilou leur tend... surtout quand c’est pour acheter des clopes!



Note à Moi-Même:

Pour les indiens, c’est toujours le bon temps pour un masala chai the... et c’est toujours le bon endroit pour un "tit pipi su’l bord d’la route"!



Etienne X



Autre note à Moi-Même:

Scène typique dans un restaurant d’hôtel en Inde.



Serveur: ‘’yes? " (sourire forcé)

Moi (après avoir regardé dans le menu): "Cheese pizza please"

Serveur: "Pizza no possible"

Moi: "...burger..."

Serveur: "burger no possible"

Moi: "eee... chicken sandwich"

Serveur: "I go see"

Le serveur part pour les cuisines. Je ne sais pas si c’est le chicken no possible ou si c’est le sandwich no possible.

Serveur (de retour): "Ok chicken sandwich"

Moi: "Chicken sandwich -toast-?"

Serveur: "Toast no possible"

Moi: "Mmmm"

Serveur: "Mmmm"

Moi: "French fries possible?"

Serveur: "chips?"

Moi: "eee... ok’’ (si tu veux)!

Serveur: "Chips no possible. You want spring roll?"

Moi: "eee... No. What comes with sandwich?"

Serveur: "Ketssup"

Moi: "Mmmm"

Serveur: "Mmmm"

Moi: "Fruit salad possible?"

Serveur: "Fruit salad no possible. Fresh fruit juice?"

Moi: "(…mais dans quel état sont leurs fruits?) eee...No. Eee... i’ll take a coca-cola’’

Serveur: "No coca-cola. I’ll bring Sprite’’

Moi: "Eee... (Pfff!) Ok’’ (le coke et le Sprite, c’est PAREIL anyway, non?)

Serveur: "Finish?"

Moi: "Oh... and a Milk Coffee WITHOUT sugar"

Serveur: "Without sugar"

Moi: "Without sugar!’’

Serveur: "Ok"

Moi: "Ok... Oh! And no spicy the chicken sandwich!"

Serveur: "Ok"

Moi: "Ok?"

Serveur: "Ok. Mmmm."



Attente.

Le serveur revient avec le Sprite en bouteille de verre.



Serveur: "Open Sprite?"

Moi: "Eee... yes’’ (il y a des gens qui gardent la bouteille capsulée?)



Attente.

Le serveur revient avec mon repas. Il y a du chili dans mon sandwich trop salé. J’ai mon café (qui est sucré)... et un verre de lait. Le serveur a compris "Milk, virgule, Coffee".



Bon Appétit.



...."Je voudrais un yogourt aux fruits. Et du cream cheese. Et un pot de mayo. Et un steak saignant avec des belles grosses frites maison. Et un verre de lait que je pourrais truster. Je voudrais un vrai déjeuner... et une pizza "alldressed" de chez Bruno..."


Additional photos below
Photos: 14, Displayed: 14


Advertisement



Tot: 2.213s; Tpl: 0.07s; cc: 34; qc: 121; dbt: 0.0744s; 1; m:saturn w:www (104.131.125.221); sld: 3; ; mem: 1.7mb