Chapitre 9: Hong Kong, l'étape de trop


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Hong Kong's flag
Asia » Hong Kong » Kowloon
September 18th 2015
Published: October 5th 2015
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L'arrivée à HK était assez étrange. On a pris un train de nuit Guilin-Shenzhen et étions supposés gagner HK via un métro à Shenzhen. Étant donné le statut spécial dont jouit Hong Kong, le passage n'est pas si évident que cela. Contrôle des passeports et visas, changement de monnaie, on déambule entre les magasins duty free de la station de métro avec l'impression bizarre de se retrouver dans un aéroport.

En arrivant dans notre chambre, je constate que ma tablette ne donne plus aucun signe de vie. Génial. Après avoir essayé tout et n'importe quoi, je me décide de commencer l'autopsie au couteau suisse. Tout se passe plutôt bien jusqu'à un léger blocage. Je force et constate que le blocage provient de la carte SD qui est toujours insérée, et qui est en train de se fendre. Avec toutes mes photos dessus. Génial.

Pour se changer les idées, on va se balader dans la cité tropicale. Un ferry nous fait quitter Kowloon pour HK Island. Il fait nuit et la métropole étincèle de mille feux. L'ensemble des magasins, échoppes, galeries de luxe, et bouis bouis en tout genre sont ouverts et exhalent d'alléchantes vapeurs climatisées. Nous nous fondons dans le flot des piétons qui s'agitent vainement aux pieds des buildings arrogants nous dominant de toute leur stature.
Encore une fois, nous voilà perdus entre vertige et excès dans un tourbillon lumineux, sonore et olfactif.

Le lendemain, nous avons rendez vous avec Stephen, un jeune guide hongkongais que l'on a rencontré via couchsurfing. Passionné d'histoire, il monte progressivement une entreprise de visites guidées privées de la ville. Afin de se faire une clientèle, il nous propose une visite gratuite en échange d'une bonne review sur tripadvisor.
Et ça vaut vraiment le coup. Stephen est vraiment cool et très intéressant. Il nous guide dans les endroits où l'histoire a laissé de traces, ici un temple vénérant les dieux marins très populaires chez les pêcheurs, là une maison centenaire perdue au milieu des grattes ciels, habitée par plusieurs familles refusant de vendre. On se rend rapidement compte qu'il règne une ambiance très spéciale à HK, bien différente de la Chine continentale.

Le petit port de pêcheurs qu'était Hong Kong est devenu une colonie britannique fin XIXème siècle, et s'est rapidement développée. Son expansion a connu un regain après 1949 et la création de la Chine communiste, où la presqu'île a attiré de nombreux migrants chinois. Elle a connu un modèle de développement axé sur un libéralisme politique et économique bien différent de celle de sa grande voisine continentale communiste. Or en 1997, conformément au contrat historique liant la Chine et le Royaume Uni, cent ans après son annexion par la couronne britannique, la ville à été retournée à la République Populaire de Chine.
La transition vers un régime comme celui de Pékin après cent ans de liberté relative ne se fait pas sans douleur, ce que nous décrit indirectement Stephen. Pour tempérer les vives réactions de la population Hong Kongaise habituée à une forte liberté, Pékin a donné cinquante ans aux Hong Kongais pour se réadapter et revenir pleinement dans le giron chinois. Après ces cinquante années, la monnaie deviendra le yuan, l'armée et la police chinoise légitimes pour régler les différends, et la censure à priori établie.
Je pense que Pékin doit avoir un plan bien défini, mais le problème c'est que les Hong Kongais n'ont aucune idée de ce qui se passera concrètement et appréhendent le pire. Il existe déjà un malaise dans la ville, où les touristes chinois, "du continent" comme on les appelle, sont mal tolérés par les Hong Kongais qui les trouvent sales et maléduqués. Le problème vient aussi et surtout de Pékin qui essaie tant bien que mal d'assurer son emprise sur la ville d'une façon plus ou moins subtile : corruption et indépendance politique et judiciaire contestées, ce sont ces différents facteurs qui ont provoqué la "révolution des parapluies" de l'année dernière.

Nous concluons notre séjour dans la métropole par un dîner avant de prendre notre avion pour Auckland. Au menu, canard sauté avec des nouilles de riz, le tout dans une sauce épaisse au goût inconnu. Il me faut moins de cinq minutes pour percer le mystère de la sauce quand mes lèvres commencent à me piquer. Je reconnais avec appréhension cette sensation : des cacahuètes ! Tout en gardant mon calme, je suis la procédure habituelle dans ce cas là, et sors mes cachets que j'ai toujours à portée de main en cas d'urgence. Un, deux, trois, voilà qui devrait apaiser ma crise d'allergie.
Sauf que ça n'est pas le cas. Ma lèvre supérieure a doublé de volume et je ressens une gêne très légère pour respirer. Je vais jusqu'aux toilettes (chance, il y en a!), et vomis tout mon repas dans le trou percé dans le sol. Je reviens vers Alexis qui me regarde d'un air inquiet. J'ai les yeux injectés de sang, mes lèvres ont encore enflé, et, plus inquiétant, je commence sérieusement à avoir du mal à respirer.
D'habitude mes cachets ont toujours fait effet, et stoppé la crise d'allergie, mais là ça continue de s'aggraver. Je commence sérieusement à paniquer et les exhortations d'Alexis à me calmer sont de peu d'efficacité. D'un commun accord, on décide de passer à la dernière étape avant d'appeler le samu : mon injection d'adrénaline que j'ai également toujours sur moi, à prendre en dernier recours au cas où les cachets ne feraient pas effet. J'enlève le capuchon et me l'injecte dans la cuisse au milieu du restaurant où les gens commencent à me regarder un peu bizarrement.
L'adrénaline produit un effet rapide : ma voix qui avait changé redevient normale, et -est-ce le fruit de mon imagination?- je respire avec plus de facilité. S'ensuit une vingtaine de minutes de tension où l'on essaie de suivre l'évolution des symptômes. Mes lèvres s'arrêtent de gonfler, mais je commence à ressentir des démangeaisons partout dans le corps, alors que mon cœur bat à 200 à l'heure sous l'effet de l'adrénaline. Alors que l'on se rend à l'aéroport, la situation se stabilise, puis, très lentement, commence à décroître jusqu'à redevenir normale une fois dans l'avion.
Beaucoup de peur, mais tout finit par rentrer dans l'ordre alors que l'on décolle pour la Nouvelle Zélande.

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