Shenzhen / 深圳市 to Guilin / 桂林, Chine ( ou Comment Transformer un Post-it en Ticket de Bus )


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February 17th 2015
Published: February 17th 2015
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14 fév

* "Guangzhou (Canton) : Avoid visiting during Chinese New Year, which sees the largest annual human migration in the world". Lonely Planet



* Chinese New Year 2015: 18-19-20 février



La nouvelle année chinoise arrive bien vite. Je l'avais prévu. Et j'ai bien l'intention de la vivre loin des grands centres urbains où tout se figera et s'arrêtera pour plusieurs jours de festivités. C'est pourquoi je prévois me rendre à Guilin aujourd'hui, en passant par Guangzhou (Canton), au lieu d'être prisonnier des transports pour la prochaine semaine.



Avant de quitter l'hostel de Shenzhen, je demande au jeune étudiant derrière le comptoir de m'écrire en chinois les infos utiles à mon achat de billet de bus.

Il parle vaguement anglais mais il le parle certainement mieux que quiconque à des milles à la ronde.

"Bus de nuit. Guilin. Couchette. 14 février. 1 personne" : c'est ce qu'il a noté sur un Post-it jaune ça.

Mon plan de match donc s'appuie entièrement sur un Post-it jaune.

Pu de Post-it jaune, pu de béquille.



L'étudiant chinois m'explique aussi comment me rendre à la station de bus, ce que je m'empresse de faire: prendre un bus à Kou An Da Dui (!) pour me rendre à la Ying Hu Bus Station (!)



J'embarque donc dans le bus de ville num. 4 et essai de me faire comprendre par le chauffeur qui semble avoir beaucoup trop de dents pour sa mince bouche bridée.

Je suis Mr. Bean.

Je gesticule comme un arriéré.

Les dents me font signe d'aller m'assoir sans payer.

Je vais donc m'assoir sans payer.

Une vieille femme vient me voir alors et me demande des Yuans pour ma ride de bus.

Elle sortira au prochain arrêt.

Aucune idée c'était qui cette vieille femme finalement.



Le bus est moderne.

Il y a peu de différence d'avec ceux de la STM.

Devant moi, un jeune travailleur tient une chaudière et vomit dedans en suant gravement.

Tout le monde l'ignore comme si c'était normal.

Ça brasse dans le bus.

J'irais bien le rejoindre... mais par chance, j'arrive déjà à ma destination: Ying Hu Bus Station.



J'ai le Post-it bien serré entre le pouce et l'index

et je me mets en file indienne avec les nombreux chinois qui veulent voyager.



Je tiens le Post-it jaune comme un vieillard serre sa canne pour ne pas tomber.



Mon tour arrive et je tend le message à la dame.

Sourd et muet, je fais encore le Mr. Bean.



Elle semble comprendre et puis Paf! , me voilà avec un bout de papier conforme.

Bingo.

Mon Post-it s'est changé en ticket de bus.



Reste à voir où ça va me mener... mais surtout comment ça va faire pour m'y amener.



Note à Moi-Même:

Faire du bruit en mangeant, c'est normal.

Faire du bruit en mangeant, c'est normal.

Faire du bruit en mangeant, c'est normal.





15 fév



J'attend comme une asperge au milieu des chinois de la station de bus.

Ça se râcle la gorge et ça crache sans gêne autour de moi.



J'ai fais un dessin à l'agent de sécurité à képi pour qu'il m'écrive le numéro de porte où mon autobus sera stationné.

Porte 11.

C'est donc juste là, à la porte 11 que je fais l'asperge.



Une fille en habit passe près de moi en gueulant comme un bichon maltais.

Elle me fixe et me pointe.

Je suis l'asperge qui n'a pas répondu au premier appel.



C'est donc comme ça que je me suis retrouvé calé dans le banc d'un bus pour peut-être Guilin.

...



La ride de bus était un douze heures assis en angle, tout près d'un type avec un veston de cuir qui a craché tout le long du trajet dans un sac plastic bleu accroché au dos du banc devant lui.

Ça salive beaucoup les chinois vous savez.

Plus que ça peut ravaler faut croire.



Je descend à la station de bus de Guilin (paraît-il, si je me fie au hochement de tête que m'a fait le voisin saliveur).

Je me retrouve donc parmi les voyageurs, dans un stationnement de bus englobé de smog exhalé par les trop nombreux bus.

C'est étouffant.

Il y a une brume qui brouille la ville ce matin.

Mais ça ne semble pas que de la brume.

Il y a une bonne part de pollution aussi.



Je marche bientôt sur la bruyante artère principale, observé par des marchands de brochettes de poulet, de pieuvre ou de chair inconnue. Des vendeurs de confiseries feuillettent leur journaux en attendant des clients avide de sucre. Personne ose m'interpeller dans la rue. Ils le savent, c'est peine perdu, qu'ils ne trouveront jamais les mots pour me convaincre d'acheter leurs sucreries étranges et colorées.



Les motos sont partout, entremêlées, serpentant entre les bus et les voitures.

Comme un fléau.

On me klaxonne directement sur le trottoir aussi.



L'air est polluée.

Il n'y plane pas de monoxyde de carbone.

C'est à un deuxième niveau ici.

L'air est certainement saturé de stereoxyde de carbone moi j'dis.



Je tire du fond de ma poche un chiffon à la Lucky Luke et me cache le museau comme un hors la loi.

C'est que la chine est comme un gigantesque stationnement intérieur où l'on n'éteint jamais les véhicules.



Je déambule dans les rues, portant une attention particulière en traversant les carrefours où les voies lourdement utilisées se croisent comme des astérisques. C'est à faire peur ces mouvements motorisées dans le centre des villes chinoises.

Je suis abasourdi par la circulation de Guilin.

"No problem. Small village Guilin" que m'a dit Monica, la fille de l'auberge à mon arrivée.

Bien.

Guilin a en effet une minuscule population.

830 000 habitants s'y côtoient, additionnés de tous ces touristes chinois qui viennent y passer leurs vacances.

Un petit village bien condensé donc.





La nuit tombée, les rues s'illuminent pour les touristes. Les franchisés des marques occidentales font éclater leurs publicités, tandis que les rangées de lampe-baudruches en papier rouge nous rappellent (heureusement) encore l'exotisme oriental de la Chine.

Des néons vert éclairent ici et là les arbres des parcs et le bord des rivières polluées.



Deux longues tours étagées s'érigent en plein cœur du lac central d'ici.

Elles sont bien illuminées elles aussi.



Mais partout, les lumières font des halos exagérés dans la nuit.

Le smog inerte sur le Pays ne disparaît pas en même temps que le soleil ça l'air.

C'est que la Chine est électrique.

Et la Chine est forcément diesel.





Notes à Moi-Même:

1- Une chose est sûr, c'est que j'étais en sécurité dans le bus Shenzhen / Guilin. 9 caméras dans un bus: ça c'est s'assurer de la sécurité de ses passagers!



2- Dans les restos à Guilin, je peux choisir le poisson que je veux manger en le pointant dans les bassines à l'extérieur. Mais si l'envie de poisson me manque... je pourrais toujours choisir le gros rat musqué enragé qui gruge les barreaux de sa cage juste là aussi...



Etienne X


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