Chapitre 20: La magie d'Angkor


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December 2nd 2015
Published: December 30th 2015
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Angkor wat.

Après un passage de frontière en bus pas évident, me voilà enfin à Siem Reap, ville depuis laquelle je prévois d'explorer les fameux temples d'Angkor.

http://www.lefigaro.fr/voyages/2015/05/05/30003-20150505ARTFIG00275-les-temples-d-angkor-vus-d-un-drone.php

Les temples d'Angkor ont été construits durant l'âge d'or de l'empire khmer, soit entre le IXème et XVème siècle qui a son apogée s'étendait de la Birmanie jusqu'au Vietnam. Si Angkor, la capitale de l'empire khmer n'était à la base pas uniquement une cité religieuse, seuls les temples ont survécu. Bouddhisme Mahayana, hindouisme, bouddhisme theravada, l'histoire de la Cité Sacrée révèle à elle seule les luttes d'influence entre les différentes religions mises en avant par les différentes dynasties. C'est cette succession religieuse qui transparaît dans l'architecture des temples de la cité, ce qui la rend particulièrement intéressante.

Arrivé à Siem Reap, je décide de me donner un maximum de temps pour partir explorer ces vestiges, et opte pour le pass de trois jours. Parcourir les temples à pieds est impossible vue l'étendue du site qui fait plusieurs dizaines de kilomètres. Aussi, plutôt que de louer un chauffeur ou un tuk tuk, je décide de m'embarquer dans une aventure à vélo. Ce qui se révèle extrêmement ambitieux car je fais une trentaine de kilomètres par jour sous un soleil de plomb. Le premier jour ça va, le second, plus trop, et le troisième, je suis véritablement au bout du rouleau. Chaque jour, je me mets en route à cinq heures du matin, ce qui me permet non seulement d'observer le soleil se lever sur Angkor Wat, mais qui a surtout l'avantage de me faire passer quelques heures sous une température tolérable.

Et pourtant, c'est toujours avec le plus grand enthousiasme que je me lève chaque matin à 4:30 pour aller m'esquinter les jambes et le coccyx sur un vélo moisi. Car clairement le spectacle est absolument incroyable.

Généralement, lorsque l'on a une relique du Moyen-Age dans un musée, c'est la pièce centrale qui reçoit toute l'attention. Ou alors le musée en est rempli, mais elles sont très souvent minuscules et fortement endommagées. Ici... on est entourés par des palais grandioses sur des dizaines et des dizaines de kilomètres. À de nombreuses reprises, je réalise que je suis stupéfait par mon ignorance d'une civilisation à ce point avancée en termes de puissance, d'ingénierie et de raffinement.

Si les temples d'Angkor se résumaient à des temples médiévaux somptueux, ils seraient intéressants à visiter. Mais la magie d'Angkor réside dans le site en lui même, et en la façon dont s'entremêlent nature et civilisation. On ne visite pas les temples d'Angkor, on les explore. En effet, après l'effondrement de l'empire khmer à la fin du XVème siècle, Angkor est tombée dans l'oubli et à été ensevelie par la jungle pendant les siècles qui ont suivi. Ce n'est véritablement qu'au début du XXeme qu'ils ont été redécouverts et que le processus de restauration à commencé. Pendant les siècles qui ont précédé, la jungle a retrouvé ses droits ce qui donne des résultats assez incroyables. Les figuiers maudits ont pris possession des temples et les racines immenses des fromagers semblent étouffer les pierres à la façon d'un boa constrictor.



Puis vient le départ pour Phnom Penh. Le bus vient me chercher à mon auberge. Je suis le premier et prend la route à la recherche des autres passagers. On roule cinq minutes avant de s'arrêter. Au milieu de nulle part.

Intrigué, je lève le nez et réalise que le bus ne démarre pas. Les deux chauffeurs (qui sont plus jeunes que moi) essaient à tour de rôle de le démarrer mais sans succès. Génial. Je jette un coup d'œil autour de moi: je suis au beau milieu de ce qui ressemble à un bidonville. C'est parfait.

Pendant un moment, je me demande si c'est un coup monté, et s'ils vont me racketter mes affaires, mais le véhicule semble bel et bien immobilisé. Les deux ne parlent absolument pas un mot d'anglais et ne comprennent rien à ce que je leur dis. Ils me font signe de sortir, puis de pousser, afin d'essayer de le faire repartir. Sauf qu'ils sont bien mignons, mais pousser un bus à deux... il ne bouge pas d'un poil. Ils discutent entre eux, puis s'en vont. Oui oui, ils se barrent ces salauds, et me laissent en plan dans un bus cassé au milieu d'un bidonville en pleine nuit.

Tout.

Va.

Bien.

Ce qui me fait le plus peur, ce ne sont ni les gens qui me regardent suspicieusement, ni les chiens qui se battent férocement (je n'exagère même pas!), mais plutôt l'espèce d'escouade de quatre slumlords, en uniforme sur leur moto rutilante. Le genre de mecs à qui je n'irais certainement pas demander mon chemin.

Bon, ben je vais pas non plus rester là, j'enfile mes deux sacs, et marche vers ce que je pense être le centre ville. Là je croise l'un des deux "chauffeurs", qui me gratifie d'un unique "he go for help" pour unique réponse à mes questions. Très bien, on attend donc le numéro deux pendant dix minutes. Et là, alors que je le vois revenir, j'imagine les cinq gros bras sortant de la brume pour nous aider à pousser le bus voire un nouveau bus, genre avec la musique de l'œil du tigre. Mais il est seul, et me montre, victorieux ... un tournevis qu'il a récupéré.

Su-Per.

Bien entendu, ça ne marche pas, et au bout d'un quart d'heure, ils admettent leur défaite. Même scénario, ils se font la malle avant que je n'ai le temps de dire quoique ce soit, mais cette fois, le deuxième revient avec trois autres gros bras pour nous aider à pousser le bus. Bon, gros bras, je me suis peut être emballé. Il font une cinquantaine de kilos et l'un d'entre est complètement camé et arrive à peine à marcher debout. Le bus tremble, puis bouge sous nous efforts conjugués, mais n'avance pas. Je me demande si je ne vais pas rentrer à pied pour finalement passer une nouvelle nuit à mon auberge, mais ils me font signe de rester. Je me donne encore une demie heure, avant de rentrer.

Troisième épisode, après le tournevis et les trois clowns, arrive une camionnette. Les chauffeurs ont l'air agressifs, et le seul white boy avec ses gros sacs que je suis se fait tout petit. Finalement, une corde sort de nulle part, et ils attachent le bus à la camionnette. Cette dernière patine, mais sous les efforts conjugués du moteur à nos arcs boutés poussant l'arrière du bus, ce dernier avance et... miracle ! Redémarre. Direction Phnom Penh, dans un bus cahotant... l'aventure continue !


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