Chapitre 22 : Les gosses de la CPOC


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Asia » Cambodia » Central
December 2nd 2015
Published: January 11th 2016
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Alors que je comptais renouer avec le couchsurfing au Cambodge, je suis tombé dans mes recherches sur un profil intéressant, celui de Mr Kim, un cambodgien d'une quarantaine d'années qui dirige un orphelinat au beau milieu de la campagne. Il fait appel à des touristes afin de venir contribuer que ce soit en aidant au développement de l'orphelinat ou tout simplement être avec les enfants et leur apprendre un peu d'anglais. Ça a l'air d'être un truc complètement paumé, mais l'expérience me tente. En tant que touriste, ou même en tant que voyageur, je ne fais que passer, prendre et consommer. C'est triste à dire, mais j'ai souvent le sentiment d'être une espèce d'éponge qui absorbe tout ce qui se trouve sur son passage sans rien donner en retour. Avec cet orphelinat, j'aurais pour une fois la possibilité d'apporter quelque chose, et de contribuer un minimum. Je me décide donc de prolonger un peu mon séjour au Cambodge et quitte Phnom Penh pour m'enfoncer dans la campagne cambodgienne à bord d'un minivan.


Je suis bien entendu le seul blanc ce qui fait bien rire les passagers. Le minivan est prévu pour douze personnes, mais le chauffeur réussit quand même à en faire entrer une vingtaine. On est compressés comme des sardines, mais ça ne l'empêche pas d'en ramasser trois, puis un, puis deux, puis un nouveaux passagers sur le bord de la route... portant le nombre total à 27. Avec leurs bagages.
Il y a deux personnes dans le coffre se disputant un minuscule espace avec les énormes baluchons et sacs de riz de vingt kilos, et nous sommes littéralement entassés les uns sur les autres à chercher un peu d'air entre deux bagages. Le minivan s'arrête et le chauffeur me fait comprendre que c'est là où je descends.

Non sans un certain soulagement, j'extirpe ma carcasse et mon sac à dos du van, et regarde autour de moi. Des rizières, la route et... c'est tout. Une légère angoisse désormais familière de me retrouver encore une fois seul et perdu au milieu de nulle part, mais ça passe vite. Quelques minutes plus tard, me voilà déjà à l'arrière d'un scooter direction l'orphelinat.

L'orphelinat, où la CPOC comme on l'appelle ici, est une structure qui a été créée par Mr. Kim visant à fournir aux enfants abandonnés ou défavorisés un toit, une famille et une éducation.

M. Kim en lui même est un sacré personnage. Né à la fin du génocide des khmers rouges ayant saigné le pays, il a été élevé par sa grand mère; sa mère étant morte en accouchant, et son père l'ayant abandonné lorsqu'il n'avait que quelques mois. Handicapé, et incapable de marcher, il n'avait d'autre choix que de ramper pendant des kilomètres pour aller à l'école la plus proche. Pendant la saison sèche, il s'écorchait les bras et les jambes dans la poussière rocailleuse, et pendant la saison des pluies, s'échinait dans la boue afin d'atteindre l'école. Là, la plupart de ses camarades se moquait de lui, et lorsqu'il était couvert de boue, le professeur ne le laissait pas rentrer, et il assistait à la leçon depuis l'extérieur de la salle. Chaque jour le même scénario se répétait, mais chaque jour il avait la force physique et mentale de continuer, et persévérer. À tel point qu'il a bientôt eu les meilleures notes de la classe et décroché un emploi avec un salaire très honorable. Après y avoir passé quelques mois, il a décidé de quitter son job pour partir sillonner la campagne cambodgienne afin d'étudier la pauvreté et la misère sur le terrain. Un an plus tard, il fondait la CPOC, Caring for Poor and Orphaned Children, qui regroupe deux bâtiments en dur, accueillant entre 20 et 200 enfants en fonction de la saison de récolte du riz.
Des cours d'anglais sont dispensés aux gosses qui participent aussi à des activités cinéma-arts-karaoke-etc. Ils sont tous ensemble et entourés par une bonne dizaine de volontaires étrangers invités par M. Kim via couchsurfing.

Pendant mon trop court séjour là bas, j'ai pu apporter comme j'ai pu ma petite pierre à l'édifice en aidant les enfants à étudier et à faire leurs devoirs, ainsi qu'en contribuant à l'entretien et au développement de la structure. C'est à dire concrètement construire un four, réparer les vélos, retourner la terre et planter des légumes, s'occuper des poulets/canards, vacciner les chiens, construire et peindre des signes routiers indiquant la CPOC, enlever les poux des enfants. En plus de ça, on passe bien évidemment du temps à jouer avec eux au basket, au foot, on va se baigner tous ensemble dans la rivière boueuse ...

Cet orphelinat a été une expérience très enrichissante pour moi. Tout d'abord parce que j'ai véritablement vécu dans le tiers monde, et j'ai vu de mes yeux à quoi il ressemblait. Des enfants abandonnés ou battus par des parents drogués, livrés à eux mêmes dans la campagne cambodgienne, et allant travailler dans les champs ou à l'usine à dix ans pour deux dollars par jours. Ce n'est pas un cliché, c'est la réalité dans laquelle j'ai vécu pendant quelques jours et dans laquelle ils vivent pour certains toute leur vie.
Mais j'ai également vu comment la détermination d'un homme, M. Kim a réussi à leur proposer une alternative, à mettre sur pieds une structure d'accueil et d'attirer des volontaires des quatre coins du monde par la seule force de sa volonté.
Durant ces trois jours, j'ai été au contact de ces gosses merveilleux, à des années lumières des enfants que je connais. Des gosses qui se lèvent avant le soleil, qui vont à l'école à vélo à quatre ans et à scooter à huit, et qui sont plus indépendants que les volontaires qui les encadrent. Ils sont tous extrêmement touchants, parfois souriants, parfois sauvages. Ils sont capables de te décocher les plus beaux sourires du monde, de pleurer seuls lorsqu'ils sont perdus au milieu d'une classe qui comprend tout, de se rouler dans la boue et marcher pieds nus n'importe où, de décrocher des coups de pieds monstrueux à des chiots, ou de se prendre par l'épaule et de se réconforter les uns les autres.
Ce qui m'a je pense le plus touché, c'est le fait qu'ils soient autant indépendants et matures face aux difficultés de la vie, tout en gardant leur enfance, à rire d'un rien, et à s'amuser d'un autre, peu importent les circonstances. Bref, vous l'aurez compris, le moment de dire au revoir n'a pas été évident, et moi qui suis maintenant habitué à facilement tourner la page pour passer au chapitre d'après ne suis pas parti sans un pincement au cœur à l'idée de ne plus jamais revoir Vit, Lom, Leap, Arun, Mau, Chaya et tous les autres.

Je déteste faire ça, mais je sais à quel point ça sera utile. Si vous souhaitez aider ces gosses incroyables, vous pouvez le faire ici. Que ce soit un, cinq ou vingt euros, je peux vous garantir qu'ils seront bien utilisés.

C'est super rapide et facile.
http://www.gofundme.com/j1eogc

Ou si vous préférez vous débarrasser d'objets que vous n'utilisez pas/plus, cela sera tout autant apprécié.
Ce dont ils ont besoin en ce moment sont des outils (pelles, bêches, sécateurs, tournevis, marteaux etc), du matériel scolaire (cahiers, stylos, crayons, feutres etc) et informatique (ordinateurs, imprimante, scanner, photocopieuse etc). Ainsi que des jouets, coloriages, matériels ludique ou sportif, ça reste des enfants avant tout.
Si vous avez quelque chose qui pourraient les aider, n'hésitez surtout pas. Peu importe que s'ils sont vieux ou usés, ça reste très utiles pour tout le monde.

Vous pouvez envoyez tout ça par la poste à l'adresse suivante :

Kim Ny (n'utilisez pas Mr Kim)
Tel: 0963302196
Prey Sbart Village, Tropang Thom Khange
Cheung Commune, Tramkak district
Takeo province, Cambodia



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