Bagan (ou Les Temples Oubliés)


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April 9th 2011
Published: April 9th 2011
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30 mars 2011



J'embarque dans un bus pour un six heures de route à partir de Mandalay... vers Bagan.

Ce sera la route la plus merdique de tout mon périple en Asie du sud-est.



Le site des temples de Bagan est pourtant réputé pour être l'un des plus impressionnants sites du genre, de même niveau qu'Angkor Wat au Cambodge (ce n'est pas peu dire).

Mais mon 12$ de bus et mon 10$ pour entrer au site de Bagan n'ira pas à la rénovation de la route:

cet argent ira directement dans les poches des généraux.

(On dit que le cadeau de mariage du général en chef à sa fille en 2006 s'élevait à plus de 50 millions de dollars... ce qui représentait alors trois fois le budget national alloué à la santé... )



La route de poussière empruntée se trouve en pleine sécheresse, au milieu d'un paysage vidé de toute verdure.

Il y aura des arrêts à chaque heure et demie durant le 6 heures de trajet accidenté.

Mais chacune de ces pauses, on ne les fera pas pour le bien-être des passagers.

Nope.

Les nombreux arrêts se feront pour, obligatoirement, faire refroidir le moteur-fournaise qui boucane depuis le départ comme un sauna extérieur en plein hiver québécois.



J'aurais bien pu prendre un vol intérieur, ou même le train pour rejoindre Bagan.

Mais comme les compagnies d'aviation et ferroviaires du Myanmar sont la propriété du gouvernement, j'ai préféré me taper du tape-cul en bus de compagnie privée.

C'est ça le problème majeur du tourisme au Myanmar: il faut constamment vérifier où l'on dépense nos grosses devises (question de principes).





Bagan.

Je loge à Nyang U, situé à six kilomètres de la vieille ville de Bagan.

Je me garde la surprise du site rêvé pour les prochains jours.



Je fais le tour de Nyang U en 1 heure de marche environ.

C'est la saison sèche, c'est la saison morte.

La tranquillité règne dans les rues ici.

Les restos sont vides.

Les guesthouses aussi.

Et les hôtels chics gouvernementaux le sont encore plus.

C'est à se demander comment ils font pour survivre, les hôtels luxueux!





Notes à Moi-Même:

Le plaisir d'offrir: il n'y a rien de plus valorisant que de donner au Myanmar.



Exemples:

1- Lors d'un des arrêts de mon bus vers Bagan, j'ai fais la rencontre d'une fillette qui savait à peine parler. Elle m'observait de loin, intriguée de voir un blanc pour la première fois. Je lui ai fait signe de s'approcher de moi... et je lui ai donné... un sous noir qui trainait au fond de ma poche.

''From Canada'' lui dis-je.

Elle n'a assurément rien compris. Mais rapidement, elle s'est mise à courir vers sa mère en criant des mots incompréhensibles pour moi. Je venais de lui offrir un morceau de lune, un trésor inespéré.

Si elle savais combien j'aurais payé pour vivre un moment si extraordinaire.

Un rien de notre part ici peut créer tellement de bonheur chez les locaux.



2- Après un bon repas à Bagan (au coût de 3$), j'ai remis à la jeune serveuse un 100 Kyats (12 sous) pour son excellent service. Elle s'est retenu pour ne pas réagir.

J'ai jeté un coup d'oeil derrière moi en m'éloignant du restaurant et, je vous jure, j'ai vu la jeune serveuse discrètement danser de joie.

12 sous pour rendre quelqu'un heureux.

Vous vous imaginez?

Combien de pourboire faudrait-il vous donner à vous pour que vous vous mettiez à danser au départ du client?





31 mars 2011



Je passe ma journée à découvrir les temples de Bagan à vélo.

Ma monture est lourde et ma chaîne manque d'huile.

Je dois mettre tout mon poid pour pouvoir avancer.



De 7h00AM à 10h00AM, la température se tolère.

Mais après ces heures, le soleil brûle la peau rapidement.

Je me cherche sans cesse de l'ombre

comme les chiens errants.

Souvent, je me pose dans les entrées de temples, accroupit avec les Birmans.



Le site de Bagan est hallucinant.

Jamais rien vu de tel.

Pensez à un temple immense, vieux de 800 ans, avec des gravures et des statues de bouddha partout.

Pyramide de pierres.

Vous vous l'imaginez?

Alors maintenant, ajoutez-y 500 temples de même envergure tout autour... et puis effacez tous les touristes... et remplacez les par des chèvres, des vaches hindous et des chevaux tirant des calèches.

Voilà Bagan.



Chacun des temples que je visite, j'ai l'impression qu'à chaque fois, je suis le premier occidental à y mettre les pieds.

Vraiment exceptionnel comme site.

Personnellement, je le préfère à Angkor Wat (Cambodge) qui lui, est saturé de touristes.

Ici, c'est complètement vide car....

1- c'est le Myanmar et

2- c'est la saison morte.

Ici, il y a presqu'uniquement des paysans qui font paître leur bétail entre les divers temples.

Ça n'a rien à voir avec la majorité des sites touristiques que j'ai vu ailleurs en Asie du sud-est.

Je me sent prévilégié d'être ici.

Vraiment.





À 15h00, je suis totalement assommé par le soleil et la pesante chaleur.

Ce n'est pas la saison idéale pour pédaler.

Demain, je laisse de côté le vélo et je me paye une calèche comme dans ''Les filles de Caleb''.



Note à Moi-Même:

Si je me part une compagnie de café instantané, ne pas l'appeler ''KaKa Café''.

Ça existe déjà.





1 avril 2011



Comme prévu, je passe aujourd'hui ma journée en calèche.

Je partage le cart avec une torontoise rencontré au guesthouse, une ex fonctionnaire de 32 ans qui réoriente sa carrière.



Je suis toujours aussi impressionné par les vieux temples de Bagan,

flèches dardant le soleil ardent.

Il fait chaud à faire cuire un oeuf sur le sol rocailleux.

Difficile de tolérer une température si lourde.



On doit se déchausser pour visiter les monuments.

J'ai l'impression de marcher sur des ronds de poêle allumés.



Je plains notre cheval ''Lucky'' qui travaille plus durement qu'à l'habitude cet après-midi.

Et puis notre chauffeur de fiacre aussi, lui qui doit refuser notre invitation à luncher à notre table, par peur de réprimandes par les espions habillés en civil.

Les locaux doivent toujours garder une certaine distance d'avec les touristes.

C'est vraiment sérieux cette folie militaire.





Ce soir, un concert rock birman est organisé sur le site des spectacles de Nyang U, tout près de mon guesthouse.

Cool.

La Torontoise et moi-même achetons des billets pour assister à l'événement.

En attendant l'ouverture des portes, on décide tous les deux de prendre place sur la terrasse d'un resto local à côté de l'entrée principale.

On se commande des bières chinoises, question de s'enivrer un peu avant le spectacle.

(Je boude la MyanmarBeer. Par principes encore une fois).

Des mamoiselles en tenues sexy font la promotion d'un whisky birman à côté de nous.

Elles nous en offrent timidement.

Pourquoi ne pas en faire profiter les étrangers?



Derrière les grillages, le show débute... alors qu'on entame notre deuxième bière, toujours assis sur la terrasse.

''Smoke on the water'' en birman plane sur la foule.

Partout autour de nous, les ados locaux se saoule la gueule au whisky offert par les poulettes en robe serrée bleu-pâle.



Ce spectacle rock est l'événement de l'année ici.

Les birmans viennent de loin pour y assister.

Le show se poursuit... alors qu'on se commande une troisième, et puis une quatrième bière aussi, toujours assis au resto.

Voilà que, même avec des billets en main, le temps finira par passer... sans que nous assistions à une seule minute du spectacle.

Tiens donc: trop occupé à boire et à reboire.

Et bien bravo qu'on se dira!!



Bon.

Au moins, on a entendu la musique au loin, assis sur nos chaises en plastique sur notre terrasse au milieu de la foule.





On aurait peut-être dû vendre nos billets sur le marché noir dans le fond?

Quel profit aurait-on pu avoir... sur des billets à trois piastres?



EtienneX


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