Epupa


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April 20th 2016
Published: May 1st 2016
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Mercredi 20 avril 2016



Comme la nuit a été un peu courte, on s'est permis de repousser le petit-déjeuner un peu plus tard que d'habitude. Et on prend encore le temps de papoter un peu avec la patronne avant de reprendre la route. Nous devons faire un arrêt à la seule vraie ville de la région, Opuwo, pour faire le plein et acheter notre pic-nic. Comment dire... On a bien aimé l'expression: la Namibie, c'est l'Afrique pour les débutants. Ce qui est totalement vrai. Mais alors Opuwo, c'est la vraie Afrique! Poussière, chaos et dépaysement garantis! On se retrouve catapultés dans un autre monde, où les tribus himbas et herero se mélangent et où les femmes himbas vont faire leurs courses seins nus au supermarché. Il y a une telle agitation dans les rues qu'on pourrait passer la journée à regarder ça tel un film.



Une fois le ravitaillement fait, nous partons en direction du nord pour rejoindre le village d'Epupa, à la frontière avec l'Angola. Je tenais particulièrement à aller dans cette région pour rencontrer la tribu himba qui vit dans de petits villages non loin de là. Mais il s'agit d'une région très humide qui longe le fleuve Kunene et où les pluies sont abondantes. C'est surtout pour cette région qu'il nous fallait un 4x4, au cas où les routes seraient bloquées par les crues des rivières. En l'occurrence il ne devrait pas y avoir de soucis. On voit effectivement que la terre est encore humide des pluies récentes et il subsiste encore des résidus d'eau mais les pistes sont en parfait état. Certes moins bonnes que celles qu'on a eues jusqu'à présent mais tout à fait carrossables. En chemin, on croise déjà de nombreux himbas et leurs troupeaux de chèvres et l'on voit pour la première fois des champs cultivés. C'est vraiment une région totalement différente de ce qu'on a vu jusqu'à présent, très verte, avec une végétation abondante. On pourrait presque se croire sur une île au milieu de l'océan, avec ses collines verdoyantes. Et l'arrivée à Epupa est encore plus irréelle puisqu'il s'agit d'une oasis de palmiers, sur la rive du fleuve Kunene qui se jette dans des chutes d'eau. Le village est très rudimentaire, il n'y a aucun logement en briques, uniquement des huttes et des cabanes. Notre hébergement est situé juste au bord du fleuve avec une vue magnifique sur de petites îles et la rive angolaise. Il s'agit d'un campement avec des tentes haut de gamme et toutes les commodités nécessaires. On profite de la fin de l'après-midi à l'ombre au bord du fleuve avant de déguster un succulent repas aux chandelles.



Jeudi 21 avril 2016



Ah, et bien finalement pas si succulent pour tout le monde le repas... Alex a été malade toute la nuit. Concrètement, on a mangé la même chose hier, à l'exception du dessert, une sorte de pudding, que je n'ai pas trouvé très bon. Donc diagnostic 1: une petite intoxication alimentaire. Ou diagnostic 2: la malaria... La Namibie, et plus particulièrement la région d'Epupa, est une zone à risque pour la malaria qui s'attrape par les piqûres de moustiques. Donc depuis hier on fait encore plus attention que d'habitude, on porte des vêtements longs le soir et on utilise toutes sortes de répulsifs. Mais des piqûres on en a quand même eues depuis le début du voyage donc ce n'est pas impossible. Bon, on ne va pas faire les paranos tout de suite, on a des médicaments contre la malaria mais attendons de voir comment ça évolue. Sinon moi, ça va nickel.



Donc ce matin on a prévu une excursion à la rencontre d'une famille himba avec un guide local. Lorsqu'on arrive dans le village, le guide va tout d'abord demander la permission au chef du clan puis à ses femmes. Oui, car un homme peut avoir jusqu'à 3 femmes. Mais pour épouser la seconde, il doit avoir l'accord de la première. En revanche, il n'a besoin de l'accord de personne pour épouser la troisième. Mais il doit être très riche en vaches pour avoir plusieurs femmes car il doit payer plusieurs vaches pour chaque femme qu'il souhaite épouser. Bon, ils sont tous d'accord pour qu'on leur rende visite, nous descendons donc du véhicule et commençons par faire le tour du village. L'enclos à chèvres constitue le centre du village avec toutes les huttes construites autour. C'est pour que chaque hutte puisse contrôler l'enclos pour qu'aucune chèvre ne s'enfuie pendant la nuit ou qu'un prédateur vienne les tuer. A côté de l'enclos est situé l'emplacement du feu rituel où sont effectuées les cérémonies traditionnelles. Si un invité indésirable dépasse ce point sans y avoir été invité, le mauvais oeil s'abattra sur lui. Tout va bien pour nous, nous sommes les bienvenus, ouf. Un peu à l'écart, une toute petite hutte est construite sur pilotis afin que les animaux ne puissent pas y pénétrer, c'est le garde-manger.



Puis, nous allons à la rencontre des femmes devant leurs huttes. Le guide nous a appris 3 mots en langue himba: Moro-moro = bonjour, Perivi = comment ça va?, Perinawa = ça va bien. (J'ai déjà oublié comment on dit merci...) Pour le reste, heureusement il nous sert d'interprète. J'appréhendais beaucoup cette rencontre car je ne voulais pas qu'on les prenne pour des bêtes de foire ou qu'elles se sentent agressées par notre venue et finalement ça se passe très bien, elles nous montrent spontanément des choses de leur quotidien dont le guide n'avait pas forcément parlé. Tout d'abord quelques mots sur leur apparence. Elles ont la peau rouge car elles se recouvrent tous les 3 jours d'ocre qu'elles mélangent au gras du lait de chèvre. C'est pour se protéger du soleil, des salissures et des mauvaises odeurs. Ce sont uniquement les femmes qui font ça, dès leurs premières règles. Donc une femme himba ne se douche jamais, elle fait des fumigations pour se nettoyer. Leurs cheveux sont également incroyables. Pour justement ne pas avoir à les laver avec de l'eau, elles se font des tresses qu'elles enduisent également d'ocre, en y rajoutant des cheveux artificiels au bout, pour l'aspect décoratif. Et une femme mariée va encore venir rajouter sur le dessus une sorte de diadème en forme de cornes de vaches. Ça fait un sacré poids sur la tête. Pour l'habillement, elles portent un pagne à plusieurs couches en peau de vache, ont les seins nus et arborent différents bijoux en perles, corne ou métal. Les bracelets en métal qu'elles portent aux chevilles sont scellés et indiquent si elles ont 1 ou plusieurs enfants. La première femme que l'on rencontre était en train d'allaiter son 5ème enfant et nous montre également les différents ustensiles qu'elle utilise pour traire et conserver le lait de chèvre. Pour les hommes, ils portent également un pagne mais en tissu et sont soit à torse-nu, soit en t-shirt et portent également certains bijoux.



Vers une autre hutte, ce sont plusieurs femmes qui sont en train de préparer l'enduit qui viendra recouvrir les huttes. Car dans un village himba, la construction des huttes et la cuisine sont de la responsabilité des femmes alors que les hommes gèrent le troupeau. Donc elles sont en train de pétrir cette pâte qui est faite de bouse de vache et d'eau... Une fois séchée, cela deviendra un excellent imperméabilisant pour le toit. Une autre femme nous invite à pénétrer dans sa hutte. Il y fait très frais et cela sent plutôt bon car elle y fait brûler des plantes odorantes. A part ça c'est plus que spartiate: il y a juste une peau de vache au sol, devant le foyer qui permet de chauffer l'intérieur lors des nuits froides et les quelques ustensiles sont accrochés aux murs. On y trouve d'ailleurs sa coiffe de mariée que le guide lui demande de mettre, ce qui la rend à la fois souriante et gênée. On a d'ailleurs compris plus tard pourquoi le guide se montrait parfois très familier avec certains membres du clan. C'est que lui-même est un himba mais un himba qui a abandonné le mode de vie traditionnel. Ceci car son père a décidé de l'envoyer à l'école pour lui offrir une autre éducation. Donc en fait certaines femmes de ce clan sont ses cousines. Seul le père de famille peut décider d'envoyer son enfant à l'école ou de le garder au sein du clan. En l'occurrence, pour les garçons, lorsqu'ils seront en âge de se marier, ils seront envoyés dans d'autres clans afin de trouver une femme d'une autre famille. Et c'est à ce moment-là qu'ils changent leur coiffure: quand ils sont garçons, ils portent 2 tresses vers l'avant du crâne et quand ils sont hommes à la recherche d'une épouse, ils portent une tresse vers l'arrière.



J'aurais bien voulu poser plus de questions au guide sur le fait qu'il ait quitté sa famille et ses traditions mais j'ai été interrompue par Alex qui ne se sent à nouveau pas bien. Alors que j'essayais de lui dire que s'il avait besoin de vomir il serait judicieux d'aller à l'extérieur du village, et bien patatras, voilà qu'il vomit au beau milieu du village, devant l'enclos à chèvres! Bon, ça n'a pas eu l'air de perturber les membres du village et encore moins les chiens qui ont vite fait d'effacer ses traces... beurk. On termine tant bien que mal la visite et les femmes nous présentent l'artisanat qu'elles fabriquent elles-mêmes pour vendre aux touristes. Il y a de tout: des poupées himbas, des statuettes d'animaux et des tonnes de bracelets et de colliers de perles. On reste encore un peu au village avec elles puis nous reprenons la route d'Epupa. Même si la visite n'aura pas été si longue que ça, je pense que cela restera un souvenir fort de ce voyage pour longtemps. Car dans nos petites vies confortables d'Européens, cela remet parfois les choses en perspective de penser qu'il a des gens dans le monde qui vivent encore de cette manière.



Au vu des circonstances, on restera tranquillement au camp cet après-midi, Alex au lit et moi à rédiger le blog au bord du fleuve. Et alors qu'il n'y a pas un seul employé à proximité, voilà que se pointe un gigantesque lézard juste devant moi. Sans déconner, tellement grand que moi je n'appelle plus ça un lézard mais un varan (même si je ne suis pas très sûre d'à quoi ressemble un varan). Je suis seule avec cette bestiole! Instinctivement, je suis montée sur ma chaise et j'étais même prête à sauter sur la table et m'accrocher au parasol s'il s'approchait de moi! Mais heureusement, il a continué son chemin en longeant le fleuve sans même m'apercevoir. J'ai demandé plus tard au staff si ce truc était dangereux et ils m'ont dit qu'effectivement c'était un varan mais qu'il n'est dangereux que pour les serpents. En papotant avec eux j'ai également appris qu'il y avait plusieurs personnes au village qui étaient également malades aujourd'hui. Ils disent que c'est le changement de saison et que c'est la rivière qui a apporté la maladie, moi je dis qu'on tient le bon diagnostic: un virus de gastro!



Vendredi 22 avril 2016



Bon bah Alex ne tient toujours pas la grande forme alors ce matin c'est grasse mat. Finalement il a plutôt bien choisi son moment pour être malade car c'est le seul endroit où l'on fait 3 nuits, ce qui en temps normal serait un peu chiant car il n'y a vraiment pas grand chose à faire dans les parages. Du coup, il peut se reposer tandis que j'essaie d'effacer mes marques de bronzage.



Je le motive tout de même à aller faire un tour au village pour voir les fameuses chutes d'eau, ça lui fera du bien de marcher un peu. Les chutes ne sont pas très loin mais on prend tout de même la voiture pour rejoindre le sentier pédestre, histoire de ne pas marcher en plein cagnard. On a failli ne pas reconnaître notre voiture sur le parking. On cherchait une voiture beige sale et elle était toute blanche brillante. Le staff l'a nettoyée! Et bien merci! Allé, aujourd'hui c'est moi qui prend le volant. Nous sommes les 2 inscrits comme conducteurs dans le contrat de location mais j'avoue que le coup de la crevaison le premier jour m'avait un peu refroidie et je n'avais pas encore osé conduire. Mais si Alex ne se sent pas mieux demain c'est moi qui devrait conduire sur ce tronçon le plus pourri du voyage, alors autant se faire la main tout de suite. Et c'est pas gagné... Bref, on arrive quand même jusqu'aux chutes et on fait la petite rando qui les longe. Comme on sort de la saison des pluies le débit est important et la végétation abondante. Il y a même des baobabs qui côtoient les palmiers.



On passera le reste de la journée à glandouiller sur les transats, ce qui est déjà une victoire pour lui d'avoir pu quitter le lit et la proximité des toilettes. Espérons que demain ce soit réglé.



Samedi 23 avril 2016



Bon, parfait, on va pouvoir clore l'épisode gastro à Epupa. Alex est remis sur pied, il tient même à prendre le volant aujourd'hui, je ne vais pas insister... La journée ne sera pas très intéressante, on fait la route inverse pour rejoindre Opuwo, où l'on se rend directement à notre lodge situé sur les hauteurs de la ville.



Après le lunch, on fait tout de même un saut en ville pour essayer de trouver un garagiste car on a un souci avec le pare-chocs arrière du 4x4. La soudure a cassé d'un côté ce qui fait qu'il sautille constamment en faisant un bruit de casserole. 1: le bruit est agaçant, 2: ce ne sera pas très discret pour approcher des animaux dans le parc, 3: on risque de le perdre, 4: l'agence peut nous faire payer une fortune la réparation ou le remplacement. On demande donc au concierge du lodge s'il connaît quelqu'un en ville pour arranger ça. Il passe un coup de fil et nous confirme qu'il peut nous aider, il faut qu'on vienne le chercher à 14h15 pour qu'il nous accompagne en ville. Mais quand on vient le prendre, il vérifie à nouveau le pare-chocs et là il nous dit que non, finalement il ne peut rien faire pour nous... Merci... Bon, on va quand même en ville essayer de se débrouiller tous seuls mais tous ceux à qui on demande nous disent tous que c'est peine perdue. Je pense surtout que c'est le week-end et que personne n'a envie de faire des heures supplémentaires. Tant pis, j'ai un bout de corde d'alpiniste dans mon sac, on l'attachera pour le sécuriser et on verra plus tard comment on arrangera ça. Je suis d'ailleurs très contente que cette corde ait finalement trouvé une utilité!



De retour au lodge, on passera le reste de la journée au bord d'une splendide piscine à débordement, avec une vue magnifique sur les collines et la plaine environnante.

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9th May 2016
Bébé himba

Bébé himba
Great pic

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