Azrou, Maroc (Macaques et Castagnettes)


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March 12th 2013
Published: March 12th 2013
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11 mars

Je quitte la populeuse Médina de Fès ce matin pour fuir vers les montagnes, en direction de Azrou.

Vous avez déjà monté sept dans un taxi? Si vous répondez non, c'est normal. C'est que ça ne rentre pas, sept dans un taxi.

Alors me voilà dans ce taxi, celui dans lequel il ne rentre pas sept personne... et j'y suis avec six autres personnes.

Un homme mal rasé me tient la cuisse alors que mon bras droit tient les épaules d'un étudiant qui a trouvé un peu d'espace pour répondre à son cellulaire. Il y a aussi un Jedi en toge magenta et une vieille femme berbère qui porte un étrange symbole entre ces deux grands yeux noirs qui m'observent.

Et le chauffeur, et puis le passager que je n'arrive pas à voir... plus moi.

Ca fait... un, deux, trois... attendez voir... quatre... et puis lui, et moi... sept.

Voilà. Sept.

Je vous l'affirme donc, sept, ça ne rentre pas (bien) dans un taxi.



Le paysage à l'entrée des montagnes est splendide. Il n'y a que de la pierre éparpillée ça et là dans les pentes vertes animées par les troupeaux de moutons salis par la pluie. J'aimerais vraiment prendre quelques clichés... mais je n'arrive même pas à me gratter le bout du nez coïncé comme je suis. Tant pis. J'imagine que ces paysages seront chose fréquente à partir d'aujourd'hui.

J'arrive à la jolie ville en pente qu'est Azrou en début d'après-midi. Je me pose le voyageur à un charmant hôtel dans le centre-ville avant de repartir rapidement pour aller visiter le paisible village berbère de In-Le (prononcé "in" comme dans "main" et "le" comme dans.... "le").

C'est drôle comme nom d'endroit ça, In-Le.



Les cigognes sont nombreuses dans le ciel nuageux des montagnes. Des immenses nids de paille accrochés un peu partout sur le toit des chaumières accueillent les grands planneurs en amour. On entend au loin leur claquement de bec comme des castagnettes alors que le mâle retrouve sa femelle qui l'attendait en couvant leur futur progéniture. Elles seront la prochaine génération de cigognes dans le ciel nuageux de In-Le.

(Je l'ai tu dis que c'est drôle comme nom d'endroit ça, In-Le?)



Je reviens à Azrou encore une fois coïncé dans un taxi avec six habitants des montagnes. J'ai un peu plus d'espace cette fois: mon squelettique voisin est si maigre qu'il n'est qu'à quelques livres d'être invisible.

Enfin, à ma chambre d'hôtel, je me glisse dans mon sleeping bag froid et me couvre des trois couvertures de laine qui m'ont été fournies.

C'est comme un grand nid de cigogne ce lit.

Et mes dents claquent comme des castagnettes.



Note à Moi-Même:

"La pizza charcuterie? C'est une pizza avec quelle sorte de viande?"

"De la viande en canne" qu'on me répond.



12 mars

Je sort de mes couvertures épaisses. Il fait froid. On entend une fine pluie s'écraser contre le toit en tôle de l'hôtel Salame.

Sur la pointe des pieds, je me rend rapidement à la douche commune au fond du corridor silencieux. Le carrelage est gelé. Je demande au marocain en suit de neige dans le lobby de m'allumer l'eau chaude pour me doucher. Ce ne sera que de l'eau tiède finalement. Damn.

Je brise un mythe: il peut faire vraiment frette au Maroc. Frette et humide.

Mais ne suis-je pas à quelques heures du Sahara?



Malgré la fine pluie et le froid (il fait 2 degré aujourd'hui), je décide de ne pas changer mes plans pour la journée: une longue marche dans la forêt de pins m'attend.

Mon humide promenade débute alors qu'un taxi embué me laisse sous la faible mouillasse, à cinq kilomètres d'Azrou. Je ne suis pas certain de ma décision. Si l'orage vient qu'à me surprendre, je serai alors pas mal dans la bouette.

Bon.

Mais heureusement (comme la vie est bien faite), deux allemandes et leur ami marocain ont pitié de moi à ce moment même... et m'embarque dans leur voiture de location couleur crème. Direction: la forêt de pins où des macaques viennent saluer les marcheurs.

Yep.

On les trouve sans trop de problème ceux-là.

(Les macaques je veux dire, pas les marcheurs)

Ouaip. Ils sont juste là en fait, à l'orée de la pinède, à nous tirer les jeans pour qu'on leur accorde un peu d'attention.

J'essai tant bien que mal de nourrir les plus petits mais le gros mâle grogneur au fessier de cuir est toujours au premier rang. C'est lui le gros singe qui attend de se faire nourrir... et qui te vole le sac au complet au moment où tu lui offre sa bouchée.

Il y en a toujours des comme ça.



Je remercie ensuite mon lift alors que je décide de marcher les derniers miles du chemin terreux de la forêt.

Si la pluie avait cessé à ce moment précis de l'histoire, tout aurait été parfait.

Mais ce ne fût pas le cas.

La fine pluie est demeurée constante. Sans plus ni moins, mais juste assez pour rendre ma promenade désagréable.

Est-ce que nourrir des singes vaut attraper une grippe?



J'atteint finalement un carrefour où des vendeurs frigorifiés tentent de vendre aux touristes des fossils trouvés dans la rocailleuse montagne.

Je n'en peux plus de me geler les os. Terminé. Je décide donc de payer le prix fort pour retourner à Azrou, me réchauffer le corps devant une tajine fumante.

Et puis devant un allongé bien chaud aussi, dans l'antre des hommes qui fument à jamais leur vie.



Note à Moi-Même:

Lu dans les menus au Maroc:

1- Thé à la monte (ça devrait bien descendre ça)

2- Lait au chokolat

3- Crèpe boeux et confiture et huile d'olive (???)

4- Coucou viande et légumes

5- Soucisse

6- Frits de saison

7- Entrecôpe





EtienneX


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