Mali - de Sibi a Bandiagara


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Mali's flag
Africa » Mali
September 25th 2009
Published: September 28th 2009
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A Bamako, nous avons encore eu droit a un accueil cinq etoiles, alors qu’un autre collegue de Kim, Ernest un ivoirien installe a Bamako depuis qq annees et sa fille de 11 ans Dominique, nous attendaient a l’aeroport. Nous sommes arrives chez lui apres un long detour en raison du trafic cause par les celebrations entourant la fete de l’independance du Mali.

Nous avions a peine mis les pieds chez Ernest qu’il nous offrait deja, a notre grande surprise, une gamme de liqueurs - du limoncello en passant par le pastis - du poulet et du riz et, au grand bonheur de Kim, de l’aloco (bananes plantin frites, un delice typiquement ivoirien) qu’elle avait deja deguste avec plaisir lors de son premier voyage en Afrique, le tout prepare par sa sœur et la menagere. Bien rassasies, on nous invita a aller faire une sieste avant de partir pour une promenade jusqu'à Sibi, a environ 1h30 de Bamako. En retraversant la capitale qui remarqua a quel point Bamako etait une ville beaucoup plus vaste que ce dont elle se souvenait (1.3 million d’habitants). A l’inverse, les nombreux villages que nous avons croises en retour vers Sibi semblaient beaucoup plus petits et rudimentaires que ceux que nous avions croises au Senegal. La topographie escarpee et la vegetation tres verdoyante en raison des pluies abondantes recentes nous ont agreablement surpris. De la meme facon, les villages construits de boue et de paille qui parsemaient notre route nous ont grandement fascines.

De retour a Bamako, Ernest s’invita (et nous invita) chez des amis ivoiriens pour nous les presenter. Aussitôt les salutations terminees, M. Allah, l’ami d’Ernest, s’empressa d’aller acheter quatre grandes bieres froides « Castel ». Malgre le caractere impromptu de notre visite, nous avons ete recus en grand. L’ampleur de l’hospitalite et la chaleur de l’acceuil des Africains de l’ouest continuent de nous epater chaque fois! Encore ici, nous nous sommes regales en degustant de l’aloco fait specialement pour nous, de l’igname avec sauce piquante et du poisson grille - le tout prepare par Mme Allah qq instants apres notre arrivee!

Nous sommes ensuite partis rejoindre une autre amie d’Ernest - une malienne cette fois - dans un petit resto de Bamako, le Relax, ou nous avons soupe aux brochettes de bœuf avec… frites. Decidemment, une premiere journee au Mali bien remplie et qui promet pour le reste de notre sejour dans ce beau pays!

Des le lendemain matin a 9am nous etions sur la route avec Ernest et Dominique en direction de Mopti, une petite ballade d’environ 600km. Comme Ernest etait en vacances, il avait decide de se joindre a nous pour une partie du voyage. Il pouvait ainsi faire connaître des coins du Mali a sa fille qui etait arrivee de la Cote d’Ivoire depuis qq temps. Apres avoir dine a Segou situe au bord du fleuve Niger, nous avons roule jusqu'à la tombee de la nuit. Nous etions contents de pouvoir compter sur Ernest pour conduire parce que rouler sur les routes maliennes n’est pas de tout repos. Les routes sont a peine assez larges pour deux voitures et on doit en plus eviter les innombrables nids de poule, les motos, les autocars surcharges de bagages et de passagers, les femmes portant leur bebe sur leur dos et une charge impressionnante sur la tete, les charettes, les anes, les vieillards a bicyclette en plus des vaches et des chevres qui peuvent traverser la chaussee a tout moment. Et tout ca, sans compter les dos d’anes qui surprennent a l’entree et a la sortie de chaque village (ou comme on les appelle ici : « les gendarmes couches »). Nous avons egalement croise plusieurs postes de peage et nous nous sommes meme fait arreter deux fois par de vrais gendarmes pour fin de verification du vehicule. On ne sait pas trop si c’etait a cause de la plaque d’immatriculation de Bamako, de la blancheur aveuglante de nos peaux ou de la tete d’ivoirien d’Ernest ;-)

Malgre la pauvrete criante, nous avons eu la chance de voir defiler sous nos yeux des scenes inoubliables toutes plus belles les unes que les autres. Des personnes magnifiques vetues de couleurs vives - du mauve, du turquoise en passant par le fuschia et le jaune serin. Des champs de mil, de mais, des villages pittoresques, des sourires contagieux… des scenes si belles qu’elles creent en nous un malaise sachant tres bien que la misere se cache derriere tant de beaute… Nous avons encore plus choyes de pouvoir s’immiscer dans quelques-unes de ces scenes et y soutirer quelques images pour nous rappeler a jamais cette journee memorable.

Ernest avait espere rejoindre Mopti avant la tombee de la nuit mais helas, la noirceur nous enveloppa une plus tot que prevu. Nous avons donc du roule pendant un bon trois heures dans la pénombre au grand desespoir d’Ernest tres nerveux derriere le volant la nuit et ce, du entre autre a un detour difficilement naviguable meme le jour.

Nous sommes finalement arrives a Mopti et avons passe la nuit dans un hotel dont le nom resumait bien notre journee : « Y’a pas de probleme! ». Apres avoir passe quelques minutes dans une chambre ventilee ou il faisait excessivement chaud, nous avons decide de nous payer le gros luxe et d’y aller avec une chambre climatisee. Nous avons donc passe une nuit sublime contrairement a Ernest et Dominique qui ont tres mal dormi dans leur chambre ventilee :-s

Apres avoir conduit pendant 12 heures la veille, voila que nous reprenions deja la route vers Djenne qui en fait nous faisait rebrousser chemin d’environ 150 km! Pour rejoindre Djenne, il nous a fallu emprunte une petite route secondaire en plus d’un traversier pour atteindre l’autre rive du fleuve Bani, affluent du fleuve Niger. On nous avait dit que les vendeurs senegalais etaient parmi les plus agressifs mais ceux du traversier de Djenne ont remporte haut la main la palme de l’agressivité en nous encerclant par dizaine pour tenter de nous forcer a acheter des souvenirs. Une approche qui a plutot eu l’effet contraire…

Nous sommes alles a Djenne pour voir la fameuse mosquee contruite entierement en terre crue puis sechee. En raison de la chaleur accablante, nous avons seulement contourne la mosquee pour ensuite nous refugier a l’ombre pour diner. Nous sommes ensuite montes sur un des toits avoisinants pour admirer la mosquee de haut, etant donne que son acces est interdit aux non-musulmans. Quoiqu’une construction impressionnante, la vie aux alentours de la mosquee etait beaucoup moins animee que l’on avait imagine, par exemple un jour de marche. Il faudra donc y revenir un jour!

Au retour, a la sortie du traversier, les vendeurs etaient beaucoup moins insistants mais plutot particuliers. L’un d’eux s’approcha d’Ernest en lui demandant : «Pardon, est-ce que vous connaissez un certain Ali Cain Toure?» et Ernest de repondre «Non, pourquoi ?» et l’autre de retorquer «Mais c’est moi ! » (Fallait etre la pour rire autant que nous l’avons fait les 4 !!!)

Pour economiser un peu apres notre nuit luxueuse, nous sommes alles coucher a l’hotel Toguna a 3-4 km de Bandiagara, une des portes d’entree au pays Dogon. Ce fut un nuit d’ENFER !!!! Une chaleur suffocante, des CENTAINES d’oiseaux faisant un bruit infernal, un ventilateur fonctionnant a peine, un moustiquaire un plafond opaque ne laissant passer aucun air et le comble du malheur, ce que l’on croyait etre une panne d’electricite qui survena a 2h du matin et qui arreta completement le ventilateur. La chaleur suffocante devient alors totalement INSUPPORTABLE…………… On ne dort litteralement pas de la nuit etouffes par la chaleur……………… Le lendemain, on apprend que c’est en fait l’hotel qui avait coupe le courant pour economiser !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! (&*($#*@)(%*(@#^(%&)!#(*^%@#$&*(%()&*@#(^%*&(#^@($*)(@#* Nous sommes completement estomaques. Comment peuvent-ils charger le prix d’une chambre ventilee puis couper le courant au debut de la nuit ?!?!?! Meme s’ils ont vu Ernest passer une partie de la nuit couche dans sa voiture parce qu’il faisait trop chaud, ils n’ont meme pas daignes rallumer le courant. Bref, une nuit on ne peut plus penible pour nous quatre………………………………

Nous sommes donc partis cernes jusqu’aux genoux en rebroussant encore chemin vers Mopti mais pas avant d’avoir reserve une chambre avec clim pour la prochaine nuit. A mi-chemin, la voiture d’Ernest a commence a surchauffer dangereusement. A un point tel, que nous nous sommes arretes a plusieurs reprises afin d’ajouter de l’eau dans le radiateur. Aux abords d’un village, nous avons encore une fois ete temoins de l’entraide malienne alors qu’on nous a volontiers donne de l’eau - une denree rare ici - pour tenter de refroidir le moteur. Malgre toute l’aide recue, nous avons du trouver un garage qui a pu reparer la voiture sans avoir acces aux bonnes pieces. Vive l’art du bricolage et de la debrouillardise! Un labeur de plus de deux heures qui nous a coute a peine 3000 francs CFA (environ 7.50$) ! ---- L’grand frere, essaye de battre ca ! ;-)

Malgre cette mésaventure, nous avons quand meme pu faire une courte ballade de pirogue sur les fleuves Niger et Bani avec Ernest, Dominique et une autre amie d’Ernest, Kiné. Nous avons aussi eu la chance de nous arreter a un village touareg situe sur une petite ile nichee entre les deux fleuves. Des notre arrivee sur l’ile, Kim fut instantanement entouree d’enfants de tous ages qui s’accrocherent a chacun des doigts. C’etait tres mignon mais difficile d’avancer. Une petite d’un an ou deux etait particulierement attachee a Kim (et tres attachante). On a meme pense devoir devenir une famille de trois tellement elle ne lachait pas prise!

En reconduisant Kiné chez son oncle apres la promenade, nous avons encore une fois experimente l’importance du rituel des salutations pour les Maliens. Alors que nous avons du saluer la famille elargie au grand complet et si tot la tournee terminee, nous avons du faire le meme manege en sens inverse pour les aurevoirs ! Tout ca pour deposer quelqu’un chez elle !

De retour a Bandiagara, on a soupe encore une fois tres tard cette fois au modeste restaurant La Fraternite a deux pas de notre nouvel hotel ou on a deguste le meilleur steak au poivre vert de tout l’Afrique… avec une bonne Castel bien froide bien sur !

Et voila ! Notre aventure avec Ernest et Dominique se termine ici pour le moment !



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7th April 2010

ERNEST GUIDE TOURISTE
Vous avez une grande chance d'avoir ERNEST comme Guide. Votre blog me donne une envie formidable de faire le même circuit et de découvrir surtout Djéné et Mopti. Merci de partager cette joie de la découverte. ERNEST il nous faut organiser un autre circuit pourquoi pas aller à GAO en bateau???
7th April 2010

Merci
J'ai lu avec beaucoup de plaisir votre récit. Je vous remercie de nous faire patager votre périple.
23rd April 2010

Ce fut un plaisir
J'ai decouvert tout a fait au hasard votre blog (en fait, c'est une collègue qui me l'a indiqué). Et j'ai adoré la simplicité et l'humour des recits. Le regard à la fois emerveillé, candide et réaliste que vous portez sur vos parcours et sur les gens. Pour le reste, ce fut un vrai plaisir pour nous de vous recevoir et de voyager avec vous. Notre maison vous sera toujours ouverte! A bientot donc...

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