Aksum (ኣኽሱም), Ethiopia (L'Or, la Myrrhe et l'Encens)


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March 18th 2019
Published: March 18th 2019
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12 mars

"Ne tenez pas la queue du léopard, mais si vous la tenez, ne la lâchez plus" Proverbe Éthiopien



(Toujours à Debark)

Maintenant de retour de mon trek dans les montagnes du Simien, mon plan est d'étirer mes aventures jusqu'à Aksum (ville de 56 500 habitants) tout au Nord, presqu'à la frontière de l'Érythrée.



L'unique bus qui rejoint Aksum quitte Gondar vers les 5h du matin et s'arrête justement ici, à Debark vers les 8hAM.

Très en demande, les places dans le bus se remplissent supposément très rapidement au départ de Gondar.

Pour sauver les presque 3 heures de route qui sépare Debark de Gondar, j'ai décidé de passer la nuit ici, à la désordonnée Debark... tout en payant un passager qui prendra une place dans le bus à ma place (!) à partir du point de départ.

Arrivé à Debark, le clandestin me refilera son billet alors que , par magie, j'apparaîtra à sa place, sur son siège réchauffé depuis Gondar.



Voilà donc mon beau plan de champion (à noter que je ne suis pas le seul à profiter de l'entourloupette paraît-il).

Certes, on me chargera plus cher (le clandestin devra inévitablement se payer un billet de retour pour Gondar), mais le jeu en vaudra certainement la chandelle.

On me demande 500 Birr (25$ canadien) pour la manigance (l'équivalent du prix du luxueux bus d'Addis Ababa vers Bahir Dar).

Les jeux sont fait. Rien ne va plus.

...

8h00AM sonne sur Debark.

J'attend sur un coin de rue le luxueux bus venant de Gondar.

Le proxénète est là aussi pour orchestrer la transaction.

Plusieurs touristes (farangi) ont aussi profiter du tour de passe-passe.

On est donc tous là, accompagnés de dixaines d'éthiopiens qui attendent aussi la navette partant vers le nord.



Au loin, crachant de la suie, un City-Bus s'époumonne en notre direction.

Je fronce les sourcils.

L'engin ne ressemble en rien au confort que j'espérais.

Les éthiopiens s'excitent en agrippant leur poches de riz alors que le proxénète nous fait signe de se rapprocher.

Le City-Bus tire le frein et s'arrête alors que s'enclenche un mouvement de foule vers les portes grincantes qui viennent de s'ouvrir.

Premier arrivé, premier servit: la civilité devient secondaire alors que tous se mettent à se battre pour une obtenir une place.



Entre deux corps, un bras apparaît et me remet un bout de papier en guise de ticket.

Mon packsack se fait rapidement hisser sur le toit de la bête alors que, littéralement, on me pousse dans la gueule du bus comme on mange ici l'injera.

Je m'effond sur un banc pour enfin réaliser la presque supercherie: j'ai payé cinq fois le prix régulier pour être au devant de la foule d'un City-Bus merdique.

Heureusement, j'ai le derrière posé moi, tandis que beaucoup d'autres devront rester planté dans l'allée.

Debout dans le bus pour se rendre au métro à Montréal, ça peut aller. Mais le City-Bus dans lequel je viens de prendre place atteindra sa destination finale (Shire... on le prononce Chiré) dans un bon 8 heures de tape-cul (!)

... 

Le descente des montagnes vers la vallée s'allonge et se rallonge dans la boîte de conserve.

Et dire que les passagers embarqués à Gondar ajouteront un 3 heures à cette traversée sans fin... 



Après trois Check Point militaires et de nombreux soupirs, la bête de tôle, en queue de peloton, franchit enfin la ligne d'arrivée.

De Shire, un mini-bus devra inévitablement faire la navette jusqu'à Aksum, ajoutant ainsi un 1h30 à ma journée de transports.



L'interminable se termine enfin, alors que je pose pied

à la mystifiante ville d'Aksum. 



Note à Moi-Même:

3 cafés ne fait pas le repas



13-14 mars



Séparant presque la ville en deux comme l'aurait fait Moïse, l'artère principale d'Aksum propose plein

de restaurants à Beya'y net (crêpe éthiopienne couverte de différentes couleurs de sploutchs),

de petits comptoirs fourre-tout tenant lieu d'épicerie,

de coiffeurs et barbiers (les éthiopiennes ont une obsession pour leur féline coiffure),

de bars et de pool-room (quand les éthiopiens ne boivent pas le café, ils boivent de la bière)

et de magasins poussiéreux de vieilleries d'antiquaires.



Peu populeuse et étonnement propre, Aksum se démarque grandement des autres villes que j'ai pu visiter durant ces deux dernières semaines.

Sans inquiétude, je déambule dans les rues en souriant aux gens.

À un certain moment même, je me suis demandé si je n'étais pas tombé amoureux de l'endroit...

mais bon, avec réflexion, j'ai finalement compris que c'était plutôt les cinq cafés ingérés dans la dernière heure

qui me faisaient battre le coeur aussi rapidement.



Derrière l'achalandage du centre-ville, à quelques rues seulement du mouvement moderne de la cité, un mystérieux complexe d'églises et d'obélisques attirent les dévots orthodoxes de tout le Pays.



Des attroupements de femmes arthritiques, effacées sous des linceuls blancs, y hantent les églises.

Recroquevillées à s'enfoncer dans le sol, les centenaires passeront le restant de leur vie fantômatique à honorer les Saints colorés dans la brume d'encens des sacristies.



Presqu'en lévitation, des spectres y longent aussi les murs, sceptres en or en main, psalmodiant d'étranges incantations au profond de leur barbe torréfiée.



Quelques fois, des prêtres sortis d'outre-tombe se laissent aperçevoir, presque transparants, voltigeant de prieuré en prieuré en tirant leur bosquet d'odeurs de myrrhe et d'embaumement.



Sur un promontoire, derrière un barbelé de prison, un monument cubique attire le regard.

Un gardien vieillot, bâton à la main, m'empêchera de m'en approcher.

Je ne suis pas le seul: personne ne peut y pénétrer.

Sous le toit en dôme du coffre-fort se trouverait

l'Arche de l'Alliance (!) contenant les dix commandements de Dieu...

comme dans Indiana Jones and the Raiders of the Lost Ark.

Mythe ou réalité, personne ne sait vraiment.



De plus, à quelque part sous le complexe, la tombe d'un des trois Rois Mages y serait enfouie (!)

Serait-ce la dépouille de Gaspard, Melchior ou de Balthazar ? Qui sait....



Voilà donc l'aura mystique plannant sur Aksum, ancien Royaume pré-chrétien de Salomon et de la Reine de Saba.

... 

Tranquillement, je laisse passer les heures à ce charmant auberge que j'ai déniché ici (Kaleb Hotel),

là où la cours centrale transformée en jardin a presque des allures de volière.

J'y passerai mes soirée contemplatives à boire de la Lager Raya ou de la légère bière Habesha,

tout en me grattant les mollets dévorés par les moustiques sous les tables à cafés.

Moi: "Many mosquitoes here. And in my room too."

Réception: "Because of garden. But no malaria here. Good mosquitoes."



Etienne X



Notes à Moi-Même:

1- Ne plus porter de shorts en Éthiopie. Ça fait sourciller les monsieurs et ça fait ricanner les madames.

2- Le travail de mon barbier à Aksum, Éthiopie (Gorgeuous Barber Shop) m'a coûté 30 Birr (1.50$ canadien)

3- 16% des éthiopiens vivent avec moins de 1$ par jour


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